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La CNE déposera au moins sept dossiers de plainte contre Ryanair

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CHARLEROI - Plusieurs dossiers concernant les conditions de travail du personnel Ryanair de Charleroi sont à l’étude à la CSC. Le syndicat indique que fin septembre au plus tard, elle déposera plainte devant le tribunal du travail de Charleroi.

La CSC a confirmé qu’elle déposerait plainte devant le tribunal du travail de Charleroi contre la compagnie irlandaise Ryanair. Le malaise social découlant des conditions de travail au rabais (calquées sur le droit irlandais) n’est pas neuf. Mais il avait atteint son paroxysme en juin lorsqu’une hôtesse avait distribué des tracts syndicaux à ses collègues avant d’être virée pour cette raison. Peu avant, la compagnie Ryanair avait aussi fait parler d’elle lorsque nous avions révélé que son personnel devait systématiquement se soumettre à des prélèvements de cheveux en vue de « tests anti-drogue ».

Depuis, le syndicat chrétien a constitué sept dossiers (un huitième au moins pourrait s’y ajouter) de membres du personnel navigant de la compagnie qui ont mandaté le syndicat pour contester les pratiques de Ryanair.

Coût de l’uniforme déduit du salaire à raison de 30 euros par mois pendant 12 mois, mutations – même temporaires – sans compensations, interdiction de s’éloigner de plus d’une heure de l’aéroport, préavis de licenciement très courts et facturation de frais administratifs en cas de démission… Ce sont là autant d’obligations que dénonce Tony Demonté, secrétaire général adjoint de la Centrale Nationale des Employés (CNE), qui suit de près ce dossier.

Avec des revenus pouvant varier de 800 à 1800 euros bruts, hôtesses et stewards ne sont payés que pour environ 70 % du temps travaillé, et ne sont même pas défrayés quand ils sont « de garde » à leur domicile, s’indigne le syndicaliste.

« L’objectif de notre action est de récupérer la différence de salaire entre ce que les plaignants perçoivent sous statut irlandais et ce qu’ils auraient dû percevoir en étant affiliés à la commission paritaire belge pour le personnel navigant des compagnies aériennes privées», indique Tony Demonté. Les plaintes viseront Ryanair et sa société partenaire Crewlink qui met à la disposition de la compagnie des personnels de cabine.

« De bonnes chances de gagner »

Pourquoi déposer plainte aujourd’hui alors que les conditions d’emploi par la compagnie irlandaise sont connues depuis longtemps ? D’une part parce que plusieurs membres du personnel ont enfin osé dénoncer leurs conditions de travail.

« Et puis, d’autre part, le contexte social, la sensibilité du politique ont changé », estime Tony Demonté. Qui rappelle au passage que la CSC avait eu gain de cause devant la justice il y a quelques années sur cette même question avant d’être déboutée « de manière incompréhensible » en appel. « Et à l’époque les contrats étaient encore moins défavorables qu’aujourd’hui, » ajoute le syndicaliste qui estime avoir « de bonnes chances de gagner».

Enfin, la CSC estime avoir aujourd’hui « des éléments supplémentaires » qui pourraient mettre à bas le paravent du droit irlandais derrière lequel se retranche Ryanair pour échapper à ses obligations envers ses employés qui travaillent au départ de Charleroi.

Quelque 270 salariés de Ryanair ou de Crewlink vivent ainsi « à Charleroi parce qu’on leur impose d’y vivre. Ils ont un compte en banque et une adresse à Charleroi », fait valoir le syndicaliste.

Parmi les plaignants qui introduiront leur dossier devant le tribunal du travail, la plupart sont Italiens ou Espagnols, mais vivent en Belgique. Une seule hôtesse belge s’est pour le moment jointe au dossier. Un steward, néerlandophone, pourrait suivre.


À la CSC, si on estime avoir de bonnes chances d’avoir gain de cause, on n’est pas dupe sur la durée de la bataille juridique qui s’annonce. « On sait que Ryanair ira en appel et sans doute aussi en Cassation. L’aboutissement de cette affaire pourrait donc prendre des années.»

Extrait de "Vers l'Avenir"

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