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Général - Page 20

  • NOUVELLES n° 119 ( 1 ère partie)

    A propos de la présidence slovène

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    Passage de relais entre les ministres des affaires étrangères portugais et slovènes.

    Pour cette première présidence d'un nouveau pays membre, la Slovénie hérite de ses prédécesseurs d'un certain nombre de dossiers plutôt ingrats. 

    Ainsi, concernant la ratification du traité de Lisbonne, est-elle tenue de s'assurer qu'aucun Etat membre, hormis l'Irlande, ne donne le "mauvais exemple" en organisant un référendum. Y compris dans les pays où des engagements avaient été pris en ce sens.  C'est en quelque sorte entrer à reculons dans l'ère du rapprochement entre les citoyens et les institutions de l'Union. Franchement vous méritiez de servir une plus noble ambition.

    Sur le plan social, la présidence aura tout d'abord la lourde tâche de débloquer deux projets de directives emblématiques: d'une part, sur le temps de travail et le tristement fameux "opt out"; de l'autre, sur le travail intérimaire et l'égalité de traitement des salariés.

    Elle n'échappera pas non plus à un débat de fond sur les suites à donner aux récents arrêts de la Cour dans les affaires Vaxholm-Laval et Viking Line, qui légitiment le dumping social.  Mon groupe a, d'ailleurs, demandé l'inscription à l'ordre du jour d'une prochaine session du Parlement d'un débat sur cette question.  En effet, est ainsi relancée toute la problématique de la directive Bolkestein et des dispositions du traité sur lesquelles elle est fondée.  En pleine ratification d'un nouveau texte reprenant l'intégralité de ces dispositions, cela fait plutôt désordre.

    Enfin, toujours sur le plan social, l'Europe est confrontée à l'exigence croissante d'une augmentation des salaires: en effet, "leur part dans la valeur ajoutée recule depuis des décennies.  Elle n'a même jamais été aussi faible", souligne la presse économique elle-même.  Or la BCE menace de remonter les taux si cette exigence, pourtant si légitime, était satisfaite.  Et ce -reconnaissent les experts - "bien que les profits n'aient jamais été aussi élevés".  Si nous ne mettons pas cette question à l'ordre du jour, elle s'y imposera d'elle - même, sous peu.

    Je rappelle que le document commun aux présidences allemande, portugaise et slovène souligne à son point 68 que celles-ci "s'efforceront en priorité de renforcer le modèle social européen, qui fait partie intégrante de la stratégie de Lisbonne".  Comme dit l'adage: "la preuve du pudding, c'est qu'on le mange".

    Un mot également à propos d'un autre sujet sensible: celui des migrants "en situation irrégulière".  A son stade actuel, le projet de "directive retour" mérite le qualificatif de "directive de la honte" que lui ont donné les organisations de défense des droits humains.  Son adoption en l'état éclairerait d'un jour cruel les belles intentions affichées par l'Union dans le cadre du "dialogue interculturel".

    Je conclus sur le problème du Kosovo.  Avant toute décision, ne serait-il pas justifié d'avoir quelques éclairages sur une triple question:

    D'abord, comment expliquer que 2 milliards d'euros d'aide de la communauté internationale y aient abouti, en l'espace de 7 ans, à l'inexistence d'un développement économique, à une pauvreté endémique, au chômage d'un habitant sur deux, à la prolifération de la corruption et des réseaux maffieux?

    Ensuite, comment expliquer que 17 000 soldats de l'OTAN se soient montrés incapables d'empêcher la destruction de dizaines d'édifices orthodoxes; l'enlèvement ou l'assassinat de centaines de citoyens kosovars de communautés minoritaires; et l'exil forcé de milliers d'autres?

    Enfin, en quoi la proclamation unilatérale de l'indépendance du Kosovo et le remplacement de la Minuk par l'Union européenne résoudront-ils ces problèmes vitaux tout en assurant la stabilité des Balkans?

    Je serais curieux d'entendre votre réponse.

    Déclaration Francis Wurtz, président du groupe GUE/NGL au Parlement européen


    Appel de Prague

    Déclaration finale du 2e Congrès du Parti de la gauche européenne

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    2 ème congrès du Parti de la Gauche Européenne, le PC y était représenté par Nicole Cahen, Maurice Magis, Pierre Eyben et Polo Marcus

     Les choix libéraux résultant des exigences du capitalisme mondialisé, financiarisé et militarisé conduisent à une régression sociale intolérable et mènent l’Europe à une impasse. Plus que jamais, il est temps de résister et d’ouvrir une perspective alternative.

    Nous, délégués de 29 partis de gauche de toute l’Europe membres du Parti de la gauche européenne, sommes réunis à son 2e Congrès pour affirmer notre pleine volonté de contribuer activement au sein de l’Union européenne, au-delà de ses frontières et dans chacun de ses États membres, à changer la politique européenne actuelle afin d’obtenir une Europe plus démocratique et plus juste, qui s’engage fermement en faveur de la création d’emplois  dignes, de la protection sociale, du développement écologique et de la lutte pour la paix dans le monde. Telle est la voie que nous suivrons dans la préparation des élections européennes de 2009, en recherchant une coopération encore plus étroite avec toutes les  forces intéressées par cette orientation démocratique, les forces de paix, les syndicats et les mouvements.

    Nous sommes la gauche qui lutte pour le plein-emploi, contre le chômage et la précarité.

    Les travailleurs européens savent à quel point leurs droits ont été dévalués, à quel point leurs emplois sont devenus moins sécurisés, à quel point l’âge est un handicap quand on se retrouve au chômage. Quant aux jeunes, ils savent à quel point il devient de plus en plus difficile de trouver un emploi à durée indéterminée. Et que le temps de travail exigé pour ces emplois s’allonge sans limite.

    Cette Europe se réclame dans tous ses textes de la cohésion sociale. Mais la précarité est la condition sociale réelle qui la caractérise. Avec la flexicurité, nous courons le risque d’une nouvelle supercherie.

    C’est sur cette toile de fond que les dirigeants actuels de l’Europe veulent répandre la flexicurité dans toute l’Europe. Ce qui leur importe n’est pas une amélioration de la sécurité de l’emploi, mais le démantèlement des conventions collectives et l’abaissement des protections légales contre les licenciements abusifs.
     
     Nous sommes la gauche qui a lutté et continuera de lutter contre la directive Bolkestein, la privatisation des services publics et des biens communs, à commencer par l’eau et l’énergie.

    Notre premier appel à l’action s’adresse aux salariés et à leurs organisations : unis, nous mettrons en échec la tentative de généraliser la précarisation du travail et la flexicurité. Au nom d’une Europe qui n’abandonne pas les droits sociaux. Au nom du droit de chacune et de chacun de planifier sa vie dans la sécurité.
     
    Nous sommes la gauche qui prend au sérieux le changement climatique et appelle à une action d’urgence.
     
    Les écologistes et les scientifiques ont prêché dans le désert pendant des années. Leur voix est enfin entendue. Il est maintenant avéré que le réchauffement de la planète est lié au mode de production et de consommation de l’humanité. Le mode de production capitaliste aggrave encore ce phénomène. La réduction radicale au plan planétaire des émissions de gaz à effet de serre est devenue une question de survie.

    La Gauche européenne soutient toutes les décisions qui fixent des objectifs impératifs pour arrêter et inverser le réchauffement de la planète. Nous nous associons à l’exigence d’un cadre d’action post-Kyoto à l’échelle planétaire, qui impose aux États des objectifs ambitieux et les pénalise en cas de non-exécution. Mais nous savons que ce problème a pris une ampleur démesurée aujourd’hui uniquement parce que la politique a démissionné et a laissé au marché le soin de trouver une solution. Le combat contre le changement climatique concerne non seulement la dépendance économique à l’égard des combustibles fossiles ou la réduction de la consommation d’énergie, mais essentiellement le modèle de civilisation et de consommation de nos pays et nos villes.
     
    Notre deuxième appel à l’action s’adresse à ceux qui comprennent que le changement climatique a créé un état d’urgence pour la civilisation. Notre Europe est une Europe où les autorités publiques s’impliquent dans un développement écologiquement durable. Notre Europe est une Europe des énergies renouvelables, qui défend la nature et les ressources naturelles, de villes harmonieuses qui investissent dans des transports publics non polluants. Une Europe ayant une économie et une agriculture écologiques, au profit des producteurs et des consommateurs et en solidarité avec tous les peuples de notre  planète !
     
    Nous sommes la gauche qui agit contre la guerre, pour la paix et le désarmement.
     
    Les interventions en Afghanistan et en Irak ont été faites au nom de la démocratie et des droits de l’homme, mais elles n’ont apporté que la mort, la souffrance et de nouveaux conflits. Il est temps d'en finir avec les occupations si nous voulons arrêter la spirale de la guerre et du terrorisme. Il est temps d’agir pour la paix et pour le droit des peuples, en particulier au Moyen-Orient.

    Il y a des gens à Washington qui préparent une autre guerre, cette fois-ci contre l’Iran. Les gouvernements européens doivent refuser la logique de guerre. Seule la dénucléarisation du Moyen-Orient empêchera de nouvelles aventures militaires.

    Le conflit autour du programme nucléaire iranien peut et doit être réglé par des négociations, dans le respect des lois internationales. Les discours menaçants doivent être abandonnés. La paix doit être la politique officielle de l’Union européenne, dans le monde comme sur notre continent. Le système antimissile que Washington veut installer en République tchèque et en Pologne est un certificat de mise sous tutelle de l’Europe et une provocation vis-à-vis de la Russie. Les Européens savent ce qu’a été la guerre froide et ne veulent pas qu’elle recommence.
     
    Notre troisième appel à l’action s’adresse à tous les Européens ! Nous devons nous préoccuper d’avoir un monde plus pacifique et plus juste. C’est la raison pour laquelle nous voulons une Europe qui refuse la course aux armements, qui s’efforce de parvenir, en prenant toutes ses responsabilités, à un désarmement et à une reconversion véritables. C’est une Europe politiquement autonome par rapport aux États-Unis, contribuant à en finir avec la conception des blocs politico-militaires et à abolir ceux qui perdurent; une Europe sans bases militaires étrangères à l’intérieur de ses frontières.
     
    Nous sommes la gauche qui a confiance dans les décisions des peuples.
     
    Les  gouvernements européens ont présenté le nouveau traité de l’Union européenne adopté à Lisbonne comme étant une « victoire de l’Europe ». C'est malheureusement faux. Le traité de Lisbonne remplace le traité de Nice et, sur les questions essentielles, répète la même chose que ce qui a été rejeté par les peuples français et néerlandais. Le texte réaffirme le principe de la concurrence libre et non faussée et les politiques principales de l’ex-traité constitutionnel européen, que les institutions s politiques, financières et monétaires de l’Union européenne doivent appliquer. Les conséquences en sont la précarité du travail et de la vie, les attaques contre les salaires, la protection sociale et les services publics.

    La nouveauté est que, cette fois, les gouvernements veulent exclure totalement les peuples de la décision. La Gauche européenne dit non au nouveau traité. Et nous appelons toutes celles et tous ceux qui vivent dans l’Union européenne à prendre connaissance du contenu de ce nouveau traité.

    La Gauche européenne ne sacrifie pas la démocratie sous prétexte de difficultés. Tout au contraire, nous savons que les problèmes de l’Europe ne peuvent être surmontés qu’avec davantage de démocratie. Si  le fossé entre les élites et les citoyens continue de s’approfondir, l’Europe échouera.

    Notre quatrième appel à l’action s’adresse aux peuples de l’Union européenne : nous rejetons le traité de Lisbonne et nous sommes partisans de référendums ouvrant le débat populaire sur l’avenir du projet européen. 
     
    Nous avons un projet pour l’Europe.
     
    Nous savons qu’aucun changement de gouvernement n’apporte par lui-même un changement de la politique actuelle. De nouveaux horizons de justice exigent que la volonté de changement s'empare des politiques que l’Union européenne a imposées à nos pays.

    Nous voulons changer l’Europe.
     
    Notre Europe est une Europe qui garantit plus de démocratie aux Européens, le plein-emploi et la protection sociale aux salariés ; qui lutte contre le racisme et donne les mêmes droits aux immigrants, l'égalité des chances ainsi que la fin des discriminations contre les femmes, les gays et les lesbiennes.

    Notre Europe apporte la solidarité aux régions et respecte la diversité des langues et des cultures, elle épouse la cause de l’universalisme et rejette l’uniformité. C’est une Europe des libertés, qu’aucune politique menée au nom de la guerre antiterroriste ne peut restreindre.
     
    Cette Europe s’engage totalement pour la paix, pour le combat contre le changement climatique, apporte sa solidarité aux pays plus pauvres et se déclare pour la mondialisation des droits humains, sociaux et environnementaux. Cette Europe a besoin d’une coopération à l’échelle de toute l’Europe et d’un nouveau système de sécurité paneuropéen et non pas de l’extension de l’OTAN, qui devrait être abolie.
     
    Ça vaut la peine de se battre et de réinventer l’espoir.
     
    Le Parti de la gauche européenne est un réseau de partis, d’hommes et de femmes qui affrontent les difficultés d’aujourd’hui en regardant vers l’avenir. Ensemble, nos partis vont développer des initiatives autour de ces quatre appels à l’action, selon le calendrier et les priorités de chacun. Nous invitons d’autres militants à participer à ces campagnes. Nous avons de la mémoire et nous apprenons du passé. Nous renouvelons notre culture commune. Nous assumons la diversité comme un atout et non comme un problème. Et nous transcendons les frontières parce que c’est la condition d’une gauche nouvelle, prête à affronter les défis de notre époque.
     
    Prague, le 25 novembre 2007.


    Blair, le socialiste qui ouvre la voie
    Par Pierre Eyben
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    Tony Blair, ex-leader travailliste et membre éminent de l’Internationale - socialiste est un acteur symptomatique de l’évolution détestable de la social-démocratie.

    Après avoir pendant 10 ans foulé au pied à peu près toutes les valeurs de gauche (privatisation des services publics par l’entremise des scandaleux partenariats privé-public, accroissement choquant des inégalités, privatisation des retraites, un mode de gouvernement autoritaire qui a dépolitisé et découragé la population, généralisation des emplois jetables mal rémunérés, camouflage de millions de chômeurs de longue durée en "invalides", non remise en cause des lois anti-syndicales des conservateurs,...), après avoir affiché un soutien indéfectible aux faucons mondiaux (qui à l’image de Bush ont le plus souvent tout de vrais cons), après s’être fait héberger à l’œil par des amis milliardaires du show-biz et des médias dans quelque villégiature de rêve, il continue son "oeuvre".

     Il y a tout d’abord son récent rôle de conseiller à temps partiel pour la banque américaine JP Morgan, alors même qu’il demeure représentant du Quartet pour le
    Proche-Orient. Un partenariat public-privé en somme. Selon un cabinet de recrutement new-yorkais cité jeudi par le Financial Times, son rôle chez JP Morgan lui vaudra sans doute une rémunération de plus d’un million de dollars par an. Et l’ami Tony a lui-même confié au même journal qu’il comptait prochainement accepter "une petite poignée" de postes similaires de la part de différentes entreprises dans des secteurs variés. Pas de problèmes de fin de  mois en perspective donc !
    Autre symbole que l’on ne peut passer sous silence, ses "amitiés", qu’il affiche aujourd’hui encore plus clairement. En campagne présidentielle, Ségolène Royal n’hésitait pas à déclarer que "Blair a rénové et sauvé les services publics britanniques et son dynamisme politique est un exemple à suivre". Pas franchement, pressé de lui rendre la pareille,

    Tony était ce week-end à l’UMP avec son copain Nicolas. Les 2.000 cadres de l’UMP réunis au Palais des Sports pour lancer la campagne des élections municipales françaises des 9 et 16 mars ne s’y sont pas trompés, ils ont applaudi debout l’ancien Premier ministre travailliste britannique, invité à s’exprimer (prêcher ?) sur le thème de la réforme en Europe.
    A ce jour, l’Internationale socialiste ne semble pas juger utile de réagir. Tony et le Labour demeurent apparemment dans la ligne. Mais au fond, quelle ligne ?



    A l’aéroport de Charleroi, aussi…….

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    Il n'y a pas qu'à l'aéroport de Zaventem que les services de police et l'Office des Etrangers sévissent contre les étrangers. A nouveau des traitements dégradants et inhumains ont été utilisés et cette fois contre des personnes très âgées à l'aéroport de Gosselies de Charleroi, SCANDALEUX.
     
    Le numéro de permanence de la CRER n'a pas arrêté de sonner dans la nuit de samedi à dimanche. Au bout du fil la famille de Mr Touil Hamed et Mme Baiz Fatna. Monsieur et Madame sont d'origine Marocaine et vivent en Belgique depuis 2003, ils ont bénéficié d'une carte de séjour "Jaune" renouvelable tous les 5 ans.
     
    Monsieur Touil et Mme Fatna sont très âgés, dans un état de santé fragile et nécessitant des soins de santé réguliers.
     
    Ce samedi à 11h30 ils rentrent d'un voyage au pays, leur famille les attend à l'aéroport de Gosselies mais ils ne sortiront jamais de la zone de transit. Au contraire, ils seront arrêtés et enfermés dans une cellule du commissariat de l'aéroport. L'Office des étrangers prétextant un temps d'absence trop long hors du territoire belge rendant caduque leur carte jaune.
    S'ils n'ont plus de carte jaune pourquoi n'ont-ils pas pu bénéficier de l'accès au territoire et des trois mois réservés aux touristes?
     
    Vu la fragilité de Mr Touil les policiers ont dû utiliser une chaise roulante pour le déplacer. Ils ont refusé que la famille puisse les voir et ce n'est qu'en début de soirée que les policiers ont permis au fils de Mr Touil d'entrer. Celui-ci a remarqué l'état de fragilité avancé de son père et la fatigue de sa mère et, ne voulant pas les laisser seuls car craignant des conséquences plus graves suite à cette situation difficile, il demande à passer la nuit avec eux ce que la police va lui refuser.  Mr Touil (Jr) a eu l'occasion de donner à sa mère une carte téléphonique pour qu'elle puisse l'appeler en cas d'urgence. Pendant la nuit Mme Fatna appelle son fils pour lui dire que son père est malade. Mr Touil (Jr) part alors pour l'aéroport où il arrive à convaincre les policiers pour aller dans la cellule où ses parents sont enfermés. Il constate alors que son père a de la fièvre, qu'il a vomi et qu'il ne va pas bien du tout. Il demande aux policiers d'appeler une ambulance, les policiers vont également refuser cette nouvelle demande. Mr Touil (Jr) va lui-même téléphoner aux ambulanciers pour qu'ils interviennent, ceux-ci vont également refuser car ils n'ont pas l'autorisation des policiers.
     
    Mr Touil et Mme Fatna vont passer la nuit enfermés dans une cellule comme des criminels sans aucune considération pour leurs âges avancés. Ils n'auront pas les soins adaptés à leur état de santé fragile: Mr Touil a même dû passer toute la nuit avec ses vêtements souillés de vomi !!
     
