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01/04/2012

Billet d'humeur : Fahrenheit « 541 » !

nouvelles,fahrenheit 541,fgtb nétalRay Bradbury est l’auteur du livre «Fahrenheit 451» écrit dans les années 50 en pleine période du maccarthysme. Ce serait la température à laquelle un livre s’enflamme et se consume, et dont un régime totalitaire fait usage pour organiser l’autodafé de ce qui menace sa pseudo-sécurité intérieure.


Il aura fallu 541 jours d’une grossesse nerveuse sans précédents, pour que notre Etat encore fédéral rejoigne définitivement la tendance globale sous la pression d’agences de notation que hier encore on parlait de mieux réguler.  Il aura fallu 541 jours pour brûler tout ce qu’il y a de progressiste au sein d’un socialisme de solidarité qui n’éprouve aucune honte à dire et redire qu’il n’y a pas d’autre choix possible et que le pire frappera à la porte si l’adhésion ne se fait pas.

La Belgique, avec le concours de l’Union Européenne, vient de se lancer tête baissée dans la course à l’austérité.


Il y a peu, nous disions que Tina avait accouché de Tatiana[1] car en moins de trente ans, la pensée unique, venait de consolider toute la social-démocratie européenne au graal du marché. Et il aura fallu 541 jours d’une grossesse nerveuse sans précédents, pour que notre état encore fédéral rejoigne définitivement la tendance globale sous la pression d’agences de notation que hier encore on parlait de mieux réguler.


541 jours pour brûler tout ce qu’il y a de progressiste au sein d’un socialisme de solidarité qui n’éprouve aucune honte à dire et redire qu’il n’y a pas d’autre choix possible et que le pire frappera à la porte si l’adhésion ne se fait pas.


Comme sous l’inquisition, celui qui doit se convertir, devra encore le prouver devant le tribunal de la troïka. La Grèce achètera une aide financière pour autant qu’elle garantisse son engagement à suivre le plan d’ajustement qu’on lui impose par ailleurs. Le vol est sublime dans la mesure où le citoyen est garant de milliards qu’il ne reverra jamais dans le cadre d’une gestion publique de l’Etat. 


Le résultat est une tromperie, qui instaure un programme de réformes structurelles qui privilégie majoritairement le pôle des dépenses afin de rétablir un excédent primaire dont les maux actuels découlent des régimes dérogatoires en matière de réductions de cotisations patronales et autres exonérations fiscales. Le résultat est l’explosion d’un déficit et de la dette faute de garantir des recettes suite à ce processus de dérégulation.


La crise de la dette «souveraine» vécue par l’Europe hyper productiviste de ce début de XXI ème siècle n’est jamais que le parfait écho d’une crise vécue auparavant en Amérique Latine. Le diktat se nommait à l’époque le consensus de Washington [2] et il fut la cause de l’appauvrissement progressif d’un continent. Il est grand temps de dénoncer cette lecture compétitive de la société.

Ce nouveau désordre mondial qui met en concurrence ce que compte l’Europe du travail, fait courir le risque de faire imploser la cohésion sociale. Plus de précarité, plus d’inégalités et plus de pauvreté est l’expression d’une faillite de l’Etat. Les résultats de l’enquête décennale sur les convictions de la population réalisée depuis 1981 mettent en avant la défiance de toute une population en Belgique à l’encontre des institutions. Le moins d’état fait des émules alors que paradoxalement cette même étude tend à démontrer que les vecteurs de solidarités de « l’Etat-providence » restent des priorités.

Est-ce une contradiction alors que les mesures gouvernementales attaquent ces mêmes principes ?  La reprise ne pourra se faire qu’en questionnant la redistribution des richesses par la valorisation de ce qui en est le vecteur fondamental à savoir le travail. L’organisation syndicale reste le seul contre-pouvoir à même de représenter ces valeurs, dès lors, il n’est pas étonnant de constater les nombreuses attaques sur la négociation collective et le déni de la concertation sociale dont souffrent nos démocraties.


Lao-tzu enseigne que ce que la chenille pense être la fin du monde, le reste du monde appelle un papillon. L’effet papillon s’il n’est pas la signature du chaos social, est l’identité d’une trahison car le socialisme bat de l’aile.

[1] Article MWB-FGTB publié en avril 2009.  Tatiana, acronyme de « That’s All There Is Absolutely No Alternative » ©MWB-FGTB.
[2] Consensus de Washington dont les trois piliers sont la privatisation des services publics, la compression des dépenses sociales et l’équilibre des finances publiques.

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