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06/01/2015

"Facebook" désintéressé.Vraiment?

nouvelles du progrès,facebookRésolu de rentabiliser au mieux ses abonnés, "Facebook" ne cache plus ses agressives ambitions commerciales. Depuis plus d'une  semaine, le réseau social mondial s'est lancé dans une campagne de communication auprès de ses fidèles. Une opération de "transparence" destinée à informer les internautes sur l'exploitation de leurs données personnelles. Mais le chemin de la transparence est semé d'embûches. Passé les dizaines de renvois vers d'autres sites qui détaillent dans une « novlangue » (charabia) des plus indigestes, les règlements en vigueur, les explications sur l'utilisation des  données personnelles de l'ogre du Web donnent le vertige et confirment cet amer constat : la vie privée est un bien commercial comme un autre.


Chez "Facebook", tout est à vendre. Du simple numéro de téléphone  aux adresses électroniques délivrées  pour ouvrir un compte à son nom. Liste (non exhaustive) des données enregistrées : "les fréquences et la durée de de vos activités", avec date et heure, "les coordonnées téléchargées depuis un autre appareil d'une autre marque", comme votre répertoire transmis depuis un smartphone. Mais aussi "les données d'emplacements, GPS, Bluetooth, wifi, le nom de votre opérateur, vos données d'achat et de transaction" et de même, vous repérer grâce "à vos numéros de carte bleue" ! Le plus réussi des cambriolages ne rapporterait pas un aussi joli butin.

 

Etre sur "Facebook", c'est exposer volontairement une partie de sa vie privée, mais  pour le reste, le réseau social se passe de consentement. Grâce à ses puissants algorithmes et aux milliers d'informations glanées à chaque connexion, l'entreprise peut établir le profil de presque tous ses utilisateurs, même inscrit sous un pseudo.

 

La règle vaut pour le réseau social bleu mais aussi affilié au groupe "Facebook" - l'application Wats'App permet d'envoyer des messages gratuitement en Belgique mais aussi à l'étranger. Astagram publie des photos. D'autres comme Atlas – la multiplateforme de marketing lancée par l'entreprise en septembre, - file les internautes sur le Net. Tentaculaire le système de captation d'informations privées alimente un lucratif business de marketing ciblé en Belgique mais aussi aux Etats-Unis, où toutes les données sont transférées et stockées.

 

Illégalement ? Plus maintenant. Depuis 2000, avec la signature du traité commercial Safe Harbord, l'Union européenne a donné un blanc-seing aux businessmen transatlantiques, libres d'importer et de négocier dans la plus grande opacité, vos données personnelles. Le petit cadeau commercial fait aux Etats-Unis incommode aujourd'hui, les institutions européennes, bousculées en 2013, par l'affaire Prism et la récupération massive des données digitales des citoyens européens par les services de renseignements américains.

Saisie fin juin de  la légalité de l'accord, la Cour de justice de l'Union européenne pourrait suspendre  Safe Harbord et pourrait mettre un terme – ou pas  – à certaines pratiques  de "Facebook". Pour l'heure, il ne reste que deux solutions radicales pour éviter de se faire plumer : désactiver les comptes et résilier son abonnement à l'électricité...

 

Freddy Guidé

 

Glané dans le Canard enchaîné

 

 

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