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16/05/2016

"La souffrance au travail va devenir 10 fois plus importante"

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Au lendemain d’un 1er mai aux discours particulièrement tranchés, Nico Cué, secrétaire général de la centrale des Métallos de la FTGB, prévient que, non seulement le printemps sera chaud, mais qu'il en sera de même en automne. Des actions pourraient avoir lieu en septembre et octobre.


Faut-il que la FGTB décrète une grève générale ?

Pour Nico Cué, la question ne se pose plus : "cette grève s’inscrit dans la perspective d’un plan d’action à plus long terme." Et cela se fera en Front commun si possible, mais seul s’il le faut : "Je pense que la CSC nous accompagnera ", pronostique le patron des métallos de la FGTB.

Nico Cué se défend que son discours viril soit lié à l’approche des élections sociales: "Il fallait un plan d’action solide. On ne parle pas d’élections sociales. Nous sommes en face d’un gouvernement qui rendra notre vie bien plus difficile demain qu’aujourd’hui. A force de recevoir des coups du gouvernement, on n’a pas su tout de suite prendre la bonne décision pour mener un plan d’action."

Les discours du 1er mai ont, aussi, dû faire siffler les oreilles du gouvernement fédéral. Avec notamment des invectives telles que celles de Thierry Bodson, secrétaire général de l’inter-régionales wallonne de la FGTB. Il n'a pas hésité à traiter la N-VA de 'fachos' et le gouvernement de "larbin du patronat". Pour Nico Cué, ce discours est simplement à la hauteur de la violence de l’attaque: "Le gouvernement ne cesse d’évoquer la concertation, mais en mettant hors-jeu les organisations syndicales. Le ton est à la hauteur des attaques".

On va faire une guérilla contre le gouvernement

Alors que la décision d’une grève générale -en juin- sera prise mardi, le patron des métallos promet une "guérilla" contre le gouvernement. "On va faire une guérilla contre le gouvernement comme il fait une guérilla sur tous les secteurs de la vie des travailleurs", a ainsi lancé notre invité.

"On pense déjà au mois de septembre. La souffrance au travail va devenir 10 fois plus importante. Les libéraux parlent de concilier vie privée  et horaires de travail. C’est une stupidité monumentale. On donne l’illusion aux travailleurs qu’ils pourront choisir le moment où ils pourront prendre leur temps libre. C’est un immense mensonge. " Et Nico Cué d’évoquer une souffrance au travail qui devient "extrêmement violente."

Au MR qui réclame une réforme "adaptée au XXI ème siècle", le syndicaliste répond qu’entre les années 70 et aujourd’hui, la législation n'a cessé d'évoluer en matière d'heures supplémentaires. 143 heures sont désormais possibles pour faire face aux surplus de commandes. "Tout cela existe, mais de manière négociée. La situation actuelle me rappelle l’époque où les seigneurs désignaient, sur la place du village, qui allait travailler ce jour-là. C’est la jungle ce n’est pas un progrès social."

Pourquoi les actions seraient-elles plus efficaces ?

Par rapport aux mois écoulés, Nico Cué a le sentiment d'une opinion publique consciente que le gouvernement va beaucoup trop loin.  "Après la grève du 15 décembre 2014, on a repris une concertation normale, mais désormais il faudra une pression constante durant les prochains mois: en mai, en  juin,  en septembre et en octobre. Comme l’a dit Thierry Bodson, Il y a encore beaucoup d’horreurs qui nous attendent dans les valises de ce gouvernement."

FGTB/PTB même combat?

Le syndicat peut se battre contre ce gouvernement qualifié de fragile, et même, peut-être, le faire tomber. C'est la position du métallo qui n'en fait pas un objectif. "Les syndicats peuvent proposer une alternative qui permettront de s’engager dans le XXIème siècle, en réfléchissant à des propositions sur le travail et la sécurité sociale."  Mais ensuite, ce doit être aux partis de gauche de prendre le relais: " Nous n’irons pas siéger au parlement". Mais pas question de citer les noms de partis pour autant: "Je n’ai qu’une carte, celle de la FGTB. " Et si le métallo reconnaît une poussée des militants du PTB, il ne s’agit en rien d’un noyautage: "La délégation de la FN n’est pas, comme on la dit, infiltrée par le PTB. La FGTB n’est pas proche du PTB, c’est un mythe, on n’est proche de personne."

Le combat reste, lui, difficile, conclut Nico Cué. Pour le remporter, il faut que les travailleurs n’aient pas peur: "Je lance un appel pour que les travailleurs ne s’endorment pas, sinon ils se retrouveront dans des conditions de travail dignes du XVIIIème siècle."

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