robert1943 robert1943 robert1943

Enquête exclusive proposée par le journal RésistanceS.be Un nouveau mouvement

nouvelles du progrès,antifascisme,nazisme,rexisme,fascisme,site résistanceUn nouveau mouvement néonazi s'agite en Wallonie Dans les environs de Liège, un ex-membre du Front national belge a fondé la NS Wallonie. NS comme « National-Socialiste ». Ce groupuscule de fanatiques d'Adolf Hitler et de Léon Degrelle s'agite de plus en plus et multiplie ses relations avec des motards d'extrême droite belges et allemands.

Emblème de la NS Wallonie, un nouveau mouvement néonazi et néorexiste actif depuis peu dans la province de Liège.

Depuis plusieurs mois, un petit groupe néonazi s'active dans la province liégeoise. Formé de quelques individus, ce groupuscule est mené par Francis C, un ancien membre du service de sécurité interne du Front national belge, dit « FN réunifié ». Le journal RésistanceS.be avait déjà repéré Francis C, notamment lors de la dernière assemblée générale de ce FN, près de Charleroi, en octobre 2011.

Francis C et d'autres frontistes vont ensuite apporter leur soutien à Solidarité unitaire, un « parti citoyen » fondé par des dissidents du FN réunifié. C'est quelque temps après qu'ils mettront sur pied leur propre structure militante. Elle prendra le nom de « NS Wallonie ». Degrelle et SS « Wallonie »
 
Se présentant comme un mouvement, ce dernier reprend dans son nom les initiales NS,   celles du « National-Socialisme » d'Adolf Hitler. Les références au nazisme et ses dérivés sont nombreuses. Le parti Rex, le rexisme et son dirigeant-fondateur Léon Degrelle sont également les modèles du mouvement NS Wallonie. Il reprend pour emblème la croix de Bourgogne rexiste. Il produit - pour les mettre en vente - des t-shirts en l'honneur du parti de Léon Degrelle, dont un avec le slogan « Ils l'ont fait. Wallons, c'est notre tour !!! NS Wallonie ». Cela n'a rien d'étonnant : les quelques activistes de ce mouvement se prennent pour les héritiers directs de la division SS « Wallonie ». Celle-ci avait recruté durant la Seconde Guerre mondiale des centaines de Wallons et Bruxellois pour combattre,  avec les nazis sous la houlette de Degrelle, les Soviétiques sur le front de l'Est.

Depuis qu'il a lancé le mouvement NS Wallonie, Francis C se présente sous le prénom de Léon. Afin de prouver sa dévotion totale à son héros, dernièrement, il s'est fait tatoué sur son crâne un aigle avec la croix de Bourgogne.

Dans ses « favoris » affichés sur son profil Facebook, Francis C, qui se cache sous le nom de « Léon NS-Wallonie », se trouvent des groupes intitulés « Rexisme », « Croix celtique », « Waffen SS historical group », « On aime le porc mais pas les islamistes », « Génération Identitaire Picardie », « Marion Maréchal-Le Pen »...

Combat Adolf Hitler
 
Le mouvement NS Wallonie est composé quasi exclusivement de boneheads, des skinheads néonazis. Ils expriment sans aucun détour leurs sympathies pour Blood & Honour, un réseau NS international de boneheads, et de sa scission terroriste Combat 18. Le chiffre 18 désigne la première et la huitième lettre de l'alphabet, soit AH... les initiales d'Adolf Hitler.

Comme le montrent leurs écrits postés sur Facebook, le « niveau intellectuel » des membres du mouvement NS Wallonie est assez bas. Leurs connaissances politiques sont très limitées, sectaires et fanatiques, mais leur détermination est bien marquée. Ils se présentent comme les purs et durs de l'extrême droite belge francophone. Ils aiment « rouler des mécaniques » et apparaître comme des « méchants »... pour faire peur aux ennemis de la « race blanche ».

L'utilisation régulière de Facebook pour s'exprimer publiquement pourrait laisser à penser qu'il s'agit, une fois encore, d'un de ces énièmes groupes éphémères se développant uniquement - et de façon artificielle - sur Internet. Même si ce réseau social est utilisé abusivement pour diffuser sa propagande, fait de bric et de broc nazi, le groupe de Francis C organise cependant des descentes sur le terrain.

