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La dette de la Grèce (suite)

nouvelles du progrès,grèce,troïka,allemagneL'occupation de la Grèce par l'Allemagne

Voilà ou nous en sommes. D'où l'empresse
ment de Giorgos Papandréou souhaitant le prolongement du « mandat » de Papadémos. L'homme politique le plus haï de la Grèce nous donne encore des conseils. Il est évident que ce personnel politique n'a rien à perdre, sinon tout.

Leurs cadres se font huer tous les jours, les ministres sont insultés à chaque occasion. Le dernier exemple a lieu avec deux d'entre eux appartenant à l'extrême droite, le premier à Trikala (Thessalie) et l'autre dans le Péloponnèse. Ainsi ces gens « décident » et « négocient » les détails de l'occupation dans laquelle se trouve notre baronnie, tandis que leurs formations politiques sont pratiquement des coquilles vides ou sinon au moins, toxiques.
 
La stratégie des journalistes de service, qui s'émeuvent prétendument du « peuple exsangue », s'inscrit dans le même cadre. Écran de fumée.

Non, le Mémorandum ne constitue pas un échec comme l'a suggéré encore récemment Angela Merkel, car son but est désormais clair : tenir tout un peuple sous l'anéantissement matériel et moral, de surcroit divisé, et ainsi en finir avant l'heure avec les révoltes en gestation.

Ce que les Papadémiens viennent de parapher est tout simplement la première occupation officielle des temps nouveaux en Europe. La « dette » deviendra « applicable law » suivant le droit anglais, les « évaluations » des agents de l'État s'effectueront par une structure française, et la collecte des impôts, la gestion en somme de l'État profond, sera en phase de transfert vers l'Allemagne, laquelle a déjà créé un Secrétariat d'État aux affaires grecques. Il s'agit du secrétaire d'Etat allemand à l'Emploi et aux Affaires sociales, Hans-Joachim Fuchtel, homme de confiance d'Angela Merkel, à la tête désormais de la « Conférence gréco-allemande » (fondée il y a 2 ans à Thessalonique et composée de représentants de collectivités locales) dans le but officiel, de débloquer des projets de développement bénéficiant de subventions européennes, en priorité dans les secteurs de l’énergie, des infrastructures et du tourisme.

Notons que les Fondations des principaux partis allemands (Adenauer du CDU, Herbert du SPD, Naouman du FDP et Bell des Verts) contribueraient en ce sens aux études nécessaires à la préparation des dossiers, alors que le Consulat général d’Allemagne à Thessalonique serait le coordinateur des opérations, (voir la Revue hebdomadaire de la presse hellénique du nord du 3 au 9 décembre 2011). Eh oui, les temps changent !

En 1918, Salonique était sous les ordres du futur Maréchal Franchet d'Espèrey (ayant succédé aux généraux Sarrail et Guillaumat depuis 1916), faisons donc le pari qu'en 2016, Hans-Joachim Fuchtel ou ses successeurs feront alors la loi.

 
Si on y ajoute la Goldman Sachs et les divers autres oncles d'Amérique, on peut penser que c'est déjà acquis, la Grèce est une variante du cas de l'Irak, la première du genre en Europe.

Nous nous le disions ainsi encore ce matin autour d'un café simple pris dans une cafeteria publique au sein d'une administration, ce qui en soit est une mesure d'austérité après avoir déjà bu un café dans une salle normale vendredi et avant hier. D'ailleurs les cafés … civils sont moins pleins ! Donc nous savons.

Un cobaye entre les mains des puissants

«Ce qui se met en place les amis, c'est la tyrannie. Selon les envies des " créditeurs et des marchés ", mois après mois, il sera décidé combien de l'argent récolté par eux, sera attribué au remboursement de la dette et ce qu'il en restera seulement, servira à faire tourner nos écoles, nos hôpitaux, tout.


Tel mois, tel hôpital fermera, tel autre mois les instituteurs ne recevront pas de solde ou sinon peu, donc je comprends, même ici en campagne nous allons constituer des stocks, spaghettis, les enfants les aiment bien, riz, huile et sel. »

Pavlos regardant les autres a aussitôt confirmé.
« J'ai déjà commencé, car vous savez, à part la pénurie, les pillages et la faim, je crains désormais la guerre. Je trouve très louche que la Troïka exige de ses sbires que le nombre des étudiants aux Académies Militaires soit réduit à hauteur de 70 %, dès la rentrée 2012, on peut supposer en plus que la Police soit également concernée, alors qu'en pensez vous ? »

Sakis, l'instituteur baisse la tête, le regard dans le vide.
 « Je pensais pouvoir me contenter de mon salaire réduit, huit cent euros mensuels, mais je réalise qu'ils veulent nous virer carrément. Guerre ou pas, moi, ce que je sais, c'est que n'ayant jamais utilisé le piston pour une promotion ou une mutation par exemple, je partirai le premier. Je le vois venir. Déjà qu'à l'école c'est sauve qui peut. Tout le monde espionne tout le monde. Ma vie contre ta mort. Quelle solidarité et quels syndicats ? Des foutaises désormais, des foutaises je vous dis, salut, je m'en vais, au diable la Troïka et nous tous avec.

Je rentre chez moi, car mon frère vient de retrouver notre chat, égaré depuis hier midi à cause de la neige. Il était sorti pour faire ses besoins, mais il a été surpris par tant de changement. La neige et la Troïka c'est pareil, nous perdons nos repères, non ? Mon frère vient de m'envoyer un sms. Donc je préfère rentrer et m'occuper du chat, lui au moins il a été récupéré, malheur à nous, car nous sommes bien irrécupérables ...»

Sakis est parti, insistant devant le serveur. Il a réglé la note : un chocolat, deux cafés simples et un thé, le tout pour onze euros. Finalement peu après, nous nous sommes tous quittés.

« Au revoir les amis, à la prochaine, maintenant nous l'avons pigé, il faut sortir carrément de l'Union Européenne, ce truc est une vraie m**** ! »

Effectivement, la Troïka est en train d'expérimenter le modèle de la faillite contrôlée, pesant uniquement sur les épaules du peuple, c'est à dire un état de défaut, sans les conséquences attendues sur les « bailleurs », à savoir la cessation des paiements, l'esclavage en plus étant livré de série... mais sans ABS.
 
La Grèce est donc un laboratoire. Le Mémorandum, la bancocratie et la mise sous tutelle de son peuple par l'infantilisation orchestrée, en font le premier cobaye dans le processus du démantèlement des règles démocratiques en Europe, même si ces dernières étaient en somme assez boiteuses.

Ce processus est déjà accompli pour ce qui est des instances centrales de l'Union Européenne, et il s'appliquera donc progressivement aux nations, pays par pays. En dehors de cette problématique tout débat politique en Europe devient un leurre.


Comme les guerres « périphériques » en Irak ou en Libye. Car ces conflits étaient aussi des essais dans la gestion du profit dans l'installation du méta-capitalisme. Le profit désormais est celui procuré par l'effondrement des sociétés humaines.


Et pour en arriver là, il faut provoquer des crises alors graves, tantôt par le levier des « dettes souveraines », tantôt par les interventions directement armées. Mais on peut s'attendre également à la combinaison de ces deux techniques.


« Du chaos ils sortiront de l'argent », déclarait ainsi Naomi Klein dans les pages de l'Epikaira.  

 
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