robert1943 robert1943 robert1943

19/07/2010

La tragédie minière du 11 mai 1950 au charbonnage n° 6 de Mariemont-Bascoup à Trazegnies.

13-5-2010 - Monument des mineurs fleuri.jpgLorsqu’on évoque une catastrophe minière, le nom de Marcinelle vient immédiatement à l’esprit, c’est normal, le 8 août 1956, cette catastrophe fit 262 morts d’un seul coup, et c’est surtout ce chiffre, par son importance et par la suite, sa médiatisation, qui allait faire connaître au monde entier l’horreur de cette tragédie minière. La mine, venait de se faire rappeler qu’elle était toujours là avec son cortège de misères et de désolations.

 

Cependant, cette tragédie allait faire de l’ombre à une autre survenue 6 ans plus tôt à Trazegnies. La différence entre ces deux catastrophes, c’est qu’à Marcinelle, elle fut causée par un incendie et qu’à Trazegnies, c’était le grisou qui en était la cause.

 

Par la faute du grisou, ce gaz qui donne à tous les mineurs un frisson dans le dos rien que d’y penser, va plonger la localité de Trazegnies dans l’angoisse et va endeuiller la Belgique entière. C’était le jeudi 11 mai 1950. La localité de Trazegnies allait se faire connaître sur l’ensemble du territoire national.

 

L’année 1950 avait pourtant bien débuté. On commençait à oublier les horreurs de la guerre et il y avait, pour ainsi dire, du travail pour tout le monde et de plus, c’était le printemps.  Le pape Pie XII, dans son homélie, avait décrété que 1950 serait une  année sainte, comme c’était le cas tous les 25 ans, mais à la différence près que 1950 étant la moitié du XX ème siècle. Cette année était donc symbolique. Pour les Trazegniens, elle sera l’année de l’horreur et elle restera gravée dans leurs mémoires, et ce, par la catastrophe du 11 mai.

 

Que s’est-il donc passé pour qu’une telle catastrophe ait pu avoir lieu ? Il faut savoir qu’il existe 3 catégories de charbonnages. La première

 

étant considérée comme peu grisouteuse, la seconde : grisouteuse et la troisième : très grisouteuse. Le puits n° 6 de Mariemont-Bascoup était classé dans la 1ère catégorie. De plus, ce charbonnage était considéré comme sûr, car depuis sa création en 1897 il n’avait pas connu d’accident mortel. Du grisou, il y en a dans tous les charbonnages et une fois détecté, toutes les précautions sont prises au point de vue  sécurité.

 

Mais au fait, qu’est ce que c’est le grisou ? C’est un gaz « enfermé » dans une masse de charbon, comprimée depuis des millions d’années, époque de la formation carbonifère. En « libérant » cette poche de gaz, celle-ci entraîne une violente explosion, entraînant avec elle le charbon qui, par ses poussières, asphyxie les ouvriers. Il peut aussi brûler comme ce fut le cas en 1879 à Frameries qui fit 121 morts. Pour mieux comprendre, il suffit de gonfler un ballon et de le percer avec une aiguille, une déflagration s’en suivra sans dommage, du fait qu’il ne s’agit que d’air. Pour le grisou, c’est la même chose et s’il y a une flamme ou une simple étincelle à proximité, il s’enflamme aussitôt.

 

Il existe plusieurs moyens de détection de ce gaz grisouteux. Des lampes spécialement conçues dont la hauteur de la flamme varie ainsi que par sa couleur. Ce sont des lampes à « benzine » et des lampes à « l’huile ». Il y a un autre signe de présence de grisou sur les lieux : le mineur. A faible quantité dans l’air, ce gaz provoque des maux de tête aux mineurs présents sur les lieux. Ce sera le cas à Trazegnies.

 

Cependant, au puits n° 6 de Trazegnies, pour la première fois, on détecte une veine de charbon très grisouteuse à l’étage 570 mètres. Immédiatement, par mesure de sécurité, la galerie est obstruée par une épaisse maçonnerie de 3 m d’épaisseur et d’une hauteur de 2 m. 80. Cette maçonnerie est percée d’un tuyau qui est relié par la suite au puits du retour d’air, autrement dit : à la surface. Cette évacuation est périodiquement vérifiée par des spécialistes, elle est donc primordiale et importante.