    Le dimanche matin les policiers appellent Mr Touil (Jr) pour lui dire que ses parents seront expulsés vers le Maroc à 11h.
    Celui-ci n'arrive pas à comprendre cette situation surréaliste et absurde, il ne veut plus qu'on traite "encore" ses parents comme des moins que rien. Il s'énerve au téléphone et part à l'aéroport avec la claire intention de libérer ses parents. Le commissaire de police de l'aéroport devra intervenir, cette situation calmera les choses et arrêtera les menaces d'expulsion contre les parents.
     
    Entre-temps nos différents appels au secours ont alerté les médias. des interviews seront faites sur la RTBF et le réseau associatif de Charleroi sera mis en place pour porter conseil et soutien à la famille.
     
    Grâce à nos réactions et aux interventions rapides des avocats Mr Touil et Mme Baiz Fatna ont pu être libérés ce dimanche soir. Nous saluons le courage des membres de la famille Touil pour avoir gardé la dignité nécessaire pendant tout le temps où leurs parents étaient enfermés et traités comme des criminels !

     
    CRER - Coordination contre les Rafles, les Expulsions et pour la Régularisation
    Janvier 2008

  • Nouvelles n° 118 (3 ème partie)

    Histoire

    L’art du mensonge par omission.


    Les révisions de l’histoire de la deuxième guerre mondiale telles qu’elles se pratiquent en Ukraine….et en France.

    fascistes-ukrainiens

    Fascistes ukrainiens de L'OUN

    Les révisions de l’Histoire de la deuxième guerre mondiale et du rôle joué par les nationalistes ouest ukrainiens (ou baltes) lors de l’invasion et de l’occupation nazie continuent de battre leur plein en Ukraine – du moins dans les milieux « oranges », spécialement proches du président Iouchtchenko, et dans les organisations ultranationalistes et néonazies. A la mi-octobre ont été célébrés en Ukraine les 65 ans de la création de l’armée nationaliste UPA que commandait Roman Choukhevitch, ex-chef de la Wehrmacht et de la SS.  Il ne faut cependant pas croire que la réhabilitation de l’Organisation des Nationalistes Ukrainiens (OUN) alliée de l’Allemagne nazie - puis plus ou moins brouillée avec elle- prend nécessairement la forme d’une exaltation du nationalisme profasciste des années 30-40 ou de l’héritage nazi. Seuls les groupes ultras entretiennent cette façon de voir. Mais les nationalistes soucieux de leur image dans l’Ukraine et face à l’Occident actuels, de même que leurs alliés au sommet de l’état et chez nous présentent une version de cette Histoire très « arrangée » : il s’agissait de nationalistes, sans plus, d’une « résistance ukrainienne », patriotique, éventuellement qualifiée d’ « anti-nazie » en même temps qu’ « anti-soviétique ». Le rôle de l’OUN, et de son excroissance l’UPA (Armée d’Insurrection Ukrainienne) convient donc parfaitement à la vision dans l’air du temps d’un « affrontement des deux totalitarismes ». D’où les sympathies ou le souci de « compréhension » que le révisionnisme nationaliste ukrainien (ou balte) soulève en Occident, y compris au sein, de la « gauche antitotalitaire » qui ne supporte plus que l’on parle du rôle de l’URSS et de l’Armée Rouge dans la libération du nazisme.

    Ainsi, les « réhabilitations de l’OUN » sont-elles accomplies, à la condition d’observer un certain nombre d’omissions ou de tabous « opportuns » pour
    rendre présentable la marchandise.

    Voici une série de petits « trucs » indispensables : 

    1. Ne pas évoquer l’idéologie (nationalisme intégral, fascisme) de l’OUN formée en 1929 (ou de l’UVO créée avant elle en 1922). Ses affinités et ses liens avec Hitler, Mussolini, Salazar, Horthy et autres fascistes des années 30. Révéler cette filiation idéologique serait en effet juter une lumière crue sur les « réhabilitations » (et les amitiés) que cultivent l’actuel président Iouchtchenko et son épouse, ex-militante de l’OUN et…collaboratrice de Ronald Reagan.

    2. Ne pas évoquer les liens étroits de l’OUN avec l’Allemagne nazie, et spécialement Alfred Rosenberg et l’Abwher. Ou ne les évoquer qu’en mettant en relief les désaccords entre Berlin et l’OUN, bien réels, mais qui n’entamaient en rien leur alliance fondamentale. Il arrive par exemple qu’on dise que le pacte germano-soviétique de 1939, entraînant l’absorption par l’URSS des territoires ukrainiens occidentaux (polonais) aurait consacré « la rupture » entre l’OUN et Berlin. Or, c’est précisément à l’époque de ce pacte (1939-41) que l’OUN se cherche une place dans les organes de collaboration et dans l’invasion de l’URSS qui se prépare – les gens de l’OUN ne l’ignorent pas.

    3. Ne pas signaler les bataillons ukrainiens « Nachtigall » et « Roland » formés par l’OUN-Bandera pour l’invasion de l’URSS en juin 1941, ou les évoquer sans mentionner leur appartenance à la Wehrmacht, comme s’il s’agissait d’unités ukrainiennes indépendantes.

    4. Ne pas évoquer les massacres de 1941 dont les bataillons de l’OUN et la polizei (Schutzmannschaften) furent, selon quantité de témoignages et documents, les initiateurs avec les Einzatsgruppen SS nazis.

    5. Ne pas préciser que le glorieux « résistant » Roman Choukhevitch ainsi qu’on le présente aujourd’hui à Kiev, fut commandant de « Nachtigall », d’un bataillon de « Schutzmannshaften » et membre de la SS avant de devenir commandant suprême de l’UPA.

    6. Ne pas préciser l’allégeance à Adolf Hitler et à la guerre contre « le bolchevisme » de la Déclaration d’état ukrainien indépendant du 30 juin 1941, tout en glorifiant cet acte et en soulignant que ses auteurs, le chef de l’OUN Stepan Bandera et le premier ministre Jaroslav Stetsko, sont arrêtés par les Allemands. (En effet, Hitler n’a pas voulu de ce « protectorat nazi » que d’autres, tel Rosenberg, avaient plus ou moins promis à l’OUN. Dès ce moment, l’OUN-B entre en conflit avec l’occupant. Pour divergence et non par « résistance antinazie » comme on le prétend aujourd’hui)

    7. Ne pas évoquer la collaboration active de l’OUN-tendance Melnik, qui aura aussi des divergences avec l’occupant, ce qui ne l’empêchera pas de contribuer à la mise sur pied de la division SS Halitchina (Galicie), bénie par l’Eglise gréco-catholique (uniate), un autre sujet tabou. Mais il est exact que des membres de l’OUN indociles envers leurs « libérateurs » allemands ont été tués par la Gestapo ou liquidés à Babi Yar, un lieu de massacre principalement réservé aux juifs et aux communistes.

    8. Ne pas préciser que cette « Première Division de l’Armée Nationale Ukrainienne », comme on la nommera après 1944, faisait partie de la SS d’Heinrich Himmler.

    9. Ne pas évoquer cette Armée Nationale Ukrainienne formée avec la SS Galicie et les « Hiwis » (auxiliaires de la Wehrmacht) en 1944 par le général Chandrouk, avec l’appui du Comité Central National Ukrainien, principal organe de la collaboration.

    10. Ne pas évoquer, en citant à l’honneur l’Armée des Insurgés Ukrainiens (UPA) commandée par Schukhevitch, les massacres de Polonais, de Juifs, de partisans soviétiques et de villageois ukrainiens lors de sa « guerre de libération sur trois fronts », contre les Rouges, les nazis et les Polonais.
    En évoquant cela, je ne nie aucunement que l’UPA ait agi comme une armée autonome, effectivement engagée dans des combats contre les occupants nazis. Mais surtout engagée contre l’armée et les partisans soviétiques, autrement dit les réelles forces de résistance à l’Allemagne nazie.

    11. Ne pas évoquer, enfin et surtout, le fait qu’une majorité d’Ukrainiens se battaient, avec succès, contre l’Allemagne nazie, au sein de l’Armée Rouge et des Partisans – contre lesquels se battait l’OUN-

    12. UPA. Pour rappel, ces Ukrainiens « rouges » étaient les alliés de la coalition anti-hitlérienne et des résistances populaires en Europe, l’OUN-UPA était leurs ennemis.

    En un mot comme en cent, c’est au moyen de tels mensonges par omission qu’il devient possible, à divers auteurs ukrainiens et occidentaux, de présenter une image de l’OUN  « résistante » acceptable par des publics candides (notamment des étudiants français et autres consommateurs de cette littérature révisionniste) qui ne souhaitent pas pour autant « réhabiliter le fascisme » ou relativiser le nazisme.

    Jean-Marie Chauvier


    Révisionnisme nationaliste ukrainien : quelques exemples français

    nationalistes-ukrainiens
    Nationalistes d'extrême droite ukrainien actuellement
    défilant dans les rues de Kiev

    EXEMPLE 1.

    Vient de paraître : Marc Lemonier « Les Bienveillantes décryptées »
    Ed.le pré aux clercs.

    Dans un ouvrage qui se présente (abusivement ?) comme une lecture « décodée » du roman de Jonathan Littell  « Les Bienveillantes » (Prix Goncourt) voici ce que l’auteur, Marc Lemonier, écrit sur l’OUN :

    « L’OUN, l’organisation des nationalistes ukrainiens, avait été créée en 1929 pour lutter contre les occupants russes et polonais. Pendant le temps du pacte germano-soviétique, les Allemands tenaient donc l’OUN pour leur ennemi. Au début de l’invasion de l’est de l’Europe par les nazis, la situation évolua rapidement. Avant de se retirer, les troupes russes et le NKVD massacrèrent un grand nombre de prisonniers politiques à Loutsk, Lviv et Boubno – les villes que traversent les troupes nazies et Max Aue en se livrant à leur tour à des atrocités. En 1941, l’organisation venait à se scinder en deux groupes, commandés l’un par Stepan Bandera et l’autre par Andréi Melnyk. Les nazis profitèrent de la désorganisation des partisans ukrainiens, alors même que ceux-ci accueillaient les Allemands en « libérateurs », pour annihiler leur influence, voire pour les combattre. Pourtant, à la Libération, la propagande soviétique réussit à faire passer les nationalistes ukrainiens pour des collaborateurs ». (p.103)

    Remarques de JM Chauvier :

    On retrouve tous les mensonges par omission signalés en présentation.
    - L’OUN est « l’ennemi » des Allemands à l’époque (1940-début 1941) où Berlin organise les bataillons OUN de la Wehrmacht. Etrange…
    - Les nazis se livrent « à leur tour » à des atrocités. Pas un mot des atrocités de l’OUN.
    - L’Allemagne « annihile » l’influence des « partisans » ukrainiens tout en formant, avec l’OUN (Melnik) la division SS Galicie !
    - La collaboration de l’OUN est une invention de la propagande soviétique.

    EXEMPLE 2.

    La revue « Regards sur l’Est »  Article de l’historien ukrainien Arkadi Joukovski, juin 2007
    (extrait, sur la période qui nous intéresse, d’un article sur Lviv- ex-Lvov, ex-Lwow, ex-Lemberg))

    La période de la Seconde Guerre mondiale (1939-1944)
    Lviv connut deux occupations, soviétique -du 22 septembre 1939 au 30 juin 1941, la ville étant alors la capitale d’une oblast (région), -puis allemande. Avant l’arrivée des troupes allemandes, les Soviétiques massacrèrent des milliers d’Ukrainiens et de Polonais, en majorité des intellectuels. Pendant l’occupation allemande, Lviv était le centre du district de Galicie, faisant partie du Gouvernement Général. Le 30 juin 1941, l’Organisation des Nationalistes Ukrainiens proclama la création d’un Etat ukrainien indépendant avec un gouvernement, mais les Allemands en interdirent l’activité. Durant la guerre fonctionnait à Lviv l’organe administratif du Comité Central Ukrainien, dirigé par K. Pankivskyi (1942-1944). Les détachements nazis exterminèrent des dizaines de milliers de Juifs entre 1941 et 1943. La ville comptait 100000 Juifs en 1931, la majorité d’entre eux disparut durant l’holocauste.

    (Remarque : au passage, l’auteur avalise le Comité central ukrainien, principal organe de la collaboration officielle germano-ukrainienne. Dont le lecteur français ignore probablement tout…
    Qui faisait partie des « détachements nazis » d’extermination ? Les seuls Allemands ? Qui composait, outre les Allemands, les Einzatsgruppen, les Shuztmannschaften, les auxiliaires (HIWIS) de la Wehrmacht ?)

    EXEMPLE 3

    L’OUN victime, l’URSS agresseur !http://www.centreurope.org/indexfr.htm  
    Les Ukrainiens profitent de la défaite russe face à l’armée allemande pour rétablir l’indépendance de leur État le 30 juin 1941. Mais l’occupation allemande est fortement répressive et les militants de l’Organisation des Nationalistes Ukrainiens (OUN) capturés sont fusillés. L’OUN parvient toutefois à créer en octobre 1942 une réelle armée, l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA). Forte d’au moins 60 000 hommes, celle-ci parviendra par sa bravoure, sans aide extérieure, à libérer des districts entiers face à l’armée allemande en 1943, puis à tenir tête en 1944 à l’Armée soviétique. Assaillie à la fois par les Allemands et par les Russes, l’Ukraine a perdu sept à huit millions de citoyens pendant la Deuxième Guerre mondiale.

    (Remarque : l’agression nazie et la résistance de l’URSS sur le même pied. Heureusement, il y a l’OUN !)
     
    EXEMPLE 4

    Travaux scolaires (Elisabeth Brisson, professeur d’Histoire-Géographie au Lycée Jacques Decour, Paris)
     
    Après avoir été confirmé comme le seul chef de l’URSS (en 1927), Staline peut mettre en œuvre sa politique, qui vise à faire de son pays une grande puissance («  le socialisme dans un seul pays «, possédant une telle force de conviction que les autres pays suivront). Outre la planification et la priorité à l’industrie lourde, Staline cherche à contrôler les campagnes pour financer ses projets de développement. La collectivisation forcée des terres s’accompagne des premières mesures de terreur, dont le déclenchement de la famine en Ukraine fait partie. Après la période de relâchement du contrôle de la société pendant la Seconde Guerre mondiale, Staline rétablit la terreur et pourchasse tout particulièrement les résistances qui se fondent sur les cultures nationales. L’Ukraine l’intéresse du fait de ses richesses en charbon et de ses potentialités agricoles (l’Ukraine possède les meilleures terres du monde) et la région doit être bien soumise pour pouvoir être exploitée. Accusés d’avoir fraternisé avec l’ennemi nazi, les Ukrainiens furent massivement déportés, ce qui permit de rétablir un contrôle très dur sur ce territoire. Cette terreur a entraîné le mutisme des Ukrainiens tout en exacerbant la revendication nationaliste. Ainsi, les dissensions politiques actuelles et la méfiance héritée de plusieurs générations rendent difficiles le travail des historiens. Pourtant, il est primordial aujourd’hui pour la cohésion politique d’une société, de construire une histoire dans laquelle le plus grand nombre puisse se reconnaître.

    Références :
    (Références d’ouvrages favorables aux thèses nationalistes. Wolodymyr Kozyk, par exemple, est le principal historien nationaliste ukrainien édité de longue date en Occident. James Mace est leur défenseur anglophone le plus connu également. JM Ch)

    Débat : RETOUR SUR LA COLLECTIVISATION FORCÉE EN UKRAINE
    « Comment on étouffe un génocide », James Mace, DEN
    « Une politique délibérément meurtrière », Raymond Clarinard, Courrier international
    Dossier paru dans le Courrier international n°595 du 28 mars au 3 avril 2002
    Quelques liens pour en savoir plus
    Une synthèse chiffrée et très claire sur la famine ukrainienne de 1932-1933 par l’historien Wolodymyr Kosyk
    http://www.creaweb.fr/ukraine/famine.htm - Critique du livre 1933, l’année noire. Témoignages sur la famine en Ukraine (présentés par Georges Sokoloff, Albin Michel, Paris, 2000) sur le site du Monde Diplomatique http://www.monde-diplomatique.fr/2001/02/RADVANYI/14828 - Chronologie de l’Histoire ukrainienne http://ukraine.chez.tiscali.fr/chronolo.htm

    EXEMPLE 5
    Autres ouvrages français réhabilitant l’OUN  Pleins feux oranges sur l’Ukraine

    Au moment où la « révolution orange » entre en crise, les éloges qui lui sont consacrés ne tarissent pas au fil des publications et émissions qui font « découvrir » l’Ukraine, longtemps ignorée. Le fait le plus remarquable est l’unanimité de pensée sur le sujet : il est entendu que le basculement de ce pays dans le monde euro atlantique est (ou serait) un tournant historique majeur, consacrant l’avancée de la démocratie en ex-URSS, malgré l’hostilité de la Russie et... de la moitié des Ukrainiens qui n’ont pas correctement voté, c’est-à-dire pour le président Viktor Iouchtchenko, dit le « libéral pro-occidental ». Trois ouvrages publiés en France témoignent de cet engouement.

    Le journaliste français Alain Guillemoles nous emmène dans un voyage à l’intérieur du mouvement orange, en totale immersion et richement documenté (1). Comme d’autres commentateurs, il récuse l’idée d’une manipulation par les Etats-Unis, propagée notamment, selon lui, par Le Monde diplomatique (2). A l’entendre, les efforts des fondations et organisations non gouvernementales américaines sont destinés « à enraciner une culture démocratique ».

    L’auteur évoque, par ailleurs, la continuité du mouvement actuel avec les anciennes résistances nationales ukrainiennes au régime soviétique, un thème que développe un autre admirateur de la « révolution orange », Etienne Thévenin (3). Celui-ci accrédite une vision aussi cauchemardesque du passé soviétique qu’élogieuse pour les « résistances nationales » et leur lutte « sur deux fronts » (contre les nazis et les Soviétiques) pendant la deuxième guerre mondiale. Exemple parmi d’autres d’une relecture de l’histoire désormais très répandue, réhabilitant le nationalisme de l’Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN) (4) et l’Eglise gréco catholique uniate (5), ainsi lavées des accusations de « collaboration avec l’Allemagne nazie », « véhiculées » non seulement par la propagande soviétique, mais aussi par des historiens occidentaux.

    Le témoignage du journaliste Bruno Cadène (6), ardent à saluer la libération de l’Ukraine de « plusieurs siècles d’asservissement » et d’une « histoire vampirisée par la Russie », tient cependant à rappeler la participation de « membres de l’OUN » au génocide des juifs. Comme les livres cités plus haut, il fait également écho à la thèse selon laquelle la famine de 1932-1933 procéderait d’un « génocide des Ukrainiens » programmé par Staline. (…)

    Gilles Beaumont.

