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Il vaut mieux être riche et bien portant que pauvre...

nouvelles de dampremy,progrès,santé,freddy guidéJe vous laisse le plaisir de finir le titre. Souvenez-vous, c'était une BD de quatre cases de Charles: M. Schultz: Snoopy et les Peanuts. Dans les années quatre-vingts, il y en avait une dont on avait tiré un poster. On y voyait le chien Snoopy couché sur le toit de sa niche en soliloquant. Il disait entre autres : Il vaut mieux être riche et bien portant que pauvre et malade. Cette formule qui nous faisait rire dans les années quatre-vingts reflète la triste réalité d'aujourd'hui...

J'avais assisté à deux rencontres dont je rédigerais un article. La première concernait Bernard Westphaël et son tout récent parti politique le "Mouvement de gauche" venu "exposer son projet politique à la FGTB de Charleroi Sud Hainaut devant une assemblée assez dense et le lendemain à la FGTB de Verviers. Daniel Piron s'était déplacé auprès de ses camarades verviétois pour partager sa volonté de relancer un rassemblement des gauches en alternative au Parti Socialiste qui n'est plus relais du monde du travail depuis belle lurette à Charleroi (voir le Drapeau Rouge N° 23 – septembre/octobre 2012).

Mais ma santé en a décidé autrement. En effet au lendemain de la réunion de Verviers, après m’être couché aux petites heures, je me levais en même temps que mon épouse vers 6h30. Après m'être rasé et lavé puis à la suite de deux pas dans le corridor, je dus m’asseoir sur une chaise, totalement paralysé. Conséquence d'une chute sur le dos quelques mois auparavant, le nerf sciatique se coinçait entre deux vertèbres. Ma femme m'a dès lors transporté sur le divan où je suis allongé depuis bientôt deux semaines. Le médecin est venu aussitôt, prescrire quelques calmants et ordonné quelques examens avant de rencontrer un chirurgien.

La semaine dernière, ne tenant plus, pleurant de douleur, j'ai appelé le médecin traitant en la suppliant de m'hospitaliser. Elle m'a persuadé d'y renoncer car ajout-t-elle, "le degré de souffrance ne constitue plus une priorité pour les urgences. Ils vont tout au plus t'injecter un anti douleurs puissant et ensuite te remballer chez toi. Et même si on t'hospitalise, ce qui m'étonnerait vu la sur occupation des lits.... Encore faut-il trouver un orthopédiste disponible ! Et ils sont débordés de travail". Et tu devras remonter la filière à zéro !"

Effectivement, il suffit de faire une incursion, aux services des urgences d'un des hôpitaux de la ville de Charleroi pour se rendre compte de la pertinence des propos de mon médecin traitant. Elles ressemblent plus à la cour des miracles qu'au service des urgences idylliques comme le décrit la série de TV américaine "Urgences". Dans cette série, on voit les patients entourés d'une nuée de médecins et d'infirmières alors qu'aux urgences du CHU Vésale de Charleroi, les patients sont allongés depuis des heures dans les sinistres locaux en attendant qu'un praticien se libère pour s'occuper d'eux.

Dernièrement, je m'y suis présenté avec ma mère pour une facture du poignet. Au service des urgences du CHU Vésale, on a placardé moultes affiches annonçant que désormais on ne soignait plus les rages dentaires. Comment en sommes-nous arrivés là ? La hausse constante des frais médicaux poussent les populations précarisées à avoir recours aux urgences pour se soigner car les soins y sont pratiquement gratuits...

Ajoutons à cela la "rationalisation" des services de soins de santé menée par plusieurs gouvernements successifs, cela donne un tableau représentatif des priorités de gestion régnant en milieu hospitalier. La rentabilité passe en premier lieu : moins de lits, occupation maximale de ceux-ci et ces mêmes principes sont applicables au personnel soignant.

Aujourd'hui les souffrances de la population dues aux maladies ne sont plus une préoccupation majeure de nos dirigeants. L'essentiel de leurs préoccupations est avant tout financière en conformité aux oukases ultra libérales du FMI et le l'OCDE.

Voici douze jours que je suis alité, j'en suis déjà à plus de trois cents euros de frais médicaux en tout genre, visites du docteur traitant, examens médicaux divers, médicaments... demain, je rencontre le chirurgien et après-demain, subir deux nouveaux examens. Nous avions mis un peu d'argent de côté pour passer quelques jours en Turquie en guise de vacances d'hiver. Nous avons préférés y renoncer et cet argent est le bienvenu pour faire face à mes problèmes de santé.

Je pense à ceux qui doivent faire face aux problèmes de santé et à la souffrance et qui ne possèdent pas les moyens financiers nécessaires pour y faire face. Les chômeurs, les
minimexés, les femmes seules, les retraités. Bref la cohorte de ceux que démocratie ultra libérale abandonne sur la route parce qu'ils ont emprunté le mauvais véhicule, ceux qui ont choisi d'être pauvres et en mauvaise santé plutôt que riches et bien portant...

Freddy Guidé

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