 

Hélas, pour les patrons miniers, cette fermeture de la galerie est une perte d’argent, car il ne faut pas oublier, qu’à cette époque, on était en pleine « bataille du charbon ».

 

Avant d’aller plus loin, il faut savoir aussi que dans un charbonnage, rien ne se fait sans avoir eu au préalable un ordre écrit. Comme nous le verrons plus tard, cela pèsera lourd dans la balance de la justice au procès qui s’en suivra. Au début du mois de mai 1950, les contrôles effectués par les chefs porions, par le conducteur des travaux et par les ingénieurs constatent que la teneur en grisou est tombée à 1%, voire à ½ %. On décide donc d’ouvrir une brèche dans le mur pour aller se rendre compte sur place si cette galerie peut être à nouveau exploitable. C’est une opération très dangereuse…  et, ils le savent.

 

Le lundi 8 mai 1950, le personnel de maîtrise commence à préparer l’outillage et les ventilateurs, car la décision est prise d’ouvrir le mur pour le mercredi 10 mai. Pour des raisons trop longues à expliquer dans cette rubrique, divers retards empêchent cette ouverture au jour prévu, ce qui provoquera la colère du conducteur des travaux : Herman Chapelle. La rage dans l’âme, la décision de percer le mur est reportée au lendemain, c’est-à-dire au jeudi 11 mai 1950 à la pause du matin.

 

Toutes les conditions pour la tragédie qui va suivre sont en place.

 

Yvon Sturbois est un mineur de la pause du matin. Il a 15 ans !  Se trouvant à environ 200 mètres de l’endroit où l’on va percer le mur, pris de coliques, il décide de se soulager d’un « besoin naturel ». Il grimpe dans un wagonnet et se baisse ne laissant dépasser, de la paroi, que son cuir chevelu.

 

Au même moment, une violente déflagration s’en suivit dans la galerie adjacente. Yvon Sturbois, voit une énorme boule de feu se diriger vers lui. Le cuir chevelu brûlé réussira par après à s’extirper du wagonnet, complètement épouvanté, les paupières brûlées, le rendant momentanément aveugle et en appelant au secours, rampera à l’aide de ses coudes, en se guidant des rails des wagonnets pour finalement tomber dans les bras  d’un sauveteur, Pierre Lebacq, qui le transportera jusque la cage pour le remonter à la surface.

 

Le nom de TRAZEGNIES allait s’inscrire en noir, comme la couleur du charbon, dans tous les journaux du royaume.

 

Au moment  du coup de grisou, il est 9 h 22 du matin.

 

Pierre Lebacq, le mineur de Souvret qui avait sauvé le petit Yvon Sturbois raconte : « J’étais au fond, à l’étage 570, à 300 m. de la taille 27. Tout à coup, j’entendis comme un coup de tonnerre, le déplacement d’air me plaqua au sol ; je courus vers la cage pour remonter à la surface. Là, je vis un ingénieur et je redescendis aussitôt avec lui. Comme nous arrivions à la taille sinistrée où une chaleur épouvantable régnait, et où une poussière intense nous empêchait de voir, j’entendis la voix du petit Yvon qui appelait à l’aide. Il avait les yeux fermés, la figure horriblement gonflée, mais, il était vivant ». En fait, comme nous l’avons vu dans l’article précédent, Yvon Sturbois après avoir rampé à l’aide de ses coudes, était passé, sans le savoir, au dessus des cadavres de ses collègues de travail et complètement épuisé, s’était assis là ou Pierre Lebacq l’avait trouvé.

 

Georges Malfait se trouvait également dans la mine au moment du drame, il put remonter par ses propres moyens à la surface. Il était blessé à la tête, et après avoir reçu des soins, il retournera chez lui par ses propres moyens dans la matinée. Il avait entendu la déflagration mais n’avait rien vu.

