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18/08/2014

Les Chevaliers du travail (suite n°2).

jacques lemaïtre,les chevaliers du travail,nouvelles du progrès.CONTEXTE SOCIO-ECONOMIOUE DANS LEOUEL NAIT LA CHEVALERIE DU TRAVAIL A CHARLEROI A LA FIN DU XIX SIECLE.

 Citons d'abord ce qu'en dit Joël Michel en introduisant son article sur la Chevalerie du Travail à Charleroi (La Chevalerie du Travail - Force ou faiblesse du mouvement ouvrier beige - Revue belge d'histoire contemporaine, 1978, 1-2, p. 1 20.) :


... le foisonnement et la dispersion du mouvement ouvrier beige semble offrir la gamme complète des expériences du socialisme européen, de l'organisation professionnelle la plus sage à la tentation anarchiste; d'où l'image fréquemment employée du "microcosme belge" dont chaque élément reflète et illustre un grand courant européen.

La Chevalerie du Travail est un mouvement original plus difficile à classer, car elle a façonné le mouvement ouvrier dans le bassin de Charleroi à un degré et dans des formes dont les autres branches européennes de cette organisation, née aux Etats-Unis, n'offrent aucun équivalent.

Les ouvriers verriers belges du bassin industriel de Charleroi bénéficient en 1884 de la solidarité prolétarienne des ouvriers verriers américains par les liens qui existent, depuis 1882, avec l'organisation américaine des Chevaliers du Travail.

Ces liens vont finalement se révéler peu consistants et se rompre quasi complètement en 1889.

Par contre la Chevalerie du Travail va connaître à Charleroi un nouveau développement en recrutant essentiellement des ouvriers mineurs et former une organisation qui va se trouver nettement en avance par rapport au mouvement syndical et qui va jalousement préserver son indépendance jusqu'en 1905.

La Belgique qui, dans de nombreux domaines (charbon extrait, production industrielle et exploitation surtout si on analyse ces domaines par rapport au nombre d'habitants) est longtemps le deuxième pays industriel dans le monde, reste par contre le pays le plus conservateur, voire, avant la première guerre mondiale, le plus arriéré au point de vue politique et social..

(Jean Puissant dans les " Cahiers marxistes" de mars-avril 1985, n'131-132, p.22.)

C'est surtout la Wallonie qui connaît un essor industriel impressionnant.

Entre 1850 et 1875, la force motrice utilisée par l'industrie et les moyens de communication décuple, la production de houille triple, le réseau ferroviaire passe de 1.000 Km à 3.500 Km ...

Au début du XIXème siècle, l'industrie charbonnière occupe moins de 30.000 ouvriers.

A la fin du siècle, elle en occupe trois fois plus.

Le progrès technique y est par ailleurs spectaculaire - fonçage à niveau plein, cuvelage en fonte, perforation mécanique à air comprimé, perfectionnements dans l'aérage et le fonctionnement des cages, etc...

Le Pays de Charleroi va être une des premières régions à s'engager dans un processus d'industrialisation dont le charbon, le fer et le verre sont les éléments moteurs.

Il connaît une croissance démographique spectaculaire en grande partie due à l'immigration.

La proportion d'analphabètes est élevée: 47,4% contre une moyenne nationale de 42,2%.

A la fin du siècle, Charleroi représente le tiers du potentiel industriel belge avec essentiellement des produits bruts et demies-fines.

Cela représente 1/3 des mines, 4/10 de la sidérurgie, 7/10 de la verrerie, 114 de la carbochimie et de la chimie, 1110 de la métallurgie et de la construction mécanique.

En 1880, sur un total de 55.195 ouvriers, 34.454 travaillent dans les charbonnages, 6.879 en sidérurgie, 6.514 en verrerie...

Jacques Lemaître

 

 

 

 

 

 

 

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