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05/07/2011

Grèce: en 1941, il vole le drapeau nazi sur l'Acropole, en 2011 il résiste encore

acropole,antifascisme,résistant,manilos glezosA 18 ans, en 1941, il dérobait avec un compagnon le drapeau nazi flottant sur l'Acropole dans une opération devenue légendaire. 70 ans plus tard, Manolis Glezos résiste toujours, cette fois contre la "tutelle" étrangère imposée à la Grèce pour redresser ses comptes.

C'était dans la nuit du 30 au 31 mai 1941: les Allemands venaient de réduire la dernière poche alliée en Crète et "Hitler a dit dans un discours que "l'Europe est libre". Nous voulions lui prouver que justement, le combat commençait", raconte-t-il à l'AFP.


"La Grèce a conquis sa liberté, mais pas son indépendance. Sur l'échelle de la sujétion, nous frôlons les 100%, pour tout ce sont les étrangers qui décident", assène ce pétillant octogénaire, faisant référence à la situation financière actuelle du pays, dépendant de l'aide internationale.

Consciente que l’accès aux marchés lui est devenu presque impossible en raison des incertitudes sur sa capacité à rembourser, la Grèce a dû recourir au soutien de l'Union européenne et du FMI, qui exigent en contrepartie des mesures d'austérité, très contestées dans les rues d'Athènes.

Arrêté trois fois sous l'Occupation, Manolis Glezos a échappé au peloton. "Un policier grec a contrôlé nos papiers pour violation du couvre-feu quand nous nous éloignions de l'Acropole, mais il n'a jamais parlé", raconte-t-il sans vouloir s'appesantir sur son acte de bravoure. Son complice d'alors, Apostolos Santas, vient d'être porté en terre.

C'est aussi sans s'attarder qu'il mentionne l'exécution de son frère cadet, en 1944. Le portrait du jeune homme surplombe les amoncellements de livres, archives et souvenirs qui encombrent le modeste rez-de-chaussée que Manolis Glezos partage avec sa femme dans une banlieue calme d'Athènes.

Son engagement dans la résistance, puis son militantisme communiste, sous des régimes autoritaires et militaires, ont valu à Manolis Glezos deux condamnations à mort et douze ans dans "presque toutes les geôles du pays".

"Beaucoup y sont devenus fous", note-t-il. Lui a dû interrompre ses études d'économie: "en prison, c'était assimilé à du marxisme". A 88 ans, il n'a rien cédé de sa combativité au service de ses convictions d'extrême gauche.

Ancien membre du Parti communiste grec stalinien, qu'il a quitté en 1968, il est devenu une figure tutélaire de la gauche radicale.

Aujourd'hui, le militant souhaite une prise de relais par la jeunesse "pour descendre tous les drapeaux qui oppriment".

Mais, contrairement à de nombreux Grecs, hérissés par les exigences de rigueur de l'Allemagne en particulier, l'ex-résistant se garde de tout amalgame entre l'occupant d'hier et le sourcilleux partenaire d'aujourd'hui.

Pour lui, "l'ennemi, c'est le G20, l'union des impérialistes".

Pour se sortir de la crise, la Grèce devrait donc ne compter que sur elle: "ne plus consacrer un sou aux dépenses militaires", refuser de rembourser une dette "qui n'est pas légitime", s'en prendre à la fraude fiscale et aux "cumulards du secteur public", "mais en protégeant la santé, l'éducation, la recherche".

Et puis quand même exiger de l'Allemagne qu'elle s'acquitte de son propre dû, en remboursant le prêt obligatoire au régime nazi, "la seule fois où la Grèce a prêté au lieu d'emprunter" lance-t-il avec malice sous sa moustache.

"Avec les dommages de guerre", qu'Athènes se réserve toujours le droit de revendiquer, "c'est 162 milliards d'euros, sans les intérêts".

Sur la place centrale d'Athènes, où des foules se pressent depuis plus de trois semaines pour dire leur ras-le-bol de la crise dans une mobilisation inédite, banderoles et affiches font écho au vieux militant, appelant à l'"indépendance nationale" ou proclamant: "je ne dois rien, je ne paie pas".

"Au début de l'occupation, la résistance était surtout passive. Quand on a escaladé l'Acropole, on n'en a pas croisé d'autres faisant la même chose. Mais jour après jour, nous sommes devenus plus nombreux. Maintenant aussi, le courant de résistance enfle", espère Manolis Glezos.

AFP/Archives

 

Commentaires

Bonjour,

nous vous avons emprunté l'illustration pour :http://aviseurinternational.wordpress.com/2012/02/23/la-une-de-keg-des-unes-du-23022012-a-j-73-av/

si vous y voyez le moindre inconvénient, nous la retirerons.

Cordialement

Aviseur

Écrit par : aviseur | 23/02/2012

Aucun problème. Il mérite d'être diffusé.

Écrit par : Nouvelles | 23/02/2012

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