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Le Golfe détourne des armes belges

obama-sarko-qatar-ceheu.gifLe Qatar et les Émirats arabes unis sont en ligne de mire.

En décembre 2012, lors d’une visite au Qatar, le ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders (MR) avait demandé au richissime émirat de ne pas réexporter vers l’opposition syrienne les armes de la FN Herstal (LLB du 22/12/2012). M. Reynders affirmait alors que le gouvernement avait demandé à l’entreprise, sur base de photos publiées dans la presse et des numéros de série gravés sur les armes, de vérifier leur origine. Interpellé fin janvier au Sénat, le chef de la diplomatie vient de livrer de nouveaux éléments qui font rebondir l’affaire.

Répondant à une question de la sénatrice Nele Lijnen (Open Vld) sur la présence d’armes belges entre les mains des insurgés du Nord-Mali, M. Reynders rappelle que des armes de fabrication belge ont été précédemment retrouvées en Syrie et à Gaza (LLB du 19/10/2012). "Les informations obtenues jusqu’à présent sur la base des numéros de série semblent confirmer l’hypothèse la plus crédible. Les armes proviennent de livraisons effectuées il y a vingt ans aux pays du Golfe, plus précisément les Emirats arabes unis et le Qatar", déclare le ministre.

"Tout faire pour aider les rebelles"

Contactées ce jeudi par "La Libre Belgique", les Affaires étrangères expliquent que ces informations ont été obtenues à la demande du Fédéral, en collaboration avec la FN Herstal et la Région wallonne. Dès février 2012, le Premier ministre du Qatar avait affirmé qu’il fallait "faire tout ce qui est en notre pouvoir pour aider les rebelles syriens, y compris leur fournir des armes pour qu’ils puissent se défendre". Ces déclarations avaient poussé la Région wallonne à réagir. "La Position commune européenne prévoit qu’on ne peut pas exporter vers un pays qui a démontré qu’il ne respecte pas la clause de non-réexportation", notait alors Sophie Paczkowski, porte-parole de Rudy Demotte (PS). Cette position commune européenne sur les ventes d’armes, adoptée en 2008, a été intégrée dans le nouveau décret wallon réglementant les exportations d’armes.

Cependant, après avoir consulté les autres pays européens exportateurs d’armes, M. Demotte avait décidé de ne pas remettre en question les ventes wallonnes vers le Qatar. "Les délégations ont répondu qu’il semble qu’il n’y ait pas de preuve actuellement du détournement d’armes en provenance de l’Union européenne par le Qatar vers la Syrie", déclarait le ministre-Président le 26 juin 2012.

Dès août 2012, pourtant, des photos de fusils FAL de fabrication belge sont publiées dans la presse. Des numéros de série, collectés en septembre, et recoupés avec plusieurs sources d’information, montrent que ces fusils ont été produits vers 1980 et ne peuvent donc pas faire partie des 12000 FN FAL ayant reçu une licence pour être exportés vers la Syrie en 1957. Un détournement d’armes vers les rebelles syriens a bien eu lieu, mais les fautifs restaient, jusqu’à aujourd’hui, inconnus.

Vers un gel des licences d’exportation ?

Au Sénat, M. Reynders a affirmé que les livraisons belges de fusils FAL aux pays du Golfe étaient "antérieures à l’adoption de la loi de 1991 sur l’exportation d’armes et à l’arrêté royal de 1993", et n’étaient donc "pas soumises à l’obligation de non-réexportation". "La présence de ces armes ne remet donc pas en question notre système actuel de contrôle des exportations", a conclu le ministre. Pourtant, un briefing préparé par le ministère des Affaires étrangères à l’attention de l’ambassadeur belge en Libye, datant du 6 décembre 1977 et dont "La Libre" a pris connaissance, spécifie qu’un certificat de non-réexportation est demandé lorsque des exportations d’armes belges doivent avoir lieu. Des certificats d’utilisateurs finaux, datant d’avant 1991, contiennent également ce type de clause, qui semble être d’usage pour tous les contrats.

Pour la sénatrice Nele Lijnen, qui suit le dossier, "au vu des dernières informations, il est clair qu’il y a un risque de réexportation d’armes belges. Il devrait donc y avoir une application automatique de la position commune européenne et surtout de la loi belge : les licences d’exportation vers ces deux pays du Golfe devraient être suspendues. Pas seulement les exportations wallonnes, mais aussi celles qui engagent des entreprises basées en Flandre. Il ne s’agit pas d’un débat communautaire, mais d’une stricte application de la loi".
 

Damien Spleeters (extrait de La Libre) 

 
De vieilles armes, en somme, semble-t-on affirmer. Les nouvelles ne seraient-elles pas celles qui ont été fournies en son temps par les Américains et de nombreux pays occidentaux comme la Belgique à quantités de groupes intégristes musulmans qui les retournent aujourd'hui contre leurs généreux donateurs? (commentaire du webmaster)
 

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