robert1943 robert1943 robert1943

12/04/2013

La Grèce, un cobaye pour «expérimenter le modèle de faillite contrôlée»

nouvelles du progrès,grèce,troïkaNouveau plan de rigueur, nouvelles restrictions budgétaires, nouveaux sacrifices : la population grecque déjà au bord de l'asphyxie ne voit pas la fin de ce goulot d'étranglement. Car comment relancer la croissance si la population a à peine de quoi vivre ? Panagiotis Grigoriou n'en finit pas de dénoncer les décisions politiques prises dans les hautes instances, et voit son pays comme le « premier cobaye dans le processus du démantèlement des règles démocratiques en Europe ». 


Dimanche 5 février. De l'heure du laitier à celle du petit déjeuner, puis entre midi et jusqu'à l'heure du thé et bien ensuite, la Troïka et « nos gouvernants » négocient paraît-il. Réunions en cohorte. Ministres Papadémiens, chefs des partis Papadémiens, et enfin Papadémos lui-même en chair, en os et en agios, à un moment tardif de la soirée, rencontrant le patron du lobby bancaire européen (IIF) Charles Dallara et le représentant des créanciers, Jean Lemierre, conseiller de BNP Paribas. A l'issue de sa réunion avec les trois chefs des partis, PASOK (P.S. grec), Nea Dimokratia (droite) et LAOS (extrême droite), le Premier Banquier-Ministre s'est empressé de déclarer à la presse qu'un premier accord sur quatre points semble acquis : «[sur] des mesures [à prendre] afin de réduire les dépenses publiques de 1,5 % du PNB durant 2012, [sur] des garanties sur la pérennité des caisses de prévoyance et de retraite et [sur] le traitement du manque de compétitivité par des mesures adéquates, comme l'abaissement du coût salarial et non salarial, afin de de renforcer l'employabilité et l'activité économique. 

Enfin [nous allons prendre des mesures sur la recapitalisation des banques, associée à des moyens permettant la promotion de l'intérêt général ainsi que celle de leur autonomie en tant qu'entreprises. » Et la réunion avec les chefs des partis se poursuivra lundi. Et ce lundi dejà à 18h, les stations de métro les plus proches du Parlement seront fermées par prévention, ah les manifestants reviennent. Seulement, la chaîne allemande ARD a suggéré dimanche soir qu'à l'heure de la tisane, « une rencontre tenue secrète a eu lieu entre Lucas Papadémos et le patron de la première banque allemande Deutsche Bank, président en même temps de l'IIF, Joseph Ackerman », information pourtant aussitôt démentie par les autorités « grecques ».

Les chefs politiques du Mémorandum n'avaient pas bonne mine à la sortie de la réunion. « J'ai sauvé le 13e mois, voire le 14e, la bataille était très rude » a déclaré Antonis Samaras, chef de la droite (N.D.). « Je ne contribuerai pas à l'explosion révolutionnaire alimentée par la misère, [cette même explosion] qui par la suite brûlera toute l'Europe » a dit Giorgos Karatzaferis (extrême droite) visiblement énervé. Décidément, toutes les cultures ne se valent pas, à commencer par celle des banques ! Enfin, Giorgos Papandréou, apparemment n'a rien déclaré, et c'est mieux ainsi, sauf que « cet escroc politique, vient d'adresser une lettre à Papadémos, lui demandant à rester en place jusqu'au terme de la … législature, à savoir, 2013. »

Nuit blanche entre dimanche et lundi pour « nos » dirigeants de la dernière heure. La culture des banques, une « culture de guerre » Entretemps déjà dimanche soir, devant le « Parlement », des citoyens, pas très nombreux visiblement, ayant suivi l'appel se réclamant des Indignés sur Internet, ont voulu occuper le pavé, se heurtant aussitôt aux unités des MAT (CRS grecs). Et tous les partis de la gauche ainsi que les syndicats viennent de lancer un appel aux citoyens : Résistons, demain lundi, et après demain mardi, tous dans la rue.

