robert1943 robert1943 robert1943

Les chevaliers du travail ( 5 ème partie)

chevaliers du travail,nouvelles du progrès,grèves de 1886LE SOULEVEMENT OUVRIER DE MARS 1886 A LIEGE ET A CHARLEROI

 

Nous ne ferons ici que d'évoquer ces événements.  Pour plus de détails, il est utile de consulter notamment: "Histoire de la démocratie et du socialisme" de Louis Bertrand, Tome 11, pages 393 et suivantes - "La révolte des damnés de la terre" de D. Pector et E. Fourier, Edition Le Progrès et la F.J.J., 1986  - "Les émeutes de mars 1886 du Pays de Charleroi", article de J.L. Delaet dans "Fournies et « les Premiers Mai », ouvrage collectif sous la direction de M. Rébérioux, Ed. de l'Atelier, 1994.

A la veille des événements de mars 1886, la production et les conditions de travail dans l'industrie verrière se sont profondément et durablement modifiées en raison d'importantes avancées techniques.

 

Nous avons évoqué plus haut les répercussions sociales de l'introduction du "four à bassin", lequel avait déjà été installé depuis 1881 par Eugène Baudoux à la place du "four à creuset".

 

Cette modification dans la production entraînait la parcellisation du travail et un travail continu en trois équipes.

 

Une autre conséquence était la spécialisation accrue de la production : la verrerie à vitres devenant le monopole du bassin de Charleroi, la gobeleterie celui de la région du Centre et du Val St-Lambert, la glacerie celui de la Basse-Sambre.

 

Si à la fin de 1885 s'amorce une sortie progressive de la crise, par contre, l'emploi a diminué de plus de 30% à certains endroits et les conditions de vie précaires de la classe ouvrière atteignent un niveau dramatique.

 

Les travailleurs vont vivement réagir aux modifications de leurs conditions de travail et à la baisse des salaires.

 

Le 18 mars 1886, une manifestation de sans travail à Liège, convoquée par un groupe anarchiste pour commémorer le 15 ème anniversaire de la Commune, met le feu aux poudres déclenchant des troubles et une grève générale.

 

Les nouvelles de Liège suscitent une vive émotion chez les travailleurs de Charleroi, du Centre et du Borinage. La grève s'étend à de nombreux charbonnages.

 

Tout le bassin de Charleroi connaît la violence et est parcouru par de nombreuses bandes d'ouvriers révoltés qui mettent à sac des usines, incendient des châteaux et des bâtiments industriels.

La répression sera impitoyable. Le général Vander Smissen chargé du rétablissement de l'ordre fait tirer sur les émeutiers. Nombreux tués, plus de 200 blessés, 250 arrestations ... Les chefs de l'Union verrière sont rendus responsables de la tournure des événements et plus particulièrement de l'incendie de la verrerie Baudoux. O.Falleur le secrétaire, X. Schmidt et 16 autres compagnons sont condamnés à de lourdes peines de prison.


D'importantes manifestations sont organisées à Bruxelles le 15 août et à Charleroi le 31 octobre 1886 pour réclamer l'amnistie de tous les condamnés - des milliers de personnes y participent.  La pression populaire entraîne une loi d'amnistie.

O.Falleur est libéré mais quand il reprend ses activités syndicales, il est contraint de s'exiler aux Etats-Unis.

 

Des groupes entiers d'ouvriers conduits par des délégués de l'Union verrière, et en relation étroite avec les Knights of Labor, vont également gagner les Etats-Unis.

 

Ils seront à l'origine des noms belges de plusieurs villes américaines (un Charleroi, deux Bruxelles, deux Gand, deux Anvers, un Floreffe, un New Jumet devenu "Jeannette)

 

Tous ces événements vont entraîner une vertigineuse chute des adhérents de l'Union verrière. D'autres associations d'allure corporative vont se créer par la suite.

En 1894, sera fondée une "Nouvelle Union verrière".

 

Conséquences des émeutes

 

L'ampleur de ce mouvement de révolte de la classe ouvrière wallonne secoua profondément le monde patronal et politique. Nul ne pouvait plus ignorer ou feindre ignorer les conditions de vie de la classe ouvrière et la nécessité d'intégrer celle-ci dans la vie de la nation.

Leurs réactions s'effectuèrent en deux étapes :

1 ère étape: une répression impitoyable et un renforcement des moyens juridiques;

2 ème étape - des mesures pour désamorcer tout nouveau mouvement de contestation sociale.

 

C'est ainsi que fut créée une commission d'enquête sur le travail industriel et que s'amorça un travail législatif sur les questions économiques et sociales


Par exemple : l'interdiction proclamée le 31 décembre 1889 d'utiliser dans le travail industriel des enfants de moins de dix ans, de ne permettre que 12 heures de travail par jour pour les garçons de 12 à 16 ans et pour les filles de 12 à 21 ans et d'interdire le travail de nuit.

 

Par exemple, la prise de mesures favorisant la construction et la location d'habitations ouvrières salubres.

 

Les commentaires sont fermés.