robert1943 robert1943 robert1943

15/02/2011

Grèves 60 - 61: « 50 années écoulées: un monde de différence »

train,sncb,contoleursDepuis le 13 novembre, Cenforsoc, la FGTB, la Bibliothèque de l’UT et l’asbl Le Progrès avaient organisé une série d’activités pour commémorer la grève du siècle dernier, la grande grève de 1960 - 1961.

Le 26 novembre après-midi était organisée une rencontre intergénérationnelle entre les derniers survivants de cette grève importante, le presque dernier grand combat de lutte des classes où les travailleurs bloquèrent durant six semaines l’économie de la Belgique pour faire triompher leurs revendications.


 Notre propos n’est pas de retracer l’historique de ce mouvement ni d’en faire l’analyse mais de vous faire partager les sentiments qui m’animaient au sortir de cette rencontre.

Après la projection d’une vidéo dans laquelle quelques vieux militants, acteurs engagés de ce combat, un échange eut lieu avec des personnes en formation à la Funoc, des jeunes engagés politiquement et une classe de terminale du secondaire.

Avec fougue, avec une vigueur de la parole intacte malgré l’âge avancé des anciens et toujours militants, les jeunes entendirent parler de lutte des classes, de sécurité sociale, de défense des droits acquis, d’anticapitalisme,….

Ensemble, les anciens leur demandaient de s’inspirer de leur combat, de leur exemple pour lutter aujourd’hui comme eux l’avaient fait hier. Ces anciens savent que le monde a changé en 50 ans et ils l’ont bien exprimé lorsqu’ils ont expliqué leurs conditions de vie, leur maigre salaire, les sacrifices consentis voulant prouver aux jeunes que leur existence en 2010 n’est pas plus malheureuse sans doute que celle qui a été la leur.

En sortant, je me demandais ce qui allait rester de ces témoignages pour la plupart des jeunes participants, exception faite de ceux qui sont conscientisés par leurs organisations politiques ou syndicales.

Mais les autres? Que peuvent bien représenter pour eux les grands mots qui furent énoncés: capitalisme, anticapitalisme, lutte des classes, sécurité sociale,….?

A mon avis pas grand-chose. Les grandes entreprises ont fermé. Les gens ne se réunissent plus, ne discutent plus entre eux car l’entreprise était le lieu où les travailleurs prenaient conscience de la notion de force de travail, de leur exploitation par une classe dirigeante qu’ils pouvaient identifier. Les Frère, Boël, Solvay, … on connaissait. On savait où les trouver et ensemble, avec les syndicats et les leaders élus, on créait un rapport de forces au travers du combat.

Et 50 ans plus tard, le chômage est devenu le couvercle de la marmite à pression: quand ça va exploser, on lâche un peu de vapeur, par exemple en créant des sous-statuts qu’il faut bien accepter pour faire bouillir la marmite et surtout il faut se taire pour garder ce maigre avantage qui peut vous être repris à tout moment. D’autres ont parfois trouvé les avantages qu’ils pouvaient parfois retirer du système d’où l’explosion du marché de la drogue.

Et puis, qu’est-ce que la sécurité sociale? Le chômage n’est-il pas devenu un droit tout comme l’assurance santé, les congés payés, le 13 ème mois, les allocations familiales, les pensions…, des droits qu’il faut défendre ou même élargir?

Alors? Qui peut faire renaître cet esprit de lutte, de combat? Des rencontres comme ce jour ont certes de l’importance mais où peut-on apprendre l’histoire sociale, celle des travailleurs manuels ou intellectuels?

Ici halte, le programme d’histoire ne peut aborder ces matières car la société ne va pas quand même former de futurs adultes qui pourraient revendiquer, se rebeller contre l’ordre établi, contre ce monde où seul compte le profit.

Un exemple pour finir: « ILS ont voulu cette Europe sans cesse élargie. ILS ne nous ont pas demandé notre avis. ILS ont construit un échafaudage sans base. Celui-ci craque de toutes parts. Avant hier en Grèce, hier en Irlande, demain au Portugal, en Espagne et chez nous, quand?

Mais qui va payer? NOUS, certes. Plus que jamais ils est question de prendre conscience de notre responsabilité celle des hommes des femmes conscients de leur pouvoir, de leur force lorsqu’ils sont unis.

Espoir, désespoir, ma pensée navigue entre ces deux pôles opposés.

L’Ombre rouge

Les commentaires sont fermés.