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22/08/2014

Les chevaliers du travail (3 ème partie)

nouvelles du progrès,jacques lemaïtre,les chevaliers du travail.Situation politico-sociale de la classe ouvrière.

 

Jean Puissant a bien résumé cette situation.

 

Tous les témoignages de l'époque confirment l'extrême dénuement de la classe ouvrière: semaines de 72 heures de travail contrastant avec un chômage chronique, ressources dérisoires, logements insalubres, nourriture insuffisante, accidents du travail multiples, dégradation de l'état de santé ...


Les enfants ne sont pas ménagés.


Jean Neuville rappelle que le recensement de l'industrie en 1846 révélait que sur un total de

314.842 ouvriers, 66.385 avaient moins de 16 ans.

 

Les bas salaires rendent l'appoint du travail des enfants nécessaire à l'équilibre précaire du budget familial.

Il n'était pas rare de voir des enfants travailler à l'âge de 7- 8 ans, voire même de 5-6 ans, en particulier à la campagne, dans les ateliers familiaux, dans les petites et moyennes entreprises.

 

Vers 1880, dans les grands établissements industriels, les enfants sont généralement admis après leur communion, à l'âge de 1 0 ans pour le fond de la mine. Mal nourris, mal vêtus, mal logés, les ouvriers sont frappés par les maladies sociales de cette époque:    maladies chroniques et tuberculose... et par les maladies et accidents de travail.

A cela s'ajoutaient l'alcoolisme et la prostitution, parfois volontaire mais souvent sous la

contrainte d'un contremaître ou d'un patron.


De nombreux témoignages existent - signalons entre autres celui du Dr Schoenfeld dans une "Enquête sur les conditions des classes ouvrières et le travail des enfants" datant de 1846, du Dr Hanot dans un mémoire "De la mortalité des ouvriers mineurs" datant également de 1846, celui du professeur Gisbert Fossion de l'U.L.G. dans un "Rapport sur la condition des ouvriers et le travail des enfants dans les manufactures, mines et usines de la province de Liège" datant de 1845.

 

Un carcan politico-juridique empêche par ailleurs toute expression de mécontentement et de changement de la situation. L'article 415 du Code pénal précise que "toute coalition de la part des ouvriers, pour cesser en même temps le travail dans certains ateliers, empêcher de s'y rendre et d'y rester après certaines heures, sera punie d'un emprisonnement d'un mois au moins et de trois mois au plus" Les chefs, eux, seront punis "d'un emprisonnement de deux à cinq ans.11 Du point de vue de la protection sociale, c'est le vide presqu'absolu Quelques caisses de secours mutuels existent.

Un loi organique a installé des Prud'hommes mais ceux-ci ne seront pas paritaires jusque le 7 février 1886.


Toutes les tentatives d'interventions publiques sont vouées à l'échec devant le mépris et l'arrogance du monde patronal et politique

 

Avant 1886, l'organisation du mouvement ouvrier n'est pas suffisante pour lui permettre de modifier la situation et imposer à l'Etat une intervention dans le domaine économique et social.

 
Il n'est dès lors guère étonnant que la classe ouvrière wallonne, minée par la misère et galvanisée par un messianisme politique, soit constamment en effervescence avec des troubles sociaux ininterrompus de 1884 à 1889.

 

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