 

L’annonce de la catastrophe se répandit dans Trazegnies comme une traînée de poudre. Les secours s’organisèrent, bientôt rejoints par les sauveteurs de la Centrale de Ressaix.

 

Immédiatement, les grilles d’accès du charbonnage furent fermées et gardées par la gendarmerie. De nombreuses personnes, parents, famille, amis s’agglutinèrent aux barreaux de la grille. La consigne était stricte : personne, hormis le personnel du puits, les sauveteurs, les mineurs appelés par leur service, les ambulances ainsi que les voitures des ingénieurs, du directeur, personne ne passe, même pas la presse.

 

A 10 h. 30, on commença à remonter les premiers cadavres, horriblement brûlés, voire calcinés. Immédiatement, ceux-ci furent dirigés vers la remise des bicyclettes  improvisée en infirmerie. L’abbé Druart, accouru sur les lieux administra déjà un blessé que l’on transporta immédiatement en ambulance vers la clinique Louise de Morlanwelz.

 

Un aumônier ukrainien était présent aussi (certains ukrainiens logeaient encore dans les baraquements près du puits N° 6 – Voir Ki Kwoi Où de février et mars 2010). Le curé de Trazegnies, l’abbé Thilmans vint aussi sur les lieux dès qu’il apprit la tragédie, en même temps que plusieurs médecins des environs.

 

Dans l’après-midi, un autre rescapé fut remonté à la surface : Julien Roelandt, 17 ans. Il travaillait à l’endroit même ou l’on perçait le mur. Personne ne comprendra comment il avait pu survivre à une telle déflagration. Cela restera pour toujours un mystère.

 

Edouard Noël était affreusement brûlé. Il décèdera à son arrivée à l’hôpital Louise. Sa famille fut la plus éprouvée, par la perte d’un époux, d’un fils aîné et d’un beau-frère. Cette mère restait avec sept orphelins sur les bras !

 

A 14 h 00, la presse put enfin avoir accès au local des ingénieurs. Les familles durent patienter jusque 16 h 00.

 

Un par un, les corps furent remontés à la surface. Ils étaient tous affreusement brûlés et déchiquetés. L’identification allait s’avérer extrêmement

 

difficile. Sur le chemin menant au puits N° 6, ce n’étaient plus des ambulances qui effectuaient la navette, mais des corbillards car aussitôt identifiés, les corps étaient mis en bière et remis aux familles.

 

Le lendemain, la Reine Elisabeth en personne vint réconforter les familles. De nombreux télégrammes de condoléances affluèrent de l’Europe entière.

 

Après s’être heurté à d’innombrables difficultés de tout ordre, l’administration communale de Trazegnies put organiser des funérailles officielles à certaines familles ; (toutes les familles n’habitaient pas Trazegnies). Elles furent programmées pour le samedi 13 mai. Auparavant, 17 cercueils avaient été ramenés dans la salle des fêtes de l’hôtel de ville de Trazegnies, transformée en chapelle ardente. Pour les funérailles chrétiennes, ce fut Mgr. Himmer, évêque de Tournai qui officia.

 

Le samedi matin dès 8 h 30, le public fut admis à venir rendre hommage aux victimes. Des milliers de personnes s’étaient déplacées pour venir assister aux obsèques. Jamais, la place Larsimont n’avait contenu autant de monde, elle était littéralement noire de monde. Parmi les personnalités, figurait M. Duvieusart, ministre des affaires économiques. Les rues qui relient l’église et le cimetière étaient bordées d’enfants tenant un bouquet de fleurs. A 10 h 30, il fallut interrompre l’hommage dans la chapelle ardente. Pour faciliter l’organisation de la cérémonie, on décida que les cercueils seraient descendus (à bras d’hommes) par l’entrée principale de l’hôtel de ville. Parmi les fleurs, on distinguera la couronne de S.A. le Prince Charles, Régent du royaume. Sur le trajet, tous les corbillards  étaient entourés de mineurs en tenue de travail. L’émotion était à son comble.

 

Il était impossible de faire entrer dans l’église toute cette foule. Seules les familles et les personnalités  purent y pénétrer. Les abords du cimetière étaient noirs de monde, et là aussi, il a fallu canaliser le funeste cortège. À 16h00, la cérémonie était, proprement dite, terminée.

