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17/11/2010

Pour une nouvelle nuit du 4 août

R-volution-assnle-copie-1.jpgVive la patrie, Messieurs-Dames !

C'était l'archétype du privilégié. Ainsi, quand, en cette nuit du 4 août 1789

, vers une heure du matin, après qu'un député breton nommé Coroller eut donné lecture d'un projet d'arrêté relatif à la sécurité du royaume en proie à des troubles sociaux, le Vicomte de Noailles se leva et déclara, depuis sa place , que, pour rétablir la tranquillité publique, il proposait « que soit décidé que l'impôt serait désormais payé par tous les individus du royaume selon la proportion de leurs revenus », il y eut – comme le note le procès-verbal- »une immense sensation ». D'autant que l'orateur ajouta aussitôt : « Proclamons que toutes les charges seront à l'avenir supportées également par tous ! ».

 

 


 Certes, on commença à murmurer, sur les bancs du tiers état,

que le vicomte en question, cadet de famille, était en réalité fauché comme les blés. Mais, quand le Duc d'Aiguillon, l'aristocrate de France le plus riche en propriétés après le roi, demanda à son tour la parole, on eut l'impression que l'assemblée toute entière retenait son souffle . Et que dit Monsieur le Duc? Que les paysans révoltés qui pillent les châteaux sont sans doute bien coupables, mais que l'oppression qu'ils subissent de la part des seigneurs « et de leurs hommes d'affaires » excuse en partie leur violence. Je propose donc, conclut-il «qu'il soit arrêté que tous les corps, communautés et individus qui ont joui jusqu'à présent de privilèges particuliers, d'exemptions personnelles, supportent, à l'avenir, tous les subsides, toutes les charges publiques, sans aucune distinction ».

Ces propos soulevèrent une tempête d'acclamations. La contagion gagna. Le duc de Châtelet, dans le sillage de Dupont de Nemours, en remit une couche. L'évêque de Chartres demanda la suppression du droit de chasse. Chacun tint à annoncer qu'il renonçait à un privilège, à un passe-droit, à un avantage indu.

 

A l'aube, l'ancien régime féodal était mort.

 Jean-François Kahn (Extrait de Marianne)

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