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14/09/2014

Jean Callewaert sera le président de "l'Union des mineurs Eurêka" jusqu'en 1894

nouvelles du progrès,jean callewaert,les chevaliers du travail,jacques lemaîtreSon nom connaît une transcription très variable: Calluwaert, Caeluwaert, Callewaërt ...

Il est né le 12 juin 1846 à Marchienne-au-Pont.

Louis Bertrand dans Histoire de la démocratie et du socialisme en Belgique depuis 1830, Editions Dechenne, 1906, p.619.

Voir dans les annexes les informations données par R.Abs dans "Les Chevaliers du Travail", La Pensée et les hommes, août 1972, P.88.

Voir dans les annexes les informations données par J. Michel dans "La Chevalerie du Travail (1890-1906), Force ou faiblesse du mouvement ouvrier belge, Revue belge d'histoire contemporaine, 1978, 1-2, p. 120.


Il travaille depuis l'âge de neuf ans et va passer plus de 26 ans au fond de la mine C'est dire qu'il y a "du pain sur la planche" pour compléter ces notes sur l'histoire des Chevaliers du Travail dans le bassin de Charleroi et qu'il sera passionnant de dépouiller les archives des Chevaliers du Travail en possession du Centre d'archives du Progrès "Mémoire ouvrière", devenu depuis peu une section de l'Institut d'Histoire ouvrière, économique et sociale de Serein.

Il est autodidacte et sa personnalité lui donne un grand ascendant sur ses camarades mineurs.

Il pratiqua l'action commune avec le P.O.B. mais maintint longtemps l'organisation des Chevaliers du Travail à l'écart du Syndicat national des mineurs.

Il fut exclu du P.O.B. lorsqu'il soutint Defuisseaux et le Parti Socialiste Républicain.

En 1894, il fut néanmoins élu député de Charleroi et le resta jusqu'en 1918.

Jean Callewaert est considéré comme le représentant le plus qualifié du "prolétariat de la fosse" et comme le principal animateur de la vaste association des Chevaliers du Travail, première et formidable union syndicale.

L'Eurêka des ouvriers mineurs comptait 31 membres à sa création pour tout le bassin de Charleroi et de la Basse-Sambre - le 1er décembre 1885, il y avait déjà 2.200 affiliés et bientôt 3.000.

Au lendemain des émeutes de mars 1886, à l'initiative des Chevaliers du Travail, une nouvelle « Union des mineurs » est créée, après un meeting qui se tient le 22 avril au Faubourg de Charleroi.

Ce sont également les Chevaliers du Travail, en particulier Albert Delwarte et Alexandre Roucloux (de Jumet), qui jouent un rôle essentiel dans la formation de « ligues ouvrières » dans de nombreuses localités du Pays de Charleroi, puis quelques mois plus tard dans le Centre.

Le mouvement s'étend et, le 3 octobre 1886, est fondée la « Fédération des ligues ouvrières du Pays de Charleroi », Fédération qui va continuer à se développer en 1887, avec tendance à la constitution associée de coopératives.

Le dynamisme et la centralisation nécessaires au développement de ces coopératives ne vont pas être favorisése par les préoccupations trop locales des Chevaliers du Travail.

A l'occasion de la grève, à Jumet, du charbonnage d'Amercoeur, Callewaert crée la coopérative « Eurêka » qui comporte une société de secours et de résistance et qui permet, de ce fait, de donner une indemnité aux grévistes.

Le succès de cette grève va être très relatif mais elle entraîne un renforcement des Chevaliers du Travail.

Le 2 janvier 1887, Callewaert, et ses Chevaliers du Travail, crée « l'Union des métallurgistes de Couillet » et par la suite d'autres Unions de ce type.  Celles-ci vivoteront faute de disposer de caisses de défense jusqu'en 1894.

C'est les 14 et 15 août que se constitue le Parti Républicain Socialiste, qui tient son premier congrès à la fin de l'année.

