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LE SOUFFLE D'UN IMMENSE ÉCRIVAIN

nouvelles du progrès,gabriel garcia marquez,cuba,fidel castroUn des plus grands  écrivains latino-américains s'est éteint. Gabriel Garcia Marquez n'a jamais  dissocié la littérature de ses convictions politiques. Son oeuvre rayonne bien au-delà des lettres sud-américaines dont il est un des principaux représentants.  Aîné de onze enfants, Gabriel José de la Concordia Garcia Marquez est né le 6 mars 1927, à Aracataca, un village perdu entre les marigots et les plaines poussiéreuses de la côte caraïbe colombienne. Son père y est télégraphiste. Dans l'œuvre de Gabo (surnom de Gabriel Garcia Marquez attribué par ses amis), Aracataca deviendra Macondo, un endroit mythique mais réel.

Lorsqu' il meurt à Mexico, à l'âge de 87 ans, le président colombien Juan Manuel Santos dira de lui: "Les géants ne meurent jamais". Et en effet. L'écrivain nous laisse une oeuvre immense et des titres qui lui survivront. Citons les principaux: "Pas de lettre pour le colonel" (1958), "Cent ans de solitude" (1967), son chef-d'oeuvre, "L'automne  du patriarche" (1975), "Chronique d'une mort annoncée" (1981), "l'amour au temps du choléra" (1985), "Le général dans son labyrinthe" (1989), "Mémoire de mes putains tristes" (2004). En 1982, il obtient le prix Nobel de littérature. Son nom est associé fréquemment au "réalisme magique", genre qui insère des éléments magiques et des éléments surnaturels dans des situations se rattachant à un cadre historique et géographique avéré. La plupart de ses livres abordent le thème de la solitude.

Mais  Gabriel Garcia Marquez est aussi un brillant journaliste. Il collabore à plusieurs journaux. Il ira en poste à Paris où il devient correspondant pour plusieurs titres de journaux. Il visitera plusieurs pays et notamment les pays du bloc soviétique d'où il rédigera un article qui fait grand bruit, intitulé "90 jours derrière le rideau de fer". Puis il revient en Colombie.

En 1960, à la demande de Jorge Ricardo Masetti, fondateur de Prensa Latina et proche de Che Guevara, García Márquez accepte de participer à une formation de jeunes journalistes se déroulant par intermittence sur quelques mois à La Havane. En décembre, il croise par hasard la route de Fidel Castro dans un aéroport A 41. En janvier 1961, Masetti envoie García Márquez, accompagné de sa famille, travailler en tant que correspondant à New York dans un des bureaux de Prensa Latina. À la même période, John Fitzgerald Kennedy est élu président des États-Unis et nombreux sont les Cubains à venir se réfugier sur le territoire américain. Pour García Márquez et ses collègues de travail, c'est une période stressante. Ces derniers sont en effet souvent insultés et menacés par téléphone. Il reste encore à son poste quelque temps après le débarquement de la baie des Cochons du 17 avril 1961 mais finit par démissionner par dépit.

Il ne fera jamais mystère de ses sympathies d'extrême gauche et vouera une amitié indéfectible à Fidel Castro. Amitié qui lui a été abondamment reprochée. Et les Etats-Unis lui ont longtemps refusé un visa, puisqu’il avait mis les pieds à Cuba en un temps où c'était impardonnable. N'ayant jamais dissocié sa démarche littéraire  de ses convictions à gauche et même un peu plus.  Gabriel Garcia Marquez a été accusé de soutenir, grâce à sa célébrité et ses droits d'auteur, des mouvements terroristes. Vrai ou faux ? Difficile de trancher...

Reste une oeuvre, une vingtaine de livres dont quelques-uns ont toutes les chances de résister au temps parce qu'ils sont porté par un souffle rare, ce qui leur a permis d'imposer un imaginaire, une écriture puissante et un mode de narration.

Adieu l'artiste....

Freddy Guidé

 

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