    (1) Alain Guillemoles, Cyril Horiszny, Même la neige était orange. La révolution ukrainienne, Les Petits Matins, Paris, 2005, 173 pages, 17 euros.
    (2) Lire Régis Genté et Laurent Rouy, « Dans l’ombre des “révolutions spontanées” », Le Monde diplomatique, janvier 2005.
    (3) Etienne Thévenin, L’Enjeu ukrainien. Ce que révèle la révolution orange, CLD Editions, Tours, 2005, 214 pages, 20 euros.
    (4) Fondée par Yevhen Konovalets, ancien compagnon d’armes du leader nationaliste de la guerre civile, Simon Petlioura. Après son assassinat par un agent stalinien en 1938, Stepan Bandera lui succéda jusqu’en 1941. L’OUN était principalement implantée en Galicie, une région polonaise jusqu’en 1939.
    (5) Cette Eglise, implantée à l’ouest de l’Ukraine et rattachée au Vatican, très minoritaire face aux Eglises orthodoxes, vient de transférer son siège de Lviv (Lvov, Galicie) à Kiev, ce qui peut être considéré comme une promotion politique officielle et un succès pour le Vatican dans son entreprise de « réévangélisation » à l’Est.
    (6) Bruno Cadène, L’Ukraine en révolutions, Editions Jacob-Duvernet, Paris, 2005, 216 pages, 19 euros.

  • Nouvelles n° 118 (2 ème partie)

    Coupures de courant à Gaza orchestrées par Israël : une punition collective tacitement approuvée par les Etats-Unis
    par Chris Marsden

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    Pour mieux vous faire comprendre ce qui se passe actuellement dans la Bande de Gaza. (ndlr)

    La population de Gaza de 1,4 million de personnes utilise environ 200 mégawatts d’électricité, dont 120 directement fournis par Israël et 65 produits dans une centrale thermique palestinienne locale qui dépend elle-même de l’énergie israélienne. Seuls 17 mégawatts proviennent de l’Egypte.

    Dans un premier temps, Israël va perturber l’électricité dans diverses régions de la Bande. L’approvisionnement d’Israël vers Gaza passe par cinq lignes électriques, dont quatre livrent de l’électricité à une base militaire de la région et ne peuvent être fermées. La cinquième ligne transmet l’électricité d’Israël à Beit Hanun à l’est de Gaza, qui selon toute attente sera le plus durement touché par ce plan.

    Israël fournit aussi tous les combustibles dont Gaza a besoin, y compris le diesel, l’essence et le gaz naturel, qui seront limités plus encore qu’ils ne le sont déjà.
    Samedi dernier, le ministre adjoint de la Défense, Matan Vilnai a dit que le tribunal avait donné son autorisation finale à ce projet suivant lequel Israël va « réduire de manière significative », soit d’environ deux tiers, l’électricité fournie à Gaza dans les semaines à venir. Pour commencer, l’électricité sera coupée chaque fois que des militants enverront des roquettes sur Israël.

    Vilnai a décrit le projet comme un « désengagement graduel de Gaza en matière d’électricité. » Il a dit clairement qu’Israël était déterminé à finalement couper entièrement l’électricité, exprimant avec un cynisme extrême le « souhait que les habitants de Gaza produiront leur propre électricité et ne dépendront pas de nous ».

    Il a justifié cette démarche en parlant de Gaza comme d’une « entité hostile », terme employé pour la première fois en septembre pour justifier le projet de stopper l’approvisionnement. Ce terme et les références au « désengagement » sont utilisés par Israël pour affirmer qu’il n’a plus l’obligation, en tant que force d’occupation, de fournir des services à la population civile en vertu du droit international.

    Mais malgré le retrait de Gaza de ses forces, il y a de cela deux ans, Israël en contrôle les frontières, l’espace aérien et les eaux territoriales et utilise ceci pour étrangler la vie économique sur la bande côtière.

    L’Autorité palestinienne (AP) dirigée par Abbas a qualifié la décision d’Israël de « crime de guerre » et de « punition collective contre notre peuple de la Bande de Gaza ». Mais ses protestations se sont révélées totalement insincères du fait que deux heures de discussions se sont tenues entre Abbas et le premier ministre israélien Ehoud Olmert lors d’un déjeuner, le jour suivant, pour préparer le sommet à venir de l’administration Bush à Annapolis dans le Maryland.

    L’AP participe directement à l’offensive en cours d’Israël contre le Hamas, mais craint qu’une attaque aussi ouverte sur la population toute entière de Gaza ne conduise le Fatah à perdre le contrôle sur la population de la Cisjordanie qui devient de plus en plus agitée.

    Le négociateur palestinien, Saeb Erekat a demandé une intervention internationale du Quartet du Moyen-Orient – les Etats-Unis, l’Union européenne, les Nations Unies et la Russie – afin d’empêcher Israël de couper l’électricité et l’approvisionnement en combustibles de Gaza. Mais le silence fut assourdissant, notamment de la part de Washington, qui contrôle les cordons de la bourse d’Israël et serait en mesure, sans grande difficulté, de mettre fin à cette action s’il n’était pas tacitement d’accord avec Tel-Aviv. Il ne restait plus aux porte-parole du Fatah qu’à se plaindre et dire combien la punition collective infligée à Gaza rendait difficile pour eux la signature d’un accord avec Israël.

    Le prétexte pour l’action d’Israël a été fourni par les attaques de roquettes Qassam lancées par des groupes de militants palestiniens de Gaza, dont on estime à 1 000 le nombre lancé durant ces quatre derniers mois.
    Néanmoins, la riposte d’Israël n’est ni légale ni proportionnelle.
    Les roquettes Qassam sont des missiles de petite taille, rudimentaires et non guidés qui sont employés depuis des années. Elles ont tué au total 13 personnes et en ont blessé environ 200, bien que l’une d’elles ait récemment blessé plus de 70 soldats israéliens. Le ministre de la Défense israélien a qualifié les roquettes Qassam de « menace psychologique plus que physique ».

    Israël a essayé d’exagérer la menace en parlant de roquettes Katyushka plus grandes et plus sophistiquées, mais on n’en aurait trouvé que trois jusqu’à présent. Les roquettes ne sont en fait qu’une riposte quelque peu dérisoire dans un conflit militaire manifestement inégal. Au moins 4274 Palestiniens ont été tués depuis le 29 septembre 2000 contre 1024 Israéliens. Moins d’un tiers des victimes israéliennes sont des civils contre 2023 Palestiniens non combattants tués.

    Israël resserrant son étau sur les Territoires occupés, cette différence s’est creusée. 660 Palestiniens au total ont été tués en 2006, dont 141 mineurs, alors que 17 civils israéliens et six membres des forces de sécurité ont été tués par les Palestiniens. A Gaza uniquement, l’attaque militaire israélienne en juin de l’année dernière avait tué 405 Palestiniens, dont 88 mineurs, et un total de 205 non-combattants. Israël avait aussi détruit plus de 300 foyers palestiniens.

    Même ces chiffres terribles ne tiennent pas compte de l’impact du siège d’Israël sur l’espérance de vie, notamment pour les bébés, les enfants, les malades et les personnes âgées.

    Le fait qu’Israël a fermé les frontières de Gaza à presque tout, sauf la nourriture et les médicaments de l’aide humanitaire, a quasiment détruit le peu qu’il restait de son économie.

    Avant même ce blocus, Israël avait retenu illégalement les taxes et droits de douane qu’il collecte pour l’AP, et qui correspondent à peu près à 50 pour cent des revenus de cette dernière. Il n’a depuis remis ces fonds qu’à la Cisjordanie dirigée par le Fatah. Le Quartet (Etats-Unis, Union européenne, Russie et Nations Unies) a aussi tout arrêté sauf l’aide humanitaire à Gaza. 

    51 pour cent en tout des Palestiniens dépendent de cette aide pour la nourriture, et la malnutrition est le principal problème de santé publique. De plus, 64 pour cent des Palestiniens sont passés en dessous du seuil de pauvreté en 2006, et près de 80 pour cent des habitants de Gaza vivent maintenant avec moins de 2 dollars par jour et dépendent des colis de nourriture des Nations Unies.

    Selon un reportage de la Banque mondiale, le mois dernier, 90 pour cent de la production industrielle de Gaza a cessé et la production agricole a baissé de 50 pour cent en 2007.

    Israël n’autorise quasiment aucun produit fini ou marchandise à entrer ou à quitter la Bande de Gaza. Quasiment toute construction a été stoppée, dont des projets d’une valeur de 90 millions de dollars alloués par les Nations Unies pour la construction de maisons, d’écoles et de traitement des égouts. Le chômage s’élève à plus de 75 pour cent. La production de nourriture d’hiver de Gaza, tels les fraises et les tomates cerises, va très probablement pourrir. Le prix des produits de base a augmenté de 30 pour cent ces six derniers mois. Le prix du sac de farine de 50 kilos a augmenté de 80 pour cent.

    Israël bloque, retarde et harcèle de façon arbitraire les personnes qui ont un problème médical urgent et qui ont besoin de quitter la Bande de Gaza, ainsi que les étudiants qui veulent faire des études universitaires à l’étranger. Les Nations Unies déclarent qu’en moyenne cinq patients de Gaza par jour seulement entrent dans Israël, par rapport à 40 par jour en juillet. Les propres installations médicales de Gaza sont confrontées à une pénurie de médicaments et d’équipement de laboratoire en état de marche. 

    Walter Fust, à la tête de l’organisme suisse, Direction pour le développement et la coopération (DDC), a qualifié la situation à Gaza d’« intenable » et de « choquante » à la fin d’une récente visite de quatre jours. Il a dit que la situation de la nourriture s’était aggravée « considérablement », avec 30 pour cent des enfants sous-alimentés et a décrit la situation dans les hôpitaux et les dispensaires comme précaire.

    Des personnalités militaires israéliennes de haut rang ont appelé à une incursion de grande envergure dans Gaza, mais le gouvernement n’y a pas donné suite s’efforçant d’avoir l’air de faire le nécessaire dans la recherche de la paix à quelques jours de la conférence sur le Moyen-Orient, soutenue par les Etats-Unis et qui doit se tenir vers la fin du mois à Annapolis, dans le Maryland.

    Néanmoins, des raids répétés ont eu lieu à la frontière de Gaza, dont un le 17 octobre et une incursion plus importante le 25 octobre – le jour où Barak approuvait les coupures de courant – près de Khan Younis au sud est. Des bulldozers ont aplani des terres agricoles sur un kilomètre dans la région de Al-Fukhari jusqu’à l’est de Khan Younis et des soldats ont fait des descentes dans plusieurs maisons et procédé à des arrestations.

    Article original anglais, WSWS, paru le 29 octobre 2007


    Gaza divise le Hamas
    par Michele Giorgio
     

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    Parade du Hamas à Gaza

    A Gaza, le Hamas prépare des « tribunaux militaires » mais pas pour juger ses adversaires du Fatah et les officiers des services de sécurité « arrêtés » la semaine dernière –ils ont presque tous été  « graciés » ces jours derniers – mais pour juger les membres des milices islamiques, la Tansifieh (Force exécutive) et les Brigades « Ezzedin al Qassan » qui se sont entachés de violences graves, abus et autres crimes, sur des agents des forces de sécurité et leur entourage. «  Ce ne seront pas des procès ouverts au public, et pas trop sévères non plus, mais dans tous les cas ils auront lieu, pour qu’il soit clair que la direction du Hamas veut être juste et n’accepte pas tout ce qui est arrivé pendant les combats de la semaine dernière, même si dans les casernes et dans les prisons (de l’ANP fidèle à Abu Mazen), on a souvent torturé et assassiné  des militants islamistes», nous explique un journaliste local soutenant le Hamas. Mais peut-être ces procès représentent-ils aussi un moyen d’évacuer le désappointement du premier Ministre « démissionné » Ismaïl Haniyeh et d’autres leaders politiques à cause de la décision de l’aile militaire de faire place nette du Fatah et pas seulement du courant  dirigé par Mohammed Dahlan.

    Le Hamas est un mouvement qui  tend à éviter l’existence interne de divergence organisée et répète que  les décisions doivent être  prises au sommet de façon démocratique et respectées par la minorité (c’est ce qu’on appelle dans nos organisations et partis à nous le centralisme démocratique, pourquoi ne pas le dire de cette façon ?! NDT). Et pourtant derrière cette apparence de collégialité absolue et respect mutuel, il en va autrement.

    La signature des accords de La Mecque et le lancement de la collaboration avec le Fatah avait créé un certain nombre de problèmes, de caractère idéologique et politique, à l’intérieur du mouvement. Deux ministres du gouvernement précédent, Mahmoud Zahar et Saïd Siyam, notoirement opposés à Abu Mazen, avaient encaissé non sans rage la décision, de Haniyeh  et du leader en exil Khaled Mashaal, de se plier au veto que la présidence et le Fatah avaient posé contre leur nomination. Mais surtout, les chefs de l’aile militaire, Mohammed Deif et Ahmed Jabari, avaient soulevé le problème de la réaction « faible » de Haniyeh à la nomination à la vice présidence  du Conseil de sécurité nationale, par Abu Mazen, de l’ « ennemi », Mohamed Dahlan. Divergences bien cachées sous le voile de l’unité  apparente du mouvement mais qui a affaibli  le contrôle de Haniyeh  sur les milices. 

    Le Hamas savait  que Dahlan et ses alliés, palestiniens et étrangers, projetaient une lourde attaque  militaire sur Gaza contre le mouvement islamique, grâce aux armes  et au soutien que les Etats-Unis et, plus récemment, Israël étaient prêts à fournir (ce soutien en armes et argent avaient déjà été fournis, NDT). Les sommets politiques et militaires avaient atteint cette conclusion : éliminer la menace, même par la force. Le plan devait être déclenché dans les semaines qui viennent mais l’enlèvement et l’assassinat de l’imam Mohammed al-Rasati (semble-t-il par les hommes de Dahlan), a donné le coup d’envoi de l’opération. « Sur le terrain cependant les choses sont allées au-delà des plans établis – rapporte un dirigeant politique du Hamas qui veut garder l’anonymat-  il fallait en finir  avec ces dirigeants du Fatah et avec les chefs des services de sécurité qui nous menaçaient continuellement mais les commandants militaires (du Hamas) ne s’en sont pas tenu aux ordres reçus et ont saisi l’occasion  de balayer jusqu’à la plus petite trace des institutions du Fatah et des services de sécurité. Le résultat c’est qu’aux yeux  des Palestiniens et du monde entier nous n’avons pas éliminés  des gens corrompus mais  imposé notre  pouvoir absolu ».

    Ceux qui ont franchi la ligne rouge sont en particulier les Brigades Ezzedin al Qassam, tandis que le commandant de la Tanfisye, Abu Obeidah al-Jarrah, serait mieux arrivé à contrôler ses hommes.

    Les leaders du Hamas faisaient la fête il y a une semaine, maintenant, par contre, ils commencent à  réfléchir sur les conséquences  de l’attaque contre le Fatah. Certains ne manquent pas de souligner  que la soif de victoire des commandants militaires – secondés d’ailleurs par les « dissidents » Zahar et Siyam- a mis à présent le Hamas dans une position  politique et diplomatique difficile, et que la conquête  de Gaza a été, en fait, une victoire à la Pyrrhus. Ça n’a pas été agréable pour le Premier ministre Haniyeh et pour son conseiller politique Ahmed Yussef, le « théoricien » du tournant politique  du Hamas, d’apprendre que l’Egypte a l’intention d’arrêter tous ses relations avec le Hamas, et que le siège de la représentation diplomatique égyptienne de Gaza sera bientôt transféré à Ramallah, où siège  le gouvernement palestinien d’urgence de Salam Fayad, nommé dimanche par Abu Mazen.

    Mais ce qui a encore plus assombri l’humeur de Haniyeh c’est aussi ce qu’a déclaré le Ministre des Affaires Etrangères syrien, Walid Moalem, dans une interview au journal arabe al-Hayat, en affirmant que Damas est « prête » à recommencer des négociations avec Israël.

    La reprise des négociations entre Tel Aviv et Damas pourrait aboutir à une ligne syrienne de moindre soutien au Hamas et à la résistance palestinienne

    Il Manifesto,
    Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio


    Reconstruire l’OLP en Palestine
    L'aut'journal 

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    Fille d’une famille paysanne palestinienne, Jamalat Abou Youssef est née à Helhoul, près d’Hébron, en 1962. En Palestine, elle a participé à de nombreuses luttes populaires et se définit comme une militante indépendante de la gauche palestinienne.

    Mariée à un militant français rencontré en Palestine au début de la deuxième Intifada, elle vit maintenant en France depuis quelques années tout en gardant des contacts étroits avec son pays d’origine.

    Nous avons pu rencontrer Jamalat Abou Youssef lors de son récent passage au Québec où elle séjournait à l’invitation de l’association PAJU (Palestiniens et Juifs unis).


    Nous ne pouvons commencer cet entretien sans aborder la situation de Gaza qu’Israël vient de déclarer «Entité ennemie».

    Jamalat : Israël ne parle plus maintenant d’une défense contre de «présumés terroristes» mais décrit Gaza comme une «Entité ennemie» ce qui lui permettrait d’intervenir sans tenir compte des lois internationales qui régissent l’administration de territoires occupés.
    En réalité, Gaza n’est en aucune façon une entité ennemie. Même si en 2005, Israël a retiré son armée d’occupation, il n’en contrôle pas moins tous les accès, par terre, air ou mer ainsi que la distribution de l’eau, de l’électricité, des marchandises et des personnes.
    Même les Américains qui pensent à la future conférence de paix en novembre prochain ont déconseillé à Israël par l’intermédiaire de Condoleeza Rice de provoquer ce qui serait une catastrophe humanitaire. (Il y a 1,5 million de personnes dans cette prison à ciel ouvert que constitue Gaza).

    L’aut’journal : Quelle est la situation actuelle de la population palestinienne?

    Jamalat : Elle est des plus obscure car s’ajoute maintenant aux problèmes que posent le blocage économique et les entraves à la circulation des biens et des personnes le fait qu’il n’y a pas une direction unique avec la division Fatah-Hamas.
    De plus, les forces de la nouvelle sécurité contribuent à opprimer le peuple et agissent en alliés objectifs des Israéliens. Il en résulte une démobilisation progressive de la population sur le plan de la résistance à l’occupant. Chacun devient trop préoccupé chaque jour davantage par une lutte pour survivre et s’éloigne des revendications politiques. C’est une perte pour la solidarité et un gain pour l’individualisme.
    À mon avis la cause de cet état de fait provient de l’illusion des Accords d’Oslo. Arafat, Abbas et la direction de l’OLP ont accepté de signer un texte qui ne parlait pas d’occupation coloniale, qui laissait tomber l’exigence du droit au retour des réfugiés et qui donnait aux Palestiniens la responsabilité d’assurer la sécurité de l’occupant.
    Aucune des mesures prévues à cet accord n’a été appliquée et le nombre de colonies en Cisjordanie n’a cessé d’augmenter.
     
    L’aut’journal : Jamalat, vous avez participé à la formation des femmes, pouvez-vous nous décrire la situation des femmes palestiniennes?

    Jamalat : Il y a de nombreuses conséquences à la faillite économique palestinienne concernant la place des femmes et on peut dire qu’elles sont les plus frappées. Le combat des femmes palestiniennes a toujours été lié au combat pour la libération nationale.
    Depuis les origines du problème palestinien et jusqu’à présent leur participation a été variable. Après les accords d’Oslo, la situation et le rôle des femmes palestiniennes se sont détériorés au point de régresser. Nombre de leurs droits ont été ignorés et des signes négatifs sont apparus comme, par exemple, la recrudescence des mariages précoces (avant l’âge de dix-sept ans).
    En même temps, la société devenait plus conservatrice concernant la libération des femmes. Le Hamas et d’autres groupes religieux augmentaient leur pression sur l’éducation des femmes. Elles étaient beaucoup plus nombreuses que par le passé à porter le voile.
    On retrouve une situation tribale, les femmes sont surveillées et ne sont plus protégées par une Autorité palestinienne délinquante et corrompue. Bien sûr, la situation des femmes est bien meilleure à Ramallah où il y a plus de bourgeoises qu’à Gaza.

