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Suite de notre dossier : "Comment le patriarcat et le capitalisme renforcent-ils conjointement l’oppression des femmes ?"

journeedelafemmeyjs.jpgCOMANNE Denise

Historique

1. Aux origines...Place des femmes dans les sociétés dites primitives (époque préhistorique). Economie de subsistance (chasse - cueillette)

Il n’y a pas d’accumulation, mais recherche constante des ressources, des moyens de subsistance. Le « travail » de chacun est nécessaire pour assurer la survie de la tribu. Personne ne peut s’approprier les ressources sous peine de mettre en péril cette survie. Il y a égalité sociale.

Quelle est la place des femmes dans ces sociétés de ramasseurs-chasseurs ? D’après des travaux d’anthropologues et d’historiens : dans les hordes, mobilité des individus hommes et femmes, avec libre adhésion et sans discrimination néanmoins, on a observé la pratique du rapt des femmes là où la chasse devient prédominante dans l’organisation sociale, afin d’assurer la nécessaire reproduction des hommes d’autres exemples, et notamment la place des « déesses » dans la mythologie, tendent à montrer la reconnaissance sociale des femmes.

Premières sociétés agricoles : organisation coopérative du travail

 

On y trouve toujours l’égalité sociale et la propriété collective des ressources et moyens de production. Les terres sont des propriétés collectives exploitées en commun.

2. Apparition d’un surproduit social et des classes sociales. Les sociétés antiques. 

Il existe dans ces sociétés, une certaine division du travail entre les homme et les femmes. Les femmes ont des tâches spécifiques - ex. travail dans les champs (labour), poterie, tissage -, mais cette division sexuelle des tâches ne correspond pas à une oppression des femmes et une exclusion de la sphère publique avec enfermement dans la famille.

Non seulement les femmes participent à la production, mais elles gardent un rôle dans l’organisation sociale :

- rôle dans le conseil du village ;

- il existe des sociétés matrilinéaires (la filiation se transmet par la mère)
- il existe des sociétés dans lesquelles l’éducation des enfants est prise en charge collectivement.

Avec l’accumulation des ressources, le développement des forces productives et des outils (du temps libre non nécessaire à la subsistance peut être consacré à la fabrication), un surproduit social apparaît. Celui-ci entraîne la formation de classes sociales, certains s’appropriant le surproduit et voulant l’accroître.

A la même époque (Antiquité +/- 3.500 AJC) vont se développer l’esclavage - prisonniers issus des territoires et peuples conquis, plus tard viendra l’esclavage pour dette - et, petit à petit, l’Etat. Celui-ci a pour fonction de permettre aux classes dominantes de maintenir leur appropriation du surproduit social. Pour garantir à la classe possédante sa domination, des institutions sont mises en place qui excluent les membres de la collectivité de l’exercice des fonctions politiques : le pouvoir appartient à des chefs héréditaires, rois, nobles. Ils mettent en place une armée, des fonctionnaires, un pouvoir judiciaire, des producteurs d’idéologie (clercs, enseignants) qui doivent faire accepter la domination de ceux qui se sont approprié les richesses produites.

Exemple, les pharaons égyptiens s’appuyant sur les scribes chargés de relever les quantités des récoltes afin qu’une partie en revienne aux classes dominantes et le rôle joué par le clergé qui enseigne que toute rébellion contre le pharaon - représentant de Dieu sur terre - sera punie dans l’au-delà....

Pour les femmes, la situation change radicalement :

- généralisation de la patrilinéarité : la notion d’héritage apparaît et la transmission d’une propriété se fait par les hommes, d’où l’importance d’une descendance mâle dont il faut pouvoir « s’assurer ». La femme devient alors une propriété parce qu’elle est une génitrice avant tout et, parallèlement, s’établit le pouvoir absolu du père sur les enfants (ex. droit romain, les rapts de femmes : histoire des Horaces et des Curiaces).

- le mariage devient source de propriété, de richesse : exemple : la dot qui, dans les sociétés matrilinéaires, consistait en un cadeau, devient du bétail, une terre. Au fur et à mesure du développement des sociétés antiques, ce sont les riches propriétaires qui acquièrent les responsabilités publiques et les fonctions politiques ; les femmes en sont exclues (pas de droit de vote) et deviennent responsables du « dedans », chargées de la responsabilité d’un foyer qui permet à l’homme d’être déchargé de toute charge pour assurer ses responsabilités au dehors et de la responsabilité d’élever les enfants afin d’assurer la transmission de la propriété.

On pourrait objecter qu’il s’agit là uniquement de la situation des femmes des classes dominantes. En effet, les autres femmes travaillent dans les champs, l’artisanat, les mines d’argent (à Athènes, par exemple). Mais, là aussi, ces femmes qui travaillent, doivent petit à petit assurer également la production domestique parce qu’il n’y a plus l’organisation coopérative du travail (la famille reste une unité de production) - et, à celles-là, on assigne aussi le rôle de la reproduction de la force de travail.

Donc, pour toutes les femmes, apparaît la notion de femme responsable de la sphère privée du « dedans ». C’est le début de l’enfermement dans la famille (ce qu’il ne faut donc pas confondre avec la notion de « femme au foyer ») : femme génitrice - chargée de transmettre la propriété... ou de reproduire la force de travail.

Néanmoins, dans certaines de ces sociétés, on constate une prise de pouvoir par les hommes, liée à une volonté de contrôler la reproduction, de préserver des effectifs de producteurs. Il faut « régler la circulation des femmes » afin d’éviter la disparition de certains groupes : cela se fait soit de manière violente, les rapts, soit de manière non violente, les « échanges ».

A suivre

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