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25/01/2016

Carte blanche: "LA PALESTINE S'EMBRASE ET UN VENT DE PANIQUE SOUFFLE SUR ISRAËL"

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La Palestine est en proie à une révolte qui ne dit pas son nom et qui n'a rien à voir avec la dernière intifada (en 2000). Cette intifada avait à l'époque soulevé l'indignation chez certains soldats de Tsahal (l'armée israélienne). Nous sommes formés pour combattre en cas de guerre mais non pour se battre contre des gamins armés de cailloux. Le pouvoir israélien en a tiré des leçons et a adapté sa stratégie "antiterroriste".


Mais nous ne sommes plus en 2000 et la génération palestinienne montante a, elle aussi, retenu les leçons du passé. Résultat, la tension a monté d'un cran. Pas une nuit ne se passe sans qu'un juif ou plusieurs ne succombent aux assauts menés à l'arme blanche. Un couteau, tout le monde en possède un chez soi proclament ces jeunes qui étaient encore des bambins à l'époque de la dernière Intifada. Le Shabak, le Service de sécurité intérieure israélien, est débordé car ces jeunes fonctionnent en électron libre et n'appartiennent à aucune organisation, ni du Fatah, ni du Hamas ou autre connue de leurs services. Ces paroxysmes de réactions surviennent à chaque génération montante depuis l'occupation des territoires en 1967.

Marwan Barghouti, incarcéré illégalement dans une cellule israélienne déclare dans un long article paru das le Guardian : "Il n’y aura pas de paix tant que l’occupation israélienne de la Palestine durera". L'armée et la police israélienne ont beau fanfaronner en mettant en place un nouveau système "antiterroriste", Netanyahou et ses sbires n'arriveront pas aussi facilement à bout de ces révoltes.

Bien entendu, ces incidents sanglants sont condamnables mais ils sont cependant compréhensibles. Pour avoir visité la Palestine, j'ai assisté à plusieurs reprises aux humiliations gratuites et idiotes des soldats de Tsahal envers les Palestiniens. Je me souviens notamment de cette scène odieuse au passage de Rafah (à l'époque où l'on pouvait encore se rendre à Gaza) où un jeune palestinien accompagnait sa grand-mère qui s'est vu intimer l'ordre d'enlever sa djellaba sans aucune raison apparente. Elle s'est retrouvée totalement dépouillée face à son petit-fils, un adolescent de 15 ans. Ces jeunes qui frappent là où ne les attend pas vivent ces humiliations et vexations inutiles depuis leur plus tendre enfance. Comment s'étonner de ce qui arrive aujourd'hui... 

Tandis que les incidents enflamment la Palestine, un vent de panique s'empare de la population israélienne. Des enfants sont retirés des écoles, la demande de permis de port d'arme est en hausse de 150% et des cours gratuits de technique de défense sont donnés à la demande. Face à ces attaques au couteau, les Israéliens sont déboussolés... On paye là des décennies d'un système d'éducation scolaire où l'endoctrinement à supplanté l'éducation à l'histoire. Aucun enseignant ne donne réellement un cours d'histoire où l'on évoque la partition de la Palestine en 1948 et qui a donné naissance à l'Etat d'Israël. L'histoire est est enseignée sous l'angle de la Torah où Israël devient la terre des juifs, le peuple élu. On répète ces affirmations dès le plus jeune âge. Dans cette version biblique de l'histoire, les Arabes sont sur cette terre d'Israël comme autant d'intrus qu'il faut chasser afin de réaliser le dessin de Jehovah. Le Général de Gaulle, dans une conférence de presse au lendemain de la Guerre des six jours affirmait : "les Juifs, jusqu'alors dispersés, mais qui étaient restés ce qu'ils avaient été de tout temps, c'est-à-dire un peuple d'élite, sûr de lui-même et dominateur, n'en viennent, une fois rassemblés dans le site de leur ancienne grandeur, à changer en ambition ardente et conquérante les souhaits très émouvants qu'ils formaient depuis dix-neuf siècles : l'an prochain à Jérusalem".

Dès la descente d'avion à l’aéroport Ben Gourion à Tel-Aviv, on ressent ce regard méprisant du peuple élu sur les goyim (peuple non israélite) que nous sommes...

Pour revenir aux incidents qui embrassent la Palestine et plongent Israël dans l'angoisse, il faut se rendre à l'évidence, l'escalade de la violence ne résoudra rien. Ni d'un côté, ni de l'autre. Non, il faudra un jour se mettre autour d'une table mais cela nécessitera une profonde remise en question. Cela passera par des déchirements, des désillusions et surtout un revirement politique et un changement culturel profond. Mais c'est une autre histoire et ce n'est pas pour demain...

Freddy Guidé

 

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