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23/03/2008

Nouvelles n° 120 (1 ère partie)

 Contrer la hausse du coût de l’énergie tout en pensant à la planète : TVA variable par tranches ?  

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Voici un billet que je souhaiterais contributif et qui aborde la question de la hausse du coût de l’énergie. Il s’agit d’une réflexion non aboutie et je me dis qu’en la partageant avec vous, nous pourrions peut-être la faire avancer un peu.
Pierre EYBEN

Le prix des énergies fossiles ne cesse de croître. Cela a des répercutions majeures sur la facture énergétique des ménages les plus modestes [1] qui ont dès lors d’énormes difficultés à assumer leurs factures. Cette année, l’hiver est doux et le problème est moins prégnant. Toutefois, il se reposera avec acuité dès l’automne 2008. C’est donc aujourd’hui qu’il convient de réfléchir et de prendre des mesures.


A ce jour, deux solutions ont été lancées par la gauche : d’une part un chèque énergie et d’autre part une réduction de la TVA sur le mazout, le gaz et l’électricité.


Le chèque énergie est une idée qu’émet la FGTB, il s’agirait d’étendre le concept du chèque mazout au gaz et à l’électricité. La prime octroyée serait décroissante en fonction des revenus. Cette mesure à l’avantage de ne pas être un cadeau « pour tous » mais de toucher exclusivement les personnes les plus modestes qui en ont réellement besoin. Elle pourrait être financée via un impôt sur les bénéfices des opérateurs du secteur de l’énergie et en particulier d’Electrabel. Sous sa forme actuelle, le principe des chèques à toutefois tout de « l’aumône » et non de la solidarité véritable. La procédure pour obtenir les chèques est lourde est à certains égards vexatoire. Il s’agirait donc de passer à 
un principe d’octroi automatique et proactif.

La seconde proposition consiste en une réduction de la TVA à 6% sur ces mêmes produits. Le parti socialiste reprend aujourd’hui cette proposition. L’avantage de cette mesure est qu’elle permet de réduire la TVA qui est en soit l’impôt le plus injuste puisqu’il touche de façon non différenciée riches et pauvres. Elle présente toutefois au moins deux inconvénients importants. Le premier est qu’elle ne produit des effets qu’à la marge.


Entre janvier 2004 et aujourd’hui, le mazout de chauffage a, par exemple, augmenté de plus de 130% [2]. La seconde est qu’elle est un cadeau proportionnel à la consommation et indifférencié socialement. En clair, les gros consommateurs (propriétaires de grosses maisons avec piscines,…) bénéficieront d’une remise plus importante [3]. Cet aspect est, il est vrai, en partie contrebalancé par le fait que le poste « énergie » représente pour les plus fortunés une proportion moindre que pour les ménages modestes. En chiffres absolus le constat demeure : c’est essentiellement un cadeau pour les plus fortunés.


S’il y a urgence à agir et si chacune de ces mesures présente indéniablement des potentialités, elles présentent par ailleurs l’une comme l’autre un inconvénient majeur : elles ne s’attaquent pas à notre dépendance vis-à-vis des énergies fossiles. Or, avec la raréfaction des énergies fossiles (lesquelles sont encore très utilisées également pour la production d’électricité) couplée à la hausse de la demande, la hausse des prix va continuer et s’amplifier. Il faut donc penser à des mesures structurelles susceptibles d’alléger à court mais aussi long terme le portefeuille des familles modestes tout en contribuant à la réduction de notre consommation.


C’est pourquoi il me semble utile de commencer à réfléchir à l’idée d’une TVA progressive par tranche. Concrètement, le taux de TVA sur la première tranche de consommation (que l’on pourrait situer aux alentours de 1000 litres par habitation et par an avec un facteur correctif en fonction du nombre d’occupants) serait baissé voir ramené à 0%, la TVA sur les consommations entre 1000 et 3000 litres serait maintenu à son niveau actuel et la TVA sur les consommations supérieures à 3000 litres serait fortement augmentée. Il s’agirait en l’occurrence d’aller au-delà du taux de TVA sur les produits de luxe (33%).


Les divers niveaux repris ici le sont à titre indicatif. Cette proposition présente plusieurs avantages. Premièrement, elle permet de réaliser une opération neutre pour les caisses de l’Etat. Même s’il existe d’autres mesures fiscales (taxation des bénéfices boursiers, impôt sur la fortune,…) afin de renflouer les caisses de l’Etat au moment où celui-ci éprouve d’énormes difficultés à assumer correctement ses missions de base comme la sécurité sociale, c’est important.


Deuxièmement elle constitue un incitant clair à l’initiation d’un « cercle vertueux » en termes de consommation, c'est-à-dire: diminuer notre dépendance vis-à-vis des énergies fossiles non renouvelables. Il s’agit d’aider ceux qui consomment modestement et de pénaliser les gros consommateurs.


Plus fondamentalement, moduler la TVA, c’est remettre en cause le principe injuste socialement d’une taxe à la consommation (même de ce qui est nécessaire) afin d’opter pour une taxe à la surconsommation, d’un incitant à la sobriété.


Toutefois, il ne s’agit pas de pénaliser les locataires qui n’ont pas le contrôle sur l’isolation des bâtiments qu’ils louent par rapport aux propriétaires, ni les propriétaires modestes qui n’ont pas les moyens de réaliser certains travaux d’isolation par rapport aux plus nantis.


Dès lors, il convient de jumeler deux mesures à cette TVA par tranche. La première est la mise en place d’un service de tiers-payeur pour préfinancer les travaux d’isolation et d’installation de sources d’énergies renouvelables (panneaux solaires, panneaux photovoltaïques, pompes à chaleur, mini-éoliennes,…) pour tous les propriétaires, y compris les plus modestes.


Le système actuel des primes exclut de fait les personnes qui n’ont pas la possibilité d’avancer les sommes d’argent nécessaires et d’attendre le retour de primes.


La seconde est le blocage des loyers en fonction des normes d’isolation. Concrètement, pour mettre en location un bien, il conviendrait de faire un audit énergétique et un prix maximum serait fixé en fonction du niveau d’isolation.


Cette mesure, qui permettrait par ailleurs de mettre un frein à la hausse vertigineuse des loyers, permettrait d’inciter les propriétaires à effectuer des travaux d’isolation dans leurs bâtiments. Parallèlement, elle constituerait une aide aux locataires d’immeubles mal isolés en plafonnant leur loyer.

 
Notes
[1] D’autres facteurs comme la présence d’oligopoles et de monopoles privés dans un secteur qui n’est plus régulé jouent également un rôle important. Un exemple intéressant est celui de l’électricité. Celle-ci est pour partie produite à partir d’énergies fossiles. Toutefois la hausse constatée du coût de l’électricité est imputable également (sinon essentiellement) à la soif de profit de l’opérateur quasi monopolistique en Belgique, Electrabel. Rappelons que celui-ci a réalisé plus de 2 milliards d’euros de bénéfices en 2006.
[2] Source :
http://www.mazout-on-line.be/EvoPrix.asp.
[3] Rappelons que c’est de l’argent qui ne sera plus disponible dans les caisses de l’Etat pour être redistribué.


Quand la finance s’éclate: ambiance au bal des voyous

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Depuis la crise des subprimes américaines, les commentaires se multiplient sur les dégâts causés par un capitalisme qui serait devenu fou. Mais ce qui est en cause, ce sont les politiques de déréglementation menées depuis des décennies au nom de la liberté du marché. Et ce sont bien les salariés qui paient les crises à répétition dans la planète finance.
MAURICE MAGIS


C’est le quotidien financier français La Tribune qui l’annonçait à la mi-février : au pays de Sarkozy, le « réformateur » qui promettait une augmentation du pouvoir d’achat des ménages, les grands patrons sont les mieux payés d'Europe. Les PDG des 40 entreprises qui donnent le la à la Bourse ont vu leur rémunération augmenter de 40 % en 2007. Salaire, bonus divers et stock-options leur ont assuré un revenu moyen de 6,175 millions d'euros. Ailleurs, il n’y a pas de quoi trop se plaindre. Le boss britannique a perçu 5,85 millions en moyenne, et l’Allemand, 3,94 millions d'euros. Loin, tout de même, des 12,97 millions d'euros que gagne un grand patron américain. Entre les rémunérations des grands patrons et celles des salariés, l'écart est abyssal. Comme à l’accoutumée, devant ces chiffres choquants au regard des difficultés des familles modestes, les responsables politiques ont brodé sur les nécessités de « transparence » et de « régulation ». Le président allemand chrétien démocrate, Hörst Köhler, s'est inquiété d'une "crispation entre les entreprises et la société". Il a appelé  les patrons à se montrer responsables parce que «  leur attitude a des conséquences sur la cohésion de la société". Et le « débat » est aussi vite retombé. Et pourtant…


Les salariés qui, eux, ne bénéficient guère des scandaleuses gratifications qui font le charme du big business, assistent périodiquement aux sautes d’humeur de Dame Finance. Ils sont priés de faire confiance aux éternels « spécialistes » qui leur expliquent que des centaines de milliards de dollars et d’euros se sont volatilisés dans l’éther, que c’est bien dommage et qu’il faudrait, peut-être, réfléchir à calmer le jeu. Le jeu ? « Si les dividendes et les profits augmentent plusv ite que la valeur ajoutée, alors leur part dans celle-ci augmente et la part des salaires diminue. Ce fut le cas au cours des trente dernières années, où les salaires progressèrent moins vite que la productivité du travail. L’Union européenne et le FMI viennent de confirmer que cette baisse représentait environ hui point de PIB » rappelait récemment un membre du conseil scientifique d’Attac (1). On comprend que les grands bénéficiaires de cette situation ne s’affolent pas trop des soubresauts boursiers ou de la gabegie financière, laissant gérer leur culpabilité par d’autres acteurs. Comme ce théoricien du capitalisme qu’est Alan Greenspan, l’ancien chef de la Réserve fédérale américaine. Il considérait récemment que le « découplage entre faibles progressions salariales et profits historiques des entreprises fait craindre une montée du ressentiment aux Etats-Unis et ailleurs, contre le capitalisme ». Cet orfèvre en matière de jeux financiers sait, comme le président allemand,  différencier l’accessoire – la précarité croissante des ménages – de l’essentiel – l’image de marque du système dominant, présupposé à l’abri de toute alternative. Mais ce monsieur qui dit maintenant « attendre quelque normalisation dans le partage du profit et des salaires » n’a pourtant guère joint le geste à la parole en matière de répartition des richesses quand il était aux manettes de la banque centrale américaine.


Quelle « confiance » ?

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Comment le faire, d’ailleurs, sans une véritable « rupture », pour reprendre ce mot à la mode, qui mettrait en cause les privilèges des gros actionnaires et leurs rentes, et plus largement les exigences du capital financier ? Il y aurait d’ailleurs bien des raisons de la faire quand la finance mondialisée est secouée de spasmes incontrôlables, quand la machine à spéculer propage ses dégâts aux quatre coins de la planète. Il y a la crise étatsunienne des subprimes, ces prêts immobiliers à risque, qui, contagieuse, a vu les grandes banques centrales occidentales déverser en catastrophe des centaines de milliards d’euros d’argent public pour tenter de  « restaurer la confiance ». Mais personne ne se risque plus à évaluer l’ampleur d’un désastre qui, s’il a mis des centaines de milliers de familles américaines à la rue et dangereusement purgé les avoirs des établissements financiers, menace aussi de précipiter un cycle de récession aux Etats-Unis et dans le monde. Au point que nos doctes économistes libéraux misent désormais sur la capacité des économies asiatiques à prendre le relais du géant américain pour relancer la croissance. Un géant aux pieds d’argile. « Il s’agirait alors d’une nouvelle manifestation du déclin de l’Occident, présageant le déplacement prochain du centre de l’économie-monde des Etats-Unis vers la Chine. A ce titre, cette crise marquerait la fin d’un modèle » prophétise le directeur du Monde diplomatique (2). Alarmisme outrancier ? Le moment serait propice, en tout cas, pour mettre les choses à plat.
L’affaire de la Société générale, en France, a levé, une fois de plus, le voile sur la dangerosité des paris boursiers tentés par les traders et le niveau d’irresponsabilité atteint par les banques. MM. Kölher et Greenspan ont raison de s’inquiéter : devant l’ampleur des scandales, les opinions ne peuvent que s’interroger sur la légitimité du système qui les engendre. Et il faudra plus que les habituels appels à la « moralisation » et le sacrifice de l’un ou l’autre trader, coupable d’avoir joué et d’avoir perdu, pour  remettre la finance à sa place, au service de l’économie réelle et des besoins sociaux.

Libre concurrence et dérégulation


Certes, les commentaires vont bon train depuis quelques mois pour fustiger un « capitalisme fou » et qui ne répondrait à aucune logique. La thèse est commode. Elle permet d’éviter le débat sur les mécanismes à l’œuvre. En France, on a entendu le porte-parole du parti de Sarkozy s’indigner : on ne peut pas « laisser les lois du marché agir sans contrepartie. »  Soit. Mais comment ne pas voir qu’une contradiction saugrenue se tapit dans une telle proposition ? Les « lois » en question, d’ailleurs non écrites, sinon dans l’airain de la « pensée unique », et telles qu’elles sont imposées depuis des années, vont de pair avec un discours politique qui, au nom de la « libre concurrence », prône précisément la dérégulation et la mise en pièce des éventuelles « contreparties » évoquées. Ainsi, les mêmes imposent au pas de charge un traité européen qui sacralise la toute puissance du marché tout en pourfendant désormais la spéculation et les « dérives du libéralisme ». Une cacophonie particulièrement perceptible d’une réunion de cinq des principaux dirigeants européens le 29 janvier à Londres. Angela Merkel, Gordon Brown, Nicolas Sarkozy, Romano Prodi, et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, ont vanté, sans rire, une économie européenne « bien positionnée pour faire face aux défis engendrés par une incertitude mondiale accrue. » Ils ont bien souhaité plus de « transparence des marchés, des institutions et des instruments financiers. » Mais « tout en préférant les solutions de marché », ils ont refusé aussitôt une véritable re-régulation.


Depuis les années 1980,  les chantres du libéralisme assurent que les politiques de privatisation et de déréglementation des marchés sont tout bénéfice pour l’économie. Une vision sèchement démentie par les faits. L’inégalité est patente dans la répartition des profits entre capital et travail, entre dividendes et investissement productif. Les établissements financiers, qui se livrent à de dangereux jeux spéculatifs, se montrent de plus en plus restrictifs à l’égard des entreprises désireuses d’investir, et singulièrement des PME. Depuis le milieu des années 1970, le marché des produits dérivés a connu un essor spectaculaire par rapport au marché des obligations et des actions (3).


Méthode Coué

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Partout, l’heure des comptes se met à sonner : engagés aux États-Unis sur les fameux prêts immobiliers, plusieurs établissements financiers allemands ont déjà présenté de lourdes pertes ; une grande banque britannique, la Northern Rock, a frôlé la faillite, n’évitant le naufrage que grâce à l’injection de 25 millions de livres d’argent public ; et en France, la Société générale, en plus de l’ardoise phénoménale laissée par un jeune trader, avoue avoir brûlé deux milliards d’euros dans les subprimes. Malgré les appels au calme de nos élites, les prévisions de croissance pour cette année sont revues à la baisse dans toute l’Europe.

Les gouvernements tentent de rassurer en prétendant que les « fondamentaux » de l’économie sont bons. Méthode Coué ? Depuis l’été, la Banque centrale européenne a injecté plus de 350 milliards d’euros de liquidités pour que les banques du Continent puissent faire face à leurs obligations.

Selon l’économiste et syndicaliste français, Jean-Christophe Le Duigou, « En privé, on sait très bien que les plus hauts responsables, soit français, soit européens, ont une autre vision des conséquences de la crise que celle qu’ils affichent. Ses conséquences sont considérables. Pour l’instant, elles se mesurent à l’aune d’une centaine de milliards de dollars de capital qui s’est, du jour au lendemain, évanouie dans la première phase de la crise de l’endettement. Mais, à terme, c’est cinq à sept fois ce volume qui, aux yeux des financiers, doit se diffuser dans toute l’économie. Et là, la question est de savoir qui va supporter le coût de l’effacement de ces 500 à 700 milliards de dollars. Est-ce que, une fois de plus, les salariés, la consommation, vont, finalement, payer pour ces désordres monétaires ?(4) »

Le thème de la transparence des marchés financiers revient sur la table à chaque crise. Mais les scandales dont il est de bon ton de s’offusquer ne prennent-ils pas leur source dans une politique européenne qui vise expressément le développement des marchés financiers ? Elle se traduit d’ailleurs dans la mission dévolue à la Banque centrale européenne (BCE)  dont « l’objectif principal » déclaré est « la stabilité des prix ». Soit moins assurer le pouvoir d’achat  des ménages (voir ci-après : «Europe : le grand retour de la question salariale ») que d’assurer la meilleure rentabilité aux capitaux, au détriment des salaires et des investissements.  Cette politique, comme l’interdiction de « toutes restrictions aux mouvements de capitaux », est inscrite dans le projet de mini-traité européen que notre gouvernement « de transition » entend ratifier sans débat public. Comme l’écrit l’économiste Jacques Cossart, (Attac-France), chiffres à l’appui : « la seule perspective dans ce système n’est une fois de plus que la spéculation ; on l’a vu depuis longtemps sur les devises, et elle pullule désormais sur les matières premières (…) les transactions de change représentent aujourd’hui, et à elles seules, 3000 milliards de dollars par jour. On peut estimer à vue de nez que la spéculation concerne au bas mot 80-85 % des transactions. Si, dans une structure mondialisée comme la nôtre, on autorise des agents économiques, toujours les mêmes, à échanger de tels montants à des fins exclusivement spéculatives, on ne peut évidemment que déboucher sur des aberrations que chacun d’entre nous a du mal à comprendre à son niveau (…)  L’immense majorité des paradis fiscaux, dont le FMI rappelle qu’ils ont un chiffre d’affaires annuel de 2 500 milliards de dollars, se trouvent au sein de l’Union européenne (…) Dès lors, on le voit, c’est le système qui est voyou (5).

