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13/02/2012

C'est vrai qu'ils sont plaisants, tous ces petits villages...

paul hermant,nouvelles,logement,3 ème âgeJe ne l’ai pas trouvée bien belle, la voix qu’on a entendue et qui venait de Jurbise, ce matin à la radio. Rappelez-vous : on parlait du nouveau code wallon du logement et du manque d’habitations sociales dans cette commune d’environ 10.000 âmes logée entre Mons et Ath.



Ecoutez donc : " Quand on aura la possibilité de le faire, je pense que l'objectif à terme de la Commune, ça sera de reconstruire des maisons pour les personnes âgées pour permettre d'accueillir notre propre population qui veut changer d'habitat parce qu'elle ne correspond plus à leur nécessité. Là, il y a de la demande ? Mais bien sûr, énormément ! C'est certainement une centaine de demandes, donc je crois qu'on a du pain sur la planche et je pense qu'avant de songer au logement dit social, il faut d'abord songer à s'occuper des gens qui habitent chez nous ".

Oh, ce n’était même pas tellement cette résistance à la création de logements sociaux —c’était juste pénible et on connaît depuis belle lurette la position des autorités communales jurbisiennes sur cette question… Non c’était, comment dire ?, cette sorte de construction identitaire communale qui naissait de ce curieux argumentaire du président du CPAS local.

On ne comprenait pas bien, en vérité, ce que cela voulait dire exactement "qu'avant de songer au logement dit social, il faut d'abord songer à s'occuper des gens qui habitent chez nous ". On avait toujours cru qu’une commune, c’était une ville ouverte. Qu’on y était pas accueilli sur cooptation et qu’aucun référendum n’y était organisé dès lors que vous signaliez votre arrivée. On avait toujours pensé qu’aucune commune n’était hermétique ni bordée de frontières ou de rideau de fer. On pensait qu’une commune c’était comme son nom l’indique : que c’était une chose commune.

On apprit alors, dans un lever une nouvelle fois chahuté cette semaine, qu’il y avait désormais " les nôtres " et puis " les autres " et que la citoyenneté communale était devenue une nouvelle sorte de nationalité.

Loin de nous l’idée de gourmander le président du CPAS pour vouloir s’occuper des vieux de sa commune — beaucoup de gens se soucient ces jours-ci du sort des plus âgés —, mais comment dire encore ?, ces seniors de souche semblent décidément de bien commodes arbres qui dévoilent une forêt de paradoxes, de contraintes et de contradictions : je serais 3x20, je m’inquiéterais.

Ceci pour dire que l’on a ressenti comme une sorte de ségrégation, comme s’il y avait un endroit subitement devenu hors territoire de la communauté des gens. Inaccessible. En tout cas inhospitalier.

Et puis on a pensé, on se trompe : il y en a d’autres. La périphérie bruxelloise est pleine de communes qui, elles aussi, font de l’appartenance une vertu et un défi, où tout le monde ne peut pas venir, où tout le monde n’est pas le bienvenu. Et c’est comme ça qu’on s’est souvenu que le mot communautaire avait décidément plusieurs sens. Allez belle soirée et puis aussi bonne chance

Paul Hermant

 

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