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Journalisme = terrorisme?

nouvelles du progrès,freddy guidé,guardian,nsa,terrorismeS'il subsistait le moindre doute sur la gravité des violations du droit des libertés publiques commises par la National Security Agency (NSA) Agence Nationale de la Sécurité et l'administration américaine, les réactions fiévreuses et désordonnées des gouvernements concernés suffiraient à le dissiper. L'enjeu est tel qu'une vieille démocrate comme la Grande-Bretagne s'assied soudain sur la liberté de la presse, soucieuse avant tout de voler au secours de l'allié américain et de cacher son éventuelle complicité.

La France se tait, après avoir montré sa complaisance en bloquant l'avion du président bolivien, Evo Morales  dans lequel aurait pu se trouver Snowden, le lanceur d'alerte par qui le scandale arrive. Notre pays se tait dans toutes les langues tandis que nos médias se répandent au sujet du bébé de Kate, de l'abdication d'Albert II, de Delphine Boël qui serait l'enfant naturel de ce bon vieux Albert II... Mais pas un mot d'indignation ! Non rien...Seule l'Allemagne proteste. Et devant ce spectacle, la Russie de Poutine se bidonne.

En première ligne depuis qu'il a révélé l'affaire, le "Guardian ", respectable quotidien anglais, est sous pression. David Cameron, le Premier ministre conservateur, lui d'abord envoyé un émissaire pour le convaincre de lui remettre les disques durs sur lesquels figuraient les documents de Snowden : "Vous vous êtes bien amusés, maintenant vous n'avez plus besoin d'écrire là-dessus." 

Le 20 juillet, le "Guardian" cède sous la menace d'une procédure judiciaire qui peut l'empêcher de travailler. Les disques  durs sont détruits dans les sous-sols du journal devant deux experts de l'Agence  de Renseignements  Électroniques britanniques. Même les Américains ont trouvé le coup plutôt raide : "Il est difficile d'imaginer que des représentants des forces de l'ordre détruisent aux Etats-Unis des documents de journalistes", a du convenir le porte-parole D'Obama à la Maison Blanche.

L'ère numérique rend ridicule cette destruction puisque des copies ont été réalisées. Mais le gouvernement britannique ne s'est pas contenté de cet autodafé numérique. Le 18 août, David Miranda, le compagnon du journaliste qui avait recueilli les confidences de Snowden, a été retenu pendant neuf heures dans la zone de transit de l'aéroport de Heasthrow. Son agenda, ses téléphones, ses ordinateurs, sa console de jeux  vidéo, ses clés USB, son appareil photo ont été saisis. Sous quel prétexte ? Celui de la loi anti terrorisme . Raccourci saisissant : la défense des libertés publiques est ainsi assimilée à un attentat à a bombe. Et le journalisme comme une menace pour la sécurité de l'État. Épatant, non ?

Mais, au-delà de la presse, ce sont bien les libertés individuelles de tous dont il s'agit, puisque n'importe quel internaute peut être suivi à la trace par un gouvernement. Les autorités bataillent depuis des années  contre Google et les réseaux sociaux pour garantir à chaque citoyen un  droit de regard sur l'utilisation des données personnelles. Aujourd'hui, ce sont les États qu'elles trouvent sur leur chemin. Rude tâche, alors qu'elles n'ont aucun moyen de coercition. Une nouvelle charte informatique et libertés s'impose, au moins à l'échelle européenne, mais l'affaire est loin d'être entendue car rien n'indique que les gouvernements, très à l'écoute, voudront bien y prêter une oreille attentive...

 

Freddy Guidé

Commentaires

  • ce n'est que la partie apparente de l'iceberg
    tout pour appliquer la règle : celui qui n'est pas avec moi est contre moi
    les etiquettes ne manquent pas: terroriste, islamiste....

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