1. « L’écran de fumée » par Jean-Marie Harribey. Dans la revue Politis du 7 février 2008. Lire aussi, ci-dessous, « Europe : le grand retour de la question salariale ».
2. « Krach 2008 » par Ignacio Ramonet. Le Monde diplomatique, février 2008.
3. La Bourse se compose d’abord d’un marché des actions et obligations. Acheter une action ou une obligation, c’est acquérir une partie du capital de l’entreprise. Ensuite, d’un marché des produits dérivés. Ici, on n’achète pas directement un produit, mais on spécule sur les variations de son prix à terme, dans des conditions plus ou moins prédéfinies. Les spéculateurs parient sur le risque de baisse ou de hausse du prix, mais sans n’en assumer aucun risque.
4. « Actuellement, rien ne justifie une austérité sur les salaires ». L’Humanité, le 22 janvier 2008.

5. « C’est le système qui est voyou ». L’Humanité, le 29 janvier 2008.


On en parle sur la planète finance


Titrisation : activité qui consiste à transformer les créances d’une dette en titres négociables sur le marché des produits dérivés. En cédant ses créances, la banque se sépare d’une partie du risque de l’emprunt.

Subprime : terme qui désigne les prêts accordés aux ménages à faible revenus et qui présentent des risques de non-remboursement plus élevés que la moyenne.

Fonds propres : les capitaux permanents ou quasi permanents à la disposition de l’entreprise, qui sont représentés notamment par le capital social, les réserves, le bénéfice de l’exercice.

Hedges funds : ce sont des fonds d’investissement spéculatifs recherchant des rentabilités élevées et qui utilisent abondamment les produits dérivés. Ils présentent l’intérêt d’offrir une diversification supplémentaire aux portefeuilles « classiques » car leurs résultats sont en théorie déconnectés des performances des marchés d’actions et d’obligations.

Trader : employé qui anticipe les fluctuations permanentes des cours des valeurs pour faire des profits. Il décide en temps réel de l’achat ou de la vente
d’actions, de devises, d’obligations ou d’options.

Fonds souverains : il s’agit de fonds d’investissements détenus par les gouvernements de différents États, qui gèrent des excédents nationaux dans un but d’investissement.


 

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14/03/2008

Nouvelles n° 119 (3 ème partie)

Interview d’Ernest Glinne dans le Pan  
glinne


Age: 76 ans

Profession: Ancien président du groupe socialiste au Parlement européen, ancien bourgmestre et conseiller communal (Ecolo) de Courcelles.

Signes particuliers: "Ernest le rebelle" mérite toujours son surnom. Ex-figure du MPW (Mouvement populaire wallon) d'André Renard et de la gauche du PS, il distille aujourd'hui son savoir politique chez les Verts. Et les bleus-blancs-rouges.

Serez-vous sincère pendant cette interview?

Bien sûr, mais je parle à titre personnel.

Vous vous présentez comme "socialiste indépendant chez Ecolo"...

Je suis écolo, je paye ma cotisation, etc. Ecolo a la vertu de reconnaître qu'il peut y avoir en son sein des tendances et des interrogations. Ecolo n'est pas la machine incarnée par exemple par Philippe Moureaux, connu pour sa tolérance sans bornes (rires)...

Si le PS respectait toujours le droit de tendance, vous y seriez encore?

Ah! Si on avait été en mesure, en 66, de poursuivre le droit de tendance défini par le PSB, notamment grâce à Collard et Spaak, je serais probablement toujours là. Mais l'hebdomadaire La Gauche a subi un coup d'Etat interne fomenté par des trotskystes - quoique j'aie toujours été avec eux contre le "socialisme réel" des pays de l'Est, qui n'était rien d'autre que du capitalisme d'Etat. Avec la mort de La Gauche mal remplacée, nous n'avons plus eu de moyen d'expression au sein du Parti! Le plus gros problème, aujourd'hui au PS, c'est qu'il n'y a plus l'animation, le débat d'auparavant. Jadis on passait par une formation militante intense: on devait même être encadré par deux parrains pour être admis et aller au cours d'encadrement le dimanche! Avant la fusion des communes, les débats en section étaient très intenses! Mais tout ça a été perdu par la déformation des militants et d'abord des candidat(e)s...

Pour en attirer davantage?

...Pour en enregistrer plus, on leur a demandé moins - sauf d'avoir un esprit de "complaisance" souple, une ambition pas trop scrupuleuse et une association dans le clientélisme.

Vous auriez pu devenir président du PS en 81, mais la procédure interne a été quelque peu malmenée...

spitaelsguybelga300Guy Spitaels et Alain Van der Biest étaient aussi candidats, mais tout le monde savait que la candidature de ce dernier était "bidon". La première entorse, c'est que les deux candidats restants n'ont pas eu un temps de parole, même limité à vingt minutes, pour exposer les raisons de leur candidature au congrès! On a dit "parlera celui qui l'emportera", et on a voté d'abord, avant d'entendre! Ensuite, certaines fédérations ont changé leur vote pour "faits nouveaux" (=?), et ont voté pour Spitaels! Et je suis passé de 55 à 49 %. Ce qui ne m'empêche pas d'avoir des relations très correctes avec Guy Spitaels, dont j'adire le savoir géopolitique...

Pourquoi avez-vous quitté le PS?

J'ai eu souvent des frictions. Dès ma première élection à la Chambre en 1961, j'étais en porte-à-faux: l'accord gouvernemental socialistes-sociaux-chrétiens comprenait des clauses concernant l'ordre public en cas de mouvements sociaux, alors que j'avais été élu par les grévistes de 60! La première grosse goutte d'eau, ce fut les affaires de corruption. En 93, j'étais vice-président de la fédération de Charleroi quand j'ai appris que le président Richard Carlier et quelques complices procédaient à des ventes intéressées de biens sociaux. J'ai demandé une enquête interne mais, évidemment, Carlier était contre! Et Van Cau et Busquin ne voulaient pas s'affronter là-dedans. Finalement, tout a éclaté, Carlier a été obligé de démissionner et "ils" ont voulu me faire dire et redire que "le pauvre camarade Richard" était victime d'un complot de l'extrême droite! J'ai quitté la section de Courcelles et la fédération de Charleroi pour celle de Thuin, où je suis resté pendant presque une bonne année. Mais certains mandataires s'y tapaient physiquement sur la gueule! Alors je me suis demandé ce que je fichais là-dedans, dans une section (très correcte) et une fédération hors de ma commune "de base" et avec des mandataires médiévaux!

...Et vous êtes passé chez Ecolo...

Il vaut mieux rester soi-même en changeant d'étiquette que se changer en gardant la même étiquette. Après ces histoires, je suis allé aux Etats généraux de l'écologie politique et j'ai rejoint Ecolo. J'avais été convaincu de la pertinence de l'écologie politique dès 1974, lorsque je m'étais intéressé aux travaux du remarquable René Dumont - qui sera plus tard le premier candidat écolo aux présidentielles françaises -, qui avait écrit Cuba est-il socialiste?, où il prônait la fin de la monoculture sucrière, etc. Je suis allé à Paris pour en discuter, mais on a surtout parlé d'écologie politique et j'en suis revenu complètement convaincu. Et je trouvais déjà qu'il était complètement absurde, pour le parti socialiste, de ne pas s'incorporer les thèses écologistes fondamentales. Quand je fus ministre de l'Emploi et du Travail, j'ai dû gérer une très sale affaire de fûts toxiques abandonnés dans un hangar liégeois, destinés à être balancés dans le Golfe de Gascogne. Une grosse quantité était déjà partie par bateau quand je les ai fait revenir, puis l'Etat belge a dû payer 120 millions pour les traiter à Mol! Le principe du "pollueur-payeur" n'avait plus qu'à s'appliquer...

L'écologie est le visage moderne de l'idéalisme socialiste?

Non, je ne dirais pas ça. L'écologie politique a évolué au fil du temps. Au départ, à part René Dumont et d'autres, les premiers se disaient "ni à gauche, ni à droite". En Belgique, c'est Paul Lannoye et quelques autres qui ont fait pencher la balance. Mais avant eux, il y a eu par exemple, comme député européen, François Roelants du Vivier, libéral bon teint d'ailleurs respectable aujourd'hui au MR! Les Etats généraux de l'écologie politique ont cependant été un rassemblement quasi œcuménique de forces progressistes, où on se sentait facilement à la gauche de la hiérarchie du PS! Mais aujourd'hui, ils sont prudents. Ils ont appris, à leurs dépens d'ailleurs, comment les grands partis peuvent manipuler un plus petit en jouant sur sa bonne foi. Le fait le plus scandaleux fut la pression exercée sur Isabelle Durant quand elle était vice-Première, pour l'affaire des vols de nuit. "Ils" voulaient en fait la peau d'Olivier Deleuze qui "emmerdait" Electrabel. Pour l'avoir, ils ont d'abord attaqué Isabelle Durant! Dès lors, Ecolo a justement décidé de ne plus se faire piéger.

En se professionnalisant de la sorte, Ecolo ressemble davantage aux autres partis?

Ca, on verra. On ne peut pas tout le temps être mis hors-jeu, l'important étant de ne pas avoir les mains sales dans le "pouvoir" d'un reniement.

Institutionnellement, vous vous y retrouvez?

Non. J'exerce en citoyen mon droit de tendance. Je n'essaye pas de rallier Ecolo à mes positions.

Ecolo est belgicain?

Il le redevient un peu, sans doute provisoirement depuis le retour de Groen! au Parlement et la reconstitution d'un groupe commun à la Chambre. Mais Ecolo n'est pas figé dans l'immobilisme de l'intérêt acquis, contrairement à d'autres. Et une réédition du livre de Kennedy Profils du courage devrait, ceci dit en passant, comporter une sérieuse évocation de Tinne Van der Straeten.

Sur l'institutionnel, vous rejoignez le Rassemblement Wallonie-France...

Oui, parce que le fédéralisme "belgicain" est arrivé trop tard pour être efficace, qu'il est trop déséquilibré et bloqué. Le fédéralisme de la désunion ne marchant plus, il faut trouver autre chose. Et les thèses du RWF sont intellectuellement et politiquement séduisantes. Je pense personnellement qu'il faut procéder en deux étapes: d'abord une phase transitoire d'indépendance de la Wallonie après un référendum spécifique, pour avoir le temps d'une relance économique qui nous permette, deuxième étape, de négocier en meilleure position notre rassemblement avec la République française. Je fais partie des rares qui se souviennent encore des paroles de Jacques Bertrand - je crois: "Et s'il [le Wallon] adore le Bourgogne / C'est parce qu'il est un peu Français / Oui mes enfants, oui mes enfants / Il y a longtemps / Que la France est notre maman / Et cette France généreuse / Ce berceau de la liberté / Saurait aux heures douloureuses / Se retrouver à nos côtés". Tout est dit! C'est du regroupement familial - sans ADN (rires). On peut déjà l'appliquer "en douce" maintenant!

Et renouer avec notre France maternelle, toujours puissance mondiale, qui peut lutter dans l'Union européenne contre les dérives de la globalisation, notamment.

La taille ne fait pas tout: quelqu'un comme Jean-Claude Juncker est écouté...

Oui, mais il est intelligent et pondéré.

Et il a une expérience et une réputation qui le précèdent. Il est social-chrétien mais bon... S'il était socialiste, il serait peut-être dans la catégorie des non-corrompus de la famille (rires)!

Et vous n'appréhendez pas d'avoir Sarkozy comme chef de l'Etat?

D'abord, il ne faut pas oublier que seules deux (Vendée et Alsace) des 22 régions françaises sont à droite, alors que les autres sont à gauche! Et Sarkozy n'est pas toute la France. Il ne doit être ni diabolisé ni angélisé.

Et quid du risque d'être une goutte d'eau dans une grande masse?

La France permet l'identité régionale: les gens des "pays" sont Provençaux ou Alsaciens ET tout autant Français! Les Wallons resteront dans leurs spécificités en les surmontant dans la République.

Vous ne donnez plus de chance à la Belgique?

Qu'est-ce qu'il nous en reste? L'Atomium et l'Expo universelle de 1958? Les quelques constructions publiques que Léopold II nous a laissées en échange de ses exactions génocidaires en Afrique? L'image romancée d'Albert Ier et de la Reine Astrid? Les prisonniers de guerre wallons en Allemagne? Internationaliste et européen, je suis en même temps wallon. La Wallonie est un "pays" de la France et de la Francité, au même titre que d'autres! Même si la Wallonie n'a pas suffisamment conscience de son appartenance commune, et souffre de sous-identités: on est d'abord Liégeois, Carolo, Namurois etc. Lors de la Fête de la Wallonie ici à Courcelles, on voyait partout des drapeaux belges, mais très peu de wallons - sauf chez moi! En face, la Flandre est une nation qui veut SON Etat. Depuis que le Parlement flamand a voté ses résolutions de blocage en 1999, les élus de Flandre ne peuvent plus faire marche arrière et ils seront élus aux régionales de 2009 sur base de ce "cahier des charges".

C'est là que vous situez le point de rupture?

Au plus tard. D'ici-là, le Parlement wallon devrait, à son tour, prendre institutionnellement position.

Et Bruxelles?

Bruxelles doit être une véritable "grande" région à part entière. Une Ville-Etat, comme Hambourg et en Europe, on y appliquerait bien sûr la convention-cadre du Conseil de l'Europe sur la protection des minorités. La prédominance de la langue française serait irréversible.

Un district européen?

Je n'aime pas l'évocation d'un district "Washington DC": jusqu'il n'y a pas longtemps, il n'y avait pas là-bas de vie municipale, tout était géré par des fédéraux! Les citoyens n'ont pas de sénateur ni de député, juste un "observateur" à la Chambre! La moitié ou presque des habitants de Washington veulent d'ailleurs passer au Maryland voisin pour participer à la démocratie!

Et pourquoi ne pas s'en tenir à une Wallonie indépendante?

Parce que c'est trop petit. Pour négocier, notamment sur l'euro, le dollar etc. Et quand on va devoir partager la dette publique, on sera trop faibles seuls pour faire entendre une raison équilibrée aux flamingants.

François Perin ou Paul-Henry Gendebien?

v2Gendebien2003
Je choisis Paul-Henry, en dépit de la verve de François Perin, que j'ai croisé à La Gauche et qui est un visionnaire diversement talentueux. Paul-Henry, je l'ai vu souffrir dans la dignité. Par exemple au Parlement alors national, quand il s'opposait, même dans la bibliothèque, à des Tindemans.



José Happart ou Robert Collignon?

RogerLallemandRobert Collignon. Je ne dis pas qu'il est mon grand héros, mais il a une conscience saine et n'est certainement pas motivé par un intérêt pécuniaire personnel. Tandis que chez Happart, le pognon compte, pour lui et son frère. Je me souviens d'une réunion lors de laquelle Cools m'a engueulé avec sa chaleureuse véhémence. Sont fortuitement apparus les Happart. L'histoire des couloirs affirme que Cools leur aurait demandé ce qu'ils voulaient, eux qui n'étaient même pas membres du Parti. José a répondu qu'il voulait être au Parlement européen, son frère à la Chambre. Et Cools, d'un air mi-furieux, mi-rigolo, de taper du poing en demandant: "et votre maman au Sénat, sans doute?" (rires)...

Jacky Morael ou Paul Lannoye?

cv_lannoyeJe ne peux pas faire un choix entre les deux. Je les mets aux mêmes niveaux de respect et d'estime; je dirais même d'affection.

Comment vous voyez-vous dans dix ans?

Mort, non?

En quoi aimeriez-vous être réincarné?

En secrétaire de Jean Jaurès ou de l'Américain Gene Debs, président du vieux parti socialiste des Etats-Unis au début du XXème siècle.

Qu'aimeriez-vous qu'on retienne de vous?

Rien de moi, mais de ceux qui m'ont tout apporté: le peuple militant. Je retiens une parole de mon beau-frère qui disait: "t'saveu Ernest, vous quand vos astez à l'maison du peupe, vos parlè de l'Internationale, hé bin nous quand nos astons din l'fosse hein, on fait l'Internationale tous les djous. Qu'on fuche Flamin, qu'on fuche Italien, qu'on fuche Marocain. Quand y da uin qui ramasse su s'tiesse, on est tertous là".

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24/02/2008

Nouvelles 119 (2 ème partie)

Economie

Pour un renouveau du service public

poste

La défense et le développement de services publics de qualité doivent constituer "le" combat pour les années à venir. Il ne s'agit pas seulement de limiter la casse mais d'inverser la tendance actuelle.
Collectif (voir les signataires en bas de l'article)

Jadis, la gauche mais également la droite, considéraient avec sagesse certains secteurs économiques et sociaux comme trop importants pour en confier la gestion aux intérêts privés, estimant qu'il était pour le moins hasardeux de les soumettre aux aléas du marché. Tirant le bilan au lendemain de grandes crises (crise économique de 29, Seconde Guerre mondiale,...), gauche et droite reconnaissaient à un acteur public fort un rôle de garant de l'intérêt collectif et de tampon économique et social permettant d'éviter les crises financières et de tirer à la hausse la norme salariale. Qui se rappelle que la France nationalisa ses mines en 1945 ? Et, par la suite, jusqu'en 1983, les transports aériens, la banque de France et les grandes banques et compagnies d'assurance du pays, le gaz et l'électricité, de grandes industries (Renault, Thomson, Usinor, Rhône-Poulenc,...), etc.

