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18/12/2012

Abbas appelle à l’arrêt des constructions et à la reprise des négociations de paix

nouvelles,onu,abbas,netanyahuLe gouvernement israélien a exprimé hier l’intention de construire 3 000 logements dans des colonies à Jérusalem-Est et en Cisjordanie, en représailles à l’accession de la Palestine au statut d’État observateur à l’ONU. « C’est exact. À Jérusalem et en Cisjordanie », a déclaré un haut responsable israélien sous le couvert de l’anonymat, interrogé sur la véracité d’une information du quotidien Haaretz. « Malgré les gages qu’il a donnés au président (américain Barack) Obama, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a donné l’ordre de continuer les constructions dans la zone E1 entre Maalé Adoumim et Jérusalem, ce qui va isoler la partie nord de la Cisjordanie de sa région méridionale », affirme Haaretz. Selon le site d’information israélien Ynet, la décision de poursuivre les plans de construction dans le secteur E1 a été prise jeudi par le forum des neuf principaux ministres. Ce projet controversé était gelé depuis des années sous pression américaine.


« Il s’agit d’une agression israélienne contre un État et le monde doit prendre ses responsabilités », a réagi Hanane Achraoui, membre du comité exécutif de l’OLP, jugeant que la décision du gouvernement Netanyahu n’était "qu’une partie d’un plan de colonisation global". La Maison-Blanche a également condamné cette décision, estimant qu’elle est "contre-productive » et risque de rendre la reprise des négociations de paix plus difficile." "Les négociations directes restent notre objectif et nous encourageons toutes les parties à prendre les mesures pour y parvenir", a précisé le porte-parole du Conseil de sécurité nationale américain, Tommy Vietor.
 
Entre-temps à New York, le président palestinien Mahmoud Abbas appelait à la reprise des négociations avec Israël, tout en réclamant l’arrêt de la colonisation. « Nous ne posons pas de condition, mais il existe pas moins de 15 résolutions de l’ONU qui considèrent la colonisation comme illégale et comme un obstacle à la paix qu’il faut éliminer. Pourquoi ils (les Israéliens) n’arrêtent pas la colonisation ? » a-t-il déclaré, ajoutant : « Nous avons désormais le droit de saisir la Cour pénale internationale (CPI), mais nous n’allons pas le faire maintenant et ne le ferons pas, sauf en cas d’agression » israélienne. De son côté, le bureau du procureur de la CPI a annoncé qu’il allait étudier « l’impact juridique » de l’accession au statut d’État observateur à l’ONU de la Palestine, qui avait demandé en 2009 au procureur d’ouvrir une enquête sur des crimes présumés commis par l’armée israélienne.

M. Netanyahu avait dénoncé le vote à l’ONU et fustigé le discours de M. Abbas. Mais l’opposition israélienne a accusé le chef du gouvernement, grand favori aux élections du 22 janvier, de n’avoir pas su dissuader les Palestiniens de leur projet. Et alors que des responsables israéliens laissaient entendre ces derniers jours qu’Israël ne remettrait pas en cause les accords signés pour sanctionner la démarche palestinienne, le vice-Premier ministre Sylvan Shalom a de nouveau fait planer cette menace hier.

Les réactions internationales au vote continuent de fuser. L’Organisation de coopération islamique a estimé qu’il marquait le droit "irréversible" des Palestiniens à un État. La Grande-Bretagne, qui s’était abstenue de voter, a appelé à rouvrir les négociations de paix. Son ministre des Affaires étrangères, William Hague, a, en outre, demandé à Israël de ne pas réagir de manière à contrecarrer de nouvelles négociations. Le Canada a également appelé à reprendre "sans conditions préalables » les négociations, qualifiant le vote à l’ONU « d’obstacle à la paix". Le Vatican a salué le vote, mais a jugé que ce n’était « pas une solution suffisante aux problèmes de la région".

En attendant, les experts estiment que l’accession de la Palestine au statut d’État observateur à l’ONU encourage les Palestiniens à la réunification entre la Cisjordanie et Gaza, condition de l’établissement d’un État à part entière. Ainsi, le chef du gouvernement du Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh, a salué hier "une victoire diplomatique et politique considérable. Mais pour traduire cette résolution dans les faits et en État sur le terrain, nous devons poursuivre la résistance et le jihad et nous consacrer à l’unité palestinienne sur une stratégie de résistance", a-t-il ajouté.

De son côté, le chef en exil du Hamas, Khaled Mechaal, estime que la reconnaissance implicite d’un État palestinien obtenue à l’ONU et le récent conflit dans la bande de Gaza entre son mouvement et Israël s’inscrivent dans une seule et même stratégie de renforcement de la position palestinienne. Pour lui, la trêve qui a mis fin au conflit à Gaza a été conclue selon les termes fixés par le Hamas, qui a profité de cette séquence pour sortir de son isolement diplomatique. Cela crée un nouveau contexte favorable à une réconciliation avec le Fatah, pense M. Mechaal, qui a vigoureusement soutenu l’initiative de M. Abbas à l’ONU.

« La défaite de l’ennemi à Gaza et l’arrivée au pouvoir des Frères musulmans en Égypte créent un nouvel environnement qui devrait permettre aux Palestiniens de former un gouvernement d’unité », dit-il, assurant : "Je suis optimiste.  Quand nous serons réconciliés, unis, que nous aurons mis fin aux divisions et disposerons d’une seule direction politique et d’un seul système politique, alors nous serons plus forts et meilleurs, nous pourrons accomplir de plus grandes choses", prédit-il, précisant : "Quant à l’État palestinien, nous pensons qu’il devrait être créé sur l’ensemble de notre terre."

L'Orient- le jour - Liban

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