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08/01/2013

2013 : ANNÉE EUROPÉENNE DES CITOYENS

Le-prix-du-prix3.jpgAux armes, donc : critique, indignation, solidarité, imagination !
 
Rares sont ceux qui ont accordé la moindre crédibilité à l’Union européenne recevant le Prix Nobel de la Paix 2012. Certes, la paix politique, la paix des armes règnent chez nous. Mais la paix sociale, c’est une autre histoire. Jamais la guerre économique n’aura été aussi cruelle. Jamais autant de citoyens européens – ceux dont on voudrait faire les héros de cette nouvelle année 2013 – n’auront été, à ce point, proches de la pauvreté. Jamais autant de travailleurs n’auront été à ce point contraints d’abandonner leurs acquis sociaux alors qu’ils travaillaient, dur et bien et que leurs entreprises, - souvent – étaient stables voire même comptaient leurs bénéfices.


Demandez aux Grecs ce qu’ils pensent de la citoyenneté européenne, alors qu’ils paient le prix fort d’une vision économique que tout le monde, même le Fonds Monétaire International pourtant peu suspect de gauchisme radical, estime irréaliste. Une vision aveugle sur l’économie réelle, celle du travail qui produit des biens, des matériaux, des services, de l’alimentation.

 Nous sommes 500 millions de citoyens européens. C’est nous qui élisons les parlementaires européens. Or, nous aurons de telles élections en 2014. Nous avons donc un an pour apprécier ce que citoyenneté européenne veut dire. Et peut-être rendre notre confiance en cet idéal des pères fondateurs de l’Europe. Une piste est définie par le président du Comité des régions : la confiance ne reviendra que si l’Europe renforce le rôle des collectivités locales et régionales. Cela tombe bien : nous avons des suggestions comme par exemple les transports en commun gratuits, le développement de l’agriculture bio et la réduction du nombre d’intermédiaires entre producteurs et consommateurs. Ou encore la fin de la tyrannie publicitaire, véritable lavage de cerveau au niveau mondial, pour, au contraire, favoriser la création culturelle à tous les niveaux. A commencer par l’école… Qui devrait être dotée de bâtiments convenables, confortables et peu consommateurs d’énergie, d’enseignants bien payés et bien formés, d’apprentissages à l’art comme à la philosophie et à la citoyenneté. Et surtout, la création d’emplois à finalité sociale, écologique, de service public et de protection des biens communs.


Bref, il faut que l’Europe investisse dans une croissance durable qui commence par l’action des collectivités locales et régionales. Le thème du logement en est un parfait exemple : on peut à la fois lutter contre la précarisation et donner un nouveau tremplin à quantité de familles en détresse. On crée de l’emploi durable dans la construction et la rénovation. On assainit un patrimoine ancien pour lui donner une nouvelle vie et le rendre moins gourmand en énergie. C’est de l’économie réelle, concrète. Autre chose que la course paranoïaque des flux de capitaux que l’Europe n’a pas le courage de freiner ni même de taxer comme il conviendrait pour rétablir la justice et donc la démocratie tant souhaitée.


C’est cela la citoyenneté 2013 européenne : réclamer une cohérence entre les discours et les actes de nos élites européennes nobélisées.


Tiens à propos, l’argent de ce fameux prix Nobel de la Paix (930.000 euros plus un million et quelques ajoutés par l’Europe) servira à aider 23.000 enfants affectés par la guerre et les conflits : 4.000 réfugiés syriens à la frontière iraquienne, 5.000 réfugiés colombiens en Equateur, 11.000 enfants congolais déplacés au nord-est du Congo et réfugiés en Ethiopie, 3.000 enfants pakistanais victimes du conflit dans le nord de ce pays.

Un super cadeau de Noël donc, pour ces milliers d’enfants en souffrance.

On aimerait aussi que la politique étrangère de l’Union soit cohérente avec ce genre de beau geste. Par exemple, puisqu’on parle de Noël et d’une religion née à Bethléem non loin de Jérusalem : que notre « haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité » condamne enfin clairement ceux qui détruisent les logements d’enfants palestiniens et les bombardent impunément. Eux aussi souhaitent vivre en paix, étudier, travailler pour s’épanouir, fonder une famille, découvrir le monde… Comme nous tous, en fait.

Allez : bonne année quand même !

Freddy Guidé

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