Aujourd'hui, le moins que l'on puisse dire est que la tendance s'est inversée : à part dans des pays comme la Bolivie, le Venezuela ou l'Equateur, qui ont récemment relancé des processus de (re) nationalisations pour reprendre le contrôle de leurs ressources naturelles et de leur économie, on assiste en effet à l'accélération et à l'extension d'un processus de marchandisation généralisée de la société, qui s'accompagne d'offensives de plus en plus violentes sur les services publics.

Ce phénomène date des années 80. Alors que les puissances occidentales voyaient se ralentir l'expansion économique acquise au détriment des pays dits en voie de développement - notamment via l'engrenage de la dette, qui aujourd'hui encore maintient ces pays sous le joug d'une pauvreté extrême et des diktats néocoloniaux du FMI et de la Banque mondiale - elles se lancèrent à la conquête de marchés nouveaux et juteux au sein de leurs propres économies, et privatisèrent à tour de bras. La motivation de ce changement de cap économique fut purement idéologique. Elle fut théorisée par des think-tank ultralibéraux et mise en oeuvre par des dirigeants qui leur prêtaient une oreille plus qu'attentive, tels Margaret Thatcher et Ronald Reagan. Grande-Bretagne et Etats-Unis furent ainsi les fers de lance de cette dynamique, mise en oeuvre avec le renfort de grands organismes transnationaux.

Aujourd'hui, on ne compte plus le nombre de catastrophes sanitaires et sociales nées de cette logique mortifère. On se souvient de la désastreuse déliquescence des secteurs du rail en Angleterre ou de l'électricité aux Etats-Unis... Toutefois, rien ne semble freiner la tendance frénétique à libéraliser et privatiser tous les pans encore publics de la société (énergies, télécommunications, postes,...).

En Europe, la façon la plus classique d'imposer la privatisation de certains services publics consiste à ouvrir à la concurrence - on dit "libéraliser", même si cela a peu à voir avec une quelconque libération - le secteur dans lequel ils opèrent. Mis en concurrence avec des opérateurs aux pratiques sociales moins regardantes, il ne leur reste alors qu'à s'aligner ou disparaître.

Une autre façon de procéder consiste à les sous financer de manière chronique, afin de quasi automatiquement "organiser" leur dysfonctionnement avant d'inciter la vox populi à réclamer leur privatisation. On peut également procéder à un "saucissonnage" de certains secteurs publics - cas de la SNCB ou encore récemment du secteur du gaz et de l'électricité [1] afin de les privatiser pour partie. Le plus souvent, les parties privatisées sont évidemment les plus rentables.

On constate également une privatisation larvée de nombre d'organismes publics ou partiellement publics. Par exemple, si La Poste belge est encore publique pour 50 pc + 1 action, sa gestion, confiée à un ancien dirigeant du trust financier acquéreur, et auquel un salaire de près d'un million d'euros annuels est alloué, a pour sa part clairement quitté la sphère du service rendu à la population. La Poste a aujourd'hui opté pour une stratégie de business marketing. Les fermetures de bureaux se succèdent, on les remplace - au mieux - par des franchisés, le nombre de boîtes aux lettres publiques diminue, les agents statutaires sont remplacés par des intérimaires, les conditions de travail se dégradent, le prix des timbres augmente,...

Actuellement, les représentants de la "puissance publique" aiment vanter les mérites des partenariats public-privé. Pourtant, ceux-ci consistent souvent en un financement détourné d'acteurs privés. Un exemple marquant est celui des "titres services". L'usager paie 6,2 euros par titre, la Région 13 euros et le travailleur touche 10 euros. La différence finance une entreprise d'intérim privée à qui l'on confie la gestion de ces emplois de service. Pourquoi ne pas directement créer de l'emploi public ?

Les services publics devraient être considérés comme des biens publics, des biens appartenant à la collectivité, au patrimoine commun des peuples [2]. On constatera à regret que le nouveau Traité de Lisbonne, copie conforme du projet de Constitution européenne (pourtant majoritairement rejeté en 2005 par les populations en France et aux Pays-Bas), ne reconnaît même pas cette notion de service public.

Il nous semble donc vital et urgent de définir une série de secteurs et de services qui doivent être gérés par la puissance publique. Parmi ceux-ci (liste non exhaustive) : le transport (et les infrastructures), l'énergie (gaz, électricité), l'enseignement, les soins de santé et les services aux personnes, le logement social, la poste, les télécommunications, ou encore un média public (télévision et radio) à financement public (et donc exempt de publicité). Les fonctions régaliennes de l'Etat doivent elles aussi être maintenues hors de toute logique de marché. On voit par exemple aux Etats-Unis les conséquences désastreuses de la privatisation des établissements pénitenciers.

Au-delà des services publics, il nous semble également indispensable de revendiquer la primauté de l'action publique dans d'autres secteurs que celui des services, comme par exemple celui de la culture, ou l'industrie du médicament, l'agriculture, les ressources naturelles (eau, matières premières, forêts,...), etc.

Le bâton capitaliste, l'épée de Damoclès sociale, la précarisation structurellement organisée que le monde privé fait en permanence peser sur les citoyens et les travailleurs ne nous semblent pas dignes d'une société solidaire, émancipatrice, véritablement démocratique. On ne bâtit pas dans l'exploitation. C'est pour cela que nous défendons également des services publics charpentés autour d'agents statutaires, qui peuvent compter sur une certaine indépendance par rapport à leur employeur.

Cela ne nous empêche pas de rester critiques sur la façon dont les services publics fonctionnent parfois. Il est important d'aller vers moins de bureaucratisme, moins de centralisation, moins de politisation dans leur fonctionnement. En particulier, nous prônons une refonte complète du mode actuel de recrutement, par trop tributaire du rapport de force politique.

Un autre enjeu important qui nous semble devoir être pris à bras-le-corps par les progressistes européens est celui du développement d'initiatives industrielles publiques et de services publics européens. Par exemple, le ferroutage qui, étant donné la raréfaction du pétrole et l'urgence de réduire drastiquement la pollution provoquée par le transport routier, sera amené à jouer un rôle important dans le transport dans les années à venir, devrait s'inscrire dans une relance de l'initiative publique au niveau de l'Europe.

La libéralisation n'est que la liberté du plus fort. Préférons-lui la liberté de pouvoir compter sur des services publics qui nous rendent tous plus forts.

Signataires pour le Ressort : Minervina Bayon, Yannick Bovy, Didier Brissa, Julien Dohet, Pierre Eyben, secrétaire fédéral du PC liégeois, Christian Jonet, Michel Recloux, Olivier Starquit.

Extrait de la Libre Belgique


Les 10 hommes les plus riches du monde en  2007

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(Easybourse.com) Selon le classement annuel (de juin 2006 à juin 2007) du magazine américain Forbes, les 10 personnalités les plus fortunées au monde pèsent ensemble quelque 350 milliards de dollars. Sans surprises, le PDG de Microsoft, Bill Gates, arrive en tête du palmarès avec 56 milliards de dollars de réserves personnelles, suivi de Warren Buffet avec 52 milliards de dollars et Carlos Slim Helú, avec 49 milliards de dollars…

Le magazine Forbes recense les milliardaires du monde entier à l'exception des têtes couronnées sinon dans le cas où leur fortune est privée. Selon le classement publié le 8 mars 2007, les milliardaires sont 946, grâce à l'entrée de 153 nouveaux membres. Au total, le montant des 20 plus grandes fortunes du monde est de 3 500 milliards de dollars, en progression de 35% par rapport à 2006.

Quant aux nouveaux entrants dans le top 20, on notera la présence de David Thomson, héritier de Thomson Corporation, Stefan Persson, héritier de la marque H&M, ainsi que Mukesh et Anil Ambani, héritiers des industries Reliance.

1 - William Gates (USA, 51 ans) : 56 milliards de dollars
Pour la treizième année consécutive, le PDG de Microsoft s’est vu décerné le titre d'homme le plus riche du monde avec à son actif 56 milliards de dollars, soit une hausse de 10% par rapport à 2006.

2 - Warren Buffett (USA, 76 ans) : 52 milliards de dollars
Homme d'affaires et investisseur américain, il fut surnommé «l'oracle d'Omaha», et a engrangé une fortune considérable grâce à ses investissements réalisés à travers sa compagnie, Berkshire Hathaway, dont il conserve 38% du capital. Il vient d’entamer l’acquisition de Marmon Holdings, un conglomérat détenu par les Pritzker, une très riche famille de Chicago.

3 - Carlos Slim Helu (Mexique, 67 ans) : 49 milliards de dollars
Cet homme d'affaires mexicain, en réalité d'origines libanaise et mexicaine, serait l'homme le plus riche du monde, avec ses 59 milliards de dollars de patrimoine en juillet 2007. Ses entreprises, dont  Telmex ou Grupo Carso, génèrent 5% du PIB mexicain et pèsent 40% de la capitalisation de la bourse de Mexico.

4 - Ingvar Kamprad (Suède, 80 ans) : 33 milliards de dollars
Entrepreneur d’origine suédoise, il a réalisé sa fortune en créant la célèbre chaîne de magasins Ikea. En 2006, il est passé de la 10e à la 4e place du classement des hommes les plus riches de la planète.

5 - Lakshmi Mittal (Inde, 56 ans) : 32 milliards de dollars
Milliardaire indien, Lakshmi Mittal a fait fortune grâce à l'industrie sidérurgique. Fondateur et actionnaire majoritaire de la Mittal Steel Company NV, principal producteur d'acier au monde, il en est l’actuel président. Spécialisé dans la reprise d'usines au bord de la faillite (comme en Roumanie ou à Chicago), Lakshmi Mittal est considéré comme l’homme le plus riche d’Angleterre.

6 - Sheldon Adelson (USA, 73 ans) 26 milliards de dollars
Milliardaire américain, Sheldon Adelson est également promoteur immobilier et propriétaire de plusieurs casinos. En 2007, il fit une offre infructueuse pour devenir le propriétaire d'un des principaux journaux israéliens, Maariv.

7 - Bernard Arnault (France, 58 ans) : 26 milliards de dollars
Industriel et propriétaire d'une entreprise de travaux publics, Ferret-Savinel, Bernard Arnault détient en 2007, un patrimoine personnel de 26 milliards de dollars à travers un montage de holdings : Montaigne Finance contrôle la financière Agache, qui contrôle Christian Dior, qui possède la Financière Jean Goujon, qui détient un peu plus de 42% de LVMH dont il devient actionnaire majoritaire en 1989. Il conduira d’ailleurs la société à devenir le premier groupe de luxe au monde devant le suisse Richemont. Récemment, Bernard Arnault a fait l’acquisition du quotidien économique Les Echos, cédant pour cela son concurrent La Tribune.

8 - Amancio Ortega (Espagne, 71 ans) : 24 milliards de dollars
Homme d'affaires espagnol, il est le fondateur de la marque de vêtements et de magasins Zara. Il s'est aujourd'hui également diversifié dans l'hôtellerie, l'électricité, etc.

9 - Li Ka-shing (Hong Kong, 78 ans) : 23 milliards de dollars
L'homme d'affaire hongkongais possède une firme constituée de filiales réparties dans quarante pays différents. Concentrés principalement sur les deux conglomérats Hutchison Whampoa et Cheung Kong, ses avoirs représentent 11,5% de la bourse de Hong Kong. Grâce à sa fortune construite dans l'immobilier, Li Ka-shing est également à la tête du groupe Watson, numéro un mondial de la gestion de ports.

10 - David Thomson (Canada, 49 ans) : 22 milliards de dollars
Sa fortune, il la doit à son père, Kenneth Thomson qui, héritier de la société Thomson, développa l’entreprise familiale pour en faire une des multinationales canadiennes les plus importantes en matière d'édition professionnelle. David Thomson a succédé à son père à la tête de Thomson Corp. en 2002. Quant à la famille Thomson, elle détient toujours 70% de l'entreprise via le holding The Woodbridge Company Limited, société d'investissement chargée de gérer les intérêts des Thomson.

N.S.


Environnement

Salon de l’auto et défense de l’environnement

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Revoici le salon de l’auto qui ouvre ses portes. Avant même qu’il ne débute, cet événement médiatique majeur est relayé avec force par l’ensemble des médias du pays. Chaque année également, le salon se choisit un thème. Celui de cette année est martelé avec force : l’environnement.

L’écologie est de plus en plus médiatisée et en particulier la problématique environnementale et le réchauffement climatique. On sait dorénavant que le transport, camion et voiture tout particulièrement, joue un rôle croissant dans les émissions de CO2.

Le salon de l’auto, institution nationale, se devait de réagir. Ses organisateurs ont donc choisi comme thème en 2008, l’environnement.

A côté des nombreux modèles qui représentent le secteur automobile et de la moto, une attention toute particulière sera portée au thème de l’environnement. Au Salon, venez découvrir les dernières technologies, essayer un véhicule alimenté par un carburant alternatif et apprenez à rouler e-positif. (Extrait du site du salon)

C’est pourquoi, à l’occasion du salon 2008, vous pourrez découvrir et acquérir :
 
Le Isuzu D-Max qui selon disponibles sur le site du constructeur, est disponible dans un choix de puissants moteurs Diesel de 2,5 litres (136 chevaux et 280 Nm) et de 3,0 litres VGS Turbo « common-rail ».
 
Le Mitsubishi New Pajero 3.2 litres DI-D avec ses suspensions à doubles bras triangulés et ressorts hélicoïdaux avec barre antiroulis
 
Le Ford ranger Thunder 4x4 de 3052kg avec air conditionné
 
La Lamborghini Murciélago LP640, ses 32.3 l/100km de consommation urbaine et 495g CO2/km ou si vous ne souhaitez vous déplacer qu’à 314km/h simplement la Lamborghini Gallardo Spyder qui émet à peine 400g CO2/km
 
Le nouveau Range Rover plus puissant et plus luxueux en motorisation essence 4.2 litres Supercharged V8 (396 ch) ou si le cœur vous en dit avec le bloc V8 Diesel Bi-Turbo, qui est le véhicule « du raffinement suprême réservé aux amateurs de perfection » d’après son constructeur Land Rover.

Et bien évidemment mes deux préférés :

Le nouveau Hummer H2 2008 et son V8 de 6,2 litres qui progresse en puissance de 20% par rapport au modèle antérieur pour délivrer 393 chevaux.
 
La Porsche Cayenne Turbo, 3 080 kg pour 500ch et 275 km/h de vitesse de pointe catalogue qui émet 358g CO2/km (uniquement en condition test bien évidemment)

La liste est sans fin et je vous invite à me faire part de vos meilleures découvertes sur le site du salon

Le battage médiatique actuel me rend malade. L’attitude complaisante de notre télévision de service (dit) public me rend malade. J’ai pondu il y a quelques semaines un texte intitulé « La voiture écologique arrive à plein gaz » que je ne peux que vous inviter lire s’il ce n’est déjà fait et à diffuser. C’est une maigre pastille de phosphore face à la déflagration publicitaire qui s’abat sur nous et ne nous lâchera plus pendant plusieurs semaines. Entre le décompte régulier du nombre de visiteurs, l’inforoute sur le ring encombré à mort (c’est de bonne guerre), les multiples reportages sur les « nouveautés » du salon, les émissions spéciales avec moult interviews d’hôtesses charmantes et de vendeurs costard cravate, rien ne nous sera épargné c’est une certitude.

Mais le plus pénible dans cette déflagration sera l’abominable et répétitive usurpation des termes "écologie" et "environnement". Il en ira un peu partout comme sur le site du constructeur Mistubishi qui en dessous de la promo pour son New Pajero (émissions de CO2 entre 244 et 324 g/km) nous balance sans rire, deux points ouvrez les guillemets : « IL EST DE NOTRE DEVOIR DE PROTÉGER L’ENVIRONNEMENT ».

Et s’il était du devoir de nos élus de mettre fin à ce trucage cynique ? Ainsi que le relève Pierre Ozer [1], les grands constructeurs poussent massivement, via un ciblage publicitaire clair et non proportionnel aux ventes, à l’achat de leurs modèles les plus polluants. Ce n’est pas un hasard, ceux-ci sont également les plus chers.

Tous aux abris !

Pierre Eyben


OGM, enfin un commissaire européen courageux.

OGM-J%5C'en-veux-pas-!

Fin octobre, le Commissaire européen à l'Environnement, Stavros Dimas, s'est courageusement opposé aux grandes compagnies de l'agrobusiness en proposant l'interdiction de la culture de deux maïs OGM (le Bt11 et le 1507) développés par les firmes Syngenta et Pioneer/Dow.
     
Des scientifiques ont en effet démontré que la culture de ces OGM censés combattre des insectes nuisibles au maïs pouvait provoquer des conséquences graves, notamment sur des insectes non nuisibles du maïs, comme le papillon monarque ou sur des "organismes non ciblés" comme des oiseaux. Récemment, il a également été prouvé que les écosystèmes aquatiques pouvaient aussi être affectés.
      
Si la proposition de Dimas était adoptée, il s'agirait d'un véritable tournant. Très favorable aux OGM, la Commission a jusqu'à présent toujours donné son feu vert aux demandes d'autorisation d'OGM Et les autres Commissaires européens, par peur de froisser les puissants intérêts pro-OGM, notamment américains, risquent de s'opposer à l'initiative courageuse de Stavros Dimas. Mais celui-ci vient de confirmer publiquement sa position. « Le risque est trop élevé pour l'environnement selon plusieurs études scientifiques récentes, a indiqué M. Dimas à Bruxelles le 22 novembre. J'envisage de donner un avis négatif pour la demande d'autorisation. »

Il faut absolument soutenir la position prise par Stravros Dimas, qui, si elle est adoptée par la Commission européenne, sera le premier rejet d'OGM dans l'histoire de la Commission européenne et représentera un pas décisif pour une Europe sans OGM. Une mobilisation massive est nécessaire pour cette opportunité historique !

Cap sur les 100 000 signatures

Le plus grand nombre possible d'Européens doivent interpeller la  Commission européenne pour que la santé publique et l'environnement priment sur les intérêts de quelques multinationales et que les maïs Bt11 et 1507 ne soient pas autorisés.

