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26/10/2013

Fièvre immobilière d’Israël en Palestine occupée

nouvelles du progrès,colonisation,israël,palestineDes milliers de logements pour colons juifs ont été annoncés ces derniers jours

Depuis trois semaines, les autorités israéliennes multiplient les annonces de constructions pour colons juifs dans les territoires palestiniens occupés, au grand dam des Palestiniens et de la communauté internationale.

Qu’on en juge : le 30 novembre 2012, le Premier ministre israélien relançait de manière spectaculaire la colonisation en donnant son feu vert au projet « E1 », gelé sous pression américaine, qui couperait la Cisjordanie en deux et l’isolerait de Jérusalem‑Est.


Le 17 décembre, c’est la construction de 1 500 logements à Ramat Shlomo, à Jérusalem‑Est, qui était rendue publique. Deux jours après, la création d’une nouvelle colonie à Jérusalem‑Est était annoncée (2 610 logements à « Givat Hamatos »).

Le même jour, le ministère israélien du logement publiait des appels d’offres pour 1 048 nouveaux logements dans des colonies en Cisjordanie et à Jérusalem‑Est occupée et annexée. Le 20 décembre, le feu vert pour la création d’une autre nouvelle colonie, près de Bethléem, était donné par le gouvernement israélien (523 logements sur 6 000 prévus à « Gevaot »).

La communauté internationale est unie dans la stupéfaction devant ces annonces de faits accomplis. Fait rare, tous les membres du Conseil de sécurité de l’ONU sauf les USA ont émis des déclarations condamnant sans détour la politique israélienne dans les territoires occupés. Des déclarations pourtant faites en dehors du Conseil de sécurité où les États‑Unis brandissent de manière automatique leur veto devant tout projet de résolution affectant Israël. Washington, pourtant, partage le courroux du reste du monde puisqu’une porte‑parole du département d’État a quand même estimé les plans israéliens « profondément décevants » en ce qu’ils « mettent en danger la solution de deux États ».

L’Union européenne, mais aussi la France, cette fois, ont été très explicites. « La relance sans précédent des projets de colonisation est une provocation qui sape davantage la confiance nécessaire à la reprise des négociations et nous conduit à nous interroger sur l’engagement d’Israël en faveur de la solution des deux États », a déclaré jeudi un porte‑parole du Quai d’Orsay.

Selon certains analystes israéliens, la fièvre immobilière du gouvernement israélien doit être lue comme une tentative du Premier ministre Netanyahou pour contrer l’extrême droite en progression dans les sondages à l’approche des élections qu’il a lui‑même décidé d’anticiper au 22 janvier suivant.

Le quotidien israélien de gauche Haaretz voit surtout dans cette fièvre une « punition » infligée aux Palestiniens pour avoir « osé demander » (et obtenir) un statut d’État non‑membre à l’ONU. « Pendant des années, écrit ce journal en éditorial jeudi, l’Occident a ignoré les constructions dans les territoires, mais il y a un changement depuis deux ans : même des pays amis d’Israël veulent considérer une mesure punitive contre l’État juif comme le boycott. La folie des constructions dans les territoires aveugle le gouvernement devant la menace que représente la perte de nos rares amis. »

Baudouin Loos – Le Soir (Extrait du bulletin "Rencontres pour la Paix")

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