robert1943 robert1943 robert1943

ALBERT FRÈRE

albert frère,fontaine-l'évêque,frère-bourgeois,ruau,providence« Mon instrument de travail, c’est une paire de ciseaux », confie Frère, référence aux coupons (dividendes) de ses actions. Mais il manie aussi fort bien le téléphone.

Notamment envers ses amis politiques. En 1965, Albert Frère a fait construire une gentilhommière à Gerpinnes, banlieue aisée de Charleroi, dans un domaine boisé de 300 hectares. A l’autre bout du bois, on trouve le siège de la CNP, l’un de ses deux principaux holdings avec GBL.. Frère possède bien sûr un pied-à-terre dans les quartiers chics des capitales belge et française, respectivement rue De Crayer (jouxtant l’avenue Louise) et avenue Foch. Il a aussi une villa à la mer ou à la montagne ? Frère a choisi les… trois. La mer du Nord à Knokke, la Méditerranée à Saint-Tropez et la montagne à Courchevel, le top mondial des stations de ski. Sans oublier sa villa de Marrakech, où il a invité le ministre des Finances, Didier Reynders.

Sa villa de Gerpinnes abrite « sans doute l'une des plus belles caves privées d'Europe », selon l’animateur radio Philippe Bouvard, dont Frère a sauvé la (fin de) carrière lorsqu’il était actionnaire de RTL. Mais le baron possède son propre vignoble, le Château Cheval blanc, premier grand cru classé A de Saint-Emilion. À consommer dans tous les bons restaurants, où il vous faudra prévoir, au bas mot, 600 euros la bouteille.

Dans la région de Charleroi et surtout à Fontaine-l'Evêque, la légende veut qu'Albert Frère né dans une modeste famille de ferrailleurs soit parti de « rien ». Les légendes sont tenaces et particulièrement celle-ci. Rien n'est plus faux ! Albert Frère a surtout contacté un excellent mariage d'affaires en épousant la fille de la famille Bourgeois implantée aux laminoirs du Ruau et qui se charge d'y vendre la production. Ensuite, la famille Bourgeois avec à sa tête notre Albert s'occupe de vendre les produits finis de l'entreprise sidérurgique « la Providence » à Marcinelle.

Il entame donc sa carrière de requin en sidérurgie. Lorsque celle-ci est en perte, il continue à gagner de l’argent sur les commissions de vente. Quitte à vendre de plusieurs fois les mêmes produits et à fourguer du troisième pour du premier choix.

Ayant décidé d’abandonner le secteur, il revend sa société à l’Etat à prix d’or en 1983 lorsque les sidérurgistes en colère saccagent Bruxelles au cours d'une manifestation. Sa carrière de financier peut commencer. « Sait-on qu'à l'origine de la fortune d'Albert Frère, il y a un faux en écriture couvert par le gouvernement de l'époque ? », confiera Yves Roland, ancien directeur de la Compagnie belge pour le financement de l’industrie, à Trends-Tendances en 1997. C'est donc bel et bien avec l'argent du contribuable qu'il construira son empire financier

« Je suis belge et fier de l’être », déclare Albert Frère en 2005 lorsque son ami Didier Reynders lui passe au cou la plaque de Grand Officier de l’Ordre de Léopold. Il adore faire valoir l’ancrage belge pour choyer ses intérêts, même si le résultat final est tout le contraire.

Exemple type : il est parvenu à mobiliser le monde politique (palais royal compris) pour contrer une OPA du groupe néerlandais ING sur la banque BBL, dont il était actionnaire. Cela lui vaut même un titre de baron. Sauf qu’il s’agissait seulement de faire monter les enchères pour, finalement, vendre ses actions à… ING. La plupart des sociétés belges dont il a été actionnaire sont passées sous pavillon étranger : Cockerill-Sambre (anglais), Royale Belge (français), BBL(néerlandais), Petrofina (français), RTL (allemand), Éditions Dupuis (français), Tractebel (français), Quick (français)… Cela dit, dans certains cas, il se retrouve actionnaire de la maison-mère étrangère.

La société historique d’Albert Frère, Frère-Bourgeois, est détenue par la stickting A.K. Frère-Bourgeois, société familiale installée aux Pays-Bas. À travers une cascade de sociétés intermédiaires, Frère-Bourgeois contrôle CNP et GBL, les deux principaux holdings du groupe Frère, cotés à la Bourse de Bruxelles. Mais Frère est surtout considéré comme le plus puissant actionnaire privé de la Bourse de Paris, dixit le journal Le Monde. Car CNP et GBL sont des actionnaires importants (souvent n° 1) de grands groupes français tels GDF-Suez, Total, Lafarge, Pernod-Ricard, Imerys, Suez-Environnement…

Le poids du groupe Frère se constate à la Table ronde des industriels européens. Il s’agit du plus puissant lobby patronal européen, qui pèse lourdement sur les décisions de l’Union européenne. Sur les 52 attablés actuels (dont sept Français et deux Belges), tous dirigeants de grandes multinationales européennes, on trouve trois hommes de Frère : Thierry Desmarest (Total), Bruno Laffont (Lafarge) et Gérard Mestrallet (GDF-Suez). Paribas est, depuis 1968, le premier et indéfectible partenaire financier d’Albert Frère.

