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24/06/2011

Bahar Kimyongür porte plainte contre les plus hauts responsables de l'État belge

bahar kimyongür,clea,ligue des droits de l'hommreIl y a exactement cinq ans, les plus hautes autorités politiques, judiciaires et policières de Belgique avaient osé. Elles avaient osé organiser un véritable complot d'État, dans la plus parfaite illégalité.

Réunis à l'initiative du Cabinet de la Ministre Laurette Onkelinx, vingt-cinq fonctionnaires d'élite avaient en effet décidé de monter une machination aussi cynique qu'épouvantable dans le but de faire arrêter Bahar Kimyongür aux Pays-Bas, pays où il allait se rendre pour assister à un concert de musique. 


À l'époque, on s'en souvient, la Turquie venait de lancer à l'encontre de ce citoyen belge un mandat d'arrêt international reposant, pourtant, sur des allégations dénuées de tout fondement. Or, une fois appréhendé à l'étranger (en l'occurrence aux Pays-Bas), Bahar Kimyongür aurait pu au regard des conventions internationales y être «légalement» extradé vers Ankara. En effet, la Belgique n’extrade pas ses nationaux.

Eugène Dimmock, conseiller de Guy Verhofstadt (Premier ministre); Pascale Vandernacht (chef de Cabinet adjoint de la ministre de la Justice);  Alain Lefebvre, le directeur de la Sécurité publique (Intérieur); André Demoulin, l’administrateur général de la Sûreté de l’État; le procureur fédéral Daniel Bernard accompagné de ses adjoints, Johan Delmulle et Leen Nuyts...: selon les révélations de différents organes de presse bien informés (en l'occurrence, Le Soir et La Libre Belgique), ces responsables de premier plan s'étaient donc concertés (le 26 avril 2006) afin de définir la meilleure façon de se plier aux injonctions turques. Quitte à abandonner à la torture et à la sauvagerie l'intégrité physique, voire la vie, d'un de leurs ressortissants.

Une cabale, un crime, une forfaiture... La Belgique se sera ainsi prêtée à une abomination pour remettre (via un pays tiers) Kimyongür à des services policiers, dont il n'avait cessé de dénoncer les comportements odieux à l'encontre d'opposants politiques et syndicaux, ou de défenseurs des droits humains alors que, au niveau européen, la Turquie est toujours classée numéro 1 en matière d'atteintes répétées aux droits de l'Homme.

Interpellé sur le territoire néerlandais, incarcéré aux Pays-Bas 68 jours durant, Kimyongür va finalement être totalement absout des imputations contenues dans le mandat d'amener turc. Le 4 juillet 2006, confirmant ses droits inaliénables à la liberté d'expression et à la liberté d'association, notre compatriote sera remis en liberté par les juges de la Chambre d'Extradition du Palais de Justice de La Haye.

Le 12 avril 2011,
une plainte pour «coalition de fonctionnaires» sera conséquemment déposée contre X, concernant la réunion conspiratrice du 26 avril 2006 – une procédure intentable en vertu de l’article 233 du Code pénal. Celui-ci punit, en effet, de peines de prison, les fonctionnaires qui, «en réunion», auraient décidé la mise en œuvre de «mesures contraires aux lois».

Pour expliciter toutes les raisons et circonstances qui ont justifié le dépôt de cette plainte inédite, s'esr tenue l
e mercredi 13 avril dernier une conférence de presse au siège de la Ligue des droits de l'Homme.  

Ont pris part à cet événement: Monsieur Bahar Kimyongür, Maître Christophe Marchand, Monsieur Benoît Van der Meerschen au nom de la Ligue belge des droits de l'Homme, et Monsieur Jean Flinker du Comité pour la Liberté d'Expression et d'Association (CLEA)

http://www.leclea.be/argu.htm


 

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