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Un «socialiste» au «16», le socialisme au tapis

nouvelles du progrès elio du rupo,papillon,laeken,austéritéLe gouvernement Di Rupo 1er est sur les rails. Les travailleurs investissent la rue.

Les congrès de six formations politiques ont décidé de leur participation avec des scores à donner le vertige au dernier des régimes forts. Le message est clair : les appareils sont verrouillés de l'intérieur. La question de savoir pourquoi les partis sociaux-démocrates renoncent au projet social-démocrate n'est même plus à l'ordre du jour.

En Belgique comme partout en Europe, les logiques de l'économie libérale écrasent les politiques sociales. Qu'importe qu'elles ne tiennent pas la route. Qu'importe qu'elles nous conduisent dans le mur. Tête basse et les yeux fermés, une coalition « papillon » nous plonge, tout habillés, dans l'eau froide de l’austérité et de la récession.

La situation de la Grèce enseigne pourtant de manière aveuglante que la voie de l'austérité conduit immanquablement à une austérité plus grande encore. Parce que le financement de l'État est porté à bout de bras par les travailleurs. Chaque perte de revenu qu'ils encaissent est une recette perdue pour les services publics et la rencontre des besoins collectifs.

Refuser de payer la dette ?

Anesthésié par les dogmes libéraux, un consensus se forge autour de l'idée folle d'une relance possible par des baisses de fiscalité. La réalité ne va pas tarder à prendre sa revanche sur ces fantasmes.

Nous en avons d'ailleurs déjà l'expérience. Les réformes fiscales, les cadeaux aux riches de l'ère Reynders et le refinancement inconditionnel des banques ont creusé la dette belge. Il faudrait aujourd'hui la payer au prix de coupes claires dans les budgets sociaux. Du point de vue du droit international, ce remboursement est «illégitime» et susceptible de justifier un défaut de paiement.

Au plan européen, la mystique libérale a conduit à d'autres aberrations. Les budgets de l'Union ont été - sciemment - insuffisamment dotés pour mener de réelles politiques d'harmonisation. Pire, avec la création de l'Euro, l'interdiction pour la Banque centrale d'intervenir pour soutenir des Etats-membres en difficulté fait figure d' « idiotie totale » même pour des économistes de droite. Parce que cela revient à  livrer ces pays, corps et âmes, tout crus, à la dictature des marchés financiers. Merkel et son clone français s'entêtent pourtant.

A ce niveau de crédulité en une doctrine qui a fait faillite, il n'y a plus de rémission à espérer. On se souvient d'un discours de 2008, à Toulon, où Sarko semblait virer «anticapitaliste». Quelle mouche l'avait piqué ? La peur du vide sans doute... Là, c'est à nouveau «business as usual» pour une droite monolithique incapable de se réformer. L'enrichissement des riches, l'appauvrissement des pauvres est une philosophie suicidaire.

«Sans nous ce serait pire ?» Avec eux, ce n’est pas mieux !

En face, les sociaux-démocrates ont baissé les bras et créditent aujourd'hui le parti-pris de Margareth Thatcher des années 80 : il n'y pas aurait d'alternative. Le «sans nous ce serait pire» ne dit rien d'autre. Sinon qu'avec eux... ce n'est pas mieux !

C'est le prix du renoncement à combattre le capitalisme, à mieux répartir la richesse produite, le prix de l'abandon du plein-emploi et d'un haut degré de protection sociale. L'austérité, c'est pour tout le monde, moins les riches parce qu'eux ne sont pas n'importe qui ?


Les travailleurs sont aujourd'hui livrés à un blocage des salaires consécutif à l'impossibilité de conclure un accord interprofessionnel de solidarité. Une sixième réforme de l'Etat ouvre la voie à la régionalisation de la sécurité sociale et la loi de financement qui l'accompagne ne garantit pas, à long terme, le financement de la Région wallonne, au contraire des autres entités fédérées. L'accord budgétaire négocié patiemment est injuste et totalement déséquilibré. Et le gouvernement arraché des limbes est présenté par le formateur socialiste lui-même comme de «centre-centre»…


«On a sauvé les meubles»… Ceux de Laeken ?

Depuis sa note de l'été dernier, Elio Di Rupo n'a cessé de reculer. Son parti se présente comme un bouclier pour les travailleurs. Il ressemble aux «tortues» des légions romaines dans Astérix. Sauf qu'ici, elles n'avancent pas, elles participent aux reculs des forces du travail.

En effet, que pouvons-nous raisonnablement attendre de ce gouvernement «papillon»? Peut-être la défense de l'indexation des salaires déjà remise en cause alors que l'encre de ces grands accords n'est pas sèche... Aucune avancée sociale pour combien de régressions ? Dans les prépensions, dans le calcul de la pension, dans les allocations de chômage, dans la liaison des allocations sociales au bien-être, dans le financement des soins de santé, dans la réduction des moyens des services publics...


Mais à part cela, Madame la Marquise, tout va très bien, tout va vraiment très bien... Et le PS est tout heureux d'être «responsable» et d'avoir «sauvé les meubles». Ceux de Laeken? Les travailleurs vont payer cash l'exorbitant loyer du «16, rue de la Loi». Ce n'est pas ce qu'ils voulaient.


A gauche, nous avons besoin d'une politique de gauche. Comme de pain. D'une gauche offensive. D'une gauche qui rende les coups plutôt que de les encaisser. D'une gauche qui fasse changer la peur de camp. D'une gauche qui permette enfin d'envisager pour nos enfants un avenir meilleur que leur présent.


Nico Cué, Secrétaire général de la MWB-FGTB

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