Signez et faites signer la pétition à destination de Manuel Barroso, Président de la Commission européenne, et aux Commissaires Dimas, Kyprianou (consommateurs), Fischer-Boel (agriculture) et Barrot (transports). Plus de 75 000 européens l'ont déjà signée en quelques semaines, dont 10 000 en France... La pétition française s'adresse également à Jacques Barrot, Commissaire européen aux transports, car il votera également sur la proposition de Stravros Dimas et doit tenir compte de l'avis des citoyens français et de la nouvelle ligne politique française sur les OGM à l'issue du Grenelle de l'environnement.

Signez la pétition  http://write-a-letter.greenpeace.org/332

Pour saisir cette opportunité historique, faites circuler cette pétition dans tous vos réseaux...



André Antoine met Inter-Environnement au tapis

logo_iew

Inter-Environnement Wallonie (IEW), c’est une fédération qui regroupe 150 associations actives dans la défense de l’environnement en Wallonie.

Inter-Environnement Wallonie, c’est une expertise irremplaçable sur des questions comme l’aménagement du territoire, la mobilité, l’énergie, la pollution de l’air, de l’eau et des sols, etc. Inter-Environnement Wallonie, c’est, depuis 30 ans, le principal « lobby » — si l’on peut dire — environnemental en Wallonie. Inter-Environnement Wallonie, c’est une vingtaine de salariés qui travaillent avec acharnement pour défendre des enjeux essentiels pour notre avenir face à une horde de promoteurs immobiliers, constructeurs  automobiles, industriels pétrochimiques et autres pollueurs invétérés — généralement indifférents à l’environnement mais disposant d’une force de frappe démesurée par rapport à celle des défenseurs des biens communs.

 Bref, Inter-Environnement Wallonie, c’est le genre de structure que, à l’heure où les défis environnementaux sont tellement urgents, n’importe quel responsable politique doté d’un brin de sens des responsabilités (vous savez, ce truc qui incite à faire des actions utiles à la collectivité mais dont on ne tire pas nécessairement un bénéfice politique immédiat) devrait avoir à coeur de soutenir. Tel n’est pas le cas du ministre André Antoine qui vient de décider de couper une partie significative des vivres à IEW, ainsi qu’on l’a appris cette semaine.

Il faut dire que le sieur Antoine est familier des petites crapuleries par derrière, du double discours avec un grand sourire et du dégommage d’associations dérangeantes. Le parti « humanite » — le cdH —, dont est membre M. Antoine, tient généralement un discours très favorable à l’environnement. Sa pratique toutefois diverge de façon étonnante avec ses mots. Les exemples abondent. À commencer par l’implantation forcenée de zonings industriels ou de lotissements immobiliers dans des zones rurales éloignées de tout moyen de transports en commun — à commencer par Perwez, le village dont M. Antoine est bourgmestre —, garanties certaines de « notre » dépendance totale à la bagnole reine |1|.
Notez qu’Antoine n’en est pas à son coup d’essai en matière d’étêtage d’associations dérangeantes. L’année dernière, il avait ni plus ni moins sucré les subventions du Gracq, obligeant la principale association cycliste francophone à licencier la plus grande partie de son personnel wallon.

Ceci pose une fois de plus la question de l’indépendance des associations critiques. Le subventionnement public — faute de garanties dans la manière dont il est délivré — s’apparente de façon évidente à une laisse dorée — les politiciens l’utilisant sans vergogne pour contrôler cette soi-disant « société civile ». Si les citoyens veulent que des voix libres continuent à s’élever — ce qui est une condition sine qua non de l’existence de processus démocratiques et puis aussi sans doute de la survie de l’humanité face au défi environnemental —, il faut qu’il mettent la main au portefeuille : en versant des cotisations à des associations comme IEW, en achetant des journaux indépendants, en versant des dons pour soutenir. Cette culture de l’indépendance est très faible en Europe — alors qu’elle est beaucoup plus forte aux Etats-Unis, par exemple, pour le pire ou le meilleur. C’est la recette de Greenpeace. Force est de constater que ça a des conséquences très dommageables. Pour un qui s’en prend ouvertement dans la gueule comme IEW aujourd’hui, combien en effet pour s’autocensurer au quotidien ?

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11/02/2008

NOUVELLES n° 119 ( 1 ère partie)

A propos de la présidence slovène

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Passage de relais entre les ministres des affaires étrangères portugais et slovènes.

Pour cette première présidence d'un nouveau pays membre, la Slovénie hérite de ses prédécesseurs d'un certain nombre de dossiers plutôt ingrats. 

Ainsi, concernant la ratification du traité de Lisbonne, est-elle tenue de s'assurer qu'aucun Etat membre, hormis l'Irlande, ne donne le "mauvais exemple" en organisant un référendum. Y compris dans les pays où des engagements avaient été pris en ce sens.  C'est en quelque sorte entrer à reculons dans l'ère du rapprochement entre les citoyens et les institutions de l'Union. Franchement vous méritiez de servir une plus noble ambition.

Sur le plan social, la présidence aura tout d'abord la lourde tâche de débloquer deux projets de directives emblématiques: d'une part, sur le temps de travail et le tristement fameux "opt out"; de l'autre, sur le travail intérimaire et l'égalité de traitement des salariés.

Elle n'échappera pas non plus à un débat de fond sur les suites à donner aux récents arrêts de la Cour dans les affaires Vaxholm-Laval et Viking Line, qui légitiment le dumping social.  Mon groupe a, d'ailleurs, demandé l'inscription à l'ordre du jour d'une prochaine session du Parlement d'un débat sur cette question.  En effet, est ainsi relancée toute la problématique de la directive Bolkestein et des dispositions du traité sur lesquelles elle est fondée.  En pleine ratification d'un nouveau texte reprenant l'intégralité de ces dispositions, cela fait plutôt désordre.

Enfin, toujours sur le plan social, l'Europe est confrontée à l'exigence croissante d'une augmentation des salaires: en effet, "leur part dans la valeur ajoutée recule depuis des décennies.  Elle n'a même jamais été aussi faible", souligne la presse économique elle-même.  Or la BCE menace de remonter les taux si cette exigence, pourtant si légitime, était satisfaite.  Et ce -reconnaissent les experts - "bien que les profits n'aient jamais été aussi élevés".  Si nous ne mettons pas cette question à l'ordre du jour, elle s'y imposera d'elle - même, sous peu.

Je rappelle que le document commun aux présidences allemande, portugaise et slovène souligne à son point 68 que celles-ci "s'efforceront en priorité de renforcer le modèle social européen, qui fait partie intégrante de la stratégie de Lisbonne".  Comme dit l'adage: "la preuve du pudding, c'est qu'on le mange".

Un mot également à propos d'un autre sujet sensible: celui des migrants "en situation irrégulière".  A son stade actuel, le projet de "directive retour" mérite le qualificatif de "directive de la honte" que lui ont donné les organisations de défense des droits humains.  Son adoption en l'état éclairerait d'un jour cruel les belles intentions affichées par l'Union dans le cadre du "dialogue interculturel".

Je conclus sur le problème du Kosovo.  Avant toute décision, ne serait-il pas justifié d'avoir quelques éclairages sur une triple question:

D'abord, comment expliquer que 2 milliards d'euros d'aide de la communauté internationale y aient abouti, en l'espace de 7 ans, à l'inexistence d'un développement économique, à une pauvreté endémique, au chômage d'un habitant sur deux, à la prolifération de la corruption et des réseaux maffieux?

Ensuite, comment expliquer que 17 000 soldats de l'OTAN se soient montrés incapables d'empêcher la destruction de dizaines d'édifices orthodoxes; l'enlèvement ou l'assassinat de centaines de citoyens kosovars de communautés minoritaires; et l'exil forcé de milliers d'autres?

Enfin, en quoi la proclamation unilatérale de l'indépendance du Kosovo et le remplacement de la Minuk par l'Union européenne résoudront-ils ces problèmes vitaux tout en assurant la stabilité des Balkans?

Je serais curieux d'entendre votre réponse.

Déclaration Francis Wurtz, président du groupe GUE/NGL au Parlement européen


Appel de Prague

Déclaration finale du 2e Congrès du Parti de la gauche européenne

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2 ème congrès du Parti de la Gauche Européenne, le PC y était représenté par Nicole Cahen, Maurice Magis, Pierre Eyben et Polo Marcus

 Les choix libéraux résultant des exigences du capitalisme mondialisé, financiarisé et militarisé conduisent à une régression sociale intolérable et mènent l’Europe à une impasse. Plus que jamais, il est temps de résister et d’ouvrir une perspective alternative.

Nous, délégués de 29 partis de gauche de toute l’Europe membres du Parti de la gauche européenne, sommes réunis à son 2e Congrès pour affirmer notre pleine volonté de contribuer activement au sein de l’Union européenne, au-delà de ses frontières et dans chacun de ses États membres, à changer la politique européenne actuelle afin d’obtenir une Europe plus démocratique et plus juste, qui s’engage fermement en faveur de la création d’emplois  dignes, de la protection sociale, du développement écologique et de la lutte pour la paix dans le monde. Telle est la voie que nous suivrons dans la préparation des élections européennes de 2009, en recherchant une coopération encore plus étroite avec toutes les  forces intéressées par cette orientation démocratique, les forces de paix, les syndicats et les mouvements.

Nous sommes la gauche qui lutte pour le plein-emploi, contre le chômage et la précarité.

Les travailleurs européens savent à quel point leurs droits ont été dévalués, à quel point leurs emplois sont devenus moins sécurisés, à quel point l’âge est un handicap quand on se retrouve au chômage. Quant aux jeunes, ils savent à quel point il devient de plus en plus difficile de trouver un emploi à durée indéterminée. Et que le temps de travail exigé pour ces emplois s’allonge sans limite.

Cette Europe se réclame dans tous ses textes de la cohésion sociale. Mais la précarité est la condition sociale réelle qui la caractérise. Avec la flexicurité, nous courons le risque d’une nouvelle supercherie.

C’est sur cette toile de fond que les dirigeants actuels de l’Europe veulent répandre la flexicurité dans toute l’Europe. Ce qui leur importe n’est pas une amélioration de la sécurité de l’emploi, mais le démantèlement des conventions collectives et l’abaissement des protections légales contre les licenciements abusifs.
 
 Nous sommes la gauche qui a lutté et continuera de lutter contre la directive Bolkestein, la privatisation des services publics et des biens communs, à commencer par l’eau et l’énergie.

Notre premier appel à l’action s’adresse aux salariés et à leurs organisations : unis, nous mettrons en échec la tentative de généraliser la précarisation du travail et la flexicurité. Au nom d’une Europe qui n’abandonne pas les droits sociaux. Au nom du droit de chacune et de chacun de planifier sa vie dans la sécurité.
 
Nous sommes la gauche qui prend au sérieux le changement climatique et appelle à une action d’urgence.
 
Les écologistes et les scientifiques ont prêché dans le désert pendant des années. Leur voix est enfin entendue. Il est maintenant avéré que le réchauffement de la planète est lié au mode de production et de consommation de l’humanité. Le mode de production capitaliste aggrave encore ce phénomène. La réduction radicale au plan planétaire des émissions de gaz à effet de serre est devenue une question de survie.

La Gauche européenne soutient toutes les décisions qui fixent des objectifs impératifs pour arrêter et inverser le réchauffement de la planète. Nous nous associons à l’exigence d’un cadre d’action post-Kyoto à l’échelle planétaire, qui impose aux États des objectifs ambitieux et les pénalise en cas de non-exécution. Mais nous savons que ce problème a pris une ampleur démesurée aujourd’hui uniquement parce que la politique a démissionné et a laissé au marché le soin de trouver une solution. Le combat contre le changement climatique concerne non seulement la dépendance économique à l’égard des combustibles fossiles ou la réduction de la consommation d’énergie, mais essentiellement le modèle de civilisation et de consommation de nos pays et nos villes.
 
Notre deuxième appel à l’action s’adresse à ceux qui comprennent que le changement climatique a créé un état d’urgence pour la civilisation. Notre Europe est une Europe où les autorités publiques s’impliquent dans un développement écologiquement durable. Notre Europe est une Europe des énergies renouvelables, qui défend la nature et les ressources naturelles, de villes harmonieuses qui investissent dans des transports publics non polluants. Une Europe ayant une économie et une agriculture écologiques, au profit des producteurs et des consommateurs et en solidarité avec tous les peuples de notre  planète !
 
Nous sommes la gauche qui agit contre la guerre, pour la paix et le désarmement.
 
Les interventions en Afghanistan et en Irak ont été faites au nom de la démocratie et des droits de l’homme, mais elles n’ont apporté que la mort, la souffrance et de nouveaux conflits. Il est temps d'en finir avec les occupations si nous voulons arrêter la spirale de la guerre et du terrorisme. Il est temps d’agir pour la paix et pour le droit des peuples, en particulier au Moyen-Orient.

Il y a des gens à Washington qui préparent une autre guerre, cette fois-ci contre l’Iran. Les gouvernements européens doivent refuser la logique de guerre. Seule la dénucléarisation du Moyen-Orient empêchera de nouvelles aventures militaires.

Le conflit autour du programme nucléaire iranien peut et doit être réglé par des négociations, dans le respect des lois internationales. Les discours menaçants doivent être abandonnés. La paix doit être la politique officielle de l’Union européenne, dans le monde comme sur notre continent. Le système antimissile que Washington veut installer en République tchèque et en Pologne est un certificat de mise sous tutelle de l’Europe et une provocation vis-à-vis de la Russie. Les Européens savent ce qu’a été la guerre froide et ne veulent pas qu’elle recommence.
 
Notre troisième appel à l’action s’adresse à tous les Européens ! Nous devons nous préoccuper d’avoir un monde plus pacifique et plus juste. C’est la raison pour laquelle nous voulons une Europe qui refuse la course aux armements, qui s’efforce de parvenir, en prenant toutes ses responsabilités, à un désarmement et à une reconversion véritables. C’est une Europe politiquement autonome par rapport aux États-Unis, contribuant à en finir avec la conception des blocs politico-militaires et à abolir ceux qui perdurent; une Europe sans bases militaires étrangères à l’intérieur de ses frontières.
 
Nous sommes la gauche qui a confiance dans les décisions des peuples.
 
Les  gouvernements européens ont présenté le nouveau traité de l’Union européenne adopté à Lisbonne comme étant une « victoire de l’Europe ». C'est malheureusement faux. Le traité de Lisbonne remplace le traité de Nice et, sur les questions essentielles, répète la même chose que ce qui a été rejeté par les peuples français et néerlandais. Le texte réaffirme le principe de la concurrence libre et non faussée et les politiques principales de l’ex-traité constitutionnel européen, que les institutions s politiques, financières et monétaires de l’Union européenne doivent appliquer. Les conséquences en sont la précarité du travail et de la vie, les attaques contre les salaires, la protection sociale et les services publics.

La nouveauté est que, cette fois, les gouvernements veulent exclure totalement les peuples de la décision. La Gauche européenne dit non au nouveau traité. Et nous appelons toutes celles et tous ceux qui vivent dans l’Union européenne à prendre connaissance du contenu de ce nouveau traité.

La Gauche européenne ne sacrifie pas la démocratie sous prétexte de difficultés. Tout au contraire, nous savons que les problèmes de l’Europe ne peuvent être surmontés qu’avec davantage de démocratie. Si  le fossé entre les élites et les citoyens continue de s’approfondir, l’Europe échouera.

Notre quatrième appel à l’action s’adresse aux peuples de l’Union européenne : nous rejetons le traité de Lisbonne et nous sommes partisans de référendums ouvrant le débat populaire sur l’avenir du projet européen. 
 
Nous avons un projet pour l’Europe.
 
Nous savons qu’aucun changement de gouvernement n’apporte par lui-même un changement de la politique actuelle. De nouveaux horizons de justice exigent que la volonté de changement s'empare des politiques que l’Union européenne a imposées à nos pays.

Nous voulons changer l’Europe.
 
Notre Europe est une Europe qui garantit plus de démocratie aux Européens, le plein-emploi et la protection sociale aux salariés ; qui lutte contre le racisme et donne les mêmes droits aux immigrants, l'égalité des chances ainsi que la fin des discriminations contre les femmes, les gays et les lesbiennes.

Notre Europe apporte la solidarité aux régions et respecte la diversité des langues et des cultures, elle épouse la cause de l’universalisme et rejette l’uniformité. C’est une Europe des libertés, qu’aucune politique menée au nom de la guerre antiterroriste ne peut restreindre.
 
Cette Europe s’engage totalement pour la paix, pour le combat contre le changement climatique, apporte sa solidarité aux pays plus pauvres et se déclare pour la mondialisation des droits humains, sociaux et environnementaux. Cette Europe a besoin d’une coopération à l’échelle de toute l’Europe et d’un nouveau système de sécurité paneuropéen et non pas de l’extension de l’OTAN, qui devrait être abolie.
 
Ça vaut la peine de se battre et de réinventer l’espoir.
 
Le Parti de la gauche européenne est un réseau de partis, d’hommes et de femmes qui affrontent les difficultés d’aujourd’hui en regardant vers l’avenir. Ensemble, nos partis vont développer des initiatives autour de ces quatre appels à l’action, selon le calendrier et les priorités de chacun. Nous invitons d’autres militants à participer à ces campagnes. Nous avons de la mémoire et nous apprenons du passé. Nous renouvelons notre culture commune. Nous assumons la diversité comme un atout et non comme un problème. Et nous transcendons les frontières parce que c’est la condition d’une gauche nouvelle, prête à affronter les défis de notre époque.
 
Prague, le 25 novembre 2007.


Blair, le socialiste qui ouvre la voie
Par Pierre Eyben
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Tony Blair, ex-leader travailliste et membre éminent de l’Internationale - socialiste est un acteur symptomatique de l’évolution détestable de la social-démocratie.