En juillet, une « Ligue progressiste » organise une réunion à Jumet à laquelle assistent notamment J. des Essarts, Jules Destrée, J. Falleur etc...

A la fin de cette année 1887, une « Organisation nationale des Chevaliers du Travail » naît à Bruxelles.  Celle-ci comporte 18 groupements et des militants comme Jules Destrée et Jules des Essarts.

En 1888, Oscar Falleur doit quitter le Pays Noir et s'exiler aux Etats-Unis, à Pittsburg, où il rejoint les Knights of Labor.

A la fin de l'année, une grève de mineurs dans le Centre (où le Parti Républicain Socialiste est puissant), plus limitée à Charleroi, est émaillée d'attentats et fait l'objet d'une répression féroce.

Elle est le prétexte à la découverte du « Grand Complot » contre la sécurité et l'existence même de l'Etat.  Les « conspirateurs » sont arrêtés et traduits en justice.  On découvre rapidement le rôle primordial de provocateurs ce qui suggère qu'il s'agit en réalité d'un complot de la sûreté contre le Parti Républicain Socialiste.  Les inculpés sont défendus par de grands avocats (P. Janson, E. Picard, Masson, J. Destrée ... ) et bénéficient d'un important soutien populaire. lis sont acquittés à la grande satisfaction des travailleurs.

Quelques mois plus tard, le Parti Républicain Socialiste adhère au P.O.B.

A la fin de cette année, alors que la loi met fin au travail des femmes dans les mines, deux sections des Chevaliers du travail possédant des caisses de secours (Jumet-Gohyssart et Charleroi Rotin) sont à l'origine d'une nouvelle grève qui touche de nombreux charbonnages et qui déborde sur janvier 1890.

Le 25 décembre se constitue une « Fédération nationale des mines » qui va garder longtemps encore un rôle relativement secondaire par rapport aux Chevaliers du Travail.

La grève se termine le 15 janvier 1890 avec des augmentations de salaire et, au Parlement, le dépôt d'un projet de loi réduisant la journée de travail à 10 heures.

La popularité de Callewaert s'accroît et les Chevaliers du Travail connaissent un gonflement important de leurs effectifs avec reconstitution de sections à Gilly, Ransart, Dampremy, Souvret, Courcelles etc...

Emile Vandervelde estime à ce moment, à la suite d'une enquête, que les Chevaliers du Travail, dans le bassin de Charleroi, comptent à eux seuls 23.000 membres.

Ce chiffre est confirmé par Watillon qui parle lui de 24.000 membres inscrits.

Le 18 février, Callewaert est nommé « Grand Maître de l'Ordre » et Lambillotte (verriers) secrétaire général.

Le 5 avril 1891, au cours d'un congrès du P.O.B. à Bruxelles, Callewaert et d'autres Chevaliers du Travail s'expriment et s'inscrivent dans une tendance, qui paraît unanime, à mener des actions plus énergiques. L'adhésion des Chevaliers du Travail au P.O.B. est également suggérée.

Le 1er mai de la même année, les Chevaliers du Travail vont lancer leur première grève politique, entraînant tous les charbonnages - 100.000 grévistes dont 30.000 à Charleroi - grève que le P.O.B. se décide à soutenir.  Après l'affirmation quelque peu prématurée d'une révision de la loi électorale, l'action est relancée avec des objectifs économiques.  Elle finit par s'épuiser et se termine par une défaite.  La reprise du travail est suivie d'une répression très sévère qui vise surtout les membres des Chevaliers du Travail.  Leurs effectifs chutent de ce fait des 2/3.  Il faudra plus de deux ans pour qu'ils reconstituent leurs forces.

A partir de cette époque, les Chevaliers du Travail et le P.O.B. vont se trouver coude à coude avec des divergences relativement secondaires.

A suivre

 

Commentaires

MERCI BEAUCOUP POUR VOTRE ARTICLE

Écrit par : trafic organique | 18/09/2014

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