    L’aut’journal : Vous avez déjà parlé de refondation du projet national palestinien. Qu’entendez-vous par là ?

    Jamalat : Ce dont le peuple palestinien a le plus besoin aujourd’hui, c’est d’une alternative apte à diriger la résistance et la lutte, car le peuple n’a pas d’autres choix. Il faut une refondation du projet et des structures de la lutte. Cela doit passer par une réorganisation ou répartition de la résistance sous toutes ses formes ( politique, culturelle, sociale, armée) à l’initiative de militants et cadres de la gauche, du Fatah, du Hamas et d’autres partis qui feront le choix de l’unité et des intérêts collectifs.
    La condition pour y parvenir est de mettre un frein à la dépolitisation et à l’individualisme, reconstruire la solidarité et établir un consensus à la base, ce qu’aucun leader ne semble capable de faire actuellement.
    En résumé, il faut reconstruire l’OLP avec les Palestiniens de 1948 (en Israël), ceux de la Cisjordanie et de Gaza et ceux de la diaspora.

    L’aut’journal : Dans ces conditions, quelle aide peuvent apporter les mouvements pro palestiniens à travers le monde?

    Jamalat : Les mouvements de solidarité internationaux peuvent jouer un grand rôle pour soutenir la résistance palestinienne, mais il faut qu’ils laissent les Palestiniens choisir eux-mêmes les formes de résistances qui leur conviennent, demeurer sur leur terre, développer eux-mêmes une indépendance économique (plutôt qu’avec des ONG).
    L’aide la plus significative serait de répondre à l’appel lancé en Palestine par 172 syndicats et associations pour que s’organise une campagne internationale de boycott et de désinvestissements touchant tout ce qui est israélien.
    Il y a actuellement 11 000 prisonniers politiques palestiniens dans les prisons israéliennes, parmi lesquels des femmes et des enfants. Il faut qu’ils et qu’elles ne soient pas oubliées.
    Les commémorations du 60 ème anniversaire de la NAKBA (catastrophe) devront faire l’objet d’initiatives internationales en 2008 pour rappeler les massacres des Palestiniens par les groupes armés israéliens en 1948 et l’exode de 600 000 Palestiniens qui en a résulté.
    Le peuple palestinien a besoin d’une solidarité qui
    exprime un clair soutien politique à sa résistance à ses droits nationaux et qui aide les initiatives locales qui visent à lutter contre les effets désastreux des illusions d’Oslo, contre la frustration consécutives aux échecs répétés, contre la mentalité fataliste produite par la corruption, contre les tentatives de repli individuel.

    Propos recueillis par André Le Corre.

     

  • Nouvelles n° 118 (1 ère partie)

    Un peu d'humour. 

    Lettre aux Belges francophones: un autre destin est possible, devenez Suisses avec nous!
    cantons


    Jean Frédéric Bonzon, rédacteur de la revue satirique lausannoise «La Distinction», propose un plan grandiose pour l'entrée de Bruxelles et de la Wallonie dans la Confédération helvétique. Chacun y trouverait son intérêt sans avoir beaucoup à changer.

    l'URSS, la Tchécoslovaquie et la Yougoslavie, un nouvel éclatement en Europe. Les Flamands semblent de plus en plus nombreux à vouloir leur indépendance, pourquoi pas? La difficulté se trouve bien plus dans le devenir de la communauté francophone, qui reste belge pour ne pas choisir entre une indépendance anémique et un rattachement à la France, imaginé comme la phagocytose d'un microbe par une amibe géante.

    Pourtant cette alternative n'en est pas une. Il existe une autre solution, à laquelle peu ont encore osé penser: l'entrée de Bruxelles et de la Wallonie dans la Confédération helvétique. Comme vous, les Romands écrivent huitante pour 80, même s'ils ne le prononcent pas de la même manière. Il n'y a pas plus d'idiome suisse que de langue belge. Vous serez donc en pays de connaissance. Votre apport mènera à la parité entre germanophones et francophones dans la Suisse étendue: nous serons près de cinq millions de part et d'autre de la Sarine.

    Finie la supériorité mi-condescendante mi-coupable des Alémaniques, terminé le complexe d'infériorité geignard des Romands. En outre la communauté germanophone de Belgique aura elle aussi la possibilité de s'intégrer; ses dialectes franconiens, bien qu'éloignés du schwyzerdütsch, ne pourront que se fondre dans la mosaïque linguistique suisse allemande. Les minorités italophone et romanche se verront revalorisées, dans une position inédite de pivot: en cas de blocage entre Romando-Wallono-Bruxellois et Alémaniques, leurs choix feront la différence.

    Les Tessinois retrouveront leur fierté. Votre Salvatore Adamo deviendra, après Mort Schuman, l'idole du lac Majeur. En adoptant en 1993 une forme partiellement fédérale, la monarchie belge n'a fait qu'une partie du chemin. Vous vous étonnez de la superposition des pouvoirs et de la multiplication des ministères sur le sol spongieux du Plat Pays? Prenez de l'altitude en imaginant que vos six régions et provinces deviendront des cantons dotés de pouvoirs étendus en matière de fiscalité, de police, d'aménagement du territoire, de politique sanitaire, sociale ou scolaire.

    Bruxelles, Brabant wallon, Hainaut, Liège, Namur et Luxembourg belge deviendront semi autonomes au sein d'une confédération de 32 micros états, tous plus jaloux de leurs prérogatives les uns que les autres, obsessionnellement soucieux d'étendre leurs compétences au détriment de l'Etat central et victimes de l'agressivité de milliers de communes égocentriques et dissimulatrices en matière d'impôts locaux. Ce ne seront pas moins de 9 (au minimum) conseillers fédéraux, 300 conseillers nationaux, 64 conseillers aux Etats, plus de 200 ministres et près de 3000 députés cantonaux, ainsi que des dizaines de milliers d'élus locaux qui s'agiteront dans 33 parlements et autant de pouvoirs judiciaires. Sans oublier une population foncièrement hostile à l'Etat qui s'ingéniera chaque trimestre, lors des consultations populaires, à glisser un «non» vengeur dans l'urne.

    L'art du compromis tant vanté en Belgique n'en est qu'à ses premiers pas quand on le compare aux éblouissantes pirouettes des grands artistes de la démocratie semi directe consensuelle. Il vous faudra apprendre le fédéralisme intégral. L'helvétisation de la Wallonie et de Bruxelles résoudra également la question royale qui vous taraude depuis plus de cinquante ans.

    La forme républicaine de l'Etat est une condition préalable à l'entrée dans la Confédération. Vous qui avez voté majoritairement contre la monarchie en 1950, vous vivrez enfin en république.

    Politiquement, l'apport de vos bataillons d'électeurs socialistes mettra la gauche suisse, une des plus minoritaires d'Europe, en position de contester la domination que la droite exerce sous des formes plus ou moins bien déguisées depuis plus de 150 ans.

    Le populisme démagogique d'un Christoph Blocher sera remis à sa place de minorité ronchonne et vieillissante.

    Les syndicats y retrouveront également une seconde jeunesse. Une fois la sécurité sociale belge détruite par le séparatisme flamand, vous découvrirez l'absence de sécurité sociale, la restriction des droits sociaux et la lourde ponction des compagnies d'assurance maladie sur la population. Au début, le choc sera rude et l'emploi incertain, mais vous contribuerez sans aucun doute à faire évoluer ce système obsolète. Bien sûr, il faudra quitter simultanément l'OTAN et l'Union européenne.

    Certes Bruxelles ne sera plus capitale européenne, mais cela représente finalement bien peu de choses en regard des deux sièges qu'elle gagnera au Conseil des Etats, à Berne. La ville de Jacques Brel sera désormais le coeur culturel de la Suisse occidentale, la patrie d'Alain Morisod, un titre qui mérite bien quelques menus sacrifices.

    Dernier détail: vous abandonnerez l'euro, mais vous retrouverez le franc. En contrepartie de votre part de la prospérité helvétique, vous nous apporterez des valeurs qui nous manquent: votre ineffable joie de vivre, votre humour irrépressible et vos délicieux chocolats. Zurich se réjouit déjà de n'être plus la seule mégapole du pays. Elle imagine dans l'effervescence et les calculs d'intérêts la fusion de nos compagnies aériennes respectives. Les banques de la Bahnhofstrasse sont de longue date présentes à Bruxelles, on peut compter sur elles pour y rester.

    Lausanne se prépare à vous restituer spontanément et gratuitement le Ballet Béjart. Le Temps espère la fusion avec Le Soir, et 24 heures avec La Province de Mons. La télévision romande a dès maintenant décidé de renoncer à son émission Temps présent au profit des reportages admirables de Strip-tease.

    Spécialistes en percements de toutes sortes, nos ingénieurs planchent d'ores et déjà sur un projet de tunnel qui, passant sous la colline de Sauvabelin, le Jorat, le Jura, le Ballon d'Alsace et les Ardennes, reliera les deux parties du nouvel Etat. Né à Liège et mort à Lausanne, Simenon, romancier du soupçon, vous montre la voie. Comme Hergé, qui se réfugiait au bord du Léman quand la situation devenait trop lourde pour lui, choisissez la paix de l'âme et les filets de perche. A l'exemple de tant de vos compatriotes chaque hiver, envisagez une nouvelle vie, avec de nouveaux reliefs.

    Vous étiez Belges? Devenez Suisses !
     


    Libres propos

    Etre de gauche au XXI ème siècle, c'est...
    marx

    Un manifeste pour que ceux qui se réclament de la gauche tendent vers ces objectifs, et que ceux qui y ont renoncé cessent de revendiquer un qualificatif qui ne leur convient plus.

    Un peu partout fleurissent les discours proclamant que le clivage gauche droite est dépassé. Il est des écologistes pour penser que la dimension environnementale de l'alternative transcende ce clivage, des sociaux-démocrates tellement rôdés aux politiques néolibérales qu'ils parlent de troisième voie. C'est pour eux l'occasion de ne pas nommer une conversion aux logiques droitières.

    Ce discours est aussi tenu par des gens de droite (voire d'extrême droite) qui sèment le trouble comme J-M. Le Pen citant Gramsci ou N. Sarkozy faisant lire le communiste G. Môquet. La vérité est qu'ils exhument des bribes dénaturées de leurs pensées. Mais leur objectif -brouiller les pistes- fonctionne plutôt bien.
    Les mots ont vieilli et la terminologie a été dénaturée, pourtant, même au coeur de nos riches sociétés, il y a encore des inégalités, des exploiteurs et des exploités. La lutte des classes existe, même si sa forme et ses caractéristiques ont changé. Cette réalité donne sens à la notion de gauche.

    Un clivage existe également entre pays riches et pauvres. Il convient donc de refuser les nationalismes, de cultiver, ici et partout, la fraternité et l'internationalisme. Comme l'écrit R-M. Jennar, "Jamais plus qu'aujourd'hui n'a été pertinent l'appel aux prolétaires de tous les pays à s'unir, même si la définition du prolétariat a quelque peu changé». Il demeure essentiel de ressentir qu'aujourd'hui encore, ceux qui ne possèdent que leur force de travail, physique et/ou intellectuelle, n'ont d'autre patrie que leur propre condition.
    Concrètement, au XXI ème siècle, être de gauche c'est...

    - Oeuvrer à contrer les inégalités et protéger tous ceux que le système exploite, exclut et précarise. Une politique est de gauche lorsqu'elle s'attache à réduire l'écart entre pauvres et riches, ce qui nécessite une opposition franche à l'économie de marché libre et non faussée.
     
    - Viser d'abord à la disparition des inégalités sociales, qui explosent. Il ne s'agit pas d'imposer une égalité "uniformisante", de nier les spécificités ou l'aspiration à des particularismes - qui peuvent nourrir l'individu et enrichir la société - mais de mettre fin à l'inégalité d'accès à tout bien essentiel à la survie, au bien-être et à l'épanouissement. "De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins", selon la formule des révolutionnaires du XIX ème siècle, popularisée par K. Marx. Etre de gauche, c'est abroger fermement les lois iniques imposées à travers la planète, qui approfondissent les inégalités sociales, notamment dans le droit du travail et les retraites, la fiscalité, les politiques migratoires ou encore l'accès aux soins de santé.

    - Vouloir rééquilibrer la distribution des richesses entre le capital et le travail. En Belgique comme dans de nombreux pays, la part du capital, par rapport aux salaires, ne cesse de croître dans le PIB sans qu'aucun gouvernement étiqueté "à gauche" ne stoppe cette logique. Simultanément, les politiques menées diminuent la part du capital dans les recettes de l'Etat.

    - Privilégier l'intérêt collectif à l'intérêt particulier et en cela reconnaître le nécessaire rôle de l'Etat ou d'une forme d'organisation collective, garant des droits et libertés, redistributeur, régulateur et planificateur au bénéfice de l'intérêt collectif. Il s'agit soit de réguler le marché, soit de le circonscrire et de l'exclure de certains secteurs économiques (eau, énergie, transport,...), soit de simplement viser à sa disparition. Par Etat, nous entendons un outil au service des décisions collectives avec des fonctions administratives, économiques, législatives et exécutives, pas un outil servant la défense de privilèges. Tout en maintenant une volonté d'équité sociale et écologique globale, cette logique inclut aussi la possibilité - et même la nécessité - d'initiatives locales, d'une grande décentralisation dans le fonctionnement et la gestion des outils publics, d'une autogestion des processus de production, en vue de répondre au plus près aux besoins et réalités.

    - Ne pas marchander la solidarité au prix d'une liberté sans limite. Cela signifie-t-il que l'on bride la liberté individuelle ? Au contraire. On constate que la liberté individuelle, pour s'épanouir et se généraliser, réclame un contexte où solidarité et intérêt collectif ne sont pas mis en péril. Les choix doivent être faits après un juste débat d'idées, entre tous les citoyens et dans un objectif solidaire, ce qui est aujourd'hui un leurre absolu. Ceux qui se présentent en défenseurs de la liberté, savent pertinemment que, vu le rapport de force, nous ne sommes pas en mesure d'exercer celle-ci. De plus, ils sèment le doute car la liberté qu'ils réclament est avant tout celle du pouvoir économique vis-à-vis d'une tutelle démocratique et non celle des citoyens. D'ailleurs, la plupart des gouvernants "libéraux" - mais aussi sociaux-démocrates - attaquent parallèlement libertés collectives (droit de grève, droit à la lutte sociale, droit des migrants,...). Un arsenal de lois liberticides est mis en place.

    - Étendre aussi aux générations futures la notion de solidarité. C'est donc se déclarer opposé à la logique productiviste qui épuise les ressources et pollue la biosphère, et refuser la prépondérance de l'économie sur le social et l'environnemental.

    - Prôner un Etat laïc et républicain face à toute logique privilégiant les droits associés à l'identification et à la classification des individus par leur appartenance. Il est ahurissant que des personnes, se réclamant de la gauche, défendent un régime archaïque de privilèges basé sur le sang tel que la monarchie, véritable injure à la démocratie.

    - Revendiquer l'absolue égalité de droit entre les humains de toutes origines, appartenances sexuelles, croyances ou coutumes, dans les limites de la loi républicaine et laïque. C'est proclamer l'égalité de droit sans tenir compte des différences apparentes. Le nationalisme s'est aujourd'hui immiscé au coeur même de la social-démocratie. Il en va de même d'une certaine forme de racisme bon teint.

    - Lutter contre l'uniformisation des médias par des intérêts privés brisant le débat démocratique. C'est promouvoir des médias publics pluralistes et en exclure la publicité, proposer une protection plus grande des journalistes les rendant idéologiquement indépendants des propriétaires des médias. L'actuelle concentration médiatique et la mainmise de grands patrons sur les médias sont une grave menace pour la démocratie.

    - Défendre un enseignement public de qualité, correctement financé et préservé de la sphère privée. C'est opter pour un enseignement qui forme des citoyens critiques et autonomes.

    - Privilégier le débat d'idées à la politique de l'image et aux coups de force médiatiques qui nivellent vers le bas et rendent lointaine et confuse la politique, ce qui crée les conditions d'une démocratie privée de fond et mise en danger plutôt qu'une démarche d'élaboration collective et d'éducation permanente. Relayé par un clientélisme qui s'installe, le marketing politique prend le pas sur les idées ce qui ne peut que nuire aux aspirations de gauche.

    Pour conclure : comme souvent, il est utile de replonger dans les classiques. Marx et Engels écrivaient dans le Manifeste que "la bourgeoisie [...] ne laisse subsister d'autre lien, entre l'homme et l'homme que le froid intérêt [...]. Elle a fait de la dignité personnelle une simple valeur d'échange; elle a substitué aux nombreuses libertés si chèrement conquises l'unique et impitoyable liberté du commerce".
    Il n'est pas une virgule à changer dans cette analyse. On aimerait dès lors que celles et ceux qui se réclament de la gauche tendent vers ces objectifs et que celles et ceux qui y ont renoncé cessent de revendiquer un qualificatif qui ne leur convient plus.

    Ce texte est signé par J. BRAIPSON (Vice-Président. CGSP-RTBF Liège), D. BRISSA (Militant éco-socialiste, UAG, ACC), V. CALLER (Rédacteur au Drapeau Rouge, PC), L. CREMER (Ex-conseiller provincial Ecolo), J. CORNIL (Militant éco-socialiste, ex-sénateur PS), J.-M. DEHOUSSE (Ex-ministre PS, ex-bourgmestre de Liège), C. DELFORGE (Députée à la région bruxelloise, Ecolo), J. DOHET (Historien, e Ressort), P. DURAND (Prof. d'Université), P. EYBEN (Militant éco-socialiste, Secrétaire. Pol. Féd. de Liège du PC, ACC), M. FAYS (Sec. régional FGTB Namur), M. GOBLET (Prés. FGTB L-H-W), N. HARDY (Formatrice au PAC), B. KIMYONGUR (CLEA), J.-P. MICHIELS (Président de l'ACJJ), J. PALMA (Assistant à l'ULg), Chr. PAGNOULLE (Prés. d'ATTAC-Liège, enseignante à l'ULg), J.-F. PONTEGNIE (Membre d'UAG), M. PLOUHMANS (ATTAC Liège), J.-C. RENDA (journaliste, Prés. interrégional wallon CGSP-RTBF), A. RIERA (Secrétaire de rédaction "La Gauche", LCR-B), A. SECONDINI (Ex-président d'ATTAC Verviers), O. STARQUIT (Altermondialiste, e Ressort), A. STEVENS (Prof. de Philosophie, ULg), BernardWESPHAEL (Député à la Région wallonne, Ecolo).

    Texte réduit pour publication, texte complet :
    http://acontrecourant.be/1998.html;
    Contacter les initiateurs : 0477/20.29.53.