En septembre de l'année dernière, il se trouvait par exemple dans la commune de Malonne pour participer à une manifestation contre la libération de Michelle Martin, l'ex-femme et complice de Marc Dutroux. Le dirigeant de la NS Wallonie y défilait avec les militants de Nation, le mouvement identitaire et (national-)solidariste le plus actif actuellement. En février dernier, le même Francis C prit la tête d'une autre manifestation de rue d'une vingtaine de personnes, essentiellement des motards, pour protester à Liège contre la demande de libération conditionnelle de Marc Dutroux. Le calicot de la NS Wallonie sera déployé, sur la place Saint-Lambert, devant le palais de Justice.

Le samedi 9 mars dernier, c'est une « soirée privée années 80 » de ce mouvement qui eut lieu dans une salle d'un café, louée pour l'occasion dans la petite commune d'Engis (province de Liège). Elle fut décorée d'un drapeau rexiste, d'un autre néonazi et du calicot de la NS Wallonie. Une trentaine de membres et sympathisants s'y rendirent, souvent en famille, avec femmes et enfants. Sur une des photos prises lors de cette soirée NS, figurent quinze gros bras, à l'allure skin-nazis.

Francis C à la tête d'une manifestation devant le palais de Justice de Liège le 2 février dernier. Motards belges et allemands d'extrême droite

Cette soirée du mouvement NS Wallonie fut rehaussée de la présence d'Eddy Schröder, l'un des dirigeants en Allemagne de la White Boy Society (WBS). Cette WBS est une « fraternelle blanche » de motards d'extrême droite, tendance NS. Implantée surtout aux Etats-Unis, elle possède des « chapitres » (sections) dans plusieurs pays européens dont un en Belgique. Des motards affiliés à celui-ci appartiennent également à la NS Wallonie. En septembre 2012, la « WBS Belgique » précisait sur son blog, dans un style très terre à terre : « Nous ne voulons pas nous prononcer en maître sur toute autre race ou culture. Nous savons que si la race blanche est de survivre, nous devons séparer et régner sur notre propre destin. » (sic)

Outre ses liens avec des anciens du Front national belge « réunifié », quelques militants du mouvement Nation et des motards de la White Boy Society, NS Wallonie a aussi eu des contacts avec la branche allemande de la Right Wing Resistance (RWR). Apparu en 2009 en Nouvelle-Zélande, ce réseau de fondamentalistes néonazis - portant un uniforme paramilitaire de couleur noir comme la SS - prône ouvertement la violence comme méthode d'action politique.

Pour mieux se structurer, la NS Wallonie a le projet d'ouvrir prochainement un local à Plainevaux, dans la commune de Neupré (toujours dans la province de Liège), où réside un de ses militants les plus radicaux. Dans l'attente de ce QG, ce petit mouvement néonazi a mis en ligne, il y a quelques jours, un site Internet. Entre autre, dans l'objectif de regrouper « les hommes volontaires et fiers qui veulent se réapproprier leur liberté et aider le peuple blanc à reprendre sa place ». En précisant : « Chacun selon ses compétences peut participer au redressement de notre Pays, de notre Europe... ». Rien de moins pour ce groupuscule wallon.

Dans la plus pure tradition nazie, le mouvement NS Wallonie insiste encore sur un point essentiel pour lui : « Notre Terre est notre Sang, notre Sang est notre Honneur, notre Honneur s’appelle Fidélité, notre Fidélité va à notre Patrie européenne et à notre Race... ».

Guerre des races

Pour ce nouveau groupe néonazi : « l'unité de nos mouvements sera une priorité, nous éviterons tout conflit avec nos camarades issus d'autres tendances amies, nous devrons tous faire bloc contre l'ennemi commun » (sans préciser de qui il s'agit).

Si son style a des allures nostalgio-folkloriques et ses troupes sont maigrichonnes, néanmoins, la logorrhée du mouvement NS Wallonie démontre l'entretien d'une culture violente - de type néonazie - au coeur même de l'extrême droite belge francophone. Ses relations étroites avec d'autres groupes et mouvements politiques - en Belgique et en Allemagne - sont des preuves de l'existence d'alliances informelles entre les différentes composantes de la droite nationaliste radicale.

L'existence de la NS Wallonie rappelle que des « soldats politiques » se préparent toujours, y compris dans notre pays, à la « guerre des races ». Passeront-ils pour autant de leurs écrits aux actes ? A suivre de près...

Tatiana VERTAELENS

Les commentaires sont fermés.