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Nouvelles n°134

PAS DE JEUX, MAIS UN PRIX !

Si ça, ce n’est pas de la discrimination positive ! Voilà que le pauvre Barack Obama recalé aux examens de sélection des J.O 2016 à Copenhague, se voit attribuer un prix de la paix au Nobel 2009 d’Oslo. L’Europe du Nord serait-elle en pleine crise de culpabilité ? Je pense qu’il n’y aucun rapport de cause à effet entre les deux, mais, l’espace d’un instant, je me suis pris pour un journaliste et j’ai cherché des rapports de cause à effet, voire une forme de polémique, là où il n’y a que du vide.

Enfin pourquoi lui filer le Nobel ?

Retour en arrière, nous sommes tous victimes (consentantes) depuis un an d’un phénomène de positivisme et de béatitude appelé Obamania, Baraka ayant été jugé trop familier et «yescoucania» trop long. Un état de liesse collective qui a saisi le monde à l’arrivée d’un messie métis à la présidence des Etats-Unis, en remplacement d’un mongolien blanc. Avant Obama, l’homme noir n’était pas encore entré dans l’Histoire, il patientait dans les coulisses avec la femme jaune et l’enfant bleu. Outre toutes les qualités d’un messie, cet homme possède une particularité qui le rend encore plus touchant : quand on lui met une coquille d’œuf sur la tête, il ressemble à Caliméro. Seul bémol ; il se retrouve à la tête d’un pays ruiné et surendetté, avec des guerres à solder, une prison immonde à fermer, des citoyens rongés par le rêve, bref… c’est encore un Noir qui se tape le boulot de merde.

Pour l’instant, on ne peut dire qu’il en sort de façon… pragmatique, comme sur les bonus des traders, par exemple. Mais on l’aime encore, et vu qu’il déteste notre président (NDLR Sarko),  on l’aime encore plus.
Pourtant quand on lit le bulletin de justification des décerneurs de médailles norvégiennes : «Le comité a attaché beaucoup d’importance à la vision et aux efforts d’Obama en vue d’un monde sans armes nucléaires», «rarement  une personne a, comme l’a fait Obama, capturé l’attention, de la planète et donné à sa population l’espoir d’un avenir meilleur», «ses efforts à renforcer  la diplomatie et la coopération  entre les peuples». C’est beau ! Mais ça mérite le prix Nobel des intentions de paix et de vœux pieux, de la théorie pacifique… C’est un peu comme si l’on refilait le prix Nobel de la littérature à un écrivain pour la note d’intention  du bouquin  qu’il n’a pas encore écrit. Dans la liste des nobiliaires figurent des actifs,  noirs aussi, mais moins charismatiques comme le médecin  congolais Denis Mukwerge, qui soigne les femmes victimes  de violences sexuelles liées à la guerre civile ! Va falloir qu’on arrête un peu avec  ça, que l’on  passe du rêve à la réalité, l’Obamania, c’est magnifique et ressourçant, mais une icône n’est utile que dans les églises.

Et si un jour, ce que je souhaite à tout le monde, Caliméro passe de la théorie à la pratique, qu’est ce qu’on va lui donner ? S’il réussit à faire appliquer sa note d’intention, il va falloir inventer un super prix !  Il a déjà le prix Nobel de la théorie ! En attendant, merci Barack du fond du cœur, nous avons échappé Ingrid Betancourt ! Et ça, même Dieu ne l’aurait pas supporté.

Christophe Alévêque
Siné Hebdo du 14-10-09


 

BERLIN, VINGT ANS PLUS TARD

MON épouse et moi rentrions, il y a peu de Berlin ou plus exactement de Brandebourg à 50 km de la capitale où vit mon oncle Rudolf, ancien résidant de la défunte RDA. Chaque année, nous emmenons ma mère qui a vécu séparée de son frère de 1961 à novembre 1989, date de la chute du rideau de fer…

Berlin prépare activement les festivités de commémoration de la réunification allemande. Sur le plan humain, la fin de la déchirure  que constituait le rideau de fer est une incontestable victoire. Mais est-ce le cas dans tous les domaines ? La première chose que l’on constate avec bonheur c’est la rénovation des centres urbains et la mise en évidence du patrimoine historique. La RDA, il est vrai, avait laissé ces chantiers à l’abandon.

Berlin est devenu une attraction touristique de premier plan et représente une importante manne financière. A la porte de Brandebourg, l‘avenue Unter den Linden a totalement changé d’aspect et étale le luxe avec ostentation. La fameuse Alexanderplatz qui était autrefois une superbe esplanade d’où l’on embrassait du regard l’Université Umbolt, l’Hôtel de ville rouge, le Berliner Dom et l’Ile aux musées, a été totalement défigurée pour céder la place à des commerces, hôtels et restaurants aseptisés.

Quand on s’éloigne du centre touristique on découvre
ce qui fut autrefois les quartiers populaires de Berlin Est : Kreusberg, Treptower, Lichtenberg, Muggelheim…, on touche du doigt les laissés pour compte de l’ultra libéralisme. Nous avons parcouru toute la partie immergée de Berlin à vélo et croisé tous ceux qui ne seront pas de la fête le 09 novembre 2009. Le manque de moyens s’apparente pour certains à de la survie.

Quand on prend la peine de parler avec les gens comme nous l’avons fait, une certaine amertume fait surface.

