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La Balkanisation de la République démocratique du Congo (RDC)

nouvelles,balkanisation de la rdc,kigali,kabila1. Une déclaration claire et nette

Le 11 février 2013, lors d’une intervention devant le think tank américain, "The Brookings Institution", le Sous-Secrétaire d’Etat aux Affaires africaines, Johnnie Carson, a formellement réitéré l’appui des Etats-Unis à un processus de paix sous l’égide de l’ONU pour la RDC : " Pour la Communauté internationale, trouver une solution durable à l’instabilité prolongée en RDC demeurera un défi redoutable ". Dans cette perspective, il déclare que la seule manière de procéder est celle que les Nations unies ont expérimentée en Yougoslavie et au Soudan, c’est-à-dire la balkanisation.

Ce célèbre think tank démocrate est le creuset de toutes les théories édifiées dans les milieux universitaires et politiques des Etats-Unis pour soutenir ou déstabiliser un pays dans le monde. Le clan Clinton et Susan Rice sont d’ailleurs réputés pour être favorables à la partition de la RDC. La Fondation Clinton pour l’Afrique a son siège à Kigali (Rwanda).
 
2. Le cynisme de la Communauté internationale

Sous les auspices de l’ONU représenté par son Secrétaire général Ban Ki-moon et de l’Union africaine, représenté par son Président Nkosazana Dlamini Zuma, un accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la République démocratique du Congo et pour la région a été signé à Addis Abeba, le 24 février 2013. Les pays signataires de la région sont outre la RDC, le Rwanda, le Burundi, l’Ouganda, la Tanzanie, la République centrafricaine, le Congo Brazzaville, le Sud-Soudan, l’Angola, la Zambie et l’Afrique du Sud.

Lors de la discussion, il ne fut pas tenu compte des rapports de l’ONU, dénonçant la présence au Kivu de milices et de groupes militaires rwandais, soutenus et armés directement par Kigali et Kampala. Aucune recherche de responsabilité n’a été faite. La situation sur le terrain est considérée comme un fait accompli. C’est le même processus que celui entamé en 1996 qui se poursuit et qui vise à rattacher le Kivu au Rwanda. C’est le processus de balkanisation de la RDC expliqué par le Sous-Secrétaire d’Etat américain aux Affaires africaines.
 
3. Une stratégie bien rodée

Une fois de plus, il s’agit d’une mise sous tutelle de régions troublées du Congo, sans en sanctionner les responsables et de considérer les situations acquises sur le terrain comme un fait accompli. Un envoyé spécial de l' ONU est désigné pour superviser le rôle de la MONUSCO et l’évolution de la situation dans la région, sous le contrôle des onze pays signataires, plus un quatuor formé par les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France et la Belgique, outre l’Union européenne elle-même. Ces pays non africains sont évidemment ceux qui ont les plus grands intérêts en RDC et dans la région.
 
4. Le M23 et l’opposition interne : une équivoque

Un mouvement politico-militaire, le M23, est l’outil dont se servent tous ceux qui ont intérêt à la balkanisation de la RDC comme le décrit le Sous-Secrétaire d’Etat américain. Cette idée est récurrente dans la bouche de plusieurs responsables politiques étrangers à la RDC. C’était d’ailleurs déjà la solution préconisée par Louis Michel, dès l'année 2000, alors qu’il était Ministre belge des Affaires étrangères. Il avait déclaré qu’il était nécessaire de tourner la page du Congrès de Berlin, d’abandonner les frontières colonialistes et de former de nouveaux ensembles régionaux, répondant aux nécessités d’une bonne gouvernance économique.

Louis Michel reprenait à son compte le projet du Président ougandais Museveni de créer une "Swahili Republic " qui regrouperait des pays de l’Afrique centrale et de Afrique de l’Est, car pour lui les frontières héritées de la colonisation ne devaient plus être considérées comme intangibles.

Début 2009, l’ancien Président français, Nicolas Sarkozy, préconisait à son tour, lors d’une visite à Kinshasa et à Kigali, le partage des richesses du Congo avec les pays des Grands Lacs, dont principalement le Rwanda.

Les autorités de tutelle américano-européenne auraient-elle déjà programmé le prochain départ de Kagamé qui, en principe, ne se représente plus aux prochaines élections présidentielles ? Quant au Président Kabila, les médias occidentaux le présentent comme très isolé et une éventuelle alliance entre le M23 et les partis congolais de l’opposition pourrait déstabiliser encore davantage la RDC. Sauf que le M23 a une double stratégie : d'une part, il occupe militairement une partie du Kivu au profit du Rwanda et d’autre part, il déclare soutenir les revendications des partis de l’opposition congolais. Pendant ce temps, des désaccords internes à propos des négociations avec le gouvernement de Kinshasa ont opposé militairement deux factions sur le terrain au Nord-Kivu, avec comme conséquence des centaines de morts et des milliers de déplacés.

Cette situation s'est fortement aggravée malgré l'Accord-cadre du 24 février 2013. En effet, déjà début mars diverses factions tutsies, hutues et congolaises se sont affrontées durement dans la ville de Kitchanga à proximité de la frontière rwandaise. Les conséquences pour la population congolaise sont dramatiques. Selon le témoignage de journalistes sur place les cadavres jonchent les rues, des dizaines de maisons sont brûlées et le centre des Médecins sans Frontières est détruit. Quant à l'armée congolaise, celle-ci n'a pu intervenir faute de munitions. Tandis que la MONUSCO, comme toujours, s'est contentée de recueillir dans ses bases les blessés et les réfugiés (voir annexe n°1). 

5. Des complicités souterraines

Un rapport de la Sûreté de l’Etat belge indique que l’église de scientologie, de plus en plus active en Afrique centrale soutient le M23 et utilise certains belgo-congolais exerçant des mandats publics en Belgique. Cette secte est interdite totalement en Allemagne tandis qu'en France, elle doit faire face à plusieurs enquêtes judiciaires. Mais en Belgique cette secte a pignon sur rue. Elle possède un vaste bâtiment, situé rue de la Loi à proximité des institutions européennes. Ses responsables multiplient les contacts avec les fonctionnaires européens et les députés du Parlement européen. Elle s'intéresse de plus en plus à la RDC dans la perspective de développer son influence dans toute l'Afrique. Son "centre pour l'Afrique" dont le siège était établi à Paris, a été transféré à Bruxelles. Comme les églises évangélistes millénaristes qui se multiplient à Kinshasa, l'église de scientologie sert directement les intérêts du néocolonialisme américano-européen.
 
6. Un appel du Premier Ministre de la RDC
 
Augustin Matata Ponyo, Premier Ministre de la RDC a écrit le 5 décembre 2012 dans le journal français "Libération", l’appel "Aidez la RDC". C’est un appel remarquable à l’aide internationale contre toutes les ingérences étrangères mais c’est aussi un engagement pour tous les Congolais en RDC et dans la diaspora à se regrouper en faveur de l’intérêt général de la population et de l’Etat contre les intérêts privés prédateurs quels qu'ils soient.

Nous attendons avec impatience les réactions belges et européennes. Les dirigeants politiques belges et européens vont-ils laisser faire la balkanisation programmée de la RDC ?
 
La Commission Afrique centrale de "Rencontres pour la Paix"

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