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MONS 2015, CAPITALE EUROPÉENNE DE LA CULTURE ET VINCENT VAN GOGH.

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Avec quelques bons amis, nous avons visité l'exposition "Van Gogh dans le Borinage" au Palais des Beaux-Arts de Mons (BAM) dans le cadre de "Mons 2015, capitale européenne de la culture". Ce jour là, j'ai quitté la ville de Mons avec la désagréable impression de m'être fait rouler par une vaste opération de marketing culturel. Parmi mes amis, les avis étaient partagés. Avouez quand même que débourser quinze euros pour contempler de mauvais  dessins, des "craboutchas" (gribouillis en patois local) comme disaient ses contemporains borains et que l'on présente ici comme étant les débuts de celui qui allait peindre des chefs-d'oeuvre à la pelle. 

Et d'en faire des tonnes... Comme par exemple, un immense jeu de psychomotricité où les familles devaient concevoir avec un lego géant le célèbre tableau "Les Mangeurs de pommes de terre" – oeuvre qui ne figure même pas dans l'exposition -, dernièrement "le labyrinthe de tournesols" sur la Grand-place de Mons et pas plus tard que cette semaine la restauration de son habitation à Wasmes telle qu'elle fut à l'époque. N'en jetez plus !

Pourtant, quand Vincent Van Gogh arrive au Borinage en 1878, à l'âge de 25 ans, c'est un apprenti pasteur qui débarque et non un peintre. Devenu dévot à la suite d'une déception amoureuse à Londres. Il suit des cours pendant trois mois à l'école protestante de Laeken, près de Bruxelles, mais après l'Université de théologie d'Amsterdam, il échoue à nouveau et abandonne ses études pour devenir prédicateur laïc. Début décembre 1878, il obtient une mission d'évangéliste en Belgique, auprès des mineurs du Borinage, dans la région de Mons. Il y devient un prédicateur solidaire des luttes contre le patronat mais il a déjà fait son apprentissage pictural en ayant visité tous les grands musées des villes importantes qu'il a traversées quand il travaillait pour la  galerie d'art  Goupil & Cie.

Sa traversée du Borinage en Belgique commence à Pâturages en 1878. Il y est accueilli par un évangéliste qui l'installe chez un cultivateur à Wasmes. Très vite, il juge cette maison trop luxueuse et, en août, il part pour Cuesmes afin de loger chez un autre évangéliste. Allant au bout de ses convictions, Van Gogh décide de vivre comme ceux auprès desquels il prêche, partageant leurs difficultés jusqu'à dormir sur la paille dans une petite hutte. Il descend à 700 mètres au Charbonnage de Marcasse. Il consacre tout aux mineurs et à leur famille. Lors d'un coup de grisou, il sauve un mineur. Mais ses activités de pasteur ouvrier ne tardent pas à être désapprouvées, ce qui le choque. Accusé d'être un meneur, il est contraint d'abandonner la mission — suspendue par le comité d'évangélisation. Il en garde l'image de la misère humaine qui apparaîtra dans une partie de son œuvre. Après ces évènements, il se rend à Bruxelles puis revient brièvement à Cuesmes, où il s'installe dans une maison. Mais, sous la pression de ses parents, il retourne chez eux à Etten. Il y reste désœuvré, jusqu'en mars 1880.  Un grave conflit éclate entre Vincent et son père, ce dernier allant jusqu'à se renseigner pour faire admettre son fils à l'asile de Geel. Il s'enfuit de nouveau et se réfugie à Cuesmes, où il loge jusqu'en octobre 1880 chez un mineur. Entretemps, son frère Theo obtient un emploi stable chez Goupil & Cie, galerie d'art à Paris.

Ce n'est donc pas le célèbre peintre qui s'installe dans la région montoise mais un fils de pasteur, imprégné de charité chrétienne. L'homme se cherche. Il est partagé entre l'art et la religion.  Les Van Gogh sont en effet issus d'une longue lignée  de pasteurs et de marchands d'art. Avant sa crise de mysticisme, Vincent a exercé divers apprentissages au sein de  galeries d'art et cela l'aura sans doute incité à devenir peintre . Contrairement à ce que prétend le catalogue ce n'est pas le Borinage qui a décidé de son avenir d'artiste. L'exposition "Van Gogh au Borinage" est un peu à l'image de Van Gogh, elle se cherche et ne  sait dans quel sens aller. Il n'y a pas la moindre trace de chefs d'oeuvre. Parmi les touristes hollandais, débarquant d'autocars high tech par dizaines. Certains ne cachaient pas leur déception.

Quand Vincent est descendu du train à Cuesmes en 1878 les gens l'appelait "l'Rouchat, l'Flamin, l'sot du bos"  (le roux, le Flamand - au sens péjoratif, le sot du bois). C'est dire comme il était apprécié. Mais aujourd'hui, Van Gogh fait vendre.

Freddy Guidé


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