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  • Le contexte de l’affaire du marin Poncelet

    Pourquoi le gouvernement belge tenait-il à faire adopter une mesure si impopulaire (passage à 2 années de service militaire? 

    Nous étions en période de guerre froide, dans un monde bipolaire. Les tensions idéologiques et politiques entre les États-Unis et l’URSS (et leurs alliés respectifs) étaient tangibles. La guerre de Corée (1950-1953) qui venait de débuter amorçait une longue suite d’affrontements indirects qui allaient opposer les deux superpuissances.

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  • 1951, l’affaire du marin Poncelet : un témoignage pictural qui nous entraîne vers le présent

    L’analyse du passé nous donne souvent la clé d’entrée pour questionner le présent. Cette fois, nous nous sommes penchés sur une toile réalisée en 1951 autour de l’affaire du marin Poncelet qui, pour des raisons idéologiques, s’opposa à la prolongation du service militaire. Cette œuvre picturale fut une manière, pour de jeunes artistes, de se positionner face aux problématiques de leur époque. On verra que, soixante ans plus tard, le contexte politique présente encore quelques similitudes et que la jeunesse a certainement autant de motifs de s’indigner. 

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  • Libres propos: " Pourquoi je me considère comme un citoyen du monde …. La difficulté d’être Belge ou les limites de la dialectique."

    Qu'est-ce qu'être belge ? Etre né sur un territoire donné et dont les contours ont été dessiné par les puissants de ce monde... Prenons le cas des Cantons rédimés (Cantons de l'Est). Avant 1795, ces cantons font partie des Pays-Bas et sont essentiellement wallons. En 1795, (1792 exactement) les empereurs d'Europe se liguent et prennent les armes contre la jeune République française. Celle-ci repousse leurs armées au-delà du Rhin. La République française au passage, annexe des territoires et les Cantons de l'Est qui deviennent un département français : "le département de l'Ourthe".

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  • Voyage dans l’Europe de l’offshore

    Les « Paradise Papers » vous feront aussi voyager… En Méditerranée, à Malte, et en mer d’Irlande, sur l’île de Man. Deux territoires insulaires qui, malgré leur petite taille, grèvent les recettes fiscales de l’Union européenne (UE) en attirant les yachts et les jets privés des milliardaires, les sociétés d’assurances et de jeux en ligne, grâce à des rabais fiscaux et d’autres stratagèmes réglementaires…

     

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  • Les « Paradise Papers », nouvelles révélations sur les 350 milliards cachés de l’évasion fiscale

    Qu’ont en commun Wilbur Ross et Rex Tillerson, hommes forts de la Maison Blanche, Stephen Bronfman, trésorier du Parti libéral du Canada et proche du premier ministre Justin Trudeau, mais aussi des multinationales comme Nike et Apple, de grandes fortunes françaises, des oligarques russes, des hommes d’affaires africains et des grands sportifs ?

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  • Publifin: le document qui trahit Stéphane Moreau et André Gilles

    La justice a versé au dossier Publifin le PV de la réunion inaugurale, le 7 mai 2007, du premier comité de secteur "Socolie". Considéré comme "faux intellectuel", ce document, dont l'existence a été révélée par Le Vif/L'Express en mars dernier, enfreint l'interdiction ministérielle de rémunérer les membres des comités de secteur.

     

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  • Souvenir : « Parlez-moi de travail et je sors mon revolver »

    LE SOIR du 19/02/1988

    Je n’avais pas quinze ans quand le démon du travail m’a taquiné. C’était comme ça, à cette époque, pour être un homme, un hé­ros, il était dans les conventions de se lancer dans le brouhaha des usines. Des bras, l’industrie en consom­mait beaucoup pour produire plus. Mon père était fier de voir l’aîné de ses rejetons en­trer en sidérurgie, dans le grand ordre du travail.

     

    Aujourd’hui, des aciéries Minières de la Sambre où je suis entré en 1961, il ne reste plus rien. Tout a été rasé, les cheminées, les tuyaux et les grandes bouches rougeoyan­tes des aciéries et des hauts-fourneaux ont cédé la place à la folle avoine. Les péniches viennent encore à Marchienne-au-Pont et dorment tranquillement le long des berges de la Sambre, comme si les fantômes des grues venaient encore les charger.

