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Tout pour "sauver le brol" !

 

285594_200317536688729_100001314510034_482209_7667_n.jpgLa formule, empruntée au dialecte marollien, est de Charles de Saxe-Cobourg Gotha, fils puiné du Roi des Belges Albert Ier. Au lendemain de la deuxième guerre mondiale, baptisé hâtivement "Prince du maquis", il exerça la Régence de Belgique . Son frère aîné, le Roi en titre, Léopold III, d'abord  "prisonnier des Allemands" au Château de Laeken, avait été emporté dans les bagages de l'occupant en déroute, et attendait en Suisse qu'on veuille encore de lui. L'Affaire royale mena au bord de la guerre civile. 

La famille royale ne fut guère reconnaissante au Prince Charles d'avoir assuré la continuité  de la monarchie. Sous l'occupation, le Roi "prisonnier" avait épousé la belle Liliane BAELS, requalifiée Princesse de Réthy,  qui règnait désormais sur son royal époux et qui ne pouvait supporter que le petit frère ait contribué à l'éloigner du pouvoir. Après les morts de Grâce-Berleur et l'abdication de Léopold III en faveur de son fils Baudouin, la rancune perdura contre celui qui pourtant "avait sauvé le brol".

Nous ne craignons pas que pareille ingratitude frappe un jour proche Élio DI RUPO, nouveau sauveur de la Patrie belge, avec tout ce que cela comporte. Dans les cérémonies charismatiques que (paraît-il) ils affectionnent, tous les nombreux membres de notre famille royale doivent communier pour lui assurer un franc, total et rapide succès. Comme quoi, il n'y a pas que "La République" qui "combat aux côtés de ses défenseurs" (in La Marseillaise, pas La Brabançonne). Le peuple, lui, observe.

Oliver MAINGAIN n'est pas le chef de file des travailleurs bruxellois. Notre empathie pour les petits et moins petits bourgeois qui, installés en terre flamande depuis dix ans, ne pètent pas encore un mot du dialecte local est très modérée. Reste que l'ensemble unanime des partis francophones l'avait promis et juré à leurs électeurs bruxellois (et même wallons) : pas de scission de l'Arrondissement BHV, sans extension de la Région de Bruxelles. Nous avons donc cédé. Pour sauver le brol !

D'accord "historique" en triomphe médiatique , voilà que l'on nous annonce un nouvel accord sur La Loi de Financement. Malgré les faibles performances de notre enseignement (depuis une précédente Loi du même nom), nous avons appris à un peu compter. Volume budgétaire des matières transférées aux Régions et Communauté : 17. Volume des additionnels à l'I.P.P. que celles-ci pourront désormais percevoir directement : 10,7. D'où viendra la différence ? Thierry BODSON, Secrétaire de la FGTB wallonne a été clair : de notre poche ! Pour sauver le brol !

Autour de la table des huit négociateurs/rices, le climat des plus enjoué favorise les projets matrimoniaux. Si les deux Écolos s'agrippent, les deux libéraux se placent. Le MR vient de sacrifier son unité au (très provisoire) sauvetage de la Belgique. Comment refuser à Charles MICHEL et à ses amis fidèles une place dans le futur Gouvernement, voire au sein des gouvernemernts wallon et francophone. Voilà un solide coup de barre à droite qui menace. Un petit pain à la grecque qui chauffe. La crise mondiale s'approfondit, il faudra intensifier vos efforts. Pour sauver le brol !

Mais re-voici les bons apôtres : ce serait bien pire sans cette inespérée accordaille, sans le maintien de la Belgique, sans un tout proche Gouvernement fédéral. D'ailleurs, nous avons obtenu dix ans d'apports exceptionnels (rabiot) pour les francophones. Le replâtrage actuel ne tiendra pas dix ans ; endéans les dix-huit mois, la Flandre posera de nouvelles exigences. Et nous continuerons de céder. Croyant encore sauver le brol. Jamais les chapeaux de Faribola n'auront coûté aussi cher. 

Jean-Claude RENDA, Président interrégional wallon.          

Commentaires

  • La Wallonie n'a certes pas gagné grand chose dans ce contrat de dupes, qui ne sert qu'à maintenir en vie, par tous les moyens, un pays sans âme, où deux peuples, deux cultures, deux langues (avec des budgets maintenant bien distincts) s'affrontent sans se comprendre.

    Pourquoi les francophones se battent-ils pour un pays dans lequel ils n'occupent plus aucun poste clef et où non seulement ils n'ont plus rien à dire, mais où en plus ils sont regardés comme des citoyens de seconde zone?

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