Mais en 1981, le gouvernement socialo-communiste de Pierre Mauroy décide de nationaliser plusieurs banques, dont Paribas. Avec l'aide du financier canadien Paul Desmarais, Frère crée l’opération « Arche de Noé » pour récupérer les holdings belge et suisse de Paribas et les soustraire ainsi à la nationalisation. Au passage, ils réalisent un joli bénéfice.

Aujourd’hui, Paribas, reprivatisée et fusionnée à la Banque nationale de Paris au sein de
BNP-Paribas, est toujours un partenaire clé du groupe Frère (ils détiennent respectivement 47 et 53 % d’Erbe, maison-mère de la CNP). Or, fin septembre 2008, le gouvernement belge sauve de la faillite le groupe Fortis, qui intéresse fort BNP-Paribas. A la manoeuvre, Didier Reynders, ami de Frère. Alors que le ministre des Finances négocie avec Baudouin Prot (BNP-Paribas) la vente de Fortis, ils bénéficient tous deux des conseils téléphoniques d’une même personne : Albert Frère. L’arche BNP-Paribas accueillera Fortis « pour rien », selon l’estimation de la banque Stanley Morgan.

Une des clés de l’enrichissement de Frère, ce sont ses liens avec les politiques. De tout bord. Citons, parmi ses nombreuses relations, Willy Claes, qui arbitrait ses matchs de tennis à Saint-Tropez alors qu’il était ministre en charge la sidérurgie. Ou André Cools, ancien président du PS, à qui Yves Roland avait dit qu’il « semblait confondre un peu trop la Peupleraie [propriété de Frère à Gerpinnes] et la Maison du peuple ». Ou plus récemment, son couple d’amis Didier Reynders et Nicolas Sarkozy. Le soir de son élection, le président français a placé Frère sur la liste de ses 55 hôtes privilégiés admis au restaurant Fouquet’s. Sarkozy et Frère ont conçu ensemble l’emballage politique de la fusion GDF-Suez, le Carolo acceptant la scission de Suez et Suez Environnement… s’il restait actionnaire des deux. Selon l’homme d’affaires Jean-Marie Kuhn, cette opération n’est pas sans lien avec la vente par Frère, en 2006, de Quick à la société publique française Caisse de Dépôt, pour un prix anormalement élevé. Une plainte de Kuhn est actuellement examinée par la justice belge...

La fortune d’Albert Frère

● Fortune 2009: 1 805 millions € (5e du top 100).
● Evolution 2000-2009 : + 343 %.
● Taxe des millionnaires sur cette fortune : 54 085 000 €. De quoi augmenter de 100 € par
mois la pension de 45 071 pensionnés.

Selon les estimations du journaliste Ludwig Verduyn et d'après Marco Van Hess

Freddy Guidé

Commentaires

  • Peux-je me servir de cet article pour passer l'info dans un prochain Coup de Rouge?
    Avec référence au Progrès, évidemment.
    La bonne info devrait être beaucoup plus diffusée.
    Salut et fraternité
    Nicole

    mais qu'est-ce que c'est que ça??? URL ???

  • Bonjour.

    D'abord, je tiens pour des raisons de sécurité, à rester anonyme.
    Etude résumée de la vie de ce truand de la finance, ami de Reynders et de Sarkozy. Ce que beaucoup ignorent sauf les anciens deFontaine-l'Évêque, c'est que Albert, tout comme,son père, héritier de la clouterie de sa femme à la rue d'Assaut, faisait, pendant la guerre 40-45 avec une charette à bras le tour des maisons de Fontaine, de Leernes et de Forchies, pour ramasser cuivres et bronzes pour les revendre aux Allemands.
    Apès la guerre, un peu avant 1960, il installa à la rue des Combattants un bureau d'import-export d'où il trafiquait des armes surplus américains qu'il revendait à la Corée du Nord. Puis il s'installa à Charleroi au Boulevard Tirou là où se trouvent les studios de la RTBF.
    Tous les Fontainois de plus de 80 ans vous le confirmeront.

  • Oui. Et sans droits d'auteur!!!

Les commentaires sont fermés.