 

Le dimanche 14 mai, ce fut  au tour des victimes de religion orthodoxe d’être inhumées. Les

 

membres de la délégation ukrainienne avaient tenu à porter eux-mêmes les cercueils contenant les restes de leurs compatriotes.

 

Le lundi 15 mai, se déroulèrent à Trazegnies les funérailles  du conducteur des travaux, Herman Chapelle et à Gouy-lez-Piéton, celles de Gustave Dauge. Pendant ce temps, à la clinique Louise de Morlanwelz, Yvon Sturbois et Julien Roelands luttaient toujours pour leur survie (au singulier car c’est chacun la leur). Hélas, Julien Roelands décédera durant la nuit du dimanche au lundi. Yvon Sturbois restait donc l’unique rescapé de cette effroyable tragédie.  Depuis l’annonce de la catastrophe, des collectes furent organisées dans tout le royaume et l’argent commençait à affluer vers divers comptes ouverts à ce sujet.

 

Mais déjà, on voulait comprendre comment pareille catastrophe a pu se produire et les langues commencèrent  alors à se délier…

 

Tous les journaux de l’époque indiquent que des dons en faveur des familles des victimes convergent vers Trazegnies. Dans cette presse, la liste de ces dons est insérée pour ainsi dire chaque jour, et ce, durant un certain temps. Le premier souci fut de gérer le plus vire possible tout cet argent et de rassembler tous les comptes en un seul.

 

Pour ce faire, une A.S.B.L. fut créée le 1er juillet 1951. Elle avait pour dénomination : Comité d’aide aux familles de la catastrophe minière de Trazegnies. Celle-ci avait comme président : Emile Cornez, Gouverneur du Hainaut. Parmi ses membres, on épinglera : François Nouwens, secrétaire Communal de Trazegnies, Denise Rachard, infirmière à Trazegnies, Arthur Beguin, Bourgmestre de Trazegnies, Georges Simond, Ingénieur-civil. Le Collège des Commissaires était formé par Gustave Chapelle, René Migeot et Fernand Plumier. Les archives de cette A.S.B.L. nous apprennent qu’à la date de sa création, elle disposait de la somme de 11.099.613,89 FB (y compris le versement de 1.950.993,90 FB émanant de la Croix-Rouge). Tout cet argent fut réparti en portefeuille, bons de caisse (à 4,5 %) etc.

 

Pour la veuve, outre la pension légale, l’A.S.B.L.

lui versait annuellement la somme de 20.000  FB + 5.000 FB pour chaque orphelin, et ce, jusque sa majorité (18 ans). Elle intervenait également dans les frais extraordinaires : médecin, pharmacien, hospitalisation, vêtements etc.

 

En cas de remariage, la rente était supprimée mais un octroi d’une dot de 32.000 FB lui était accordé. L’A.S.B.L. aidait parfois certaines familles pour le loyer, l’entretien de la maison, etc.

 

Lors de l’Assemblée Générale du 19 mars 1953, les statuts furent modifiés et un crédit spécial de 100.000 FB fut ouvert au profit des familles de victimes d’accidents isolés.

 

Le but poursuivi lors de la constitution de cet organisme était d’éviter un mauvais emploi des dons. L’expérience avait prouvé que les craintes étaient fondées, et que dans certaines familles, il ne resterait rien si les sommes recueillies auraient été distribuées intégralement.

 

De nos jours, le montant de ces sommes paraît dérisoire, mais dans les années 50 du siècle passé, c’était assez considérable, voire une petite fortune.

 

Pour en revenir à la catastrophe, tout le monde se demandait ce qui avait bien pu déclencher le drame et qui en était responsable. Disons le tout de suite, qu’il ne nous appartient pas de désigner le ou les coupables dans le cadre de cette rubrique, mais on peut s’interroger.

 

Peu après la catastrophe, la direction du puits n° 6 de Mariemont-Bascoup, par un communiqué de presse, désignait Herman Chapelle, conducteur des travaux, comme seul responsable en insistant sur le fait que c’était lui qui avait voulu que l’on perce le mur de la galerie. L’ennui, c’est qu’il n’était plus là pour le contredire !