Après avoir pendant 10 ans foulé au pied à peu près toutes les valeurs de gauche (privatisation des services publics par l’entremise des scandaleux partenariats privé-public, accroissement choquant des inégalités, privatisation des retraites, un mode de gouvernement autoritaire qui a dépolitisé et découragé la population, généralisation des emplois jetables mal rémunérés, camouflage de millions de chômeurs de longue durée en "invalides", non remise en cause des lois anti-syndicales des conservateurs,...), après avoir affiché un soutien indéfectible aux faucons mondiaux (qui à l’image de Bush ont le plus souvent tout de vrais cons), après s’être fait héberger à l’œil par des amis milliardaires du show-biz et des médias dans quelque villégiature de rêve, il continue son "oeuvre".

 Il y a tout d’abord son récent rôle de conseiller à temps partiel pour la banque américaine JP Morgan, alors même qu’il demeure représentant du Quartet pour le
Proche-Orient. Un partenariat public-privé en somme. Selon un cabinet de recrutement new-yorkais cité jeudi par le Financial Times, son rôle chez JP Morgan lui vaudra sans doute une rémunération de plus d’un million de dollars par an. Et l’ami Tony a lui-même confié au même journal qu’il comptait prochainement accepter "une petite poignée" de postes similaires de la part de différentes entreprises dans des secteurs variés. Pas de problèmes de fin de  mois en perspective donc !
Autre symbole que l’on ne peut passer sous silence, ses "amitiés", qu’il affiche aujourd’hui encore plus clairement. En campagne présidentielle, Ségolène Royal n’hésitait pas à déclarer que "Blair a rénové et sauvé les services publics britanniques et son dynamisme politique est un exemple à suivre". Pas franchement, pressé de lui rendre la pareille,

Tony était ce week-end à l’UMP avec son copain Nicolas. Les 2.000 cadres de l’UMP réunis au Palais des Sports pour lancer la campagne des élections municipales françaises des 9 et 16 mars ne s’y sont pas trompés, ils ont applaudi debout l’ancien Premier ministre travailliste britannique, invité à s’exprimer (prêcher ?) sur le thème de la réforme en Europe.
A ce jour, l’Internationale socialiste ne semble pas juger utile de réagir. Tony et le Labour demeurent apparemment dans la ligne. Mais au fond, quelle ligne ?



A l’aéroport de Charleroi, aussi…….

bsca

Il n'y a pas qu'à l'aéroport de Zaventem que les services de police et l'Office des Etrangers sévissent contre les étrangers. A nouveau des traitements dégradants et inhumains ont été utilisés et cette fois contre des personnes très âgées à l'aéroport de Gosselies de Charleroi, SCANDALEUX.
 
Le numéro de permanence de la CRER n'a pas arrêté de sonner dans la nuit de samedi à dimanche. Au bout du fil la famille de Mr Touil Hamed et Mme Baiz Fatna. Monsieur et Madame sont d'origine Marocaine et vivent en Belgique depuis 2003, ils ont bénéficié d'une carte de séjour "Jaune" renouvelable tous les 5 ans.
 
Monsieur Touil et Mme Fatna sont très âgés, dans un état de santé fragile et nécessitant des soins de santé réguliers.
 
Ce samedi à 11h30 ils rentrent d'un voyage au pays, leur famille les attend à l'aéroport de Gosselies mais ils ne sortiront jamais de la zone de transit. Au contraire, ils seront arrêtés et enfermés dans une cellule du commissariat de l'aéroport. L'Office des étrangers prétextant un temps d'absence trop long hors du territoire belge rendant caduque leur carte jaune.
S'ils n'ont plus de carte jaune pourquoi n'ont-ils pas pu bénéficier de l'accès au territoire et des trois mois réservés aux touristes?
 
Vu la fragilité de Mr Touil les policiers ont dû utiliser une chaise roulante pour le déplacer. Ils ont refusé que la famille puisse les voir et ce n'est qu'en début de soirée que les policiers ont permis au fils de Mr Touil d'entrer. Celui-ci a remarqué l'état de fragilité avancé de son père et la fatigue de sa mère et, ne voulant pas les laisser seuls car craignant des conséquences plus graves suite à cette situation difficile, il demande à passer la nuit avec eux ce que la police va lui refuser.  Mr Touil (Jr) a eu l'occasion de donner à sa mère une carte téléphonique pour qu'elle puisse l'appeler en cas d'urgence. Pendant la nuit Mme Fatna appelle son fils pour lui dire que son père est malade. Mr Touil (Jr) part alors pour l'aéroport où il arrive à convaincre les policiers pour aller dans la cellule où ses parents sont enfermés. Il constate alors que son père a de la fièvre, qu'il a vomi et qu'il ne va pas bien du tout. Il demande aux policiers d'appeler une ambulance, les policiers vont également refuser cette nouvelle demande. Mr Touil (Jr) va lui-même téléphoner aux ambulanciers pour qu'ils interviennent, ceux-ci vont également refuser car ils n'ont pas l'autorisation des policiers.
 
Mr Touil et Mme Fatna vont passer la nuit enfermés dans une cellule comme des criminels sans aucune considération pour leurs âges avancés. Ils n'auront pas les soins adaptés à leur état de santé fragile: Mr Touil a même dû passer toute la nuit avec ses vêtements souillés de vomi !!
 
Le dimanche matin les policiers appellent Mr Touil (Jr) pour lui dire que ses parents seront expulsés vers le Maroc à 11h.
Celui-ci n'arrive pas à comprendre cette situation surréaliste et absurde, il ne veut plus qu'on traite "encore" ses parents comme des moins que rien. Il s'énerve au téléphone et part à l'aéroport avec la claire intention de libérer ses parents. Le commissaire de police de l'aéroport devra intervenir, cette situation calmera les choses et arrêtera les menaces d'expulsion contre les parents.
 
Entre-temps nos différents appels au secours ont alerté les médias. des interviews seront faites sur la RTBF et le réseau associatif de Charleroi sera mis en place pour porter conseil et soutien à la famille.
 
Grâce à nos réactions et aux interventions rapides des avocats Mr Touil et Mme Baiz Fatna ont pu être libérés ce dimanche soir. Nous saluons le courage des membres de la famille Touil pour avoir gardé la dignité nécessaire pendant tout le temps où leurs parents étaient enfermés et traités comme des criminels !

 
CRER - Coordination contre les Rafles, les Expulsions et pour la Régularisation
Janvier 2008

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03/02/2008

Nouvelles n° 118 (3 ème partie)

Histoire

L’art du mensonge par omission.


Les révisions de l’histoire de la deuxième guerre mondiale telles qu’elles se pratiquent en Ukraine….et en France.

fascistes-ukrainiens

Fascistes ukrainiens de L'OUN

Les révisions de l’Histoire de la deuxième guerre mondiale et du rôle joué par les nationalistes ouest ukrainiens (ou baltes) lors de l’invasion et de l’occupation nazie continuent de battre leur plein en Ukraine – du moins dans les milieux « oranges », spécialement proches du président Iouchtchenko, et dans les organisations ultranationalistes et néonazies. A la mi-octobre ont été célébrés en Ukraine les 65 ans de la création de l’armée nationaliste UPA que commandait Roman Choukhevitch, ex-chef de la Wehrmacht et de la SS.  Il ne faut cependant pas croire que la réhabilitation de l’Organisation des Nationalistes Ukrainiens (OUN) alliée de l’Allemagne nazie - puis plus ou moins brouillée avec elle- prend nécessairement la forme d’une exaltation du nationalisme profasciste des années 30-40 ou de l’héritage nazi. Seuls les groupes ultras entretiennent cette façon de voir. Mais les nationalistes soucieux de leur image dans l’Ukraine et face à l’Occident actuels, de même que leurs alliés au sommet de l’état et chez nous présentent une version de cette Histoire très « arrangée » : il s’agissait de nationalistes, sans plus, d’une « résistance ukrainienne », patriotique, éventuellement qualifiée d’ « anti-nazie » en même temps qu’ « anti-soviétique ». Le rôle de l’OUN, et de son excroissance l’UPA (Armée d’Insurrection Ukrainienne) convient donc parfaitement à la vision dans l’air du temps d’un « affrontement des deux totalitarismes ». D’où les sympathies ou le souci de « compréhension » que le révisionnisme nationaliste ukrainien (ou balte) soulève en Occident, y compris au sein, de la « gauche antitotalitaire » qui ne supporte plus que l’on parle du rôle de l’URSS et de l’Armée Rouge dans la libération du nazisme.

Ainsi, les « réhabilitations de l’OUN » sont-elles accomplies, à la condition d’observer un certain nombre d’omissions ou de tabous « opportuns » pour
rendre présentable la marchandise.

Voici une série de petits « trucs » indispensables : 

1. Ne pas évoquer l’idéologie (nationalisme intégral, fascisme) de l’OUN formée en 1929 (ou de l’UVO créée avant elle en 1922). Ses affinités et ses liens avec Hitler, Mussolini, Salazar, Horthy et autres fascistes des années 30. Révéler cette filiation idéologique serait en effet juter une lumière crue sur les « réhabilitations » (et les amitiés) que cultivent l’actuel président Iouchtchenko et son épouse, ex-militante de l’OUN et…collaboratrice de Ronald Reagan.

2. Ne pas évoquer les liens étroits de l’OUN avec l’Allemagne nazie, et spécialement Alfred Rosenberg et l’Abwher. Ou ne les évoquer qu’en mettant en relief les désaccords entre Berlin et l’OUN, bien réels, mais qui n’entamaient en rien leur alliance fondamentale. Il arrive par exemple qu’on dise que le pacte germano-soviétique de 1939, entraînant l’absorption par l’URSS des territoires ukrainiens occidentaux (polonais) aurait consacré « la rupture » entre l’OUN et Berlin. Or, c’est précisément à l’époque de ce pacte (1939-41) que l’OUN se cherche une place dans les organes de collaboration et dans l’invasion de l’URSS qui se prépare – les gens de l’OUN ne l’ignorent pas.

3. Ne pas signaler les bataillons ukrainiens « Nachtigall » et « Roland » formés par l’OUN-Bandera pour l’invasion de l’URSS en juin 1941, ou les évoquer sans mentionner leur appartenance à la Wehrmacht, comme s’il s’agissait d’unités ukrainiennes indépendantes.

4. Ne pas évoquer les massacres de 1941 dont les bataillons de l’OUN et la polizei (Schutzmannschaften) furent, selon quantité de témoignages et documents, les initiateurs avec les Einzatsgruppen SS nazis.

5. Ne pas préciser que le glorieux « résistant » Roman Choukhevitch ainsi qu’on le présente aujourd’hui à Kiev, fut commandant de « Nachtigall », d’un bataillon de « Schutzmannshaften » et membre de la SS avant de devenir commandant suprême de l’UPA.

6. Ne pas préciser l’allégeance à Adolf Hitler et à la guerre contre « le bolchevisme » de la Déclaration d’état ukrainien indépendant du 30 juin 1941, tout en glorifiant cet acte et en soulignant que ses auteurs, le chef de l’OUN Stepan Bandera et le premier ministre Jaroslav Stetsko, sont arrêtés par les Allemands. (En effet, Hitler n’a pas voulu de ce « protectorat nazi » que d’autres, tel Rosenberg, avaient plus ou moins promis à l’OUN. Dès ce moment, l’OUN-B entre en conflit avec l’occupant. Pour divergence et non par « résistance antinazie » comme on le prétend aujourd’hui)

7. Ne pas évoquer la collaboration active de l’OUN-tendance Melnik, qui aura aussi des divergences avec l’occupant, ce qui ne l’empêchera pas de contribuer à la mise sur pied de la division SS Halitchina (Galicie), bénie par l’Eglise gréco-catholique (uniate), un autre sujet tabou. Mais il est exact que des membres de l’OUN indociles envers leurs « libérateurs » allemands ont été tués par la Gestapo ou liquidés à Babi Yar, un lieu de massacre principalement réservé aux juifs et aux communistes.

8. Ne pas préciser que cette « Première Division de l’Armée Nationale Ukrainienne », comme on la nommera après 1944, faisait partie de la SS d’Heinrich Himmler.

9. Ne pas évoquer cette Armée Nationale Ukrainienne formée avec la SS Galicie et les « Hiwis » (auxiliaires de la Wehrmacht) en 1944 par le général Chandrouk, avec l’appui du Comité Central National Ukrainien, principal organe de la collaboration.

10. Ne pas évoquer, en citant à l’honneur l’Armée des Insurgés Ukrainiens (UPA) commandée par Schukhevitch, les massacres de Polonais, de Juifs, de partisans soviétiques et de villageois ukrainiens lors de sa « guerre de libération sur trois fronts », contre les Rouges, les nazis et les Polonais.
En évoquant cela, je ne nie aucunement que l’UPA ait agi comme une armée autonome, effectivement engagée dans des combats contre les occupants nazis. Mais surtout engagée contre l’armée et les partisans soviétiques, autrement dit les réelles forces de résistance à l’Allemagne nazie.

11. Ne pas évoquer, enfin et surtout, le fait qu’une majorité d’Ukrainiens se battaient, avec succès, contre l’Allemagne nazie, au sein de l’Armée Rouge et des Partisans – contre lesquels se battait l’OUN-

12. UPA. Pour rappel, ces Ukrainiens « rouges » étaient les alliés de la coalition anti-hitlérienne et des résistances populaires en Europe, l’OUN-UPA était leurs ennemis.

En un mot comme en cent, c’est au moyen de tels mensonges par omission qu’il devient possible, à divers auteurs ukrainiens et occidentaux, de présenter une image de l’OUN  « résistante » acceptable par des publics candides (notamment des étudiants français et autres consommateurs de cette littérature révisionniste) qui ne souhaitent pas pour autant « réhabiliter le fascisme » ou relativiser le nazisme.

Jean-Marie Chauvier


Révisionnisme nationaliste ukrainien : quelques exemples français

nationalistes-ukrainiens
Nationalistes d'extrême droite ukrainien actuellement
défilant dans les rues de Kiev

EXEMPLE 1.

Vient de paraître : Marc Lemonier « Les Bienveillantes décryptées »
Ed.le pré aux clercs.

Dans un ouvrage qui se présente (abusivement ?) comme une lecture « décodée » du roman de Jonathan Littell  « Les Bienveillantes » (Prix Goncourt) voici ce que l’auteur, Marc Lemonier, écrit sur l’OUN :

« L’OUN, l’organisation des nationalistes ukrainiens, avait été créée en 1929 pour lutter contre les occupants russes et polonais. Pendant le temps du pacte germano-soviétique, les Allemands tenaient donc l’OUN pour leur ennemi. Au début de l’invasion de l’est de l’Europe par les nazis, la situation évolua rapidement. Avant de se retirer, les troupes russes et le NKVD massacrèrent un grand nombre de prisonniers politiques à Loutsk, Lviv et Boubno – les villes que traversent les troupes nazies et Max Aue en se livrant à leur tour à des atrocités. En 1941, l’organisation venait à se scinder en deux groupes, commandés l’un par Stepan Bandera et l’autre par Andréi Melnyk. Les nazis profitèrent de la désorganisation des partisans ukrainiens, alors même que ceux-ci accueillaient les Allemands en « libérateurs », pour annihiler leur influence, voire pour les combattre. Pourtant, à la Libération, la propagande soviétique réussit à faire passer les nationalistes ukrainiens pour des collaborateurs ». (p.103)

Remarques de JM Chauvier :

On retrouve tous les mensonges par omission signalés en présentation.
- L’OUN est « l’ennemi » des Allemands à l’époque (1940-début 1941) où Berlin organise les bataillons OUN de la Wehrmacht. Etrange…
- Les nazis se livrent « à leur tour » à des atrocités. Pas un mot des atrocités de l’OUN.
- L’Allemagne « annihile » l’influence des « partisans » ukrainiens tout en formant, avec l’OUN (Melnik) la division SS Galicie !
- La collaboration de l’OUN est une invention de la propagande soviétique.

EXEMPLE 2.

La revue « Regards sur l’Est »  Article de l’historien ukrainien Arkadi Joukovski, juin 2007
(extrait, sur la période qui nous intéresse, d’un article sur Lviv- ex-Lvov, ex-Lwow, ex-Lemberg))

La période de la Seconde Guerre mondiale (1939-1944)
Lviv connut deux occupations, soviétique -du 22 septembre 1939 au 30 juin 1941, la ville étant alors la capitale d’une oblast (région), -puis allemande. Avant l’arrivée des troupes allemandes, les Soviétiques massacrèrent des milliers d’Ukrainiens et de Polonais, en majorité des intellectuels. Pendant l’occupation allemande, Lviv était le centre du district de Galicie, faisant partie du Gouvernement Général. Le 30 juin 1941, l’Organisation des Nationalistes Ukrainiens proclama la création d’un Etat ukrainien indépendant avec un gouvernement, mais les Allemands en interdirent l’activité. Durant la guerre fonctionnait à Lviv l’organe administratif du Comité Central Ukrainien, dirigé par K. Pankivskyi (1942-1944). Les détachements nazis exterminèrent des dizaines de milliers de Juifs entre 1941 et 1943. La ville comptait 100000 Juifs en 1931, la majorité d’entre eux disparut durant l’holocauste.

(Remarque : au passage, l’auteur avalise le Comité central ukrainien, principal organe de la collaboration officielle germano-ukrainienne. Dont le lecteur français ignore probablement tout…
Qui faisait partie des « détachements nazis » d’extermination ? Les seuls Allemands ? Qui composait, outre les Allemands, les Einzatsgruppen, les Shuztmannschaften, les auxiliaires (HIWIS) de la Wehrmacht ?)