     

    Nous avons travaillé com­me des bêtes dans ces laminoirs. Il faut avoir manipulé le fer incandescent et vu les hommes souffrir autour du métal pour imaginer un instant la vie d’un sidérurgiste. Les premiers jours, rompu de fatigue, j’ai fait comme tous les gamins qui se frottaient pour la première fois à cet enfer d’acier et de feu, j’ai pleuré d’épuisement, mêlant larmes et sueur.

     

    Puis je me suis habitué, comme les autres, qui étaient là depuis des années et qui parfois savaient à peine écrire leur nom. Certains d’entre nous ont payé de leur chair la contribution au boom des golden sixties. Je n’oublierai jamais ce garçon de 17 ans qui eut les deux jambes sectionnées par un cylindre.

     

    Bien d’autres ont laissé doigts et bras. Mon père y a perdu la vie, un dimanche matin, coupé en trois par la locomotive du four à coke. Pantin désarticulé que l’on avait rabiboché pour nous le présenter une dernière fois à l’hôpital des accidentés du travail (construit uniquement pour rafistoler et recoudre ceux que l’usine « amochait ». Les assurances, pour grappiller quelques francs sur les malheureux, poussaient les chi­rurgiens à fabriquer de terribles marionnettes, plutôt que d’amputer !

     

    Un représentant de la direction était là pour nous ac­cueillir, il a cru bon de nous dire : « Ah ! C’était un travailleur… ». Je crois que c’est ce jour-là que je me suis rendu compte que nous étions roulés.

     

    Oui, on nous a roulés et on continue à berner des généra­tions en leur inculquant la grande vertu du travail. D’autres emplois dans diver­ses industries ont ponctué vingt-trois ans de carrière. J’ai moi-même fondé une fa­mille et pour l’alimenter, j’ai soutenu des cadences infer­nales. Debout à 5 h, rentré à 18 h, et puis militer le soir pour… la réduction du temps de travail !

     

    Voici trois ans que je suis au chômage, je fais partie de ces zombies que l’on oblige quotidiennement à estampil­ler du sceau de la fainéantise une carte rouge pour leur rappeler qu’ils vivent aux crochets de ceux qui ont le bonheur de travailler…

     

    Mais quelle bénédiction d’être chômeur, pardon… travailleur sans emploi, selon la formule consacrée. Dommage que le pécule est un peu maigre, mais nous sommes enfin libres. Nous n’avons plus de nœud au ventre parce que nous n’atteignons pas les quotas de production ou par­ce que nous arrivons en retard au boulot. Le nec plus ultra, c’est de ne plus enten­dre la voix vociférante du chef entre le vacarme des ma­chines et l’angoisse d’être viré ! Ça n’a pas de prix !

     

    Mais j’ai tout de même une petite crainte d’être à nouveau envoyé au turbin par tous ceux qui sentent le besoin de verser une larme sur notre sort, nous les sevrés de la production. Faut-il préciser que très souvent ceux-là ne connaissent rien au bordel infernal du travail. J’entends déjà les voix offusquées s’étranglant à la lecture de mes propos : « Mais nous n’allons pas vous payer à ne rien faire, c’est indécent… ». Tiens donc, et les actionnai­res, leur demande-t-on si on va continuer à les rétribuer à ne rien faire ? Leur demande-t-on de pointer dans un local minable pour que l’on puisse les montrer du doigt comme les parasites de la société ?

     

    Ils ont compris bien avant moi que le travail n’était pas une vertu ni une manière de s’épa­nouir.

     

    De sa fonction purement alimentaire, le travail est devenu une valeur culturelle, un symbole de reconnaissance, à un tel point que certains sont prêts à sacrifier une partie de l’aspect alimentaire, simplement pour être dans le coup. Travailler pour être reconnu socialement.

     

    Le vrai courage serait de lutter pour l’abolition du travail, libérer l’homme du concept du tra­vail pour retrouver l’énorme capacité créatrice qu’il possède.

     

    L’homme mérite mieux qu’un alignement stupide derrière ses semblables, dans un local minable, une carte rouge à la main…

     

    Freddy Guidé

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