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L’UNION EUROPEENNE ET L’AGE DE LA PENSION

nouvelles du progrès,jm dehousse,communautés européennes,pensionsJean-Maurice DEHOUSSE, ancien Ministre, ancien Bourgmestre de Liège, ancien Député Européen et ancien Vice Président du groupe socialiste du Parlement Européen,

a pris connaissance de la prise de position que la Commission Européenne vient d’adresser au Gouvernement Belge, et a décidé de publier le communiqué de presse suivant :

« La recommandation insistante faite par la Commission Européenne au Gouvernement Belge et demandant un nouveau recul de l’âge de la pension est insultante mais révélatrice, inacceptable mais exemplaire.

Elle est insultante pour les femmes belges, dont la carrière a été augmentée, voici peu, de cinq années complètes suite à une décision de la Cour de Justice des Communautés Européennes.

Elle est révélatrice parce qu’elle exhibe au grand jour la société à deux vitesses dont l’Union Européenne est devenue le moteur.  La Commission se soucie énormément de la rigueur budgétaire mais elle ne s’inquiète nullement du fait que le principe « à travail égal, salaire égal » n’a toujours pas sorti tous ses effets après un demi-siècle de prêchi-prêcha.

Par ailleurs, la position de la Commission Européenne est inacceptable quand on sait que cette même Commission, voici quelques mois à peine, a procédé à la mise à la pension anticipée d’un large paquet de fonctionnaires issus des anciens Etats Membres pour des raisons purement politiques, à savoir le recrutement de fonctionnaires venus des nouveaux Membres, et ce à un âge vastement inférieur à celui qui existe aujourd’hui en Belgique.

Comme quoi, il est plus facile de donner des conseils de vertu aux autres que de les suivre soi-même.

Force est dès lors de constater que la recommandation de la Commission est, tant pour les hommes que pour les femmes, exemplaire des errements d’une Union technocratique qui a toujours été marquée par un déficit démocratique qui est allé grandissant et qui s’attaque maintenant aux fondements mêmes des démocraties parlementaires des Etats Membres.

La recommandation démontre ainsi combien les craintes et les refus de la Grande-Bretagne sont fondés, et combien la construction de l’Union que nous avons voulue comme libératrice et progressiste a échappé à ses créateurs et est devenue nocive et perverse.

Les recommandations formulées avec la même impudence à l’égard d’autres Etats, notamment la France et le Luxembourg, démontrent au surplus que, si l’on suit la Commission, l’indexation suivra.

Nul ne peut donc plus ignorer que la Commission Européenne met délibérément et dangereusement en cause la paix sociale.

Ceux qui refuseront de résister aujourd’hui se préparent déjà à céder demain.

Oui, une construction européenne est évidemment plus nécessaire que jamais mais pour forger un avenir meilleur et non pour asservir les peuples et les personnes ».

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