EXEMPLE 3

L’OUN victime, l’URSS agresseur !http://www.centreurope.org/indexfr.htm  
Les Ukrainiens profitent de la défaite russe face à l’armée allemande pour rétablir l’indépendance de leur État le 30 juin 1941. Mais l’occupation allemande est fortement répressive et les militants de l’Organisation des Nationalistes Ukrainiens (OUN) capturés sont fusillés. L’OUN parvient toutefois à créer en octobre 1942 une réelle armée, l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA). Forte d’au moins 60 000 hommes, celle-ci parviendra par sa bravoure, sans aide extérieure, à libérer des districts entiers face à l’armée allemande en 1943, puis à tenir tête en 1944 à l’Armée soviétique. Assaillie à la fois par les Allemands et par les Russes, l’Ukraine a perdu sept à huit millions de citoyens pendant la Deuxième Guerre mondiale.

(Remarque : l’agression nazie et la résistance de l’URSS sur le même pied. Heureusement, il y a l’OUN !)
 
EXEMPLE 4

Travaux scolaires (Elisabeth Brisson, professeur d’Histoire-Géographie au Lycée Jacques Decour, Paris)
 
Après avoir été confirmé comme le seul chef de l’URSS (en 1927), Staline peut mettre en œuvre sa politique, qui vise à faire de son pays une grande puissance («  le socialisme dans un seul pays «, possédant une telle force de conviction que les autres pays suivront). Outre la planification et la priorité à l’industrie lourde, Staline cherche à contrôler les campagnes pour financer ses projets de développement. La collectivisation forcée des terres s’accompagne des premières mesures de terreur, dont le déclenchement de la famine en Ukraine fait partie. Après la période de relâchement du contrôle de la société pendant la Seconde Guerre mondiale, Staline rétablit la terreur et pourchasse tout particulièrement les résistances qui se fondent sur les cultures nationales. L’Ukraine l’intéresse du fait de ses richesses en charbon et de ses potentialités agricoles (l’Ukraine possède les meilleures terres du monde) et la région doit être bien soumise pour pouvoir être exploitée. Accusés d’avoir fraternisé avec l’ennemi nazi, les Ukrainiens furent massivement déportés, ce qui permit de rétablir un contrôle très dur sur ce territoire. Cette terreur a entraîné le mutisme des Ukrainiens tout en exacerbant la revendication nationaliste. Ainsi, les dissensions politiques actuelles et la méfiance héritée de plusieurs générations rendent difficiles le travail des historiens. Pourtant, il est primordial aujourd’hui pour la cohésion politique d’une société, de construire une histoire dans laquelle le plus grand nombre puisse se reconnaître.

Références :
(Références d’ouvrages favorables aux thèses nationalistes. Wolodymyr Kozyk, par exemple, est le principal historien nationaliste ukrainien édité de longue date en Occident. James Mace est leur défenseur anglophone le plus connu également. JM Ch)

Débat : RETOUR SUR LA COLLECTIVISATION FORCÉE EN UKRAINE
« Comment on étouffe un génocide », James Mace, DEN
« Une politique délibérément meurtrière », Raymond Clarinard, Courrier international
Dossier paru dans le Courrier international n°595 du 28 mars au 3 avril 2002
Quelques liens pour en savoir plus
Une synthèse chiffrée et très claire sur la famine ukrainienne de 1932-1933 par l’historien Wolodymyr Kosyk
http://www.creaweb.fr/ukraine/famine.htm - Critique du livre 1933, l’année noire. Témoignages sur la famine en Ukraine (présentés par Georges Sokoloff, Albin Michel, Paris, 2000) sur le site du Monde Diplomatique http://www.monde-diplomatique.fr/2001/02/RADVANYI/14828 - Chronologie de l’Histoire ukrainienne http://ukraine.chez.tiscali.fr/chronolo.htm

EXEMPLE 5
Autres ouvrages français réhabilitant l’OUN  Pleins feux oranges sur l’Ukraine

Au moment où la « révolution orange » entre en crise, les éloges qui lui sont consacrés ne tarissent pas au fil des publications et émissions qui font « découvrir » l’Ukraine, longtemps ignorée. Le fait le plus remarquable est l’unanimité de pensée sur le sujet : il est entendu que le basculement de ce pays dans le monde euro atlantique est (ou serait) un tournant historique majeur, consacrant l’avancée de la démocratie en ex-URSS, malgré l’hostilité de la Russie et... de la moitié des Ukrainiens qui n’ont pas correctement voté, c’est-à-dire pour le président Viktor Iouchtchenko, dit le « libéral pro-occidental ». Trois ouvrages publiés en France témoignent de cet engouement.

Le journaliste français Alain Guillemoles nous emmène dans un voyage à l’intérieur du mouvement orange, en totale immersion et richement documenté (1). Comme d’autres commentateurs, il récuse l’idée d’une manipulation par les Etats-Unis, propagée notamment, selon lui, par Le Monde diplomatique (2). A l’entendre, les efforts des fondations et organisations non gouvernementales américaines sont destinés « à enraciner une culture démocratique ».

L’auteur évoque, par ailleurs, la continuité du mouvement actuel avec les anciennes résistances nationales ukrainiennes au régime soviétique, un thème que développe un autre admirateur de la « révolution orange », Etienne Thévenin (3). Celui-ci accrédite une vision aussi cauchemardesque du passé soviétique qu’élogieuse pour les « résistances nationales » et leur lutte « sur deux fronts » (contre les nazis et les Soviétiques) pendant la deuxième guerre mondiale. Exemple parmi d’autres d’une relecture de l’histoire désormais très répandue, réhabilitant le nationalisme de l’Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN) (4) et l’Eglise gréco catholique uniate (5), ainsi lavées des accusations de « collaboration avec l’Allemagne nazie », « véhiculées » non seulement par la propagande soviétique, mais aussi par des historiens occidentaux.

Le témoignage du journaliste Bruno Cadène (6), ardent à saluer la libération de l’Ukraine de « plusieurs siècles d’asservissement » et d’une « histoire vampirisée par la Russie », tient cependant à rappeler la participation de « membres de l’OUN » au génocide des juifs. Comme les livres cités plus haut, il fait également écho à la thèse selon laquelle la famine de 1932-1933 procéderait d’un « génocide des Ukrainiens » programmé par Staline. (…)

Gilles Beaumont.

(1) Alain Guillemoles, Cyril Horiszny, Même la neige était orange. La révolution ukrainienne, Les Petits Matins, Paris, 2005, 173 pages, 17 euros.
(2) Lire Régis Genté et Laurent Rouy, « Dans l’ombre des “révolutions spontanées” », Le Monde diplomatique, janvier 2005.
(3) Etienne Thévenin, L’Enjeu ukrainien. Ce que révèle la révolution orange, CLD Editions, Tours, 2005, 214 pages, 20 euros.
(4) Fondée par Yevhen Konovalets, ancien compagnon d’armes du leader nationaliste de la guerre civile, Simon Petlioura. Après son assassinat par un agent stalinien en 1938, Stepan Bandera lui succéda jusqu’en 1941. L’OUN était principalement implantée en Galicie, une région polonaise jusqu’en 1939.
(5) Cette Eglise, implantée à l’ouest de l’Ukraine et rattachée au Vatican, très minoritaire face aux Eglises orthodoxes, vient de transférer son siège de Lviv (Lvov, Galicie) à Kiev, ce qui peut être considéré comme une promotion politique officielle et un succès pour le Vatican dans son entreprise de « réévangélisation » à l’Est.
(6) Bruno Cadène, L’Ukraine en révolutions, Editions Jacob-Duvernet, Paris, 2005, 216 pages, 19 euros.

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27/01/2008

Nouvelles n° 118 (2 ème partie)

Coupures de courant à Gaza orchestrées par Israël : une punition collective tacitement approuvée par les Etats-Unis
par Chris Marsden

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Pour mieux vous faire comprendre ce qui se passe actuellement dans la Bande de Gaza. (ndlr)

La population de Gaza de 1,4 million de personnes utilise environ 200 mégawatts d’électricité, dont 120 directement fournis par Israël et 65 produits dans une centrale thermique palestinienne locale qui dépend elle-même de l’énergie israélienne. Seuls 17 mégawatts proviennent de l’Egypte.

Dans un premier temps, Israël va perturber l’électricité dans diverses régions de la Bande. L’approvisionnement d’Israël vers Gaza passe par cinq lignes électriques, dont quatre livrent de l’électricité à une base militaire de la région et ne peuvent être fermées. La cinquième ligne transmet l’électricité d’Israël à Beit Hanun à l’est de Gaza, qui selon toute attente sera le plus durement touché par ce plan.

Israël fournit aussi tous les combustibles dont Gaza a besoin, y compris le diesel, l’essence et le gaz naturel, qui seront limités plus encore qu’ils ne le sont déjà.
Samedi dernier, le ministre adjoint de la Défense, Matan Vilnai a dit que le tribunal avait donné son autorisation finale à ce projet suivant lequel Israël va « réduire de manière significative », soit d’environ deux tiers, l’électricité fournie à Gaza dans les semaines à venir. Pour commencer, l’électricité sera coupée chaque fois que des militants enverront des roquettes sur Israël.

Vilnai a décrit le projet comme un « désengagement graduel de Gaza en matière d’électricité. » Il a dit clairement qu’Israël était déterminé à finalement couper entièrement l’électricité, exprimant avec un cynisme extrême le « souhait que les habitants de Gaza produiront leur propre électricité et ne dépendront pas de nous ».

Il a justifié cette démarche en parlant de Gaza comme d’une « entité hostile », terme employé pour la première fois en septembre pour justifier le projet de stopper l’approvisionnement. Ce terme et les références au « désengagement » sont utilisés par Israël pour affirmer qu’il n’a plus l’obligation, en tant que force d’occupation, de fournir des services à la population civile en vertu du droit international.

Mais malgré le retrait de Gaza de ses forces, il y a de cela deux ans, Israël en contrôle les frontières, l’espace aérien et les eaux territoriales et utilise ceci pour étrangler la vie économique sur la bande côtière.

L’Autorité palestinienne (AP) dirigée par Abbas a qualifié la décision d’Israël de « crime de guerre » et de « punition collective contre notre peuple de la Bande de Gaza ». Mais ses protestations se sont révélées totalement insincères du fait que deux heures de discussions se sont tenues entre Abbas et le premier ministre israélien Ehoud Olmert lors d’un déjeuner, le jour suivant, pour préparer le sommet à venir de l’administration Bush à Annapolis dans le Maryland.

L’AP participe directement à l’offensive en cours d’Israël contre le Hamas, mais craint qu’une attaque aussi ouverte sur la population toute entière de Gaza ne conduise le Fatah à perdre le contrôle sur la population de la Cisjordanie qui devient de plus en plus agitée.

Le négociateur palestinien, Saeb Erekat a demandé une intervention internationale du Quartet du Moyen-Orient – les Etats-Unis, l’Union européenne, les Nations Unies et la Russie – afin d’empêcher Israël de couper l’électricité et l’approvisionnement en combustibles de Gaza. Mais le silence fut assourdissant, notamment de la part de Washington, qui contrôle les cordons de la bourse d’Israël et serait en mesure, sans grande difficulté, de mettre fin à cette action s’il n’était pas tacitement d’accord avec Tel-Aviv. Il ne restait plus aux porte-parole du Fatah qu’à se plaindre et dire combien la punition collective infligée à Gaza rendait difficile pour eux la signature d’un accord avec Israël.

Le prétexte pour l’action d’Israël a été fourni par les attaques de roquettes Qassam lancées par des groupes de militants palestiniens de Gaza, dont on estime à 1 000 le nombre lancé durant ces quatre derniers mois.
Néanmoins, la riposte d’Israël n’est ni légale ni proportionnelle.
Les roquettes Qassam sont des missiles de petite taille, rudimentaires et non guidés qui sont employés depuis des années. Elles ont tué au total 13 personnes et en ont blessé environ 200, bien que l’une d’elles ait récemment blessé plus de 70 soldats israéliens. Le ministre de la Défense israélien a qualifié les roquettes Qassam de « menace psychologique plus que physique ».

Israël a essayé d’exagérer la menace en parlant de roquettes Katyushka plus grandes et plus sophistiquées, mais on n’en aurait trouvé que trois jusqu’à présent. Les roquettes ne sont en fait qu’une riposte quelque peu dérisoire dans un conflit militaire manifestement inégal. Au moins 4274 Palestiniens ont été tués depuis le 29 septembre 2000 contre 1024 Israéliens. Moins d’un tiers des victimes israéliennes sont des civils contre 2023 Palestiniens non combattants tués.

Israël resserrant son étau sur les Territoires occupés, cette différence s’est creusée. 660 Palestiniens au total ont été tués en 2006, dont 141 mineurs, alors que 17 civils israéliens et six membres des forces de sécurité ont été tués par les Palestiniens. A Gaza uniquement, l’attaque militaire israélienne en juin de l’année dernière avait tué 405 Palestiniens, dont 88 mineurs, et un total de 205 non-combattants. Israël avait aussi détruit plus de 300 foyers palestiniens.

Même ces chiffres terribles ne tiennent pas compte de l’impact du siège d’Israël sur l’espérance de vie, notamment pour les bébés, les enfants, les malades et les personnes âgées.

Le fait qu’Israël a fermé les frontières de Gaza à presque tout, sauf la nourriture et les médicaments de l’aide humanitaire, a quasiment détruit le peu qu’il restait de son économie.

Avant même ce blocus, Israël avait retenu illégalement les taxes et droits de douane qu’il collecte pour l’AP, et qui correspondent à peu près à 50 pour cent des revenus de cette dernière. Il n’a depuis remis ces fonds qu’à la Cisjordanie dirigée par le Fatah. Le Quartet (Etats-Unis, Union européenne, Russie et Nations Unies) a aussi tout arrêté sauf l’aide humanitaire à Gaza. 

51 pour cent en tout des Palestiniens dépendent de cette aide pour la nourriture, et la malnutrition est le principal problème de santé publique. De plus, 64 pour cent des Palestiniens sont passés en dessous du seuil de pauvreté en 2006, et près de 80 pour cent des habitants de Gaza vivent maintenant avec moins de 2 dollars par jour et dépendent des colis de nourriture des Nations Unies.

Selon un reportage de la Banque mondiale, le mois dernier, 90 pour cent de la production industrielle de Gaza a cessé et la production agricole a baissé de 50 pour cent en 2007.

Israël n’autorise quasiment aucun produit fini ou marchandise à entrer ou à quitter la Bande de Gaza. Quasiment toute construction a été stoppée, dont des projets d’une valeur de 90 millions de dollars alloués par les Nations Unies pour la construction de maisons, d’écoles et de traitement des égouts. Le chômage s’élève à plus de 75 pour cent. La production de nourriture d’hiver de Gaza, tels les fraises et les tomates cerises, va très probablement pourrir. Le prix des produits de base a augmenté de 30 pour cent ces six derniers mois. Le prix du sac de farine de 50 kilos a augmenté de 80 pour cent.

Israël bloque, retarde et harcèle de façon arbitraire les personnes qui ont un problème médical urgent et qui ont besoin de quitter la Bande de Gaza, ainsi que les étudiants qui veulent faire des études universitaires à l’étranger. Les Nations Unies déclarent qu’en moyenne cinq patients de Gaza par jour seulement entrent dans Israël, par rapport à 40 par jour en juillet. Les propres installations médicales de Gaza sont confrontées à une pénurie de médicaments et d’équipement de laboratoire en état de marche. 

Walter Fust, à la tête de l’organisme suisse, Direction pour le développement et la coopération (DDC), a qualifié la situation à Gaza d’« intenable » et de « choquante » à la fin d’une récente visite de quatre jours. Il a dit que la situation de la nourriture s’était aggravée « considérablement », avec 30 pour cent des enfants sous-alimentés et a décrit la situation dans les hôpitaux et les dispensaires comme précaire.

Des personnalités militaires israéliennes de haut rang ont appelé à une incursion de grande envergure dans Gaza, mais le gouvernement n’y a pas donné suite s’efforçant d’avoir l’air de faire le nécessaire dans la recherche de la paix à quelques jours de la conférence sur le Moyen-Orient, soutenue par les Etats-Unis et qui doit se tenir vers la fin du mois à Annapolis, dans le Maryland.

Néanmoins, des raids répétés ont eu lieu à la frontière de Gaza, dont un le 17 octobre et une incursion plus importante le 25 octobre – le jour où Barak approuvait les coupures de courant – près de Khan Younis au sud est. Des bulldozers ont aplani des terres agricoles sur un kilomètre dans la région de Al-Fukhari jusqu’à l’est de Khan Younis et des soldats ont fait des descentes dans plusieurs maisons et procédé à des arrestations.

Article original anglais, WSWS, paru le 29 octobre 2007


Gaza divise le Hamas
par Michele Giorgio
 

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Parade du Hamas à Gaza

A Gaza, le Hamas prépare des « tribunaux militaires » mais pas pour juger ses adversaires du Fatah et les officiers des services de sécurité « arrêtés » la semaine dernière –ils ont presque tous été  « graciés » ces jours derniers – mais pour juger les membres des milices islamiques, la Tansifieh (Force exécutive) et les Brigades « Ezzedin al Qassan » qui se sont entachés de violences graves, abus et autres crimes, sur des agents des forces de sécurité et leur entourage. «  Ce ne seront pas des procès ouverts au public, et pas trop sévères non plus, mais dans tous les cas ils auront lieu, pour qu’il soit clair que la direction du Hamas veut être juste et n’accepte pas tout ce qui est arrivé pendant les combats de la semaine dernière, même si dans les casernes et dans les prisons (de l’ANP fidèle à Abu Mazen), on a souvent torturé et assassiné  des militants islamistes», nous explique un journaliste local soutenant le Hamas. Mais peut-être ces procès représentent-ils aussi un moyen d’évacuer le désappointement du premier Ministre « démissionné » Ismaïl Haniyeh et d’autres leaders politiques à cause de la décision de l’aile militaire de faire place nette du Fatah et pas seulement du courant  dirigé par Mohammed Dahlan.