    Capitalisme

    Les méfaits d’une multinationale pharmaceutique       
    par Raoul Marc Jennar   

    novartis

    Novartis, troisième laboratoire pharmaceutique mondial, est l'une des 39 compagnies pharmaceutiques qui avaient intenté un procès au gouvernement sud-africain, il y a 6 ans. Leur but était de faire annuler la loi sud-africaine destinée à diminuer le prix des médicaments. Sous une formidable pression internationale, bel exemple de la capacité citoyenne à agir avec efficacité, ces multinationales, montrées du doigt pour leur rapacité, avaient été contraintes de retirer leur plainte. Aujourd'hui, Novartis se lance dans une action en justice sur le même sujet et, cette fois, la cible c’est le gouvernement indien.

    Novartis s'attaque au gouvernement indien à propos de la production de médicaments génériques en dénonçant la loi indienne sur les brevets adoptée début 2005. Cette loi a mis l'Inde en conformité avec les règles de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) sur la propriété intellectuelle. Il s’agit de l’accord sur les Aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC). Conformément à l'accord ADPIC, elle renforce considérablement l'emprise des brevets et leur durée. Toutefois, et notamment grâce à une forte mobilisation des ONG en 2005, elle contient une exception qui permet de ne pas breveter les médicaments ne comportant pas de réelles innovations. C'est le cas du Glivec, médicament contre des formes de cancer que l'Inde refuse de breveter.

    La loi indienne comprend des éléments permettant de donner la priorité aux malades par rapport aux brevets. L'Inde produit des médicaments à un coût abordable qui sont vitaux pour un grand nombre de malades dans les pays en développement. Le traitement de millions de malades dans le monde dépend aujourd'hui de médicaments produits en Inde. Plus de la moitié des médicaments utilisés pour le traitement du sida dans les pays en développement sont actuellement fabriqués en Inde. Ainsi, ces médicaments sont utilisés pour 80% des 80.000 patients malades du sida suivis dans les programmes de traitement du sida de Médecins Sans Frontière.

    Comme en Afrique du Sud en 2001, les grandes entreprises pharmaceutiques, et dans ce cas-ci Novartis, intentent un procès au gouvernement indien pour qu'il abandonne la fabrication de génériques. Il s'agit pour ces entreprises de pouvoir occuper le marché avec des médicaments de leur marque. Si Novartis gagne ce procès, ce sera la porte ouverte à une généralisation de l'interdiction de fabriquer des génériques en Inde. Or, les génériques indiens soignent des populations nombreuses, qui autrement n'auraient pas accès aux soins : près de 70% des exportations de médicaments indiens se dirigent vers les pays en développement.

    Si Novartis gagne son procès cela aura des conséquences sur des millions de personnes dans le monde qui dépendent de médicaments produits en Inde.

    Quel est ce système mondial qui autorise une entreprise privée à faire passer le profit avant la santé ? Le droit des malades d'accéder aux médicaments dont ils ont besoin est un droit fondamental consacré par des conventions internationales. Qu’attendent nos gouvernements pour le faire respecter ?

    Le droit d'accès aux soins et plus largement le droit à la santé sont des droits fondamentaux de la personne humaine et des droits sociaux qui ne peuvent être subordonnés à des considérations mercantiles. Avec Médecins Sans Frontière, avec de nombreuses associations et mouvements altermondialistes, il faut exiger que les malades passent avant les brevets. La vie de millions de personnes est en jeu. Une pétition exigeant que Novartis abandonne son procès contre le gouvernement indien, pour permettre la fabrication de médicaments génériques est en ligne. Signez-la.

    Pour signer la pétition : http://www.msf.org/petition_india/france.html


    Le droit au logement frappe à la porte de l’Europe

    droit-au-logement

    A Bruxelles, les premiers Etats généraux européens pour le droit au logement dressent un constat alarmant. (Avec la participation de l’ACJJ)

    Bernard Birsinger, feu l’ancien maire communiste de Bobigny, en avait rêvé. Ses amis l’ont fait. Les 5 et 6 novembre 2007 derniers, plus de 130 représentants d’organisations engagées dans la défense des mal logés ou des sans logis, d’ONG, d’associations d’habitants et de locataires, mais aussi des élus locaux, des députés européens, le président du CECODHAS, qui coordonne au niveau européen les gestionnaires des logements sociaux, se sont retrouvés au sein du Parlement européen, à Bruxelles, pour les premiers Etats généraux européens pour le droit au logement (EGEDAL). Coordonné par l’Alliance Internationale des Habitants (AIH), l’Association nationale des élus communistes et républicains (ANECR), la Plate-forme pour un Logement Digne (Espagne) et le Réseau d’élus et d’autorités locales progressistes d’Europe (REALPE), l’événement est la suite logique des Etats généraux pour le droit au logement initiés en France en 2004. Mais des racines plus anciennes pourraient être repérées dans la Charte Européenne pour le Droit à Habiter et la Lutte contre l'Exclusion Sociale, née à l'issue des premières rencontres informelles des ministres européens du logement au début des années 90. 

    Les nombreux témoignages égrenés au fil de ces deux journées ont permis de dresser un état des lieux inquiétant du mal ou de non logement dans une douzaine d’Etats du vieux continent. Si les situations diffèrent énormément selon les pays, tous les participants ont vivement dénoncé l’abandon par les Etats du secteur du logement. Eva-Britt Stevenson, députée européenne suédoise (GUE/NGL), a ainsi expliqué comment, sous la pression de l’Union européenne et des choix politiques de la majorité de centre-droit, son pays - qui considérait jusqu’alors le logement comme un droit pour tous quels que soient les revenus des ménages - se dirigeait actuellement vers une « privatisation rampante », en réduisant ses dotations pour les aides au logement et en s’apprêtant à mettre en vente 860.000 logements publics. Analyse partagée aussi par l'eurodéputée socialiste Marie-Noëlle Lienemann, ancienne ministre française au logement. En Russie, ce sont les réformes « ultra-libérales » du gouvernement de Vladimir Poutine qui fragilisent l’accès au logement. Selon Carine Clément - qui n’a pu faire le voyage depuis Moscou à cause du refus des autorités russes -, ces réformes ont eu pour conséquence de jeter à la rue des milliers de familles au profit de promoteurs véreux, sous la bénédiction de pouvoirs publics locaux corrompus. Le cas des Roms, stigmatisés et partout discriminés, a été évoqué à de nombreuses reprises par les participants. Miroslav Prokes, conseiller municipal de Prague (République Tchèque), a expliqué qu’ils constituaient 90 % des personnes vivant dans les quelque 300 bidonvilles que compte son pays. En Italie, c’est le nouveau décret concernant les ressortissants roumains, qui vient se rajouter à la politique de destruction des bidonvilles sans aucun relogement et à la non approbation d'un décret de protection des locataires expulsables, qui sont dénoncés conjointement par Cesare Ottolini, animateur de l’Alliance Internationale des Habitants, et Paolo Gangemi de Rifondazione comunista.

    « Il faut que l’Union européenne prenne au sérieux la question du droit au logement », a estimé Heinrich Niemann, engagé dans LHASA, association de restructuration urbaine à Berlin. Pour autant, a prévenu Pierre Mansat, adjoint au maire de Paris, « ce sont aujourd’hui les marchés financiers qui décident comment se fait la ville. Grâce à leur force de frappe, les fonds d’investissement sont en capacité de déstabiliser les politiques publiques. » Ce fut le cas à Berlin où, « en dix ans, des fonds d’investissement ont pu s’offrir 1,8 million de logements publics », a précisé Barbara Litke, représentante, à Bruxelles, de l’Union internationale des locataires. 

    Ces EGEDAL n’auraient-ils été qu’un constat d’impuissance? Non, répond Cesare Ottolini. « Ces Etats généraux sont une étape fondatrice vers la constitution d’un mouvement européen de résistance et d'alternative ». Durant ces deux journée, des dizaines d'intervenants, de Jean-Pierre Giacomo, président de la CNL française, à Paul Trigalet, de Solidarités Nouvelles (Belgique), en passant par Joseph Jones (Thames Valley Gypsy Association, Royaume-Uni), Daniele Porretta (Plate-forme pour un Logement Digne), Knut Unger (Union des Locataires de Witten, Allemagne) ou encore Annie Pourre (réseau No-Vox), ont présenté une grande richesse d'analyses, de propositions, et de luttes.

    Dans la déclaration finale des EGEDAL, les participants se sont engagés à organiser des Etats généraux dans leur pays et à agir pour demander « le développement d’un véritable service public du logement et de la ville » pour que le droit au logement soit reconnu au niveau de chaque pays et au niveau européen. En attendant, les membres des EGEDAL seront présents lors du Forum Social Européen (Malmö, 18-27 septembre 2008) et également lors de la rencontre européenne des ministres du logement, programmée à Paris le prochain octobre 2008 sous la présidence française de l'UE.

    Cyrille Poy, journaliste à l’Humanité

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    DOSSIER  

    Relance de la guerre froide ?

    Bouclier spatial et course à l’armement : relance de la guerre froide ?  

    suprbush


    L’installation d’éléments du bouclier antimissile américain en Pologne et en République tchèque suscite toujours l’opposition farouche de la Russie. Ce projet s’insère dans une stratégie globale qui risque de relancer la course aux armements en Europe et dans le monde.Bush, on le sait, a trois amours. Lui, la guerre. Et Dieu. Du moins, un dieu à sa mesure, déterministe et plein de courroux. Donc implacable et qui aime jouer du bâton contre les mécréants. A la manière dont le président, évangéliste de carton pâte, envoie ses armées contre l’esprit du mal incarné dans le terrorisme universel et les Etats voyous. Les visions bibliques, façon ancien testament, du président en ont fait un dangereux croisé. Et un fameux fardeau pour notre univers. A voyou, voyou et demi ? Un exemple. Depuis 2001, et avant même les attentats du 11 septembre et les aventures perdues en Irak et en Afghanistan, l’administration Bush avait engagé les États-Unis dans une course à l’armement sans précédent depuis le programme « guerre des étoiles » de Reagan. Le système antimissile en est l’un des axes prioritaires, pour un coût colossal : 10 milliards d’euros pour l’année 2005. Un projet transcontinental. Trois régions du monde sont directement concernées. D’abord, le territoire américain, qui accueille une vingtaine de sites fixes, doublés d’autant d’intercepteurs montés sur des navires.Ensuite, l’Europe. Enfin, l’Asie, et notamment le Japon. Mais c’est l’ensemble de la terre que la Maison blanche veut quadriller. Sans s’émouvoir le moins du monde de la relance de la course aux armements qui accompagne cette lamentable et incontrôlée fuite en avant.En Asie ? Depuis le survol d’un missile nord-coréen au-dessus du territoire nippon en 1998, Tokyo et Washington coopèrent en matière balistique. Une nouvelle étape pourrait être franchie dans les prochains mois si le gouvernement Abe - qui souhaite lier un « partenariat stratégique » avec l’OTAN - accepte les propositions de George Bush. Celui-ci a déjà déployé trois croiseurs antimissiles dans l’archipel équipés du dernier cri des intercepteurs de missiles, le SM3, après l’envoi peu convaincant d’un missile Teapodong-2 par Pyongyang en juillet et l’essai nucléaire nord-coréen d’octobre. Il a envoyé à Okinawa un régiment équipé de la dernière version de missiles Patriot et a demandé à installer des radars fixes d’alerte et de trajectographie, officiellement pour prévenir une attaque venue de Pyongyang dont les relations internationales sont, pourtant, désormais en voie de normalisation, y compris avec Washington. Parallèlement, Tokyo a annoncé l’accélération de ses projets d’acquisition de missiles Patriot PAC-3.   

    La Chine en point de mire   

    Il s’agit donc bien pour le Japon d’intégrer davantage son système dans celui des Etats-Unis. Mais il n’échappe à personne qu’il s’agit aussi de contrer ce que des cercles stratégiques japonais et américains, et pas seulement issus des milieux conservateurs, appellent désormais ouvertement la « menace chinoise ». Pékin, autre grande puissance atomique, a marqué spectaculairement son entrée dans le club des puissances capables de mettre le feu au ciel en ciblant récemment un satellite au rayon laser.Dans un autre ordre d’idées, mais sur le même continent asiatique, il y a l’Iran, présumé coupable, sans preuves tangibles et malgré les dénégations du principal intéressé, de préparer l’apocalypse nucléaire.Certes, M. Ahmadinejad fait des pieds et des mains pour présenter une image antipathique d’un régime aux abois. Et peut-être ses vociférations ne tiennent-telles pas seulement de la provocation rhétorique.Mais, vu de Washington, tout cela ne manque pas d’utilité. Les ambitions atomiques de Téhéran sont en première ligne pour étendre l’ombre du bouclier spatial en Europe. Mais, fait tout aussi inquiétant, 1 Analyse parue dans le N° 317 du Journal du mardi, 30 avril 2007. Washington encourage au Proche-Orient une prolifération nucléaire dont risquent d’hériter les générations futures. Le 19 septembre 2006, Gamal Moubarak, le fils du président égyptien, appelait son pays à développer l’énergie nucléaire. Civile, certes, mais avec des prolongements militaires face aux capacités d’Israël et, peut-être, de l’Iran. Très vite, l’ambassadeur des Etats-Unis au Caire, Francis Ricciardone, a assuré l’Egypte du soutien de son pays alors que celui-ci avait pourtant imposé un gel du programme nucléaire égyptien durant deux décennies en raison des liens de Washington avec Israël.Du coup, c’est l’idée de l’instauration d’une zone exempte d’armes de destruction massive au Moyen- Orient qui bat de l’aile alors que, déjà, l’Etat hébreu, mais aussi l’Inde et le Pakistan, possèdent l’arme suprême. Et c’est le roi Abdallah II de Jordanie qui, répétant son souhait de « voir une zone, dénucléarisée », estime toutefois que « depuis l’été 2006 (ndlr, l’entrée israélienne au Liban et la montée en puissance des chiites), les règles ont changé. » Et les pays du Golfe, Arabie saoudite en tête, semblent prêts à payer une partie des coûts liés au programme égyptien.   

    Contradictions européennes   
    otan


    Enfin, si l’on ose dire, il y a l’Europe. Le gouvernement américain met une nouvelle fois à l’épreuve les nerfs des Européens avec sa volonté d’installer une extension de son boucler en République tchèque et en Pologne, voire dans le Caucase. Le président russe Vladimir Poutine – considérant qu’il s’agit en réalité de pointer son pays - a très vertement critiqué cette initiative lors de la traditionnelle conférence sur la sécurité de Munich, voici quelques mois. Là encore, la justification officielle d’un tel déploiement est la menace potentielle représentée par un éventuel accès de l’Iran à l’armement atomique.Hypothèse que rejette Téhéran. Mais il n’empêche que certains gouvernements de l’Union européenne approuvent la démarche américaine. Le secrétaire général de l’OTAN, le Néerlandais Jaap de Hoop Scheffer, a même proposé que le bouclier antimissile soit complété par un système européen et étendu au sud-est de l’Europe, en Turquie et en Grèce. Du même coup, une telle coopération entre l’Alliance atlantique et l’UE ne manquerait pas de fragiliser encore toute perspective d’une politique étrangère européenne plus indépendante des Etats-Unis. La relation étroite entre l’OTAN et l’Union ne suffit plus, a d’ailleurs expliqué en substance le vice-président de l’Alliance, Martin Erdmann au sein de la commission Sécurité et défense du parlement européen.Les jeux ne sont pourtant pas faits et l’Europe peut encore échapper à une totale « otanisation ». Mais l’Union européenne peine, une fois de plus, à dégager une ligne claire : « L’UE n’est pas une alliance militaire mais elle a une politique extérieure et de sécurité et elle peut et doit débattre de ce sujet » a réagi mollement le Monsieur « Politique étrangère », Javier Solana, en rappelant que « les intérêts souverains des Etats membres doivent être compatibles avec l’intérêt général de l’Union. « Un tel système (le bouclier) peut affecter nos relations avec un pays tiers, la Russie. »   

    Lignes brouillées
       

    Le fait est que la controverse aux allures de guerre froide réveille les divisions d’un « vieux continent » déjà éprouvées lors du déclenchement de la guerre en Irak. Au point de voir resurgir le clivage entre « vieux » et « nouveaux » européens ? En 2003, l’Europe ex-communiste avait pris fait et cause pour l’oncle Sam, lui manifestant une solidarité sans faille. Mais, changement notable, le débat fait rage aujourd’hui dans les deux pays directement concernés, la Pologne et la République tchèque. En Pologne, des experts s’interrogent sur les conditions que le pays devrait poser pour rendre acceptable l’accord sur une base américaine, s’inquiètent, comme l’opposition, d’un abandon important de souveraineté. Et l’image d’infaillibilité dont jouissait l’Amérique s’est fortement ternie avec les déboires au Moyen-Orient.Des pays comme la France ou l’Allemagne, plus soucieux de ménager la Russie, font preuve d’une grande prudence. Mais, comme partout, les lignes sont largement brouillées. A Berlin, par exemple, la droite démocrate-chrétienne redoute que les réticences de la Russie ne ralentissent ce que le ministre de la défense, Franz Josef Jung, considère comme "un type de protection pertinent" à l'aune de l'annonce, par l'Iran, de son entrée dans une phase industrielle d'enrichissement d'uranium. "Des précautions doivent être prises contre l'augmentation prévisible de la portée des missiles de certains Etats qui posent problème", a-t-il déclaré. Mais le ministre des Affaires étrangères, le social démocrate, Frank-Walter Steinmeier a estimé par contre qu’il fallait « discuter calmement (du projet de bouclier) au sein de l’Alliance atlantique et de l’Union européenne, et parler aux Russes. » Le même avait déjà mis en garde contre « une nouvelle course aux armements. »   

    Mises en garde russes   

    Le 10 février à Munich, M. Poutine avait résumé sans détour les griefs russes vis-à-vis de l’Amérique.« Des actions unilatérales et souvent illégitimes ont provoqué de nouvelles tragédies humaines et créé de nouveaux pôles de tension. » « Le monde », avait-il ajouté, assiste à « une hyper-utilisation de la force presque sans limites (…) les Etats-Unis débordent de leurs frontières nationales dans tous les domaines » L’année dernière, le président russe avait usé d’une métaphore limpide à propos des Etats-Unis : « Le camarade loup sait qui manger, et il mange sans écouter personne » Peu après, le commandant en chef des forces stratégiques russes, Nikolaï Solotsov, prévenait que « si les gouvernements polonais et tchèque prennent une telle décision (de recevoir le système antimissile), nos forces seront en mesures de pointer (des missiles) sur ces installations. » Et Moscou menaçait de se retirer unilatéralement du traité russo-américain FNI de 1987 sur les missiles de portée intermédiaire.Discours de guerre froide ? Face au danger de renforcement de l’OTAN et à un possible bouleversement de la donne stratégique, la Russie élabore une nouvelle doctrine militaire et a menacé de réagir à « une troisième zone de positionnement pour le système antimissile américain. » Le général Iouri Balouevski, chef d’état-major, a qualifié l’expansion multiforme des Etats-Unis dans la zone traditionnelle d’influence de la Russie de « véritable menace nationale. » Et un de ses collègues a estimé que la Russie devait se préparer à de futures guerres dans l’espace. Le 27 février, le vice-Premier ministre Sergueï Ivanov, candidat potentiel à la succession de Poutine, a annoncé le lancement d’un programme d’armement de « cinquième génération » dans le domaine des antimissiles et de la défense spatiale.   

