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04/11/2016

Coup de gueule: "Demain, en vacances à Benidorm en avion bio…."

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Avec quelle impatience, nous l'avons attendu, l'arrangement que les lobbys aériens de 191 pays ont d'annoncé ce 7 octobre à Montréal ! L'affaire est simple. De plus en plus de gens prennent l'avion pour un oui ou un non et même pour le boulot... Bien sûr, ils ne sont pas si nombreux : 3 à 7% seulement de la population mondiale utilise ce moyen de transport.


N'empêche, c'est un secteur en pleine expansion qui croît de 5 % chaque année et ce n'est qu'un début. Or, on le sait, un avion ça consomme beaucoup de pétrole et rejette énormément de gaz carbonique. Si pour l'instant, l'aviation internationale participe à hauteur de 2% aux émissions mondiales de gaz à effet de serre. Mais en 2050 ce chiffre avoisinera les 20%. Ça la fiche mal en cette époque où la "communauté internationale" prétend vouloir stopper le réchauffement climatique. Lors de la COP21, le lobby aérien avait réussi à faire en sorte que son secteur soit exclu de l'accord final : il est en effet bien plus facile de s'arranger entre amis. C'est à cet arrangement que l'on vient  d’assister dernièrement à  Montréal. "La solution" des compagnies aériennes, la voilà : elles vont acheter des forêts. Simple et de bon goût, non ? 

Les arbres, on le sait, sont des puits de carbone, ils absorbent du CO2 en quantité. Il suffit de planter des  arbres et protéger les forêts existantes et de mettre en place tout un système complexe de "crédits carbone" pour apparaître comme un industriel responsable, vertueux et ami de la planète. Ça, c'est du gagnant-gagnant comme l'aiment les technocrates qui nous gouvernent! D'un côté, on favorise la croissance à tire-larigot et donc l'émission de  CO2 de l'autre, on se fait pardonner ce dommage collatéral en plantant  des  arbres ici ou là. L'important est de pouvoir affirmer que le secteur aérien va connaître : "une croissance neutre en carbone à partir de 2020". Admirable d'hypocrisie cette expression : "croissance neutre en carbone"...

Mme Violeta Bulc, commissaire européenne chargée des transports, présente à cette réunion de Montréal, enthousiaste a déclaré: "Cet accord sans précédent ouvre un nouveau chapitre pour l'aviation internationale, où la durabilité fait enfin partie du plan de vol. L'Europe n'a cessé de défendre une action coordonnée et mondiale pour juguler l'augmentation des émissions de CO2 de l'aviation qui, autrement, devrait atteindre 300 % en 2050. Aujourd'hui, la solidarité et la persévérance européennes nous ont permis de franchir une étape décisive vers une croissance neutre en carbone de l'aviation." Comme c'est beau...

En prime, on plantera des milliers d'hectares de palmiers à huile partout où ce sera possible, afin de pouvoir claironner que les avions sont 100% bio puisqu'ils volent avec du biocarburant... Et tant pis pour les peuples indigènes, qui préfèrent que ces terres leur permettent de manger à leur faim (sont jamais contents, alors que nous nous échinons à sauver la planète...). Quatre-vingts organisations internationales comme Les Amis de la Terre, Greenpeace ou Attac, viennent de signer une déclaration condamnant l'accord de Montréal. Elles n'ont pas été entendues évidemment.

Mais pourquoi s'inquiéter ? Air France a déjà décidé d'assurer "la protection" de 500 000 hectares de forêt à Madagascar. Les autres compagnies aériennes vont s'y mettre. Parions que Ryanair et Easyjet  proposeront de planter une magnifique forêt tout autour de Gosselies et Bruxelles. Les vieux râleurs de mon espèce stopperont illico de pester contre ces compagnies sous prétexte qu'elles font travailler leur personnel dans des conditions proches de l'esclavage. Il est vrai que les travailleurs peuvent fournir un effort pour protéger la planète. Les patrons le font. Pourquoi pas eux ?

Freddy Guidé

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