Le Hamas est un mouvement qui  tend à éviter l’existence interne de divergence organisée et répète que  les décisions doivent être  prises au sommet de façon démocratique et respectées par la minorité (c’est ce qu’on appelle dans nos organisations et partis à nous le centralisme démocratique, pourquoi ne pas le dire de cette façon ?! NDT). Et pourtant derrière cette apparence de collégialité absolue et respect mutuel, il en va autrement.

La signature des accords de La Mecque et le lancement de la collaboration avec le Fatah avait créé un certain nombre de problèmes, de caractère idéologique et politique, à l’intérieur du mouvement. Deux ministres du gouvernement précédent, Mahmoud Zahar et Saïd Siyam, notoirement opposés à Abu Mazen, avaient encaissé non sans rage la décision, de Haniyeh  et du leader en exil Khaled Mashaal, de se plier au veto que la présidence et le Fatah avaient posé contre leur nomination. Mais surtout, les chefs de l’aile militaire, Mohammed Deif et Ahmed Jabari, avaient soulevé le problème de la réaction « faible » de Haniyeh à la nomination à la vice présidence  du Conseil de sécurité nationale, par Abu Mazen, de l’ « ennemi », Mohamed Dahlan. Divergences bien cachées sous le voile de l’unité  apparente du mouvement mais qui a affaibli  le contrôle de Haniyeh  sur les milices. 

Le Hamas savait  que Dahlan et ses alliés, palestiniens et étrangers, projetaient une lourde attaque  militaire sur Gaza contre le mouvement islamique, grâce aux armes  et au soutien que les Etats-Unis et, plus récemment, Israël étaient prêts à fournir (ce soutien en armes et argent avaient déjà été fournis, NDT). Les sommets politiques et militaires avaient atteint cette conclusion : éliminer la menace, même par la force. Le plan devait être déclenché dans les semaines qui viennent mais l’enlèvement et l’assassinat de l’imam Mohammed al-Rasati (semble-t-il par les hommes de Dahlan), a donné le coup d’envoi de l’opération. « Sur le terrain cependant les choses sont allées au-delà des plans établis – rapporte un dirigeant politique du Hamas qui veut garder l’anonymat-  il fallait en finir  avec ces dirigeants du Fatah et avec les chefs des services de sécurité qui nous menaçaient continuellement mais les commandants militaires (du Hamas) ne s’en sont pas tenu aux ordres reçus et ont saisi l’occasion  de balayer jusqu’à la plus petite trace des institutions du Fatah et des services de sécurité. Le résultat c’est qu’aux yeux  des Palestiniens et du monde entier nous n’avons pas éliminés  des gens corrompus mais  imposé notre  pouvoir absolu ».

Ceux qui ont franchi la ligne rouge sont en particulier les Brigades Ezzedin al Qassam, tandis que le commandant de la Tanfisye, Abu Obeidah al-Jarrah, serait mieux arrivé à contrôler ses hommes.

Les leaders du Hamas faisaient la fête il y a une semaine, maintenant, par contre, ils commencent à  réfléchir sur les conséquences  de l’attaque contre le Fatah. Certains ne manquent pas de souligner  que la soif de victoire des commandants militaires – secondés d’ailleurs par les « dissidents » Zahar et Siyam- a mis à présent le Hamas dans une position  politique et diplomatique difficile, et que la conquête  de Gaza a été, en fait, une victoire à la Pyrrhus. Ça n’a pas été agréable pour le Premier ministre Haniyeh et pour son conseiller politique Ahmed Yussef, le « théoricien » du tournant politique  du Hamas, d’apprendre que l’Egypte a l’intention d’arrêter tous ses relations avec le Hamas, et que le siège de la représentation diplomatique égyptienne de Gaza sera bientôt transféré à Ramallah, où siège  le gouvernement palestinien d’urgence de Salam Fayad, nommé dimanche par Abu Mazen.

Mais ce qui a encore plus assombri l’humeur de Haniyeh c’est aussi ce qu’a déclaré le Ministre des Affaires Etrangères syrien, Walid Moalem, dans une interview au journal arabe al-Hayat, en affirmant que Damas est « prête » à recommencer des négociations avec Israël.

La reprise des négociations entre Tel Aviv et Damas pourrait aboutir à une ligne syrienne de moindre soutien au Hamas et à la résistance palestinienne

Il Manifesto,
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio


Reconstruire l’OLP en Palestine
L'aut'journal 

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Fille d’une famille paysanne palestinienne, Jamalat Abou Youssef est née à Helhoul, près d’Hébron, en 1962. En Palestine, elle a participé à de nombreuses luttes populaires et se définit comme une militante indépendante de la gauche palestinienne.

Mariée à un militant français rencontré en Palestine au début de la deuxième Intifada, elle vit maintenant en France depuis quelques années tout en gardant des contacts étroits avec son pays d’origine.

Nous avons pu rencontrer Jamalat Abou Youssef lors de son récent passage au Québec où elle séjournait à l’invitation de l’association PAJU (Palestiniens et Juifs unis).


Nous ne pouvons commencer cet entretien sans aborder la situation de Gaza qu’Israël vient de déclarer «Entité ennemie».

Jamalat : Israël ne parle plus maintenant d’une défense contre de «présumés terroristes» mais décrit Gaza comme une «Entité ennemie» ce qui lui permettrait d’intervenir sans tenir compte des lois internationales qui régissent l’administration de territoires occupés.
En réalité, Gaza n’est en aucune façon une entité ennemie. Même si en 2005, Israël a retiré son armée d’occupation, il n’en contrôle pas moins tous les accès, par terre, air ou mer ainsi que la distribution de l’eau, de l’électricité, des marchandises et des personnes.
Même les Américains qui pensent à la future conférence de paix en novembre prochain ont déconseillé à Israël par l’intermédiaire de Condoleeza Rice de provoquer ce qui serait une catastrophe humanitaire. (Il y a 1,5 million de personnes dans cette prison à ciel ouvert que constitue Gaza).

L’aut’journal : Quelle est la situation actuelle de la population palestinienne?

Jamalat : Elle est des plus obscure car s’ajoute maintenant aux problèmes que posent le blocage économique et les entraves à la circulation des biens et des personnes le fait qu’il n’y a pas une direction unique avec la division Fatah-Hamas.
De plus, les forces de la nouvelle sécurité contribuent à opprimer le peuple et agissent en alliés objectifs des Israéliens. Il en résulte une démobilisation progressive de la population sur le plan de la résistance à l’occupant. Chacun devient trop préoccupé chaque jour davantage par une lutte pour survivre et s’éloigne des revendications politiques. C’est une perte pour la solidarité et un gain pour l’individualisme.
À mon avis la cause de cet état de fait provient de l’illusion des Accords d’Oslo. Arafat, Abbas et la direction de l’OLP ont accepté de signer un texte qui ne parlait pas d’occupation coloniale, qui laissait tomber l’exigence du droit au retour des réfugiés et qui donnait aux Palestiniens la responsabilité d’assurer la sécurité de l’occupant.
Aucune des mesures prévues à cet accord n’a été appliquée et le nombre de colonies en Cisjordanie n’a cessé d’augmenter.
 
L’aut’journal : Jamalat, vous avez participé à la formation des femmes, pouvez-vous nous décrire la situation des femmes palestiniennes?

Jamalat : Il y a de nombreuses conséquences à la faillite économique palestinienne concernant la place des femmes et on peut dire qu’elles sont les plus frappées. Le combat des femmes palestiniennes a toujours été lié au combat pour la libération nationale.
Depuis les origines du problème palestinien et jusqu’à présent leur participation a été variable. Après les accords d’Oslo, la situation et le rôle des femmes palestiniennes se sont détériorés au point de régresser. Nombre de leurs droits ont été ignorés et des signes négatifs sont apparus comme, par exemple, la recrudescence des mariages précoces (avant l’âge de dix-sept ans).
En même temps, la société devenait plus conservatrice concernant la libération des femmes. Le Hamas et d’autres groupes religieux augmentaient leur pression sur l’éducation des femmes. Elles étaient beaucoup plus nombreuses que par le passé à porter le voile.
On retrouve une situation tribale, les femmes sont surveillées et ne sont plus protégées par une Autorité palestinienne délinquante et corrompue. Bien sûr, la situation des femmes est bien meilleure à Ramallah où il y a plus de bourgeoises qu’à Gaza.

L’aut’journal : Vous avez déjà parlé de refondation du projet national palestinien. Qu’entendez-vous par là ?

Jamalat : Ce dont le peuple palestinien a le plus besoin aujourd’hui, c’est d’une alternative apte à diriger la résistance et la lutte, car le peuple n’a pas d’autres choix. Il faut une refondation du projet et des structures de la lutte. Cela doit passer par une réorganisation ou répartition de la résistance sous toutes ses formes ( politique, culturelle, sociale, armée) à l’initiative de militants et cadres de la gauche, du Fatah, du Hamas et d’autres partis qui feront le choix de l’unité et des intérêts collectifs.
La condition pour y parvenir est de mettre un frein à la dépolitisation et à l’individualisme, reconstruire la solidarité et établir un consensus à la base, ce qu’aucun leader ne semble capable de faire actuellement.
En résumé, il faut reconstruire l’OLP avec les Palestiniens de 1948 (en Israël), ceux de la Cisjordanie et de Gaza et ceux de la diaspora.

L’aut’journal : Dans ces conditions, quelle aide peuvent apporter les mouvements pro palestiniens à travers le monde?

Jamalat : Les mouvements de solidarité internationaux peuvent jouer un grand rôle pour soutenir la résistance palestinienne, mais il faut qu’ils laissent les Palestiniens choisir eux-mêmes les formes de résistances qui leur conviennent, demeurer sur leur terre, développer eux-mêmes une indépendance économique (plutôt qu’avec des ONG).
L’aide la plus significative serait de répondre à l’appel lancé en Palestine par 172 syndicats et associations pour que s’organise une campagne internationale de boycott et de désinvestissements touchant tout ce qui est israélien.
Il y a actuellement 11 000 prisonniers politiques palestiniens dans les prisons israéliennes, parmi lesquels des femmes et des enfants. Il faut qu’ils et qu’elles ne soient pas oubliées.
Les commémorations du 60 ème anniversaire de la NAKBA (catastrophe) devront faire l’objet d’initiatives internationales en 2008 pour rappeler les massacres des Palestiniens par les groupes armés israéliens en 1948 et l’exode de 600 000 Palestiniens qui en a résulté.
Le peuple palestinien a besoin d’une solidarité qui
exprime un clair soutien politique à sa résistance à ses droits nationaux et qui aide les initiatives locales qui visent à lutter contre les effets désastreux des illusions d’Oslo, contre la frustration consécutives aux échecs répétés, contre la mentalité fataliste produite par la corruption, contre les tentatives de repli individuel.

Propos recueillis par André Le Corre.

 

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16/01/2008

Nouvelles n° 118 (1 ère partie)

Un peu d'humour. 

Lettre aux Belges francophones: un autre destin est possible, devenez Suisses avec nous!
cantons


Jean Frédéric Bonzon, rédacteur de la revue satirique lausannoise «La Distinction», propose un plan grandiose pour l'entrée de Bruxelles et de la Wallonie dans la Confédération helvétique. Chacun y trouverait son intérêt sans avoir beaucoup à changer.

l'URSS, la Tchécoslovaquie et la Yougoslavie, un nouvel éclatement en Europe. Les Flamands semblent de plus en plus nombreux à vouloir leur indépendance, pourquoi pas? La difficulté se trouve bien plus dans le devenir de la communauté francophone, qui reste belge pour ne pas choisir entre une indépendance anémique et un rattachement à la France, imaginé comme la phagocytose d'un microbe par une amibe géante.

Pourtant cette alternative n'en est pas une. Il existe une autre solution, à laquelle peu ont encore osé penser: l'entrée de Bruxelles et de la Wallonie dans la Confédération helvétique. Comme vous, les Romands écrivent huitante pour 80, même s'ils ne le prononcent pas de la même manière. Il n'y a pas plus d'idiome suisse que de langue belge. Vous serez donc en pays de connaissance. Votre apport mènera à la parité entre germanophones et francophones dans la Suisse étendue: nous serons près de cinq millions de part et d'autre de la Sarine.

Finie la supériorité mi-condescendante mi-coupable des Alémaniques, terminé le complexe d'infériorité geignard des Romands. En outre la communauté germanophone de Belgique aura elle aussi la possibilité de s'intégrer; ses dialectes franconiens, bien qu'éloignés du schwyzerdütsch, ne pourront que se fondre dans la mosaïque linguistique suisse allemande. Les minorités italophone et romanche se verront revalorisées, dans une position inédite de pivot: en cas de blocage entre Romando-Wallono-Bruxellois et Alémaniques, leurs choix feront la différence.

Les Tessinois retrouveront leur fierté. Votre Salvatore Adamo deviendra, après Mort Schuman, l'idole du lac Majeur. En adoptant en 1993 une forme partiellement fédérale, la monarchie belge n'a fait qu'une partie du chemin. Vous vous étonnez de la superposition des pouvoirs et de la multiplication des ministères sur le sol spongieux du Plat Pays? Prenez de l'altitude en imaginant que vos six régions et provinces deviendront des cantons dotés de pouvoirs étendus en matière de fiscalité, de police, d'aménagement du territoire, de politique sanitaire, sociale ou scolaire.

Bruxelles, Brabant wallon, Hainaut, Liège, Namur et Luxembourg belge deviendront semi autonomes au sein d'une confédération de 32 micros états, tous plus jaloux de leurs prérogatives les uns que les autres, obsessionnellement soucieux d'étendre leurs compétences au détriment de l'Etat central et victimes de l'agressivité de milliers de communes égocentriques et dissimulatrices en matière d'impôts locaux. Ce ne seront pas moins de 9 (au minimum) conseillers fédéraux, 300 conseillers nationaux, 64 conseillers aux Etats, plus de 200 ministres et près de 3000 députés cantonaux, ainsi que des dizaines de milliers d'élus locaux qui s'agiteront dans 33 parlements et autant de pouvoirs judiciaires. Sans oublier une population foncièrement hostile à l'Etat qui s'ingéniera chaque trimestre, lors des consultations populaires, à glisser un «non» vengeur dans l'urne.

L'art du compromis tant vanté en Belgique n'en est qu'à ses premiers pas quand on le compare aux éblouissantes pirouettes des grands artistes de la démocratie semi directe consensuelle. Il vous faudra apprendre le fédéralisme intégral. L'helvétisation de la Wallonie et de Bruxelles résoudra également la question royale qui vous taraude depuis plus de cinquante ans.

La forme républicaine de l'Etat est une condition préalable à l'entrée dans la Confédération. Vous qui avez voté majoritairement contre la monarchie en 1950, vous vivrez enfin en république.

Politiquement, l'apport de vos bataillons d'électeurs socialistes mettra la gauche suisse, une des plus minoritaires d'Europe, en position de contester la domination que la droite exerce sous des formes plus ou moins bien déguisées depuis plus de 150 ans.

Le populisme démagogique d'un Christoph Blocher sera remis à sa place de minorité ronchonne et vieillissante.

Les syndicats y retrouveront également une seconde jeunesse. Une fois la sécurité sociale belge détruite par le séparatisme flamand, vous découvrirez l'absence de sécurité sociale, la restriction des droits sociaux et la lourde ponction des compagnies d'assurance maladie sur la population. Au début, le choc sera rude et l'emploi incertain, mais vous contribuerez sans aucun doute à faire évoluer ce système obsolète. Bien sûr, il faudra quitter simultanément l'OTAN et l'Union européenne.

Certes Bruxelles ne sera plus capitale européenne, mais cela représente finalement bien peu de choses en regard des deux sièges qu'elle gagnera au Conseil des Etats, à Berne. La ville de Jacques Brel sera désormais le coeur culturel de la Suisse occidentale, la patrie d'Alain Morisod, un titre qui mérite bien quelques menus sacrifices.

Dernier détail: vous abandonnerez l'euro, mais vous retrouverez le franc. En contrepartie de votre part de la prospérité helvétique, vous nous apporterez des valeurs qui nous manquent: votre ineffable joie de vivre, votre humour irrépressible et vos délicieux chocolats. Zurich se réjouit déjà de n'être plus la seule mégapole du pays. Elle imagine dans l'effervescence et les calculs d'intérêts la fusion de nos compagnies aériennes respectives. Les banques de la Bahnhofstrasse sont de longue date présentes à Bruxelles, on peut compter sur elles pour y rester.

Lausanne se prépare à vous restituer spontanément et gratuitement le Ballet Béjart. Le Temps espère la fusion avec Le Soir, et 24 heures avec La Province de Mons. La télévision romande a dès maintenant décidé de renoncer à son émission Temps présent au profit des reportages admirables de Strip-tease.

Spécialistes en percements de toutes sortes, nos ingénieurs planchent d'ores et déjà sur un projet de tunnel qui, passant sous la colline de Sauvabelin, le Jorat, le Jura, le Ballon d'Alsace et les Ardennes, reliera les deux parties du nouvel Etat. Né à Liège et mort à Lausanne, Simenon, romancier du soupçon, vous montre la voie. Comme Hergé, qui se réfugiait au bord du Léman quand la situation devenait trop lourde pour lui, choisissez la paix de l'âme et les filets de perche. A l'exemple de tant de vos compatriotes chaque hiver, envisagez une nouvelle vie, avec de nouveaux reliefs.

Vous étiez Belges? Devenez Suisses !
 


Libres propos

Etre de gauche au XXI ème siècle, c'est...
marx

Un manifeste pour que ceux qui se réclament de la gauche tendent vers ces objectifs, et que ceux qui y ont renoncé cessent de revendiquer un qualificatif qui ne leur convient plus.

