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Ligue 1 Conforama et Neymar, l’argent rend le foot fou !

C’est donc fait. Après des semaines d’un feuilleton dont l’issue ne faisait en réalité aucun doute, Neymar, l’homme aux 105 buts pour 186 matchs de Liga, est donc officiellement parisien. Enfin, il appartient au Paris-Saint-Germain. Nuance.

À n’en pas douter, il y aura désormais un avant et un après Neymar. Ce transfert, aussi bien par son montant pharaonique que par son montage financier mêlant club et pays, marque le basculement total du football dans le monde du business, reléguant le sportif et les valeurs aux calanques grecques.

 

Neymar est un excellent joueur de foot, personne ne le nie. Mais au-delà de l’indéniable qualité sportive du joueur, les chiffres donnent le tournis. 222 millions d’euros de clause libératoire, 35 millions d’euros de salaire annuel, 40 millions de prime à la signature… Avec la monarchie du golfe l’argent coule à flots. Et personne n’en trouve rien à redire. Etonnant non ?

L’hystérie collective est telle que la moindre critique vous expose à la vindicte populaire. En dénonçant l’indécence d’un tel transfert, alors que chaque jour le mot le plus employé est austérité, j’en ai subi la cruelle expérience.

Qu’il est loin le temps de Cantona, Socrates, Javis Poves ou Lucarelli, des hommes aux convictions chevillées au corps, des hommes capables de faire de la politique grâce au foot.  Pas sûr que Sócrates ait accepté de jouer pour un club financé par La monarchie pétrolière réactionnaire peu respectueuse de son peuple comme des droits de l’homme.

Aujourd’hui Neymar, à l’instar des autres grandes vedettes, est plus un produit qu’un joueur. Le PSG, lui-même, le définit ainsi en précisant à tous les sceptiques « que dans deux ans on aura compris que l’opération était rentable ».  C’est donc cela le football moderne ? Triste.

Quand un éditorialiste, Bruno Roger-Petit pour ne pas le citer, utilise le transfert de Neymar pour affirmer que « le football est créateur de lien social et culturel », je dois me pincer pour y croire.  De quel lien social parle-t-il ? Celui des parents qui amènent leurs enfants au bord des terrains chaque week-end, celui des bénévoles qui se coupent en 4 pour permettre à des millions de gamins de vivre leur passion ou bien celui d’une poignée de milliardaires qui ne vivent le football qu’au travers des millions de profits qu’ils peuvent réaliser ?

Dans un même billet, Bruno Roger-Petit, précise même que « Neymar à Paris, (c’est) la meilleure preuve que le libéralisme économique qui réussit est indissociable du libéralisme culturel ». Que ne diraient pas les tenants du capitalisme pour justifier leur modèle de société. Assimiler Neymar à la culture, il fallait oser !  Neymar n’est autre qu’un produit marketing, un produit totalement aseptisé, un produit à la communication verrouillée. En bref une icône fabriquée à coups de millions et destinée à faire vendre, bien loin de la culture populaire qui cimente la pratique du football partout dans le monde.

Au prétexte de voir évoluer Neymar sur les pelouses de Françe, nous serions donc prêts à fermer les yeux sur ce qui pour moi se résume à de l’indécence ? Désolé mais je ne suis pas de ceux-là.

En 2017, vous pouvez donc manger une pizza en regardant la ligue 2, acheter une télé à Conforama pour mater les miracles de celui que certains surnomment déjà « un dieu moderne ».  Un dieu moderne à 220 millions d’euros ! Sinon vous pouvez boire une canette de bière en regardant un match de quartier tout en papotant avec le concierge du stade. Qui sait peut-être que celui-ci évoquera la baisse des APL ou le conflit Israëlo-Palestinien … moins glamour mais plus réel. J’ai déjà fait mon choix.

Pour ma part, je préférerais toujours le sport amateur où se mêlent valeurs, partage et respect ; celui qui fait pétiller les yeux de milliers de gamins … loin des millions d’euros de Neymar mais tellement plus proche de l’essence du sport.

Thomas Portes
PCF de Haute Garonne

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