    Face à face stérile   

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    Depuis lors, Washington essaie d’arrondir les angles. Fin mars, il est vrai, M. Poutine a pu faire part directement, au cours d’une conversation téléphonique, à George Bush, de l’ « inquiétude de la Russie face aux projets des Etats-Unis de créer une base de défense antimissile en Europe centrale.« L’échange a été franc » a commenté le Kremlin. M. Bush a répété que « les systèmes de défense antimissile en Europe étaient destinés à parer la menace en pleine évolution des missiles balistiques venus du Moyen-Orient, une menace qui nous est commune avec l’Europe et la Russie. » Sans convaincre. La semaine dernière à Moscou, le secrétaire d'Etat américain adjoint à la sécurité internationale, John Rood, a présenté de "nouvelles idées" de coopération dans les systèmes de défense antimissile. « Nous avons clairement dit que nous étions ouverts à une coopération avec la Russie dans un large spectre d'activités de défense antimissile », a déclaré M. Rood. Toutefois, il a refusé de préciser la nature exacte de ces "nouvelles idées", expliquant seulement qu'elles comprenaient des projets de recherche et de développement ainsi que des "activités liées à l'exploration de nouvelles technologies". En dépit de ce geste, le secrétaire russe du Conseil de sécurité, Igor Ivanov, a indiqué qu'il n'était « pas optimiste ». « Si Washington décide de suivre son chemin sans tenir compte des préoccupations de la Russie et d'autres pays, nous analyserons cette situation du point de vue de la sécurité de la Russie et de nos alliés et partenaires », a-t-il ajouté. Ces discussions bilatérales se déroulaient deux jours avant un Conseil OTAN-Russie, où, à la demande de Moscou, a eu lieu, pour la première fois, une discussion entre les parties. Un face à face à l’issue duquel les offres de coopération américaines n'ont visiblement pas fait mouche en Russie. Celle-ci voit dans l'installation d'une dizaine d'intercepteurs et d'un radar en Europe de l'Est le premier pas vers un système à portée mondiale, une ultime tentative de défendre au prix du réarmement un leadership de moins en moins en phase avec la nouvelle réalité mondiale.  

    A l’Est… du nouveau?   Au tour de l’Ukraine ?   

    En pleine crise politique, l’Ukraine est toutefois courtisée par le Pentagone. Le mois dernier, une délégation nord-américaine s’est rendu en visite « d’explication » à Kiev. Il s’agissait de séduire le président dit « pro-occidental » Viktor Iouchtchenko des vertus d’un déploiement du bouclier antimissile en territoire ukrainien. Favorable à l’adhésion de son pays à l’OTAN, Iouchtchenko s’est montré ouvert.Contrairement à son rival, le Premier ministre Yanoukovitch qui a beau jeu de rappeler que l’adhésion n’est soutenue que par 15 à 20% de la population et que la loi prévoit qu’une telle question devrait être tranchée par référendum. Les visées américaines ont toutes les raisons d’agacer la Russie. Celle-ci base sa flotte de la Mer noire en Crimée. Et l’Ukraine a hérité d’une bonne part du complexe militaro-industriel soviétique. Sixième exportatrice mondiale d’armements, elle produit toujours les gros porteurs Antonov, des fleurons de l’aviation militaire russe.   

    Résistance tchèque…

    En République tchèque, la résistance s’organise contre l’installation d’une base américaine d’engins antimissiles. La population ne veut pas d’un retour à la guerre froide. Le 17 mars, le hameau de Jince où Washington veut installer son matériel a défié la puissante Amérique en organisant un référendum où 71 sur 72 participants se sont prononcés contre l’installation du bouclier antimissile. De quoi donner l’idée aux communes voisines d’organiser à leur tour des consultations populaires. De son côté, Jaromir Kohlicek, député de gauche au Parlement européen, explique que « le gouvernement a attendu d’être investi pour annoncer l’installation du bouclier antimissile, sans consulter le Parlement. En fait, je crois que la coalition gouvernementale formée par le Parti démocratique civique, l’Union chrétienne démocrate et les Verts avaient négocié en secret sur cette question avec Washington. » Le Parti communiste, les sociaux-démocrates, des représentants de l’Église et des protestants veulent faire échec à ce projet. Une pétition hostile a déjà recueilli plusieurs dizaines de milliers de signatures à Prague.   …et polonaise   En Pologne, où la droite ultra au pouvoir ne communique pratiquement pas sur le sujet, l’opinion est de plus en plus opposée à l’installation de bases américaines et au bouclier de Bush. Selon un récent sondage, 51% des Polonais sont contre, 30% y sont favorables. Et quelque 65% de la population voudrait un référendum national sur la question (contre 25%). La Hongrie, qui avait été sollicitée par les Américains dès 2002 au même titre que les Polonais et les Tchèques, a refusé d'accueillir des installations.
     Ami de Bush ? Dangereux !   
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    Il ne fait pas bon être un proche du président. Cela  semble prédisposer à se trouver mêlé à de sales affaires.Les rangs sont de plus en plus clairsemés dans l’entourage de George Bush. Désormais majoritaires auCongrès depuis la déconfiture électorale des Républicains de novembre dernier, les élus démocrates livrent une véritable guerre de tranchée au locataire de la Maison Blanche et à ses amis. Faute de pouvoir contrer directement l’envoi de nouvelles troupes en Irak, les démocrates jouent à plein de leurs pouvoirs d’investigation pour mettre le président dans ses petits souliers. Commentaire du Washington Post : « Il est clair que ce Congrès va produire plus de révélations que de lois. »Le fait est que, depuis quelques semaines, la Chambre des représentants multiplie les convocations à témoigner. Les auditions se succèdent au rythme des sales affaires. L’ex-espionne de la CIA, Valérie Palme, trahie par le pouvoir pour punir son mari d’avoir fragilisé les affirmations mensongères sur la présence d’armes de destruction massive en Irak, est venue répéter ses accusations. Suivie par Philip Cooney, le « responsable » chargé de minimiser les effets du changement climatique dans les rapports officiel.L’affaire qui tient aujourd’hui les parlementaires en haleine concerne huit procureurs licenciés voici quelques mois alors qu’ils enquêtaient sur des affaires de corruption. Un cas d’école qui met sur la sellette l’attorney général (ministre de la Justice), Alberto Gonzales lui-même, et deux autres proches du président, l’avocate Harriel Miers, ex-conseillère de Bush, et Karl Rove, cette autre âme damnée qui avait réussi à se tirer sans dommage de l’affaire Palme. Les démocrates affirment qu’il s’agissait de mettre en place des magistrats plus favorables à la cause des républicains.Comme de coutume, M. Bush a ostensiblement apporté son soutien à son ministre. Comme s’il était sourd et aveugle à ce qui se passe. Et il multiplie les bévues pourtant chargées symboliquement. La Maison Blanche a ainsi recruté Fred Fielding pour défendre ses positions. Or, cet avocat fut l’un des conseillers juridiques de Richard Nixon pendant le Watergate. Et Nixon dut démissionner dans l’opprobre général… Pour l’instant, le président invoque le privilège de l’exécutif qui évite à ses collaborateurs de participer aux enquêtes, sauf lorsqu’elles sont criminelles. Au risque de faire l’esquive de trop ? Alberto Gonzales clame haut et fort qu’il n’a rien à cacher. Mais il dit avoir une mémoire défaillante. Sa « brumeuse mémoire n’aide pas à aller au fond des choses » ont commenté des élus du parti présidentiel. D’autant que des courriers électroniques liés au limogeage des procureurs ont opportunément été perdus par les autorités « compétentes ».Les jours de M. Gonzales semblent bel et bien comptés. Et son départ ne ferait qu’allonger la liste interminable des « hommes du président » obligés de rendre les armes. Cela au moment où Paul Wolfowitz, cet autre « néo-conservateur » recyclé à la tête de la Banque mondiale, connaît des jours difficiles. Ancien secrétaire adjoint à la Défense, il avait été imposé par ses amis à la présidence de cette institution malgré les réticences européennes. En guise de programme, il avait déclaré vouloir mener la guerre urbi et orbi contre la corruption. Las, le chevalier blanc a été pris la main dans le sac.Voilà que l’on a appris que sa copine a bénéficié, de ses oeuvres, d’un traitement de choix. « Wolfie » a recasé cette fonctionnaire de la BM au Département d’Etat, avec un salaire mirobolant, à faire pâlir d’envie la ministre Rice elle-même. Comme il se doit, ce bushiste d’élite proteste de sa bonne foi. Mais il est, lui aussi, sur un siège éjectable. Un de plus. Décidément, il ne fait pas bon être un ami du président.

     


     Haute tension en Europe : bras de fer américano-russe, Union divisée   
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    Comme une marée lente et têtue, le ton monte entre les Etats-Unis et la Russie. Le dialogue laisse le terrain aux mises en garde, la diplomatie cède devant les faits accomplis. Bien mal placée à tous égards, l’Europe bredouille, divisée et, comme toujours, incapable de peser vraiment sur le cours des choses. Comment calmer le jeu ?A la mi-mai, la secrétaire d’Etat américaine, Condoleeza Rice, s’est livrée à Moscou à un surprenant exercice de « diplomatie intensive », selon ses termes. Il s’agissait d’arrondir les angles entre les deux capitales dans la perspective de la rencontre entre MM. Bush et Poutine à l’occasion du sommet des membres du G8 qui s’est tenue les 6, 7 et 8 juin à Berlin. Un rendez-vous qui s’annonce difficile au moment où la relation américano-russe est plus que ternie par le projet américain d’installer des éléments de son bouclier antimissile en Europe centrale. A cet égard, en tout cas, Mme Rice n’a pas réussi à calmer les craintes russes. Elle a défendu le bouclier en déniant à quiconque l’ambition « de mettre un veto aux intérêts de la sécurité américaine », tout en réaffirmant que les matériels dont l’installation est annoncée en Pologne et en Tchéquie étaient tournés vers des « Etats voyous » comme l’Iran, et nullement contre la Russie. Sans convaincre. Comme l’ont reconnu des responsables américains, l’avis de Moscou n’a d’ailleurs jamais été véritablement pris en compte dans cette affaire.La semaine dernière, Mme Rice a transmis une invitation de M. Bush à son collègue russe pour des entretiens bilatéraux les 1er et 2 juillet dans sa propriété de Kennebunkport, aux Etats-Unis. Une démarche qui intervient tardivement, alors que les contentieux se sont déjà accumulés. Il a fallu une de ces sorties dont le président russe a le secret, et cela quelques jours avant la venue de Condoleeza Rice, pour que les élites de Washington prennent la mesure de la dégradation de leurs relations avec la Russie. A l’occasion de la victoire de 1945 sur l’Allemagne nazie, M. Poutine a, sans les nommer, ébahi les responsables américains en évoquant « des Etats aux prétentions à l’hégémonie mondiale », comme à « l’époque du troisième Reich. » Le 10 février dernier, déjà, Vladimir Poutine avait vigoureusement accusé les Etats-Unis de vouloir imposer leur loi sur l’ensemble de la planète. Et, dans son discours du 26 avril sur l’état de la nation, il a mis tous les Occidentaux dans le même sac en les qualifiant de « colonisateurs ».   

    Démagogie populiste ?   

    Rhétorique martiale à usage interne de la part d’un chef d’Etat « passé maître dans l’art de fustiger l’Occident, un genre qui plaît à Moscou » ? Poutine, alors, dans la foulée de ses prédécesseurs de l’époque soviétique, ne ferait qu’ « agiter l’épouvantail du ‘complot occidental’ et l’obsession de l’ennemi du peuple’. » Il n’y aurait donc pas à s’inquiéter de ce trop-plein de démagogie patriotique et populiste.Au fond, les dirigeants russes joueraient de cette ambiance de forteresse assiégée pour asseoir leur régime et les Américains, sans le vouloir, ne pourraient pas leur faire un plus beau cadeau que leur renforcement militaire en Europe de l’Est. Il suffirait donc de traiter la Russie avec compréhension, de lui donner l’impression qu’elle siège au club des puissants de ce monde, les sautes d’humeur de Moscou face « l’Ouest » s’expliquant par sa fierté blessée.Mais ce type de considérations, en vogue dans la presse occidentale, si elles se veulent rassurantes, sont assurément trop courtes. Essentiellement construites sur les frustrations, réelles ou supposées, de dirigeants qui n’auraient pas digéré la chute de l’empire soviétique, elles faussent le regard qu’il conviendrait de porter sur une situation aussi complexe qu’inquiétante. Car la question n’est pas de savoir si M. Poutine est sympathique ou pas, ni même s’il est sincère, outrancier ou calculateur. Mais bien de porter un oeil lucide sur les enjeux auxquels aujourd’hui nous sommes tous confrontés. De se demander si le retour à l’avant-plan de ce que les stratèges appellent le « primat du militaire » dans la gestion des problèmes internationaux est bénéfique pour qui que ce soit. Et tant qu’à faire, si le président russe n’exprime pas, surtout un éventail de sujets, des inquiétudes légitimes, en particulier concernant le déploiement de systèmes de défense antimissile en Europe de l’Est.   

    Le ton monte   

    « A mesure que, depuis la fin de la guerre froide, leur influence grandit, les Etats-Unis se veulent sauveurs de la planète, gendarme du monde, émissaires de la paix et de la démocratie…Trop souvent suivis, en dernière analyse, par les Européens », considère le Monde diplomatique. Cela se vérifie-t-il dans la phase nouvelle des rapports avec la Russie ? A Moscou, le quotidien Nezavissimaïa Gazeta notait fin mai : « Les diplomates étrangers affirment que la position de la Russie telle qu'énoncée dans le discours de Vladimir Poutine à Munich [en février dernier] trouve un soutien absolu en Asie, en Afrique et en Amérique latine. Partout, sauf en Europe et aux Etats-Unis. Détail intéressant, le présidentrusse, dans ce discours, n'a rien dit de neuf sur le fond. De l'élargissement de l'OTAN à la non-prolifération des armes nucléaires, en passant par l'exportation des "révolutions colorées", notre position avait déjà été maintes fois exprimée, sous différentes formes, par des responsables russes de divers niveaux. A Munich, la seule nouveauté a été le ton employé, la brutalité des formules, le martèlement des phrases et l'absence des tournures tempérées ou équivoques habituelles. »En d’autres termes, Moscou aurait décidé de lever le ton pour vaincre la surdité de ses interlocuteurs de première ligne en Europe et outre-Atlantique. Et, sans doute, souhaite-t-il tirer avantage de l’affaiblissement relatif des Etats-Unis pour se redonner une stature perdue sur la scène internationale.Se positionner aux côtés de ceux qui estiment que, de moins en mois, les Etats-Unis sont en mesure d’assurer leur rôle d’unique puissance hégémonique. La guerre d’Irak a peut-être été fatale à cette prétention. Mais dans la capitale bavaroise, M. Poutine a aussi clairement affirmé que, s’il s’agit de prendre en compte les intérêts géostratégiques russes, sa conduite n’est en rien guidée par la nostalgie du rôle tenu naguère par l’URSS dans une configuration mondiale bipolaire.   

    Double langage   

    Le raisonnement mérite au moins d’être entendu. Depuis la fin de la guerre froide, les Etats-Unis ont, à la fois, prôné un « partenariat stratégique et d’amitié » avec la Russie. Et, dans le même temps, profité des faiblesses de l’ancien rival pour tenter de l’encercler militairement, en multipliant les bases militaires dans d’anciennes républiques soviétiques ou en élargissant l’OTAN jusqu’à ses frontières. « On assiste à la mise en place d’un nouveau Rideau de fer, cette fois par les Etats-Unis, et à une remilitarisation des relations américano-russes.    

    Nombreux contentieux   

    Pour différentes raisons, les relations se sont récemment tendues entre l’Union européenne et la Russie. A la veille du récent sommet Russie-UE qui s’est tenu à la mi-mai à Samara, le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeir - son pays assurant la présidence tournante de l’Union - a certes rappelé que « l’Union européenne a besoin de la Russie afin de régler les conflits internationaux (et que) la Russie a besoin de l’Union. Il est donc indispensable que la raison l’emporte dans nos relations. » Mais à ce jour, cette raison semble fort absente. Une série de contentieux, plus ou moins sérieux, enveniment les choses : outre l’épineuse question du bouclier antimissile, il y a en vrac le « conflit de la viande polonaise » que la Russie refuse d’importer, la crise des symboles de l’Armée rouge dans les pays baltes, où vivent d’importantes minorités russes, et en Pologne ou la signature d’un pacte énergétique pour garantir les approvisionnements de l’Europe en gaz. Sans parler d’autres sujets comme le statut du Kosovo, l’entrée de la Russie dans l’Organisation mondiale du commerce ou le projet de zone de libre-échange (57% des exportations russes vont vers l’UE qui assure plus de 70% des investissements en Russie). Le fait est qu’à Samara, dans un climat de surenchère, il a bien fallu renoncer à négocier un nouvel Accord de partenariat et de coopération entre les deux parties, en remplacement de celui qui, en vigueur depuis 1994, expire à la fin de l’année.   

    Le poids de l’OTAN   

    Le conseiller pour les Affaires européennes de Vladimir Poutine a eu beau affirmer que « parler d’une crise est une grande exagération », il n’empêche que le torchon brûle. Alors que « si l’Europe veut jouer le rôle auquel elle aspire (…) une forme de coopération avec le bloc Russie-CEI est indispensable. Au lieu de cela, tout ce qui gêne la Russie semble bon pour l’Europe et vice-versa. » En réalité, derrière un apparent consensus, les 27 sont divisés sur la conduite à tenir. L’entrée des pays d’Europe centrale et orientale dans l’Union a relancé le lien transatlantique. Plusieurs d’entre eux, comme la Pologne ou les pays baltes, considèrent que les Etats-Unis et l’Alliance atlantique restent le garant ultime de leur sécurité face au géant de l’Est, renforçant ainsi le camp américain au sein de l’UE (comme on l’a constaté lors du déclenchement de la guerre en Irak). L’heure semble aujourd’hui à renouer le lien transatlantique, affaibli par l’intervention américaine au Moyen-Orient. Angela Merkel s’y emploie.Nicolas Sarkozy également. Et cette tendance ne ferait que se fortifier en cas de retour au pouvoir de la droite en Italie et en Espagne. Cela n’aide guère à la définition d’une politique étrangère et de sécurité commune, plus improbable que jamais. Et, par contrecoup, à la mise en place d’une relation détendue avec la Russie. Bien au contraire. Celle-ci va donc privilégier les négociations avec les « grands » d’Europe en misant sur l’idée que chacun se fait de ses propres intérêts et de ses propres besoins, puisqu’il existe de « réelles différences dans les attitudes et les objectifs des divers Etats-membres », comme le notait récemment une proche de la Commission européenne. Tant que l’Europe n’aura pas défini le modèle de coopération ouverte et indépendante qu’elle entend privilégier, telle est sans doute la seule voix possible. Et l’on risque de voir encore s’accumuler querelles et malentendus. Mais au fond, qui, des Etats-Unis ou de la Russie, réussit le mieux à diviser l’Union ?   