Résister c'est le mot juste. Car cette culture des banques est bel et bien une culture de guerre. Il n'y a que la grande presse « autorisée » en Europe qui emballe encore les « marmites » et autres obus des bancocrates, dans du papier cadeau, les désamorçant presque ainsi : « La Grèce [est] à la recherche de l'union politique pour faire passer l'austérité. Impliquée dans deux négociations compliquées avec ses créanciers institutionnels et privés, Athènes demande aux partis politiques de s'engager à appliquer les impopulaires réformes d'austérité », note Le Monde.

A la télévision, bien de chez nous, autrement dit chez ces « grandes » chaînes appartenant aux nababs de la corruption, ces malheureux journalistes de service, s'émeuvent prétendument encore, comme dimanche soir sur la chaîne ANT1 : «Qu'on en finisse, le peuple est exsangue, la classe politique est responsable de tout et de la trahison d'abord, mais trouvons au moins la solution, un accord, le moins pire possible, car ce que la Troïka nous demande est démentiel.

Déjà toutes ces mesures depuis le premier Mémorandum nous ont mis dans un tel état de catastrophe, c'est un échec total, il ne faut pas continuer dans la même direction, il nous faut enfin une lueur d'espoir, reprendre même timidement, le chemin de la croissance. » La « mise à mort » des politiciens rêvée par le peuple Tout d'abord, évoquer « l'union politique demandée aux partis politiques » c'est faire acte de camouflage ou au mieux preuve de naïveté. Ces partis politiques ne représentent pas les citoyens. Il ne l'ont jamais fait, sauf que le clientélisme et la corruption d'en bas permettait à de nombreux Grecs une petite faveur et un salut provisoire, tel un petit poste ou la légalisation d'une construction illégale, un petit droit sur les miettes des fonds structurels européens.

Puis il y a la corruption d'en haut. Celle des bancocrates, qui sont les vrais tenants du royaume des cieux. Et au pays réel de Bruxelles, ils sont rois. C'est ainsi que depuis plusieurs mois, affirme Aris Chatzistephanou dans l'hebdomadaire Epikaira, les preneurs d'image, les photographes et les arrangeurs des relations publiques des instances eurolandaises ont reçu la consigne officieuse de ne plus montrer Angela Merkel et Nicolas Sarkozy en train de s'entretenir avec les représentants du lobby des banques, du IIF notamment. Car ces derniers, participent désormais et pleinement à toutes les négociations entre les chefs d'État et de gouvernement, leur dictant la politique à suivre.

À chaque sommet ils sont là, et c'est pour sauver la face et surtout pérenniser la Grande Corruption, que le Conseil européen ainsi que le Parlement européen, font semblant d'exister comme si de rien n'était. Donc autant que cette question ne soit pas ouvertement abordée durant les campagnes « électorales » en France et bientôt en Allemagne, ces dernières n'ont strictement aucun sens. C'est pour cette raison précisément que si on laisse encore un peu de temps à ces lobbys, les « élections » seront supprimées tout simplement, c'est pour bientôt. Dimanche soir à Athènes, ces mêmes représentants de la Troïka ont exigé à siéger au sein de la réunion entre Papadémos et les chefs des partis. Et encore une fois, pour sauver encore la même face, les hypopoliticiens grecs ont dit «non».

Chez nous pourtant nous ne sommes plus dupes. La réaction spontanée dans la rue et la première idée qu'elle nous passe par la tête vis-à-vis de ces politiciens ne fait plus dans la nuance : « A mort ! » Mais même si nous revenons au petit jeux des élections évitant si possible l'anomie généralisée, eh bien, les résultats qui se profilent, semblent signer déjà, la mise à mort politique de ces formations. Le PASOK (P.S. grec) par exemple, serait en phase de devenir le 5ème parti au Parlement, 120 de ses 153 députés devraient alors rentrer chez eux, pour peut-être mieux gérer (pour certains d'entre eux en tout cas) leur fortune, en partie acquise par les pots-de-vin versés par les grands corrupteurs banquiers, vendeurs d'armes ou de savonnettes, allemands, français et autres, et ensuite par leurs frères jumeaux locaux, moins cachotiers car plus balkaniques
.

Extrait du Monde. A suivre

Les commentaires sont fermés.