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Charlie Chaplin et la Révolution d’Octobre

II y a 40 ans, ce 25 décembre, en Suisse au bord du Lac de Lausanne, que s'éteignait Charlie Chaplin. Ce grand acteur et réalisateur était adulé par le monde entier. Certains ont dit que Charlie Chaplin était au cinéma ce que Mozart était à la musique...

 

De son vrai nom Charles Spencer, Charlie Chaplin est probablement né à Londres en 1889 de parents artistes de music-hall. A l'âge de deux ans, il perd son père tandis que sa mère est hospitalisée et survit dans des difficultés financières insurmontables. Charlie Chaplin connaît très tôt une misère noire qui le marquera jusqu'à la fin de ses jours. Il ne supporta jamais l'injustice sociale.

Les lumières de la ville, Le Kid, Les Temps modernes, L’Immigrant et Le Dictateur, les films qui ont le plus fait connaître Chaplin, sont tous marqués socialement et politiquement... Tous attaquent directement le système social et pointent ouvertement la division de la société en classes. Tous prennent parti clairement et nettement. Mais il faut avoir vu Monsieur Verdoux pour savoir ce que Chaplin pensait de la société bourgeoise, de l’Etat, de la guerre, de la religion, des classes dirigeantes... Ces dernières sont présentées comme bien plus criminelles que l’assassin Landru !

 

"Quelles sont vos opinions politiques ? Pourquoi n’avez-vous pas adopté la nationalité américaine ? Tournerez-vous encore des films avec le Tramp ? Tournerez-vous d’autres films à message ?" Voilà quelques-unes des nombreuses questions posées à Charles Chaplin par des journalistes acerbes et hostiles, lors de la conférence de presse de Monsieur Verdoux. Chaplin s’y attendait, il avait d’ailleurs ouvert les hostilités en lançant un vibrant : "Que le massacre commence !"

 

Citons le dans le film : "Lorsqu’on tue à l’unité, on est un criminel ; quand on tue les gens par milliers, on est militaire et on reçoit des médailles..."

 

Quant à l’assassinat collectif, le monde ne l’encourage-t-il pas ? Ne construit-il pas des armes de destruction dans le seul but d’assassiner en masse ?”

 

Quelques déclarations de Charles Chaplin :

 

"Je crois qu’une démocratie qui ne peut pas contenir tous ses ennemis, aussi virulents soient-ils, est finie en tant que démocratie."

 

"Je suis un internationaliste, pas un nationaliste, et je ne changerai pas de nationalité."

"J’ai voyagé à travers le monde, et mon patriotisme n’est pas resté qu’à un seul endroit, il est resté avec le monde entier, la compassion pour le monde entier et les gens du peuple, et cela inclut ceux qui m’attribuent cette sorte de patriotisme."

 

"J’ai l’intention de me rendre en Russie, parce que ce grand pays et ses tentatives de reconstruction sociale pour sortir du chaos m’intéressent énormément."

 

Charlie Chaplin était-il communiste ?

 

"Voyez-vous, ma pensée politique a été forgée par quatre de mes amis auxquels je vouais une admiration considérable. Que ce soit Frank Harris, Max Eastman, Rob Wagner ou Upton Sinclair, tous quatre avaient épousé les idées socialistes et pensaient que la Révolution russe de 1917 marquerait le début d’une ère nouvelle de liberté et de bonheur pour les masses. Mais bon, est-ce que le fait d’avoir côtoyé ces personnes fait de moi un communiste ? Est-ce que le fait, dans certains de mes films, de voir le Vagabond en butte au pouvoir politique et économique fait de moi un communiste ? Voyez-vous, la presse a ce pouvoir de magnifier le moindre de nos gestes en un événement sous lequel on est vite, trop vite, catalogué. Ma renommée était telle, que chacune de mes déclarations faisait les gros titres. Lorsque j’ai visité l’Union Soviétique en 1921, les médias ne se sont pas privés de relater l’événement. Les exemples de ma sympathie pour le communisme pourraient être nombreux. Oui, effectivement, je me suis intéressé à ce grand pays qu’est la Russie et ses efforts de reconstruction sociale après le chaos. Et alors ? Où est le problème ? Si je m’étais intéressé à la religion musulmane, m’aurait-on taxé de fervent pratiquant des croyances d’Allah ? Non, Monsieur, je n’ai jamais partagé les idées des Rouges. Mon enfance misérable m’a appris que les pauvres sont des êtres nobles, mais qu’il n’y a rien de noble à le rester. Pour aller plus loin, sachez que le capitalisme, basé sur une présomption d’inégalité financière, doit cependant s’écrouler un jour ou l’autre sous le poids de sa culpabilité auto destructrice."

 

En 1952, il quitte définitivement les Etats-Unis et publie un communiqué de presse :

 

"J'ai fait l'objet de calomnies et d'une propagande orchestrée par de puissants groupes réactionnaires qui, par leur influence et l'aide de la presse jaune américaine, ont créé une atmosphère malsaine dans laquelle les individus aux tendances libérales peuvent être persécutés. Dans ces conditions, j'ai trouvé qu'il était virtuellement impossible de continuer mon travail de réalisation cinématographique et j'ai par conséquent abandonné mon séjour aux États-Unis."

 

Il ne remettra plus jamais les pieds aux Etats-Unis et  terminera sa vie en Suisse.

 

Freddy Guidé

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