Un peu partout fleurissent les discours proclamant que le clivage gauche droite est dépassé. Il est des écologistes pour penser que la dimension environnementale de l'alternative transcende ce clivage, des sociaux-démocrates tellement rôdés aux politiques néolibérales qu'ils parlent de troisième voie. C'est pour eux l'occasion de ne pas nommer une conversion aux logiques droitières.

Ce discours est aussi tenu par des gens de droite (voire d'extrême droite) qui sèment le trouble comme J-M. Le Pen citant Gramsci ou N. Sarkozy faisant lire le communiste G. Môquet. La vérité est qu'ils exhument des bribes dénaturées de leurs pensées. Mais leur objectif -brouiller les pistes- fonctionne plutôt bien.
Les mots ont vieilli et la terminologie a été dénaturée, pourtant, même au coeur de nos riches sociétés, il y a encore des inégalités, des exploiteurs et des exploités. La lutte des classes existe, même si sa forme et ses caractéristiques ont changé. Cette réalité donne sens à la notion de gauche.

Un clivage existe également entre pays riches et pauvres. Il convient donc de refuser les nationalismes, de cultiver, ici et partout, la fraternité et l'internationalisme. Comme l'écrit R-M. Jennar, "Jamais plus qu'aujourd'hui n'a été pertinent l'appel aux prolétaires de tous les pays à s'unir, même si la définition du prolétariat a quelque peu changé». Il demeure essentiel de ressentir qu'aujourd'hui encore, ceux qui ne possèdent que leur force de travail, physique et/ou intellectuelle, n'ont d'autre patrie que leur propre condition.
Concrètement, au XXI ème siècle, être de gauche c'est...

- Oeuvrer à contrer les inégalités et protéger tous ceux que le système exploite, exclut et précarise. Une politique est de gauche lorsqu'elle s'attache à réduire l'écart entre pauvres et riches, ce qui nécessite une opposition franche à l'économie de marché libre et non faussée.
 
- Viser d'abord à la disparition des inégalités sociales, qui explosent. Il ne s'agit pas d'imposer une égalité "uniformisante", de nier les spécificités ou l'aspiration à des particularismes - qui peuvent nourrir l'individu et enrichir la société - mais de mettre fin à l'inégalité d'accès à tout bien essentiel à la survie, au bien-être et à l'épanouissement. "De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins", selon la formule des révolutionnaires du XIX ème siècle, popularisée par K. Marx. Etre de gauche, c'est abroger fermement les lois iniques imposées à travers la planète, qui approfondissent les inégalités sociales, notamment dans le droit du travail et les retraites, la fiscalité, les politiques migratoires ou encore l'accès aux soins de santé.

- Vouloir rééquilibrer la distribution des richesses entre le capital et le travail. En Belgique comme dans de nombreux pays, la part du capital, par rapport aux salaires, ne cesse de croître dans le PIB sans qu'aucun gouvernement étiqueté "à gauche" ne stoppe cette logique. Simultanément, les politiques menées diminuent la part du capital dans les recettes de l'Etat.

- Privilégier l'intérêt collectif à l'intérêt particulier et en cela reconnaître le nécessaire rôle de l'Etat ou d'une forme d'organisation collective, garant des droits et libertés, redistributeur, régulateur et planificateur au bénéfice de l'intérêt collectif. Il s'agit soit de réguler le marché, soit de le circonscrire et de l'exclure de certains secteurs économiques (eau, énergie, transport,...), soit de simplement viser à sa disparition. Par Etat, nous entendons un outil au service des décisions collectives avec des fonctions administratives, économiques, législatives et exécutives, pas un outil servant la défense de privilèges. Tout en maintenant une volonté d'équité sociale et écologique globale, cette logique inclut aussi la possibilité - et même la nécessité - d'initiatives locales, d'une grande décentralisation dans le fonctionnement et la gestion des outils publics, d'une autogestion des processus de production, en vue de répondre au plus près aux besoins et réalités.

- Ne pas marchander la solidarité au prix d'une liberté sans limite. Cela signifie-t-il que l'on bride la liberté individuelle ? Au contraire. On constate que la liberté individuelle, pour s'épanouir et se généraliser, réclame un contexte où solidarité et intérêt collectif ne sont pas mis en péril. Les choix doivent être faits après un juste débat d'idées, entre tous les citoyens et dans un objectif solidaire, ce qui est aujourd'hui un leurre absolu. Ceux qui se présentent en défenseurs de la liberté, savent pertinemment que, vu le rapport de force, nous ne sommes pas en mesure d'exercer celle-ci. De plus, ils sèment le doute car la liberté qu'ils réclament est avant tout celle du pouvoir économique vis-à-vis d'une tutelle démocratique et non celle des citoyens. D'ailleurs, la plupart des gouvernants "libéraux" - mais aussi sociaux-démocrates - attaquent parallèlement libertés collectives (droit de grève, droit à la lutte sociale, droit des migrants,...). Un arsenal de lois liberticides est mis en place.

- Étendre aussi aux générations futures la notion de solidarité. C'est donc se déclarer opposé à la logique productiviste qui épuise les ressources et pollue la biosphère, et refuser la prépondérance de l'économie sur le social et l'environnemental.

- Prôner un Etat laïc et républicain face à toute logique privilégiant les droits associés à l'identification et à la classification des individus par leur appartenance. Il est ahurissant que des personnes, se réclamant de la gauche, défendent un régime archaïque de privilèges basé sur le sang tel que la monarchie, véritable injure à la démocratie.

- Revendiquer l'absolue égalité de droit entre les humains de toutes origines, appartenances sexuelles, croyances ou coutumes, dans les limites de la loi républicaine et laïque. C'est proclamer l'égalité de droit sans tenir compte des différences apparentes. Le nationalisme s'est aujourd'hui immiscé au coeur même de la social-démocratie. Il en va de même d'une certaine forme de racisme bon teint.

- Lutter contre l'uniformisation des médias par des intérêts privés brisant le débat démocratique. C'est promouvoir des médias publics pluralistes et en exclure la publicité, proposer une protection plus grande des journalistes les rendant idéologiquement indépendants des propriétaires des médias. L'actuelle concentration médiatique et la mainmise de grands patrons sur les médias sont une grave menace pour la démocratie.

- Défendre un enseignement public de qualité, correctement financé et préservé de la sphère privée. C'est opter pour un enseignement qui forme des citoyens critiques et autonomes.

- Privilégier le débat d'idées à la politique de l'image et aux coups de force médiatiques qui nivellent vers le bas et rendent lointaine et confuse la politique, ce qui crée les conditions d'une démocratie privée de fond et mise en danger plutôt qu'une démarche d'élaboration collective et d'éducation permanente. Relayé par un clientélisme qui s'installe, le marketing politique prend le pas sur les idées ce qui ne peut que nuire aux aspirations de gauche.

Pour conclure : comme souvent, il est utile de replonger dans les classiques. Marx et Engels écrivaient dans le Manifeste que "la bourgeoisie [...] ne laisse subsister d'autre lien, entre l'homme et l'homme que le froid intérêt [...]. Elle a fait de la dignité personnelle une simple valeur d'échange; elle a substitué aux nombreuses libertés si chèrement conquises l'unique et impitoyable liberté du commerce".
Il n'est pas une virgule à changer dans cette analyse. On aimerait dès lors que celles et ceux qui se réclament de la gauche tendent vers ces objectifs et que celles et ceux qui y ont renoncé cessent de revendiquer un qualificatif qui ne leur convient plus.

Ce texte est signé par J. BRAIPSON (Vice-Président. CGSP-RTBF Liège), D. BRISSA (Militant éco-socialiste, UAG, ACC), V. CALLER (Rédacteur au Drapeau Rouge, PC), L. CREMER (Ex-conseiller provincial Ecolo), J. CORNIL (Militant éco-socialiste, ex-sénateur PS), J.-M. DEHOUSSE (Ex-ministre PS, ex-bourgmestre de Liège), C. DELFORGE (Députée à la région bruxelloise, Ecolo), J. DOHET (Historien, e Ressort), P. DURAND (Prof. d'Université), P. EYBEN (Militant éco-socialiste, Secrétaire. Pol. Féd. de Liège du PC, ACC), M. FAYS (Sec. régional FGTB Namur), M. GOBLET (Prés. FGTB L-H-W), N. HARDY (Formatrice au PAC), B. KIMYONGUR (CLEA), J.-P. MICHIELS (Président de l'ACJJ), J. PALMA (Assistant à l'ULg), Chr. PAGNOULLE (Prés. d'ATTAC-Liège, enseignante à l'ULg), J.-F. PONTEGNIE (Membre d'UAG), M. PLOUHMANS (ATTAC Liège), J.-C. RENDA (journaliste, Prés. interrégional wallon CGSP-RTBF), A. RIERA (Secrétaire de rédaction "La Gauche", LCR-B), A. SECONDINI (Ex-président d'ATTAC Verviers), O. STARQUIT (Altermondialiste, e Ressort), A. STEVENS (Prof. de Philosophie, ULg), BernardWESPHAEL (Député à la Région wallonne, Ecolo).

Texte réduit pour publication, texte complet :
http://acontrecourant.be/1998.html;
Contacter les initiateurs : 0477/20.29.53.


Capitalisme

Les méfaits d’une multinationale pharmaceutique       
par Raoul Marc Jennar   

novartis

Novartis, troisième laboratoire pharmaceutique mondial, est l'une des 39 compagnies pharmaceutiques qui avaient intenté un procès au gouvernement sud-africain, il y a 6 ans. Leur but était de faire annuler la loi sud-africaine destinée à diminuer le prix des médicaments. Sous une formidable pression internationale, bel exemple de la capacité citoyenne à agir avec efficacité, ces multinationales, montrées du doigt pour leur rapacité, avaient été contraintes de retirer leur plainte. Aujourd'hui, Novartis se lance dans une action en justice sur le même sujet et, cette fois, la cible c’est le gouvernement indien.

Novartis s'attaque au gouvernement indien à propos de la production de médicaments génériques en dénonçant la loi indienne sur les brevets adoptée début 2005. Cette loi a mis l'Inde en conformité avec les règles de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) sur la propriété intellectuelle. Il s’agit de l’accord sur les Aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC). Conformément à l'accord ADPIC, elle renforce considérablement l'emprise des brevets et leur durée. Toutefois, et notamment grâce à une forte mobilisation des ONG en 2005, elle contient une exception qui permet de ne pas breveter les médicaments ne comportant pas de réelles innovations. C'est le cas du Glivec, médicament contre des formes de cancer que l'Inde refuse de breveter.

La loi indienne comprend des éléments permettant de donner la priorité aux malades par rapport aux brevets. L'Inde produit des médicaments à un coût abordable qui sont vitaux pour un grand nombre de malades dans les pays en développement. Le traitement de millions de malades dans le monde dépend aujourd'hui de médicaments produits en Inde. Plus de la moitié des médicaments utilisés pour le traitement du sida dans les pays en développement sont actuellement fabriqués en Inde. Ainsi, ces médicaments sont utilisés pour 80% des 80.000 patients malades du sida suivis dans les programmes de traitement du sida de Médecins Sans Frontière.

Comme en Afrique du Sud en 2001, les grandes entreprises pharmaceutiques, et dans ce cas-ci Novartis, intentent un procès au gouvernement indien pour qu'il abandonne la fabrication de génériques. Il s'agit pour ces entreprises de pouvoir occuper le marché avec des médicaments de leur marque. Si Novartis gagne ce procès, ce sera la porte ouverte à une généralisation de l'interdiction de fabriquer des génériques en Inde. Or, les génériques indiens soignent des populations nombreuses, qui autrement n'auraient pas accès aux soins : près de 70% des exportations de médicaments indiens se dirigent vers les pays en développement.

Si Novartis gagne son procès cela aura des conséquences sur des millions de personnes dans le monde qui dépendent de médicaments produits en Inde.

Quel est ce système mondial qui autorise une entreprise privée à faire passer le profit avant la santé ? Le droit des malades d'accéder aux médicaments dont ils ont besoin est un droit fondamental consacré par des conventions internationales. Qu’attendent nos gouvernements pour le faire respecter ?

Le droit d'accès aux soins et plus largement le droit à la santé sont des droits fondamentaux de la personne humaine et des droits sociaux qui ne peuvent être subordonnés à des considérations mercantiles. Avec Médecins Sans Frontière, avec de nombreuses associations et mouvements altermondialistes, il faut exiger que les malades passent avant les brevets. La vie de millions de personnes est en jeu. Une pétition exigeant que Novartis abandonne son procès contre le gouvernement indien, pour permettre la fabrication de médicaments génériques est en ligne. Signez-la.

Pour signer la pétition : http://www.msf.org/petition_india/france.html


Le droit au logement frappe à la porte de l’Europe

droit-au-logement

A Bruxelles, les premiers Etats généraux européens pour le droit au logement dressent un constat alarmant. (Avec la participation de l’ACJJ)

Bernard Birsinger, feu l’ancien maire communiste de Bobigny, en avait rêvé. Ses amis l’ont fait. Les 5 et 6 novembre 2007 derniers, plus de 130 représentants d’organisations engagées dans la défense des mal logés ou des sans logis, d’ONG, d’associations d’habitants et de locataires, mais aussi des élus locaux, des députés européens, le président du CECODHAS, qui coordonne au niveau européen les gestionnaires des logements sociaux, se sont retrouvés au sein du Parlement européen, à Bruxelles, pour les premiers Etats généraux européens pour le droit au logement (EGEDAL). Coordonné par l’Alliance Internationale des Habitants (AIH), l’Association nationale des élus communistes et républicains (ANECR), la Plate-forme pour un Logement Digne (Espagne) et le Réseau d’élus et d’autorités locales progressistes d’Europe (REALPE), l’événement est la suite logique des Etats généraux pour le droit au logement initiés en France en 2004. Mais des racines plus anciennes pourraient être repérées dans la Charte Européenne pour le Droit à Habiter et la Lutte contre l'Exclusion Sociale, née à l'issue des premières rencontres informelles des ministres européens du logement au début des années 90. 

Les nombreux témoignages égrenés au fil de ces deux journées ont permis de dresser un état des lieux inquiétant du mal ou de non logement dans une douzaine d’Etats du vieux continent. Si les situations diffèrent énormément selon les pays, tous les participants ont vivement dénoncé l’abandon par les Etats du secteur du logement. Eva-Britt Stevenson, députée européenne suédoise (GUE/NGL), a ainsi expliqué comment, sous la pression de l’Union européenne et des choix politiques de la majorité de centre-droit, son pays - qui considérait jusqu’alors le logement comme un droit pour tous quels que soient les revenus des ménages - se dirigeait actuellement vers une « privatisation rampante », en réduisant ses dotations pour les aides au logement et en s’apprêtant à mettre en vente 860.000 logements publics. Analyse partagée aussi par l'eurodéputée socialiste Marie-Noëlle Lienemann, ancienne ministre française au logement. En Russie, ce sont les réformes « ultra-libérales » du gouvernement de Vladimir Poutine qui fragilisent l’accès au logement. Selon Carine Clément - qui n’a pu faire le voyage depuis Moscou à cause du refus des autorités russes -, ces réformes ont eu pour conséquence de jeter à la rue des milliers de familles au profit de promoteurs véreux, sous la bénédiction de pouvoirs publics locaux corrompus. Le cas des Roms, stigmatisés et partout discriminés, a été évoqué à de nombreuses reprises par les participants. Miroslav Prokes, conseiller municipal de Prague (République Tchèque), a expliqué qu’ils constituaient 90 % des personnes vivant dans les quelque 300 bidonvilles que compte son pays. En Italie, c’est le nouveau décret concernant les ressortissants roumains, qui vient se rajouter à la politique de destruction des bidonvilles sans aucun relogement et à la non approbation d'un décret de protection des locataires expulsables, qui sont dénoncés conjointement par Cesare Ottolini, animateur de l’Alliance Internationale des Habitants, et Paolo Gangemi de Rifondazione comunista.

« Il faut que l’Union européenne prenne au sérieux la question du droit au logement », a estimé Heinrich Niemann, engagé dans LHASA, association de restructuration urbaine à Berlin. Pour autant, a prévenu Pierre Mansat, adjoint au maire de Paris, « ce sont aujourd’hui les marchés financiers qui décident comment se fait la ville. Grâce à leur force de frappe, les fonds d’investissement sont en capacité de déstabiliser les politiques publiques. » Ce fut le cas à Berlin où, « en dix ans, des fonds d’investissement ont pu s’offrir 1,8 million de logements publics », a précisé Barbara Litke, représentante, à Bruxelles, de l’Union internationale des locataires. 

Ces EGEDAL n’auraient-ils été qu’un constat d’impuissance? Non, répond Cesare Ottolini. « Ces Etats généraux sont une étape fondatrice vers la constitution d’un mouvement européen de résistance et d'alternative ». Durant ces deux journée, des dizaines d'intervenants, de Jean-Pierre Giacomo, président de la CNL française, à Paul Trigalet, de Solidarités Nouvelles (Belgique), en passant par Joseph Jones (Thames Valley Gypsy Association, Royaume-Uni), Daniele Porretta (Plate-forme pour un Logement Digne), Knut Unger (Union des Locataires de Witten, Allemagne) ou encore Annie Pourre (réseau No-Vox), ont présenté une grande richesse d'analyses, de propositions, et de luttes.

Dans la déclaration finale des EGEDAL, les participants se sont engagés à organiser des Etats généraux dans leur pays et à agir pour demander « le développement d’un véritable service public du logement et de la ville » pour que le droit au logement soit reconnu au niveau de chaque pays et au niveau européen. En attendant, les membres des EGEDAL seront présents lors du Forum Social Européen (Malmö, 18-27 septembre 2008) et également lors de la rencontre européenne des ministres du logement, programmée à Paris le prochain octobre 2008 sous la présidence française de l'UE.

Cyrille Poy, journaliste à l’Humanité

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