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09/10/2010

Lettre ouverte à Jean-Luc Dehaene concernant Dexia Israël

Cher Monsieur Dehaene,

imagesCA1LWDI0.jpgNous vous remercions pour votre lettre en réponse aux questions que nous avions posées lors de l'Assemblée Générale de Dexia le 12 mai dernier. Bien que votre lettre ne réponde que partiellement à nos questions, nous tenons à y réagir. On ne peut laisser sans réponse une lettre d'un ancien Premier Ministre, d’un Parlementaire européen et du Président de Dexia.


Je prends la liberté d’en venir immédiatement au coeur du problème. Vous niez que nos documents prouvent que Dexia a à nouveau consenti des prêts aux colonies en territoire palestinien occupé.

N’entrons pas dans une discussion technique. Les documents montrent de toute façon que Dexia Israël reste un intermédiaire pour le financement des colonies et reste donc toujours concernée par leur construction. Par son soutien actif à sa filiale israélienne, Dexia rend l'occupation possible. Comment une banque belge peut-elle justifier de telles pratiques auprès de ses actionnaires? Et surtout maintenant que le gouvernement israélien est intervenu d'une façon brutale à l’encontre d’un convoi humanitaire et que par ailleurs il continue à démolir des maisons palestiniennes à Jérusalem-est.

Votre lettre nous a permis d’avoir une meilleure idée des subtilités que déploie Dexia Israël pour persévérer dans sa politique. De nouveaux documents du groupe israélien 'Who Profits' - que nous allons envoyer par la poste et publier sur notre site - montrent l'importance des transactions. Depuis juin 2008, Dexia Israël a assuré aux colonies illégales des emprunts pour un montant de 17.000.000 €, et au cours de la première moitié de cette même année, ce montant se chiffre à 16.000.000 €.

Les 11 colonies concernées sont : Gush Etzion regional council, Jérusalem, Beitar Illit, Shomron regional council, Emanuel, Oranit, Mate Beyamin regional council, Golan Heigts regional council, Kedumim, Har Hebron regional council et Giva'at Ze'ev.

Et non, M. Dehaene, le fait que ces montants n'apparaissent pas dans la comptabilité de Dexia n’est pas fait pour nous rassurer. Les montants que la Loterie nationale israélienne transfère aux colonies illégales en Palestine par l'intermédiaire de comptes Dexia n'apparaissent pas non plus dans la comptabilité. On peut se demander si une banque peut, en connaissance de cause, offrir ses services pour financer des activités illégales.

Dans votre lettre, vous nous informez que Dexia Israël fournit ses services aux colonies et à l'Etat d'Israël sans la moindre commission ni profit. Dexia fournirait vraiment des services gratuits à ses clients ?

Vous prétendez qu'il y a un accord obligeant Dexia Israël à fournir au gouvernement israélien ce type de services. Une telle affirmation nous pose problème.

Premièrement, on nous ferait croire que le financement de colonies illégales pourrait être justifié par un contrat, quod non. Ensuite, et cela est fort étrange, il semble que le contrat auquel vous faites allusion n'existe plus. Dans le rapport d'activités 2009 de Dexia Israël, en page 132 nous lisons que ce contrat a expiré le 31 décembre 2008. Dexia Israël a donc décidé de son propre gré de continuer à fournir ses services en fonction de l’occupation et à en tirer profit.

Il y a plus grave. En page 35, Dexia Israël déclare qu'elle fera tout son possible pour minimiser les conséquences négatives dues à l’expiration de ce contrat. De quelles conséquences négatives s'agit-il, M. Dehaene, puisque Dexia Israël ne touche aucune commission ni profit de ce contrat ?

Nous sommes également étonnés que vous essayez de justifier la politique de Dexia Israël en Palestine occupée, en vous référant au financement de communes arabes en Israël. Cela nous semble complètement hors de propos : comme si la non-discrimination d'une partie de la population vous donnait un blanc-seing pour le soutien de l'occupation illégale.

Et pour finir, ceci encore. Lors de l'assemblée générale de Dexia le 12 mai 2010, il vous a échappé que Jérusalem-Est n'existe vraisemblablement pas. Est-ce pour cette raison que vous n'avez aucune objection à ce que votre filiale finance la ville de Jérusalem ? Cette ville continue pourtant à démolir au bulldozer des maisons à Jérusalem-Est -inexistante.

Vous pouvez comprendre que nous soyons fort
désappointés par le contenu de votre lettre. D'après vos
écrits et sur base des documents mis en lumière par 'Who Profits', nous pouvons conclure que Dexia Israël continue a être impliquée dans le financement des colonies illégales en Cisjordanie, y compris à Jérusalem.

M. Dehaene, ne serait-il pas temps pour Dexia de se défaire de Dexia Israël ? Ce serait la seule manière de rompre tout lien avec l'occupation, ce qui est l’exigence centrale de la plate-forme "Palestine occupée-Dexia impliquée".

Je vous prie de croire, Monsieur Dehaene, en ma parfaite considération.

Mario Franssen, porte-parole 'Israël koloniseert - Dexia financiert' | 'Palestine occupée - Dexia impliquée'

11:31 Écrit par nouvelles dans politique nationale | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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