    Escalade   

    La Russie a procédé le 29 mai au tir d’essai d’un nouveau type de missile balistique destiné à contrer la menace que représentait pour elle le projet américain de bouclier antimissile. Selon les experts russes, le test – l’envoi de cet engin lourd à tête multiple d’une base mobile vers une cible située à 800 kilomètres a été un succès – s’inscrit dans la « réaction hautement efficace » promise par M. Poutine. Et pourrait « surpasser tout système antimissile présent et à venir. » Poutine a répété ses craintes de voir se « transformer l’Europe en poudrière », le bouclier américain créant « des risques nouveaux et inutiles pour l’ensemble du système des relations internationales et européennes. »Dans le même temps, c’est avec « déception et  amertume » que les défenseurs du projet antimissile àWashington ont enregistré l’échec quelques jours plus tôt d’un nouvel essai d’interception d’un missile à longue portée. Cela au moment où les Etats-Unis s’efforcent de placer 10 intercepteurs en Pologne où, comme en Tchéquie, les opposants à une telle perspective donnent de la voix. A Washington, les démocrates, sans être opposés à la défense antimissile, ont dénoncé son manque de fiabilité et demandé de surseoir à l’installation de sites en Europe. A la Chambre comme au Sénat où ils sont majoritaires, ils viennent de décider des coupes dans les budgets prévus pour ce projet. Quant à l’Europe, dans ce qui ressemble à un retour à un certain bilatéralisme stratégique, elle se trouve un peu plus marginalisée.   

    Feu le traité FCE ?   

    La Russie a demandé aux Pays-Bas, dépositaire désigné du traité sur les Forces conventionnelles en Europe (FCE) la tenue d’une conférence extraordinaire du 12 au 15 juin à Vienne pour le réviser. Elle espère de ses partenaires de la « volonté politique dans la recherche d’une solution acceptable par tous qui permette d’en finir avec la crise (du FCE) ». Le 26 avril, Vladimir Poutine avait annoncé un moratoire sur l’application du traité en riposte au projet américain de bouclier antimissile en Europe et à l’extension de l’OTAN vers l’Est.Le traité FCE, entré en vigueur en 1992, vise à encadrer la réduction des forces conventionnelles en Europe. Il a été adapté en 1999. La Russie avait ratifié cette nouvelle version, mais pas les pays de l’OTAN, en arguant de la présence de troupes russes en Georgie et en Moldavie.
     BM : le clone de Wolfie
       
    wolfie
    La Maison-Blanche ne connaît ni honte, ni états d’âme. L'administration Bush a donc décidé que Robert Zoellick succédera à Paul Wolfowitz, accusé de conflit d’intérêts et prié de dégager de la présidence de la Banque mondiale pour ses pratiques douteuses. Ex-représentant spécial américain pour le Commerce de 2001 à 2005, puis numéro deux du département d'Etat, il est depuis 2006 conseiller international à la banque d'affaires Goldman Sachs. « Certains observateurs pensaient que la Maison-Blanche aurait fourni à la Banque mondiale une liste de candidats parmi lesquels son conseil d'administration aurait fait son choix », a rappelé The Washington Post. En vain. Néoconservateur, lui aussi, Zoellick est l'un des signataires d'une lettre adressée en 1998 au président Clinton pour réclamer le « renversement de Saddam Hussein ». Avec des faucons comme Donald Rumsfeld,  Richard Perle et… Paul Wolfowitz.Dans la même veine, ajoute The Guardian, ce « grand défenseur des intérêts économiques américains » n'a pas hésité, dans un discours prononcé peu après le 11 septembre 2001, à « lier libéralisme économique et lutte contre le terrorisme. » Plus tard, après l'échec des négociations de l'OMC à Cancun en 2003, il affirmait que « Si les membres de l'OMC temporisent, les Etats-Unis n'attendront pas : nous ferons progresser le libre-échange avec les pays prêts à aller de l'avant. » Voilà qui devrait « fournir des munitions à tous ceux qui voient la Banque mondiale comme un instrument au service de la politique économique américaine », a noté le quotidien britannique. Les Européens, eux, ont fait profil bas devant cette décision qui consacre la mainmise du Nord sur les grandes institutions financières mondiales.

    Maurice Magis

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    ECHEC DES NEGOCIATIONS A L’OMC !  

     

    omc

    par Raoul Marc JENNAR, chercheur altermondialiste.  

     

    Depuis le mardi 19 juin, le G4 était en réunion à Potsdam, près de Berlin. Le G4, c’est la réunion des ministres du Commerce du Brésil, des Etats-Unis, de l’Inde avec le Commissaire européen au commerce international. Leurs collègues de l’agriculture s’étaient joints aux discussions.  Ils viennent de se séparer sans se mettre d’accord. Objet de cette rencontre qui s’inscrivait dans le cadre des négociations à l’OMC : réduire les divergences sur les deux dossiers qui opposent ces pays et les groupes de pays qu’ils représentent. Premier dossier : l’ouverture des marchés du Sud aux produits industriels des pays occidentaux par la diminution des droits de douane (leur principale source de revenus). Second dossier : l’agriculture où l’enjeu était la réduction des tarifs douaniers des pays du Sud en échange de l’ouverture des marchés des pays occidentaux et la réduction des aides que ces derniers pays apportent à la production et à l’exportation de leurs produits agricoles. Cette réunion de Potsdam avait été préparée, dans le plus grand secret, par plusieurs autres. Les propositions avancées par les responsables des négociations à l’OMC avaient suscité de très vives critiques des pays en développement et des pays rangés dans la catégorie de « pays les moins avancés », c’est-à-dire les plus pauvres. Pendant que la presse occidentale matraquait avec zèle le slogan des multinationales et de leurs relais à la Commission européenne, à la direction de l’OMC et dans les gouvernements occidentaux selon lequel le libre échange favorise le développement, pendant que cette même presse et ces mêmes décideurs politiques répétaient à satiété que l’échec des négociations pénaliserait d’abord les pays les plus pauvres, les premiers concernés, soutenus par quelques agences de l’ONU (la CNUCED, la FAO et plus timidement le PNUD) expliquaient inlassablement, sans que les médias leur fassent écho, que les propositions occidentales allaient surtout profiter aux Occidentaux et renforceraient la dépendance de leurs pays à l’égard des pays les plus riches.   Les discussions de Potsdam devaient durer jusqu’au dimanche 24. Un résultat positif aurait permis de boucler un accord sur le programme de négociations lancé à Doha en novembre 2001. A Genève, dans l’entourage de Pascal Lamy, on envisageait déjà une rencontre ministérielle fin juillet pour finaliser la négociation et signer un accord.  Une telle conclusion aurait provoqué une nouvelle poussée de la dérégulation massive qu’on appelle souvent mondialisation. Avec encore plus de dérégulation sur les services, sur les marchés publics, sur les investissements, cette avancée aurait été comparable à celle acquise en 1994 au terme de l’Uruguay Round dont on mesure aujourd’hui les dégâts : privatisation des services publics, médicaments essentiels devenus inaccessibles, brevetage du vivant, dumping social planétaire, délocalisations, perte de compétitivité des produits agricoles du Sud, dépendance alimentaire accrue de ces mêmes pays.  Pour nous Européens, il faut rappeler que ce sont nos gouvernements, de gauche comme de droite, qui, avec la Commission européenne, ont négocié les accords de l’Uruguay Round. Ce sont ces accords qui ont donné son élan à la mondialisation. Et ce sont ces mêmes gouvernements qui sont à l’origine du programme de Doha ? L’échec de Potsdam est une bonne nouvelle pour les peuples. Du Nord comme du Sud. On peut maintenant raisonnablement espérer que le cycle de négociations commencé à Doha est dans l’impasse pour plusieurs années. Après l’échec de la négociation du projet d’Accord Multilatéral sur l’Investissement (1998), après l’échec de la conférence ministérielle de Seattle (1999) puis de celle de Cancun (2003), l’enlisement du programme de Doha est une nouvelle victoire de la résistance conjuguée et coordonnée des peuples du Sud et du mouvement altermondialiste si décrié aujourd’hui, y compris par la vieille gauche tellement absente de ces dossiers. Un intense travail a été fourni à Genève par les réseaux altermondialistes du Nord (par ex : l’Institute for Agriculture and Trade Policy, Oxfam International) et du Sud (par ex : Third World Network, Focus on Global South) et les négociateurs des pays du Sud. Il trouve son aboutissement dans l’incapacité des USA et de l’Europe à dicter une fois de plus leur loi, celle des multinationales, au reste du monde. 

    Il n’y a pas de fatalité. Qui résiste existe.


     

    La révolte des salariés roumains des multinationales  

     

    Dacia

    Les syndicats de Dacia ont annoncé une grève pour dimanche. Ils pourraient être suivis par ceux de Michelin qui dénoncent des conditions de travail inhumaines. « Nous essayons de faire respecter la législation roumaine sur le travail dans notre usine : jusqu’ici, nous n’avons pas réussi ». Romsteel Cord SA, filiale 100 % Michelin, installée depuis 2004 à Zalau en Tranylvanie Trois cents employés, deux cents syndiqués, et une exaspération qui va croissant.Fatigués de promesses non tenues de la direction et des conséquences au quotidien d’un bras de fer de plus en plus tendu, les représentants locaux du syndicat Metarom ont convoqué la presse au début du mois de février pour exposer leur malaise, et dénoncer des conditions de travail « dures, fatigantes, inhumaines » . « On dirait que notre programme de travail  a été conçu spécialement pour la Roumanie, afin d’exploiter au maximum la force du travail », s’insurgent dans un communiqué les ouvriers de l’usine de fabrication de cordes en acier.

     Horaires pénibles, jours de repos obligatoires non respectés, heures supplémentaires rémunérées de façon illégale : la liste de leurs récriminations est longue.« Les employés travaillent sept jours par semaine, en flux continuel », détaille le communiqué qui précise que les patrons essaient de camoufler les heures supplémentaires en offrant des compensations sous la forme de primes». C’est ainsi que certains employés se voient affectés à deux sessions de travail consécutives, sans repos. Le tout, avec des standards de production si élevés que « les travailleurs, exténués, ne parviennent pas à les remplir et voient leur salaire diminuer en conséquence ». A quoi s ‘ajoutent les jours de congé non effectués, dont la moyenne s’élève, pour 2006, à 10 jours par salarié, l’embauche systématique en contrat à durée déterminée, que la loi prévoit comme une exception . Et des périodes d’essai qui peuvent atteindre 18 mois, selon Meterom, qui dénonce le chantage fait alors aux ouvriers : faute de respecter les « règles imposées par le patron – heures supplémentaires, standards de production élevés, non-adhésion aux syndicats », le contrat n’est pas renouvelé.Autant de griefs que la direction du groupe Michelin se refuse « pour le moment » de commenter, de « peur de nuire aux négociations en cours avec les syndicats pour le renouvellement du contrat collectif ».

    Quoiqu’il en soit, pour les employés de Michelin en Roumanie, c’est le désenchantement. Révolue l’époque où « être embauché par la filiale d’une multinationale sérieuse était un exploit » en Roumanie, et où « les syndicats descendaient dans les rues pour réclamer la privatisation de leur usine, et son rachat par  « de véritables investisseurs », note ainsi l’éditorialiste de Gandul, un quotidien roumain. Désormais, l’idée de grève fait son chemin chez les salariés de Michelin, qui suivront peut-être l’exemple de leurs confrères de Dacia, la filiale de Renault à Pitesti : les syndicats y ont appelé les 11.000 salariés à une grève générale, s’ils n’obtiennent pas satisfaction sur la revalorisation de leurs salaires, qui n’ont pas suivi l’inflation. « On va voir ce que les salariés vont faire, reprend l’éditorial : exprimer leur colère de façon individuelle, et partir les uns après les autres pour de meilleurs salaires dans le pays ou ailleurs, ou s’exprimer collectivement, passer de la menace à l’arrêt de travail, et éprouver ce que signifie se mettre en grève face à un patron en acier ? ».

    Anne Roy, Extrait de l’Humanité

     


     

    POURQUOI  LE   BOMBARDEMENT  DE  NAGASAKI ?  

     

    Nagasaki

     

    Hiroshima n'a pas provoqué le choc escompté auprès des responsables militaires et même politiques de l'empire du Levant.  Il n'en sera pas de même le 8 août avec l'entrée en guerre de l'URSS en Manchourie qui va atteindre sérieusement le moral du Japon. Les militaires américains responsables du programme Manhattan sont déçus et vont agir dans la précipitation pour larguer la bombe au plutonium sur Nagasaki et apparemment sans l'autorisation présidentielle! Les tracts qui devaient être lancés sur les villes japonaises ne seront prêts que le 10 août. Les prétextes de ce second crime sont variés, on peut en retenir les principaux :

    1) le coût de la bombe ( plus ou moins un milliard de dollars )

    2) faire croire que les E.U. disposent de plusieurs bombes

    3) tester une bombe au plutonium sur une population civile

    4) comparaison avec Hiroshima

    5)  intimider l'URSS

    Hiroshima et Nagasaki, qui ne représentent que 2% des destructions des infrastructures, ont eu très peu d'impact sur les Japonais qui ignoraient la nature exacte de ce type de bombardement et le comparaient à un bombardement conventionnel de mille ou deux mille forteresses volantes. 
     
     L'entrée en guerre, le 8 août, de l'URSS a été beaucoup plus efficace pour accélérer les négociations de paix, d'autant plus que les E.U. voulaient stopper l'avance de l'armée rouge afin de se réserver exclusivement l'occupation du Japon. Enfin l'acharnement des militaires à poursuivre ce massacre inutile s'est encore manifesté avec la proposition du général Groves qui informa le président Truman qu'il disposerait vers le 12 et le 13 août de suffisamment de plutonium que pour faire exploser une troisième bombe le 17 ou le 18 août.Truman refusa.
       
    Plusieurs historiens  de valeur dont Liddell Hart et Gar Alperovitz sont  arrivés à la conclusion que Hiroshima et Nagasaki ont plus contribué à déclencher la guerre froide qu'à mettre fin à la deuxième guerre mondiale. Malgré les avis des généraux Douglas Macarthur, Dwight Eisenhower et William Leahy, qu'il n'y avait pas de nécessité militaire à utiliser le feu nucléaire, Truman en a décidé autrement. Ainsi l'occupation de la Manchourie, l'invasion de la Chine, Pearl Harbor, les sévices subis par les prisonniers américains et anglais et les milliers de femmes coréennes soumises aux divertissements des militaires japonais ont été vengés.  Une logique qui ne peut mener qu'à une escalade dans l'horreur et l'apocalypse. 
     
     Quant à l'histoire elle ne retiendra, le plus souvent, qu'une contre-vérité et une énormité, à savoir, que la bombe a mis fin à la guerre et qu'elle a épargné la vie à 500.000 ou 1.000.000 de soldats américains soit une fois et demi ou trois fois plus que toutes les pertes subies par l'armée des Etats-Unis pendant la seconde guerre mondialeLa sacralisation de la bombe a commencé.
       
        Pierre Piérart

     

    L’économie américaine : une récession en perspective   

     

    Deficit

     

    La Riposte a souvent attiré l’attention de ses lecteurs sur l’évolution de l’économie américaine, dont l’importance en fait un facteur majeur dans les perspectives économiques pour l’Europe et la France. Dans un texte publié en 2006, nous écrivions : « Le PIB des Etats-Unis, qui représente 39 % de la production mondiale, a crû de 3 % en 2003, puis de 4,4 % en 2004. Son taux de croissance se situera aux alentours de 3,4 % en 2005. Cependant, cette croissance repose essentiellement sur la spéculation immobilière et la consommation des ménages qui reposent, à leur tour, sur une expansion massive du crédit. Le recours au crédit, aux Etats-Unis, a atteint des proportions absolument colossales.  En mars 2005, la dette totale de l’administration, des entreprises, du secteur financier et des ménages américains s’élevait à 40 000 milliards de dollars ! Cette somme représente 137 000 dollars pour chaque homme, femme et enfant américains. L’endettement des ménages s’élève à 10 300 milliards de dollars, soit en moyenne 103 % des revenus annuels des  ménages.  La seule dette fédérale toujours en mars 2005 était de 7 600 milliards de dollars. Le taux d’endettement ne cesse de croître, et ce, à un rythme bien supérieur à la croissance de l’économie. Globalement, pour chaque dollar emprunté, la richesse créée n’est que de 23 cents. « Pour le moment, l’endettement des ménages américains poursuit sa spirale haussière en raison de l’envolée spectaculaire du marché de l’immobilier. Le prix du mètre carré a augmenté de 73 % depuis 1997. Lorsque cette « bulle spéculative » éclatera, la chute de la valeur des biens immobiliers plongera des millions de familles américaines dans le surendettement, déclenchant une contraction brutale de la demande intérieure. Le chômage augmentera brusquement. A l’heure actuelle, 85 % des nouvelles embauches reposent sur le secteur immobilier ou sur la hausse de la consommation des ménages.                                

    « Au moyen d’un endettement colossal, le capitalisme américain est allé au-delà de ses capacités économiques réelles. S’il n’est pas possible de prévoir le moment exact où l’économie américaine entrera dans une phase de contraction, il est certain que celle-ci interviendra inévitablement, à un certain stade. »                                 

    Depuis la publication de ces lignes, les contradictions dans l’économie américaine n’ont eu de cesse de s’accumuler. L’endettement de l’Etat s’est encore aggravé. Il a dépassé la barre des 8800 milliards de dollars. Le financement de la guerre en Irak que les Etats-Unis sont en train de perdre coûte 9 milliards de dollars par mois. Les dépenses militaires (600 milliards par an) servent de justification à l’amputation des budgets de la santé, de l’éducation et des dépenses sociales en général. Le nombre de citoyens américains qui sombrent dans la misère même selon les statistiques officielles de l’administration Bush augmente de plus d’un million de personnes par an. On en compte désormais 37 millions. Aux Etats-Unis, comme en Europe, la croissance du PIB ne profite pas à la masse de la population. Au contraire, cette croissance se réalise sur la base d’une dégradation des conditions de travail et de suppressions d’emplois massives, notamment dans le secteur industriel.                               

