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Laskhmi Mittal, les jeux de Londres et la mort d'une petite somalienne..

lakshmi mittal,samia yusuf omar,abdil bile,l'étincelle,jeux olympiquesLe grand patron du groupe leader de l'acier, Lakshmi Mittal, a fait parler beaucoup de lui, voici quelques semaines. Une première fois au cours d'une conférence de presse, il s"est montré très préoccupé par la crise de l'euro. "Il ne s'interdit pas de mettre en sommeil, voire de fermer, de nouveaux sites sur le vieux continent"...

Lakshmi s'est ensuite rendu à Londres, où il avait prévu de parader dans les rues avec la flamme olympique, à la veille de l'ouverture des jeux. Le groupe Arcelor Mittal est en effet, à hauteur de 18 millions d'euros, l'un des sponsors de la grande foire du sport mondial. Ce qui lui a valu de porter la flamme. Rien de plus normal pour lui que d'avoir été désigné pour ce qui est considéré comme un honneur car, "comme un athlète olympique, je suis marqué par des principes très similaires de persévérance et de dur labeur", se vante-t-il.

La persévérance, il en a pour fermer des usines et licencier des travailleurs. Dur labeur en effet que d'avoir jeté à la rue près de 70 000 travailleurs dans le monde ! La FGTB-Métal Liège-Luxembourg, le SETCa-Liège, la CSC Metal Liège et la CNE Liège se sont indignés de ce choix, et considèrent comme une insulte le fait "que l'olympisme puisse récompenser ceux qui broient des vies." Mittal envisage en effet la fermeture de ses hauts fourneaux à Liège, qui font vivre 3 000 familles.


Lakshmi Mittal, première fortune du Royaume-Uni
 et cinquième du monde, a également financé l’horrible tour Orbit, symbole dédié à la gloire du dieu argent. Cette tour monumentale d'un goût discutable est l'expression matérielle, celle de changement d'époque, celle où "l'être" a cédé la place à "l'avoir"...

Les médias ont gâché nos dimanche en diffusant des infos glorifiant des milliardaires sans scrupules, en montrant nos merveilleux athlètes à satiété tout en stigmatisant le chauvinisme. La presse nous abreuve quotidiennement des bobos et des états d'âme de "nos sportifs", dont le Q.I. est loin d'égaler leurs performances physiques...

Mais quand une sportive meure pour tenter d'échapper à la misère régnant dans son pays classé parmi  les plus pauvres de la planète, pas une ligne, à peine un mot... 


Ainsi, Samia Yusuf Omar, athlète somalienne  dont la silhouette gracile de sylphide avait illuminé le stade olympique de Pékin en 2008, incarnant magnifiquement l’universalisme sportif dans un 200 m où l’essentiel était de participer, ce qu’elle fit de la plus belle manière qui soit, en transcendant sa dernière place sous l’ovation du public.


L’athlète Samia Yusuf Omar, du haut de ses 17 printemps, avait réussi à faire l’admiration de tous, et de porte-drapeau de son pays, la Somalie, elle s’était hissée au rang de porte-flambeau d’une nouvelle génération de jeunes femmes et sportives somaliennes. "C’était une expérience merveilleuse, j’ai porté le drapeau de mon pays, j’ai défilé avec les meilleurs athlètes du monde", s’enthousiasmait alors la sprinteuse à son retour à Mogadiscio.


Mais le conte de fées olympique fut fugace pour la jeune fille prometteuse, et c’est loin des pistes d’athlétisme que son destin a pris un virage fatal en avril dernier, se brisant tragiquement sur le récif de la misère et de l’injustice humaines.


La jeune femme de 21 ans est morte à bord d’une « patera » (une barque pour émigrés clandestins), alors qu’elle tentait d’aller au bout de ses rêves : gagner l’Europe pour y trouver un entraîneur dans l’optique des JO de Londres. Partie de Lybie, Samia Yusuf Omar a disparu en mer, lors d’une traversée à hauts risques sur une embarcation de fortune, pleine de migrants comme elle, tous avides d’évasion au péril de leur vie.


Une étoile a cessé de resplendir au firmament de l’olympisme, mais dans le grand barnum des JO, où le sport virevolte dans le tourbillon médiatique, le drame de Samia Yusuf Omar a brillé par un silence assourdissant. Seul Abdil Bile, champion du monde somalien du 1500 mètres en 1987, lui a rendu hommage dans l’atmosphère feutrée du comité olympique : "La jeune femme est morte pour rejoindre l’Occident. C’était une athlète courageuse, une femme splendide", a-t-il déclaré.


Pourtant, selon les valeurs cardinales insufflées et exaltées par le baron Pierre de Coubertin, quand une seule étoile du sport s’éteint, c’est tout le monde de l’olympisme qui est plongé dans le noir.


Aujourd'hui, seules, luisent les strass et les paillettes...

Freddy Guidé

 

 


 

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