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Besancenot déprime au NPA, et rêve du Caire et de Tunis

besancenot_2.gifGérald Andrieu - Marianne

À la tête d’un parti qui ne cesse de perdre des militants et aux commandes d’une direction mise en minorité, Olivier Besancenot s’est raccroché, hier soir à Montreuil, aux branches des révolutions tunisiennes et égyptiennes. Car ces événements viendraient conforter, semble-t-il croire, son choix de ne pas s’associer au Front de gauche. Lors des élections européennes et régionales passées et, sans doute aussi, à l’occasion de la présidentielle à venir…

NPA: quand le rouge tourne au blues

Heureux Besancenot. Hier, au premier soir du congrès du Nouveau parti anticapitaliste qui se tient jusqu’à dimanche à Montreuil, lui que l'on dit déprimé s’est réjoui de voir le congrès du FN de la mi-janvier et la « coproduction TF1 – Sarkozy » de vendredi soir « balayés par le vent de l’histoire ». Comprendre : les révolutions tunisiennes et égyptiennes qui sont venues, tour à tour, bousculer les agendas médiatiques du Front et de l’Elysée.

Mais ce qu’oublie de dire le porte-parole du NPA, c’est que le fameux « vent de l’histoire » lui est aussi d’un très grand secours. Ce vent-là lui offre — du moins, l’espère-t-il — un second souffle. Lui qui se retrouve à la tête d’un parti déserté par bon nombre de militants et aux commandes d’une direction qui n’est pas sortie majoritaire (40,8%) des consultations internes. Une direction belle et bien coincée entre un courant « identitaire » (28,3%) et un courant « unitaire » (27,2%) favorable à un rapprochement avec le Front de gauche.

« Du passé, faisons table rase » ?

Y a bon la révolution ! Les événements tunisiens et égyptiens arrivent en effet à point nommé pour, croit-il, faire taire les critiques. Nombre de déserteurs reprochent en effet à Olivier Besancenot la stratégie du « cavalier solitaire » que lui et les siens avaient choisi lors des élections européennes et régionales. Avec le « succès » que l’on connaît… Une stratégie qu’il semble vouloir renouveler pour la présidentielle à venir. Mais à l’entendre, qu’importe. « Du passé, faisons table rase » comme le dit l’Internationale, les élections comptent finalement si peu : « Nous aussi on aura besoin d’une bonne vieille révolution sociale et démocratique, a-t-il lancé à la tribune, On a eu l’exemple en direct live qu’en dehors des échéances électorales le peuple peut prendre son sort entre ses mains ». Et d’appeler un peu plus tôt, MAM, Fillon et les autres à partir « en vacances » : « Qu’ils prennent même de longues vacances et qu’eux aussi dégagent une bonne fois pour toute ! »

Voilà de quoi satisfaire la salle qui, un peu plus tôt dans la soirée, après avoir entendu des acteurs de la révolutions tunisienne, faisait rimer Ben Ali avec Sarkozy et scandait : « Et une ! Et deux ! Et trois révolutions ! » Pari réussi pour Besancenot ? C’est peut-être parce qu’il ne reste, aujourd’hui, presque plus que les plus « durs » au NPA. La direction annonce 6 000 militants. Certains opposants à Besancenot jugent que 4 000 est un chiffre plus vraisemblable. Quatre mille, c’est un tout petit plus que la vieille LCR. Deux ans après le lancement du NPA, ça ressemble à tout, sauf à un pari réussi. Et encore moins à une révolution...

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