    Déficit commercial massif                               

    Le déficit commercial des Etats-Unis s’aggrave. En 2006, il a atteint 857 milliards de dollars. Rien que pour financer ce déficit, les Etats-Unis doivent lever des emprunts à hauteur de 2 milliards de dollars par jour ! Le  principal facteur qui alimentait la demande intérieure était le marché de l’immobilier. Les Américains contractaient des emprunts gagés sur la hausse de la valeur de leur logement. Mais aujourd’hui, comme nous l’avions prévu dans l’extrait ci-dessus, la « bulle spéculative » est sur le point d’éclater. Le marché se retourne. Les logements neufs se vendent mal. La construction dégringole. Le nombre de permis de construire a chuté de 20 % en un an. Les hausses successives des taux d’intérêt, destinées à freiner l’endettement, augmentent les mensualités des foyers endettés. Les défauts de paiement chez les emprunteurs se multiplient. En 2006, une vingtaine d’organismes spécialisés dans les prêts à risque, destinés aux acquéreurs disposant de peu d’apport ou présentant un profil de crédit fragile, ont suspendu l’octroi de prêts ou ont déposé leur bilan. La hausse des taux d’intérêt, conjuguée à la baisse du marché de l' immobilier, est en train de miner la demande intérieure, alors que la position des Etats-Unis sur les marchés extérieurs est déjà gravement menacée par la concurrence de la Chine et de l’Inde, entre autres. Les ventes de biens manufacturés ont chuté de 7,8 % en janvier 2007, par rapport à janvier 2006. Si on enlève les ventes d’avions, qui pèsent lourdement dans la baisse, la chute des ventes des autres biens manufacturés électroménager, ordinateurs, etc. était encore très sensible (-3,1 %). La concurrence sur le marché intérieur est tout aussi rude. L’industrie du textile américaine a quasiment été détruite par la concurrence des importations à bas prix. Il faut se méfier des bulletins, publiés par l’administration américaine, qui se félicitent des « créations d’emplois ». Car ce que ces bulletins ne précisent pas, c’est la qualité des emplois en question. Chaque mois, des dizaines de milliers d’emplois industriels sont supprimés. La situation est la même dans le commerce et les services. Souvent, il s’agit de délocalisations dans des pays où le salaire est inférieur à un dollar de l’heure. Les salariés américains jetés sur le pavé au nom de cette course aux profits doivent alors se débrouiller comme ils le peuvent, et accepter n’importe quel travail précaire pour éviter le pire.  

     

    Répercussions en Europe                               

    L’ancien président de la Réserve Fédérale, Alan Greenspan, a évoqué la possibilité d’une récession économique « dès les derniers mois de 2007 ». Il est tout aussi possible que la récession américaine intervienne plus tard. Mais une chose est certaine : elle aura lieu dans un avenir relativement proche. Et le retournement à venir aura des répercussions colossales à l’échelle internationale, y compris en France, où le parasitisme des capitalistes a mené à une quasi stagnation économique et à une baisse du niveau de vie de la masse de la population, même pendant la période d’expansion du commerce international. En France, la contraction du volume des échanges internationaux entraînera une baisse absolue de la production, et les capitalistes, soucieux de défendre leurs profits, lanceront alors une offensive majeure contre les droits et les conditions de vie des travailleurs. Les luttes qui nous attendent ne laisseront pas de place à ces panacées futiles ?

     


     

     

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    L'industrie automobile : historique. 
    panhard
    En 1889, les ingénieurs français Panhard et Levassor découvrent le moteur Daimler (moteur à essence). Cette découverte est un événement majeur dans l’histoire de l’automobile. Un an plus tard, ils obtiennent le droit de le fabriquer et la société Peugeot se charge de l’installer sur des véhicules. Elle devient ainsi le premier fabriquant en série de voitures. Un an plus tard, Benz se lance à son tour dans ce domaine.
     La course Paris-Bordeaux prouve alors la supériorité de ce genre de moteur sur les moteurs à vapeur les plus perfectionnés. A la fin des années 1890, Benz produit plus ou moins 2500 voitures et s’impose du coup comme le premier constructeur d’un marché qui va en augmentant. En 1902, la société allemande Daimler acquiert une filiale en Autriche et devient ainsi la première multinationale de l’histoire de l’automobile. Les ventes d'automobiles augmentent énormément. Renault qui produisait 6 voitures en 1898 en commercialise près de 4500 en 1913. Les voitures commencent même à être produites en série dès 1902. En 1908, le modèle Ford T est produit de manière standardisée. Cela permet de changer les pièces plus facilement et de diviser la fabrication en une multitude de phases plus simples à réaliser. Cela permet également de produire des véhicules à des prix de plus en plus bas. Une automobile quitte l'usine toute les 10 secondes et permet un rendement de 2 millions de voitures par an. Les gouvernements européens pour protéger leurs productions de celles des Américains installent des quotas et des tarifs douaniers spécifiques. L’industrie américaine est dominée par général Motors s'imposant grâce à une meilleure stratégie commerciale que son meilleur concurrent, Ford. En Allemagne, le marché est dominé par Opel, Mercedes, Benz et Auto Union. En France, Renault, Peugeot et Citroën sont les plus grands. De l’autre coté de la Manche, Ford, Vauxhall, Standard et Rootes suivent les 2 entreprises dominant le marché : Morris et Austin. A partir de 1945, l’évolution du marché vers une rentabilité et la recherche des profits font encore diminuer le nombre de constructeurs. Par exemple, au Royaume-Uni, les principaux producteurs fusionnent pour former, dans les années 60, British Leyland qui deviendra Rover en 1986. Cette industrie dominée par des entreprises titanesques a cependant connu quelques bouleversements comme l’avènement de la production japonaise. Cette industrie nippone va, en effet, passer de 165.094 unités en 1960 à 10 millions en 1990. Les entreprises japonaises et les européennes sont, en effet, avantagées par un manque d’adaptation des véhicules américains aux marchés extérieurs et un changement des législations douanières. Depuis la fin des années 80, des pays comme la Corée du Sud semble devenir de plus en plus importants sur le marché automobile. A l’heure d’aujourd’hui, ce ne sont plus les entreprises asiatiques qui font peur aux Européens mais plutôt ceux-ci qui gagnent des parts sur le marché asiatique avec leurs modèles. En effet, ces marchés attirent les européens qui rachètent des constructeurs asiatiques comme Renault qui achète Nissan. Aujourd’hui, les plus grandes entreprises sont Général motors suivie de Ford, Toyota puis Volkswagen,… Les 6 premiers constructeurs mondiaux fabriquent 61% de la production mondiale, ce qui montre bien que c’est un marché totalement oligopolistique (1). La demande d'automobile continue d'augmenter et des chiffres comme 1 voiture pour 515 et 264 habitants respectivement en Chine et en Inde sont pour le moins prometteurs. Mais l'industrie automobile est confrontée à un défi technologique et social. Les crises du pétrole et l'augmentation de son prix favorisent la recherche pour des véhicules à faible consommation d'énergie, ainsi que de nouvelles méthodes de fabrication. Des efforts sont faits pour produire des véhicules plus légers, des voitures plus aérodynamiques, des moteurs plus rentables pour optimiser la consommation de carburant. Car dans la plupart des pays, des taxes ont été ajoutées au coût des carburants. Les USA ne l’on pas fait de manière assez importante ce qui explique pourquoi les consommateurs américains continuent à porter leur dévolu sur de toutes grosses voitures. Les problèmes d’environnement dus aux émissions de gaz d’échappement, les difficultés de circulation, le bruit,… ont incité les pays industrialisés à adopter des lois pour diminuer ces nuisances. L’utilisation de pots d’échappement catalytiques est une de ces mesures. Les systèmes de navigation permettant de réduire les encombrements et de réduire la distance des parcours sont aussi une solution. Un autre grand enjeu pour les constructeurs d’automobiles est l’augmentation de la sécurité grâce à l’abs, aux air bag et à une plus grande solidité de l’habitacle. Au début la concurrence des voitures japonaises fut très rude grâce à des prix réduits et à une fabrication de qualité. Cela n’était pas du à un système de bas salaire mais grâce à une optimalisation des systèmes de fabrication. En effet, les véhicules étaient conçus pour être facilement montés et la robotisation accélérait la fabrication. Toutes ces qualités ont amené une croissance gigantesque et rapide de la production et de l’exportation des marques japonaises. Grâce à cela, les entreprises nippones ont obtenu jusqu’à 30% de la production mondiale de voiture. Ce qui a amené les américains pour favoriser leur profit à persuader les japonais, dans les années 80, à limiter volontairement leurs efforts de vente d’une part et leurs importations d’autre part. Ils leur permettaient en contrepartie de construire des voitures sur le sol américain. Les japonais vendaient leurs voitures aux USA et les Américains favorisaient leur industrie. Cette pratique s’est également répandue en Europe. Cela a permis au japonais de s’infiltrer dans ces différents marchés de manière encore plus efficace. Le marché de l’automobile a un impact très important sur les emplois, les investissements, sur le commerce extérieur et l’environnement donc très important aux niveaux social, économique, politique,… En Europe, 10% de la production industrielle est occupée par le secteur de l’automobile et elle occupe 9000.000 de personnes. Encore plus impressionnant, 10% de la population active de la France travaille dans ce secteur. (1)Oligopole : L’oligopole est un marché où l’on retrouve un nombre très important de demandeurs pour un nombre extrêmement limité d’offreurs. Le profit de chacun des offreurs dépend de ceux des autres offreurs. Les offreurs peuvent de cette manière imposer de façon plus facile les prix qu’ils désirent. David Mercier
    La production de voitures belges. 
    Minerva_a_carrosserie_D_Ieteren_circa_1930
    La production belge d'automobiles a connus son heure de gloire avant la première guerre mondiale. Nos marques nationales rivalisaient alors avec les constructeurs internationaux les plus prestigieux.
     Notre industrialisation précoce nous a rapidement lancé dans l'aventure de la construction de voitures. En 1894, la Vincke est la première voiture commercialisée en Belgique. Elle était à l’origine conçue dans un atelier malinois de garnissage de wagons de chemin de fer. De 1900à 1914, la Belgique connaît un âge d’or au niveau de son industrie automobile. Le marché belge pullule de marques fabriquant des engins de qualité mais dont les prix restent très compétitifs. Nos modèles remportent un vif succès à l’étranger puisque les ¾ de notre production suit le chemin de l’exportation. En 1914, la Belgique est une des nations les plus importante au niveau du marché international des automobiles. Nos marques les plus importantes étant Minerva, Imperia et Miesse. Mais la guerre aura raison de cet essor. La raison véritable de ce mal n’est pas comme on pourrait le croire la mise à sac des usines mais la fin du libre échange. En effet, juste après la guerre, différents pays adoptent un protectionnisme économique mettant fin à une grande partie des exportations belges. Minerva continue tout de même à s’imposer comme une très grande marque, Excelsior et Imperia se tournent vers des voitures plus élaborées qui sont de véritables succès et Pipe se consacre exclusivement aux camions. Malheureusement, les années 30 sont un véritable déclin pour cette industrie. Alors que le secteur subit de grands bouleversements techniques comme les carrosseries tout en acier, la traction avant, et les roues indépendantes,…, la Belgique ne dispose pas d’assez de moyens financiers pour faire face à la crise économique. C’est ainsi que les années 30 voient progressivement la production purement belge se transformer en une activité de montage de modèles étrangers tel que nous le connaissons à l’heure actuelle. Toute activité d’invention et de recherche disparaît, seul la production pure et simple reste. Imperia incapable de renouveler ses modèles se procure la licence d’une voiture très moderne, l’Adler qui est une voiture allemande à traction avant. Cependant, les modèles utilitaires, eux, résiste en Belgique jusqu’après la seconde guerre mondiale. Notre pays fabrique encore quelques années d’excellents camions et des autobus de qualité. Après cette seconde guerre mondiale, c’est la véritable fin de toutes les usines belges qui ne résistent pas à la concurrence étrangère. David Mercier

    L'Europe vue de l'usine VW de Forest

     Par Francis Wurtz, eurodéputé, président du Groupe de la Gauche Unie 
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    Le hasard du calendrier vient de faire se succéder à 48 heures d'intervalle, et dans la même ville, Bruxelles, la puissante manifestation européenne de solidarité avec les travailleurs de Volkswagen et un forum parlementaire, réunissant des élus nationaux et européens pour réfléchir à l'avenir de l'Union et de son ex-projet de constitution (lundi 4 et mardi 5 décembre).
    Quel rapport entre les deux événements ?Le principal délégué syndical de l’usine VW de Forest a, en quelque sorte, répondu à cette question, en me disant, à la fin de notre chaleureux et émouvant entretien dans l’entreprise occupée : « En fait, avait-il dit en conclusion, nous n’avons pas assez d’Europe . Mais c’est une autre Europe qu’il nous faut ! » .Auparavant, lui-même et ses camarades avaient décrit avec exaspération la stratégie de mise en concurrence systématique des travailleurs européens qui fait actuellement fureur. « Nos camarades allemands ont subi un chantage énorme à l’emploi, pour leur faire accepter de rallonger la durée de travail sans augmentation de salaire. Ils sont des victimes, comme nous », avait souligné dignement l’un d’eux. « On nous fait miroiter, à notre tour, l’arrivée possible d’un nouveau modèle sur notre site … en 2009, mais nous rappelant … que le salaire horaire ( coût horaire du travail, NDLR ) est aujourd’hui de 40 euros en Belgique contre 7 à 8 euros en Europe centrale et orientale ! » ajouta, indigné, un autre . La menace est grossière ! « Les gens ne comprennent pas que l’Europe laisse le champ libre aux manœuvres des multinationales. On veut que cela bouge au niveau européen, qu’il y ait de vraies avancées sociales pour tous. On ne veut pas du libéralisme. La gauche doit se prononcer clairement ! », avait insisté la FGTB.Je me suis naturellement saisi de cette expérience toute fraîche pour mettre «quelques « pendules à l’heure » lors de la conférence parlementaire qui a suivi. Inutile, en effet, de chercher midi à 14 heures pour savoir où la crise de confiance des citoyens, vis-à-vis des institutions européennes, prend sa source. Si cette stratégie de « réduction des coûts salariaux », de « flexibilité » des conditions de travail, de primat des actionnaires, de chantage à la délocalisation continuait de se développer librement, quel bond en arrière en perspective ! Personne ne peut accepter ça ! Même les plus modérés se disent : « si l’Europe n’est pas capable d’empêcher les grands groupes de raboter tous nos acquis sociaux, à quoi sert-elle ? ».Quant aux plus lucides, ils mettent, avec raison, directement en cause les orientations et les structures libérales de l’actuelle construction européenne, ainsi que les responsables politiques qui les mettent en œuvre.La Commission européenne ne prépare-t-elle pas, en ce moment même, un document sur l’  « adaptation » ou la « modernisation … du droit du travail ?Le Conseil (des ministres européens) ne vient-il pas d’échouer à réviser la scandaleuse directive sur le temps du travail, qui permet aux pays qui le demandent de dépasser le maximum de 48 heures par semaine pour le porter à 67 heures, voire davantage ?Le Parlement européen ne vient-il pas d’adopter la « directive Bolkestein », dans une mouture encore en recul sur son premier vote ? Voilà où il faut porter le fer quand on veut parler sérieusement d’ « avenir de l’Europe » : quelles ruptures sont nécessaires pour répondre à des aspirations qui ne cessent de grandir dans toute l’Europe ? La sécurisation de l’emploi pour tous, des moyens pour vivre et de vrais droits sociaux ?Parmi les salaires rencontrés, en tout cas, il y a un vif intérêt pour nos propositions en la matière : le crédit sélectif ( peu cher pour investissements créateurs d’emplois, et très cher pour les opérations financières ) pour responsabiliser les entreprises, une politique volontariste ( recherche, énergie, développement harmonieux des territoires, services publics, gigantesque effort de formation … ) pour anticiper les mutations nécessaires, et aussi  des mesures de défense commerciale contre la guerre économique et les attaques des grands prédateurs du « marché mondial » .Au fait, personne n’a tiqué parce que le président de notre groupe de la Gauche unitaire européenne est communiste …

    Entreprises publiques : une première en Belgique 

    Des patrons mis à nu

     
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    our pousser le privé à être transparent en matière salariale, le secrétaire d’Etat aux entreprises publiques montre l’exemple.Les grosses entreprises privées rechignent à publier la rémunération de leur patron ? Qu’à cela ne tienne, le secteur public va montrer l’exemple. En réponse à une question de la parlementaire Annemie Roppe (Spirit ), le secrétaire d’Etat aux Entreprises publiques Bruno Tuybens a rendu publics, mardi, les salaires bruts (charges patronales comprises) des patrons de Belgacom, La Poste et la SNCB .C’est Didier Bellens, de Belgacom, qui est le mieux loti des trois. Il perçoit un maximum de 2,040 millions d’euros brut par an, dont 1,025 millions d’euros brut sont fixes. Le reste du montant est variable. Le patron de Belgacom peut en plus disposer de 400.000 euros d’options sur actions.Le salaire du patron de La Postez Johnny Thijs est de maximum 830.000 euros brut par an, dont 630.000 euros brut sont fixes. Lorsqu’il réalise les objectifs fixés (par exemple, le taux de courrier Prior qui arrive en j + 1), il peut atteindre les 830.000 euros brut.Les trois dirigeants de la SNCB – Jannie Haek (Holding), Marc Descheenmaecker (SNCB) et le patron de l’infrastructure Luc Lallemand (Infrabel) – reçoivent, quant à eux, chaque année, entre 400.000 et 500.000 euros brut . Un quart du montant est variable.Ces disparités peuvent étonner. « Ce n’est pas le gouvernement qui décide de ces montants, mais bien les conseils d’administration des entreprises, explique Bruno Tuybens. Ceux-ci décident en fonction du marché ». C’est ainsi que le patron de Belgacom est le mieux payé, son salaire étant proportionnel à ceux pratiqués dans le secteur des télécoms. Des salaires plus variables « Dans le cadre de mes efforts pour que nos entreprises publiques soient des entreprises socialement responsables, j’estime qu’il était de ma responsabilité de faire toute la transparence sur la rémunération de leurs dirigeants, explique Bruno Tuybens . Le consommateur et le contribuable ont le droit de savoir ».Le secrétaire d’Etat ajoute qu’il voudrait, à l’avenir, faire dépendre, encore plus que maintenant, la partie variable du salaire des résultats de l’entreprise, de la satisfaction des clients et de la qualité du service.Cette sortie du secrétaire d’Etat Bruno Tuybens n’est pas innocente. Au Parlement, on discute depuis plusieurs semaines de la loi Picanol, qui vise à rendre publiques les rémunérations individuelles des managers des sociétés cotées. Pour 2004, seules cinq sociétés ont accepté de publier la rémunération de leur patron. Chez Fortis, par exemple, la fonction de CEO a été rémunérée à hauteur de 2,7 millions d’euros. Chez Dexia, Pierre Richard a perçu 1,75 million, et chez Mobistar, Bernard Moscheni a perçu 0,6 million.En moyenne, selon le consultant américain Towers Perrin, la rémunération des patrons belges est de 763.000 euros. Jean- François Munster  (Extrait du Soir)
    Les milliardaires vous saluent bien 
    milliardaires

    Le magazine américain Forbes vient de publier son traditionnel classement annuel des milliardaires.
    La planète compte 793 milliardaires (en dollars).Une bonne nouvelle (pour eux !) : ces milliardaires sont toujours plus riches.Les 10 plus grosses fortunes au monde pèsent autant que le produit intérieur brut de 17 pays africains.Les Etats-Unis abritent le plus de milliardaires (371). Suivent l’Europe ( 196 ), l’Asie ( 115 ) et l’Amérique latine ( 33 ).L’Afrique est absente de la liste, toujours conduite par le cofondateur de Microsoft, Bill Gates ( avec une fortune de 50 milliards de dollars ), Warren Buffett, à la tête du fonds d’investissement Berkshire Hathaway ( 42 milliards ), le magnat mexicain des télécoms, Carlos Slim ( 30 milliards ) …Parmi ces milliardaires, seulement 78 femmes.La richesse est sans limites, la pauvreté aussi : un rapport des Nations unies a rappelé qu’à côté de ces 793 heureux ( ?) milliardaires, 971 millions de personnes vivent avec moins d’un dollar par jour ! Cherchez l’erreur … Extrait du JDM