 

Certes, les calculs des ingénieurs avaient démontré qu’il n’y avait plus que 1% de gaz méthane à la sortie du  tuyau d’évacuation, or pour que la détonation ait pu se produire, deux conditions étaient indispensables : d’abord qu’il y ait existence de gaz d’un pourcentage de 6 à 14 % par rapport à l’air et ensuite qu’il y ait une cause d’explosion, une étincelle, une flamme.

 

De plus, seuls les spécialistes de l’Institut de Frameries possédaient les instruments adéquats pour mesurer avec exactitude la densité de l’air. Ces spécialistes ne furent jamais appelés au puits n° 6 de Mariemont-Bascoup. Les calculs furent réalisés par les ingénieurs du puits n° 6 et, comme on le sait, ils étaient erronés. Herman Chapelle avait 54 ans dont 40 passés dans la mine et il n’est nullement à blâmer. Il connaissait son métier à fond, il s’est fié aux directives  et aux ordres des ingénieurs, et en toute confiance, ce n’était certes pas un kamikaze. Dans le premier article consacré à cette rubrique, il est dit que « des mineurs remontaient à la surface avec des maux de tête », signe de la présence de grisou. Or, la direction a négligé ce signe qui pourtant était significatif. Lourde erreur de la part de la direction. La décision du percement du mur fut prise en dépit du bon sens et ce, sans garantie. La veine de charbon se dirigeait vers Forchies, or le puits n° 10 de Forchies était classé dans la catégorie 2, c’est-à-dire : grisouteux. On connaît la suite : 39 morts ! De plus, si on avait percé le mur à la pause de nuit, il n’y aurait eu que 10 à 12 hommes dans la taille et non 40 comme au 1er poste de la matinée mais ça n’aurait rien changé  aux circonstances, à part le nombre de tués.

 

Moralité de cette triste histoire, dans les mois qui suivirent la catastrophe, un ingénieur déménagea et un autre se suicida. Le lecteur est libre de penser et de se faire une opinion sur les causes de cette tragédie.

 

A la clinique Louise de Morlanwelz, un gosse de 15 ans avait murmuré à l’oreille de son frère : «  J’e n’d’irai pu jamais al fosse » et à sa mère il disait : « D’jé mau ».

 

Toute sa vie, Yvon Sturbois ne s’est jamais vanté d’être le seul survivant de cette tragédie, il n’a jamais fait état de son statut de miraculé et il sera discret sur cette triste période. En fait, il en avait vu et surtout entendu « assez ». Cependant, en l’an 2000, il brisera ce silence par une interview donnée à la Nouvelle Gazette à l’occasion de la commémoration du 50 ème anniversaire de la catastrophe.

 

Auparavant, au cimetière de Trazegnies, il avait fait poser sur  le monument dédié aux victimes de la catastrophe minière, une plaque en souvenir de ses compagnons de travail disparus. Si un jour, vous allez au cimetière de Trazegnies, allez voir ce monument qui se trouve au bout. Regardez sur sa droite : ils sont tous là, tous les 24 qui résidaient à Trazegnies (à l’exception d’Herman Chapelle qui fut inhumé dans un caveau familial). Ils sont tous alignés côte à côte comme pour rappeler le tribut de la mine et le dur métier qu’est celui de ces hommes que l’on surnommait : « gueules noires ».

 

Un dernier détail : regardez bien à droite du monument, vous y verrez un espace libre entre celui-ci et les sépultures. En fait, à l’époque, on était persuadé qu’Yvon Sturbois ne survivrait pas à ses brûlures et son emplacement lui était déjà … réservé.

 

Yvon Sturbois décédera le 2 décembre 2007 et sera inhumé dans le nouveau cimetière. Il était le dernier d’une génération familiale de mineur.

 

Je remercie Mme veuve Yvon Sturbois pour le prêt de ses archives familiales sans lesquelles  cet article n’aurait pu se faire.

 

Roger Brunet

15:19 Écrit par nouvelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.