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02/11/2014

Commémoration 2014 du souvenir du Président du Chili Salvador Allende

nouvelles du progrès,salvador allende,sergio poblete,robert tangre,ernest glinne,marcel beynaerts,courcellesComme chaque année, les Courcellois renouvellent le souvenir de ce président, homme du peuple.

Organisée par l’asbl Progrès et Culture et soutenue par l'administration communale, cette commémoration s’ouvrit par l’accueil de Monsieur Daniel PETIT, président de l’association. Celui-ci transmit la parole à Mme la Bourgmestre Caroline TAQUIN puis à M. Robert TANGRE, présidant à l’époque le Comité Chili.

Lors de son intervention, ce dernier relut le début du discours du Général Poblete* que ce dernier lut lors de l’inauguration du monument érigé en hommage à ce grand démocrate qu'était le président Allende.


Mesdames, Messieurs,

L’Unité Populaire a surgi comme une large alliance de forces sociales et politiques qui avaient été et sont encore aujourd’hui l’expression de profonds souhaits de libération nationale et sociale partagés par l’immense majorité de la population du Chili.

Les grands partis ouvriers marxistes : le socialiste et le communiste, celui des classes moyennes et de larges secteurs chrétiens, professionnels et techniques et de nombreux chiliens progressistes s’unirent ainsi et mirent sur pied un programme commun qui représentait leurs aspirations. Mais l’Unité populaire venait de très loin. Le mouvement ouvrier trouvait en elle son expression de politique nouvelle, un mouvement ouvrier avec sa trajectoire héroïque de luttes de classes pour le pain, pour les droits démocratiques, pour la véritable démocratie, pour ceux d’en bas, pour la participation réelle des travailleurs dans la direction de la République.

La victoire de septembre 1970 représentait en outre et par-dessus tout l’aspiration la plus ardente des Chiliens : celle de l’entière libération nationale, la récupération des richesses de la patrie des mains de l’impérialisme que Salvador Allende lui-même allait définir comme étant la seconde indépendance.

Le Gouvernement de l’Unité Populaire était un gouvernement qui remplissait vraiment ses promesses, qui gouvernait pour le peuple car il était le gouvernement des travailleurs. En peu de mois, le gouvernement populaire réduisit le chômage au taux le plus bas de l’histoire, accomplissant ainsi ce qu’il avait promis.

Le programme de l’Unité Populaire était en train de se réaliser. Ceux qui pronostiquèrent que ce gouvernement allait hésiter, trahir et tromper le peuple, durent reconnaître leur erreur. En même temps que les mesures sociales urgentes, le gouvernement approfondit la réforme agraire, étatisa les banques et prit enfin la décision la plus importante pour le futur développement économique : la nationalisation du cuivre.

Les entreprises transnationales comme l’I.T.T., le Konnecoth, l’Anaconda ne se résignèrent pas à perdre leur position économique privilégiée au Chili.

Dès les premières heures qui suivirent le triomphe de l’Unité Populaire et de son porte-drapeau Salvador Allende, la nuit même du 4 septembre 1970, ils commencèrent la grande conspiration, ils se mirent à préparer la guerre contre le peuple et son nouveau gouvernement. Nous savons que les multinationales, avec l’aide de la C.I.A. et les services de renseignement du Pentagone planifièrent, orientèrent et financèrent la campagne séditieuse.

En 1970 débuta la période la plus féconde de l’histoire du Chili au cours de ce siècle, quant aux réalisations, aux mesures de bénéfices pour les grandes majorités du pays et le progrès social. Mais ce fut également une période de grandes difficultés, de sabotage égoïste et acharné, provoqué de la part des grands intérêts créés affectés par ces avances.

Combien de propriétaires de petites et moyennes entreprises, et même de grandes, combien de commerçants, combien de camionneurs, de chauffeurs de taxi, de médecins, et d’ingénieurs, combien d’employés et combien de maîtresses de maison qui firent une opposition active au gouvernement du Président Allende se souviennent aujourd’hui avec nostalgie de ces années, de cette période qui débuta le 4 septembre 1970.

Et combien de soldats, de marins, d’aviateurs et de gendarmes réfléchissent aujourd’hui et commencent à estimer et à apprécier d’une façon objective tout ce qu’il y avait de positif, de créatif, de patriotique et d’humain dans le gouvernement populaire de Salvador Allende.

Mais que reste-t-il à présent de ce Chili qui s’édifia sous la direction du Président Allende ? Que reste-t-il de tout ce que Salvador Allende exposa avec orgueil devant l’Assemblée Générale des Nations Unies ?

Aujourd’hui, en 1975, sous Pinochet et ses acolytes, il existe la chasse aux sorcières, les idéologies proscrites, l’incendie de livre, l’expulsion d’étudiants et des professeurs des lycées et des universités pour leurs idées. Il existe une répression sanglante et bestiale contre les travailleurs et contre tout le peuple du Chili : C’EST LE FASCISME.

Aujourd’hui, la classe laborieuse lutte dans les conditions les plus dures pour maintenir son unité et son organisation ; la Centrale Unique des travailleurs a été proscrite.

Le suffrage universel et secret n’est plus qu’un souvenir. La Junte militaire a en horreur toute forme de démocratie, rejette tout genre d’élections. Elle les a interdites dans les conseils des quartiers, dans les centres d’étudiants, dans les communes, dans les syndicats, dans les associations de femmes : C’EST LE FASCISME.

Aujourd’hui, le Parlement n’est plus qu’un édifice ou fonctionne un nouveau ministère de la junte : le Ministère des Détenus Politiques.

Les Tribunaux au service d’une classe se sont soumis avec empressement à l’autorité de la Junte. Le Président de la Cour Suprême de Justice, moins d’un mois après l’assassinat du Président constitutionnel de la République déclara : « La Junte a accéléré à juste titre la chute du gouvernement Allende » et il plaça la justice au service de la répression.

La Constitution Politique du Chili s’est transformée en un document considéré par la Junte en état de modification permanente car n’importe quel décret de la Junte a plus de force que les dispositions de la charte Fondamentale.

Et les Forces Armées professionnelles ayant un esprit démocratique ? C’est ce que croyait le Président Allende, c’est ce que croyaient bien ces gens. L’erreur a été payée à un prix très élevé.

* Pour en savoir plus sur ce général , cliquez sur http://es.wikipedia.org/wiki/Sergio_Poblete

 

 

 

 

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