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En Tunisie, on vise l’homme pour abattre l’institution

nouvelles,tunisie,pour de faux et dérisoires prétextes,les autorités en place ou leurs sbires traînent devant une « jus,ici,le directeur d'un quotidien,là,le propriétaire,d'une salle de spectacles ou encore,une cinéaste bien connue,non pour la gravité de l'acte incriminé,mais pour atteindre et remettre en cause les principes des « dro,la liberté d'expression,habib kazdaghli,salafistesPour de faux et dérisoires prétextes, les autorités en place ou leurs sbires traînent devant une « justice aux ordres », ici, le directeur d'un quotidien, là, le propriétaire, d'une salle de spectacles ou encore, une cinéaste bien connue, non pour la gravité de l'acte incriminé, mais pour atteindre et remettre en cause les principes des « Droits Universels », la Liberté d'expression.

C'est la triste expérience qu'ont connue Nadia EL FANI pour son film « Laïcité Inch' Allah », le directeur d'Attounissia, pour avoir accepté de publier dans son journal, la photo d'une dame légèrement vêtue, Lucas LUCATTINI , organisateur d'une exposition de peintures dont l'une des oeuvres présentées, fut jugée, avec une mauvaise foi évidente, injurieuse au sacré. Quant au propriétaire de NESMA TV, en plus d'être traduit en justice, sa salle fut incendiée par les extrémistes. Il avait osé projeter le dessin animé « Persépolis » où l'on voyait une petite fille bavardant avec dieu, un vieillard bien sympa (il faut savoir que le coran interdit de représenter l'être suprême ou son prophète).

C'est pour de semblables raisons que notre Camarade Habib KAZDAGHLI *, Doyen de la Faculté des Arts, des Lettre et des Humanités de La Manouba, devait comparaître devant le Tribunal de 1ère instance, ce jeudi 15 novembre. Cette deuxième comparution fut une nouvelle fois reportée, tellement la mobilisation dans le pays et la pression internationale furent vives et déterminantes.

Ce fut l'occasion et un plaisir pour moi de bavarder longuement avec lui. C'est ainsi qu'il m'apprit que ce n'était pas spécialement sa personne qui était dans le collimateur du Ministre de l'Enseignement Supérieur mais bien l'Institution qu'il représente. Il faut soumettre le fonctionnement des institutions académiques à des convictions religieuses. Cette Université laïque, fruit de la modernité occidentale, doit être mise au pas. Quant au Doyen de la Faculté, compte tenu de ses idées politiques et philosophiques, il faut l'isoler de ses collègues.

Trois objectifs étaient poursuivis par les autorités....c'est l'échec complet. L'ensemble du corps académique, la majorité des intellectuels que compte Tunis ont fait bloc derrière leur Doyen. Dans la foulée, ils prennent une heureuse initiative, la création de l'Association pour la Défense des Valeurs Académiques. En quelques heures, cette dernière a récolté plus de mille signatures.

Un démocrate est en danger et à travers lui, la Démocratie.....la réponse est immédiate, unanime, émouvante....de Lisbonne à Pékin, de Santiago à Saint-Pétersbourg en passant par toutes les capitales européennes, la réaction est ferme et spontanée : « Touche pas au Doyen KAZDAGHLI ». Cette solidarité a été pour lui, un réel réconfort, un soutien moral très important qui vous donne chaud au coeur.

Quel est donc votre crime ? «  Avant toute chose, soyons clairs : la Faculté n'est pas contre le port du niqab mais notre règlement intérieur prévoit qu'en cours ou pendant les examens, les étudiantes doivent se dévoiler. » On voit mal interroger une étudiante qu'on ne peut dévisager, ni reconnaître. «  Je suis donc accusé d'avoir tout simplement fait appliquer le règlement, en refusant à une étudiante niqabée de se présenter aux examens. ».

Quant à la violence dont il fit preuve à l'égard de cette personne..... ? Il suffit de connaître le professeur Habib, pour comprendre qu'il s'agit d'une accusation gratuite, grossière voire imaginaire. L'analyse chronologique des faits le démontre en suffisance.

«Les personnes qui ont intenté ce procès contre moi, ce sont les mêmes qui se sont attaquées aux artistes de La Marsa, aux journalistes et à l'Ambassade américaine ».

«Personnellement j'ai été agressé par des salafistes étrangers à la Faculté. Ils ont investi mon bureau et saccagé son contenu ».

Je suis inquiet de l'attitude des autorités, non pour ma personne mais pour les valeurs universitaires. Quand ces dernières que l'on place, dans les Démocraties civiles, sur le même pied d'égalité avec les valeurs démocratiques, sont bafouées et que leurs défenseurs emblématiques sont traînés dans la boue des tribunaux communs, on peut craindre de voir réserver le même sort aux libertés publiques”.

Beaucoup sont inquiets et angoissés car ils craignent une remise en cause des acquis de la modernité en Tunisie et du mode de vie de la Société tunisienne.”

Propos recueillis par lucien Belvaux

Tunis, le 15 novembre 2012

La remise du procès au tribunal de 1ère instance de la Manouba, est prévue le 3 janvier prochain. Les démocrates, les laïques et les militants de la Gauche internationale se feront un devoir d'être présents à ses côtés.

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nouvelles,tunisie,pour de faux et dérisoires prétextes,les autorités en place ou leurs sbires traînent devant une « jus,ici,le directeur d'un quotidien,là,le propriétaire,d'une salle de spectacles ou encore,une cinéaste bien connue,non pour la gravité de l'acte incriminé,mais pour atteindre et remettre en cause les principes des « dro,la liberté d'expression,habib kazdaghli,salafistesQui est Habib KAZDAGHLI


A 63 ans, le professeur Habib KAZDAGHLI est devenu malgré lui, le symbole de la résistance à l'obscurantisme et de la lutte pour les Libertés Académiques

 

Médecin de formation, il s'est spécialisé en Histoire contemporaine et c'est à ce titre qu'il enseigne depuis 25 ans à l'Université.


Il s'est également spécialisé sur l'histoire des juifs de Tunisie. Il a été nommé Doyen de la Faculté des Arts, des Lettres et des Humanités de la Faculté de La Manouba à l'Université de Tunis, le 30 juin 2011.

Il a consacré son Doctorat à l'Etude du Parti Communiste tunisien en étudiant les groupes ethniques et en particulier les minorités au sein du Parti dans une société coloniale de 1919 à 1943. "Une approche anthropologique en lien avec la mémoire".

Ses recherches sur les juifs de Tunisie lui vaudront d'être considéré comme un partisan de la colonisation israélienne. Il est considéré par les extrémistes musulmans comme un "fondamentaliste laïque".

         
Le professeur Kazaghli participe à de nombreuses conférences dans les Universités occidentales. En mars dernier, il était invité à l'U.L.B.

 
Il a milité activement  au Parti communiste tunisien, ainsi qu'au syndicat des étudiants et des enseignants. Il n'a jamais renié ses idées, ni ses engagements.

 

Lucien Belvaux.

 

 

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