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20/02/2011

S’en prendre aux responsables.

sncb,train,cheminot,gare,cgspDepuis plusieurs années, je retrouve la facilité du voyage par train. Etant pensionné, outre le prix peu élevé du transport, j’ai donc décidé d’abandonner la voiture pour me rendre à Bruxelles. J’évite ainsi les longues files se formant à l’entrée de la capitale. J’évite de tourner des dizaines de minutes pour me trouver une place de parking. J’économise en n’alimentant pas ces appareils gloutons qui avalent nos euros à la vitesse vv’. Donc pas d’amende pour un stationnement inapproprié. Enfin, je ne retrouve pas mon véhicule avec une vitre brisée.


Tout ceci pour vous narrer mon dernier voyage milieu de la semaine qui vient de se terminer. 18 heures, je suis sur la quai 21 de la gare de Bruxelles, le direct  Bruxelles-Charleroi entre en gare avec un peu de retard. Entretemps, j’ai constaté qu’un autre train à destination de Châtelet n’était pas encore arrivé et avait déjà une bonne demi-heure de retard.

Bon ça va. Le quai est noir de monde mais le train à deux étages permet aux passagers de voyager assis. Sifflet! Le train se met en route. On sort de la gare à petite vitesse, sécurité oblige, pensais-je. Puis, les petites gares de la périphérie défilent lentement les unes après les autres car le train a l’air d’être essoufflé. Enfin, voici Braine-l’Alleud. On repart et cette fois il faut bien constater que que la machine a une problème.

Tout à coup: «  Mesdames, Messieurs, les passagers à destination de Charleroi mais avec un arrêt exceptionnel de ce train à Marchienne-au-Pont, doivent descendre et attendre une correspondance à Nivelles sur le quai numéro 3 ». Suite à un problème technique, le train ne peut donc continuer sa route. Perplexité sur les visages, les appels par GSM se multiplient et ma foi, tout le monde descend sans énervement.

Un train attend en vis-à-vis, il suffit de monter dedans mais sans la moindre confirmation par haut-parleur. Les contrôleurs sont assaillis de questions puis tout d’un coup, l’un d’eux est insulté par un quidam qui rend les cheminots responsables de l’incident technique. Ses commentaires fusent dans le wagon: « Aujourd’hui, j’ai passé 6 heures dans les trains et hier, c’était 12 heures,… »

Quelques minutes d’attente et ce train qui s’avère être un omnibus se remet en route. Le personnel de bord n’est pas à l’aise. Il file dans le couloir central sans s’adresser aux voyageurs. Il faut penser qu’il doit paniquer un peu car dans les jours précédents, d’autres agents ont été, cette fois, agressés.

Enfin, Marchienne, je descends et mon retard  est de 50 minutes.

Je raconte ceci pour  affirmer ma solidarité avec le personnel de la SNCB qui subit les conséquences d’une gestion calamiteuse de la société.

Si l’excité qui s’en prenait à eux, avait tenu meeting à l’intérieur du compartiment pour dénoncer la gestion de l’actuelle direction tricéphale de la société, on n’aurait pu que l’approuver. S’il avait dénoncé les responsables politiques fédéraux qui ont répondu les deux doigts sur la couture du pantalon aux injonctions de l’Europe appelant à la privatisation et la filialisation de la société, on n’aurait pu que le soutenir.

Le personnel? Il est insécurisé.
Le personnel? Il attend de savoir si demain, il pourra conserver son emploi.
Le personnel malade, fatigué, usé? Il est transféré dans une filiale en perdant des avantages liés à l’ancien statut.
Le matériel? Il est usé jusqu’à la corde. Les entretiens sont irréguliers.
La sécurité? Après Buizingen, il faut constater qu’elle est loin de s’améliorer.

Et pour vous les Carolos, les noms de Pont-à-Celles-Luttre, ça ne vous dit rien? Là, il y avait un atelier d’entretien de matériel roulant donnant du travail à un millier de travailleurs.

Et Marchienne-au-Pont-Monceau et sa gare de formation avec ses centaines d’ouvriers? Vous avez oublié? La SNCB a filialisé le fret.

Des milliers d’emplois perdus, des gares fermées devenues cloaques, lieux de trafics sordides.

Et pendant ce temps, les boss des trois sociétés reçoivent des salaires pharamineux.
Enfin un dernier mot. Les intempéries, ne seraient-elles pas provoquées par les agents de la SNCB? Oui, ces privilégiés qui défendent leurs intérêts n’en seraient-ils pas capables pour conserver égoïstement leurs avantages? La neige ne la jettent-ils pas à flocons épais sur les rails? Sur les aiguillages ne versent-ils pas de l’eau pour qu’ils gèlent? Le matériel qui s’essouffle, ne le sabotent-ils pas? N’abattent-ils pas les caténaires?

Les navetteurs ont raison de se révolter mais cette révolte vers qui doit-elle être dirigée? Les milliers, les centaines de milliers annuels de navetteurs en sont-ils conscients? J’en doute et cette passivité m’écœure souvent.

Il y a 50 ans exactement plus d’un million de travailleurs belges étaient descendus dans la rue pour lutter contre la loi unique, pour être plus précis: pour empêcher nos gouvernements de récupérer les conquêtes sociales que les travailleurs avaient pu imposer au patronat dans un rapport de forces qui leur était favorable. Ces conquêtes s’appellent sécurité sociale, chômage, allocations familiales, pensions…

En 1960, la solidarité entre travailleurs du privé et du public, entre employés, fonctionnaires et ouvriers existait… par conscience de classes.

Joseph JACQUEMOTTE, président fondateur du Parti communiste ne disait-il pas: « On ne peut être à la fois avec les riches et les pauvres, il faut choisir! ».

Robert TANGRE

Commentaires

Tu as écrit ce que j'essaie parfois d'expliquer à des utilisateurs qui rendent le personnel responsable des problèmes de la SNCB ou d'autres services (sécices) publics.
Mais la connerie (ou la désinformation) fait son travail de sape anti solidarité et surtout anti réflection.
On est pas sorti de l'auberge, surtout que les médias engagés ont été muselés et liquidés.

Écrit par : Dany Antoniol | 20/02/2011

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