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19/11/2014

Freddy se fend d'une lettre à propos d'Albert Frère

nouvelles du progrès,albert frèreA l'attention de M. Xavier Counasse

Le Soir

Rue Royale, 100

1000 Bruxelles


Cher Monsieur Counasse,


J'ai lu avec beaucoup d'attention votre article "Le jet privé qui n'a pas coûté un euro" et qui concerne les placements frauduleux d'Albert Frère auLuxembourg, paru dans le Soir de ce samedi 8 novembre. Première chose, Albert Frèren'est pas plus baron que je ne suis pape. Ce titre est purement honorifique mais vousramenez du "Baron Albert Frère" a chaque paragraphe.


Ensuite, j'aimerais tordre le cou àun canard habilement distillé par ses communicants. Albert Frère n'était pas un marchandde clous, c'était un banal marchand de ferraille un "loqui" comme on dit ici à Fontainel'Evêqued'où il est originaire. Son père n'était pas cloutier, mais il était à la tête d'unepetite entreprise de chaînerie qui fabriquait des chaînes pour le charbonnage du Pétria.


Ensuite, Albert Frère a contacté un heureux mariage en épousant la fille de la famille Bourgeois, des riches négociants en produits laminés. Quand les Laminoirs du Ruau de Monceau-sur-Sambre ont licenciés les directeurs commerciaux et ont fait appel à la firme Bourgeois pour écouler sa production, Albert Frère a pu exercer son grand sens de "redoutable homme d'affaire" en vendant du deuxième choix pour du premier choix. Ensuite, les usines sidérurgiques de la Providence de Marchienne-au-
Pont ont également fait appel à la firme Bourgeois pour écouler ses produits finis et de nouveau, Albert Frère a continué son manège qui consistait à vendre du deuxième choix pour du premier choix. Avec le magot ainsi accumulé il s'est procuré des actions de la Providence.

 

Vous êtes sans doute trop jeune pour vous souvenir des évènements qui ont secoué la sidérurgie carolorégienne au début des années 80. Les usines sidérurgiques de la Providence voulaient fermer l'unité de Marchienne-au-Pont et licencier les 5 000 travailleurs. Ceux-ci sont montés sur Bruxelles pour manifester leur mécontentement. N'ayant pas été entendus, ils y sont montés une deuxième fois. Ce fut une émeute insurrectionnelle. La Région Wallonne s'est empressée de reprendre la Providence et de garder l'ensemble des travailleurs. Contrairement à ce que vous affirmez dans l'article, Albert Frère n'était pas maître de la sidérurgie hennuyère mais il était à la tête d'une partie de la sidérurgie carolorégienne. Il s'est trouvé au bon endroit et au bon moment pour faire démarrer sa carrière de requin de la finance. Albert Frère, c'est un peu notre Bernard Tapie qui a réussi.

 

Car pour acquérir la sidérurgie carolorégienne, il fallait négocier avec Albert Frère qui a vendu ses actions au prix fort en promettant qu'il sauverait les usines de Clabecq, chose qu'il s'est bien gardé de faire. Empochant sans vergogne l'argent du contribuable, il a pu se lancer dans les affaires juteuses. On est loin de la légende propagée par ses communicants.

 

Dans l'attente du plaisir de vous lire, je vous prie d'agréer, Cher Monsieur Counasse, l'expression de ma considération et de recevoir mes salutations les meilleures.

 

Freddy Guidé

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