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Sida : un ministre belge prend parti contre la stigmatisation

delizée,clinton,sidaFREDERIC SOUMOIS - Belga

La tâche n'était pas facile ce lundi pour Jean-Marc Delizée, secrétaire d'Etat aux affaires sociales, qui remplaçait au pied levé la ministre de la Santé publique Onkelinx pour représenter l'Union européenne dans le cadre de la 18e conférence mondiale sur le sida.

Car Delizée a dû succéder dans la salle au président Bill Clinton, certes engagé depuis longtemps dans le combat contre la maladie. Souvent cabotin, Clinton a fait son show, ne promettant pas grand-chose finalement. Si Delizée n'a pas déployé le même lustre, il a clairement souligné l'écart entre la réponse mondiale contre le virus et la réalité de la maladie, qui tue deux millions de personnes chaque année et en infecte près de trois millions de nouvelles. Si l'Union européenne a certes été en pointe de certaines recherches, la crise économique semble pousser nombre d'états membres à diminuer ou postposer leur contribution. Ainsi, l'Autriche, qui a accueilli la conférence, ne dépense pas un euro pour le fonds global de lutte contre le sida. Et l'Allemagne semble décidée à verser sa contribution 2011 prévue en trois années !

Delizée a pourtant transmis un message positif du conseil européen des ministres de la santé en faveur du dépistage global et du traitement plus précoce des malades, dont la moitié, même en Europe, est diagnostiquée alors que leur immunité est déjà très atteinte et le virus dissémine au plus profond de leur corps. Delizée a pris notamment clairement parti contre la discrimination et la stigmatisation qui constituent toujours des freins a un traitement adéquat des malades et qui contribue à faire flamber l'épidémie. Une position courageuse, à l'’heure où les ONG soulignent que la criminalisation des usagers de drogue ne sert à rien qu’'à propager le virus. Le secrétaire d'Etat a souligné que les populations à risque (homosexuels, travailleurs sexuels) devaient être aidées spécifiquement, mais que le dépistage devait être intensifié : « une personne séropositive en Europe ignore qu'elle l'est. Mais cela doit être organisé dans la sérénité et la sécurité, en toute confidentialité. ». Il a enfin souligné qu'il était essentiel d'offrir partout un accès au traitement. Il reste du travail : un rapport cité la veille par le commissaire européen de la santé met en évidence que dans certains pays européens, seuls 8 % des patients qui en ont besoin reçoivent le traitement adéquat.

Delizée n'a donc pas été ridicule face à Clinton. Ceci dit, le fait qu'on envoie le Secrétaire d'Etat en charge des personnes handicapées pour parler des séropositifs a fait grincer quelques dents au sein de la communauté des patients représentée sur place.

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