Mon oncle Rudolf : «Jadis, je gérais une ferme coopérative d’élevage de cochons. La DDR m’a mis à la retraite quelques mois avant la chute du Rideau de fer. La DDR me versait 850 DM de pension et je payais 35 DM de loyer. Quand le régime a basculé la ferme a été rachetée par un Allemand de l’Ouest (un Osiss) et mon loyer a grimpé à 550 DM. Ma femme s’est suicidée et ensuite, la ville m’a confiné dans une ancienne caserne transformée en habitations sociales au nord de Brandebourg. On nous a relégués loin des yeux de cette nouvelle bourgeoisie de Osiss (gens de l’Ouest). La première chose qu’ont faite les Osiss a été d’acheter les terrains pour ériger des grandes surfaces et des Mac Donald. Mais nous  n’y accédons pas, faute de  moyens»

Mon cousin Dieter : «J’étais employé en qualité d’électricien dans une coopérative de l’Etat. Je gagnais correctement ma vie. Quelques mois après  la chute du mur,   un Osiss a racheté la coopérative pour en faire des appartements et a viré tout le monde sans aucun état d’âme par rapport à nos situations familiales.  Moi, je n’avais pas trop de problèmes puisque célibataire mais mes collègues qui avaient en charge une famille  ont trinqué. Certains ne s’en sont jamais remis… Le  nouveau propriétaire de la coopérative a perçu une prime de reconversion ! Tandis que nous, rien ! Puis, j’ai vécu de petits boulots exécutés çà et là. Je me suis endetté et j’ai fait de la prison car ne pas rembourser ses dettes aujourd’hui équivaut à un crime politique ! Heureusement, mes parents m’ont aidé dans la mesure de leurs moyens et je n’ai plus aucune dette. Aujourd’hui, je suis au chomâge. J’ai travaillé une semaine l’an dernier. C’est tout ce que nouvel état peut nous offrir! »

Erika, infirmière à la retraite : «Je travaillais dans la Polyclinique de Brandeburg, c’est comme ça qu’elle se nommait en DDR. Pour des raisons politiques, on a changé le nom en Stadt Clinik (Clinique de la ville). Rien n’a été modifié, on y effectue les mêmes types de soin qu’auparavant… La clinique fonctionne toujours avec les médecins formés par la DDR. Seulement,  voilà : les médecins sont pratiquement en âge de prendre la retraite et la relève n’est pas assurée. Lorsque le régime s’est effondré, les jeunes gens ont préféré se lancer dans le business plutôt que de poursuivre des études de médecine »

J’aurais pu multiplier les témoignages de ce type mais ces trois exemples montrent comment sous un leurre d’apparente liberté, l’ultra libéralisme a laminé tout ce qui était populaire et collectif. La disparition du restaurant populaire de Brandebourg «Zu Roland» dans lequel j’ai maintes fois déjeuné à l’époque communiste et la file d’attente au Mac Donald à midi,  symbolisent à eux seul le triomphe de l’individualisme forcené.

Le lendemain de notre arrivée, les Allemands votaient pour les législatives. Dans le land de Brandebourg, Die Linke, le nouveau parti de gauche d’Oscar Lafontaine, a obtenu un score équivalent à celui de la CDU d’Angela Merkel. Faut-il s’en étonner ?

Freddy Guidé


 

SALUT AU CAMARADE GORBATCHEV

PLus le temps passe, plus je suis atterré par la puissance des fables, des mythes, des légendes entretenues par sur tous les sujets par la plupart… Ainsi, avec l’anniversaire de la chute du mur de Berlin, moment radical dans l’histoire de l’Europe, certes mais aussi de la planète, dont on a vu, depuis le 9 octobre 1989, combien libérée de la menace communiste, elle fonctionne  sous régime libéral à plein temps. La vulgate s’installe et semble s’imposer qui présente cet événement comme un effet… de l’Eglise catholique en général et de Jean-Paul II en particulier, pape polonais qui, par sa collusion avec le syndicaliste bigot ultra conservateur sur le terrain des mœurs, Lech Walesa, aurait rendu possible cet écroulement des  dictatures de l’Est…

Je rêve ! Comment ce mensonge intellectuel peut-il devenir parole d’évangile pour des laïcs, des historiens, des journalistes (Libération en tête), des essayistes ? A qui profite ce crime ? Aux anticommunistes. Car si le mur s’est effondré, c’est grâce à Gorbatchev, et à lui seul. Cet homme issu du sérail KGBiste a eu le mérite de prendre l’histoire à bras-le-corps et, avec glanost et perestroïka, de proposer un modèle de communisme humain, de socialisme post-goulag, de gauche véritable sans barbelés, sans camps, avec la liberté de la presse, de l’expression et de la critique.

Que fit l’Ouest dans cette proposition révolutionnaire ? Un paillasson. Car la droite européenne, Mitterrand en tête (décidons-nous à intégrer la gauche libérale dans le camp de la droite), a craché au visage de  Gorbatchev qui demandait à l’Europe une aide qu’elle lui a refusé. Pire: elle a soutenu celui qui voulait sa peau, un alcoolique notoire, mais franchement libéral, thuriféraire du marché faisant la loi, Boris Eltsine. Le slogan était plutôt un poivrot libéral plutôt qu’un communiste libertaire. Résultat : les anciens membres du Parti auxquels on a vendu les biens de l’Etat pour une bouchée de pain ont fait fortune et constituent aujourd’hui la mafia que l’on sait.

Mitterrand, d’extrême droite avant la guerre, décoré de la francisque sous Pétain, résistant après Stalingrad, autrement dit quand la partie est jouée, de gauche quand il parle, de droite quand il gouverne, avalise le coup d’Etat des bolcheviques d’août 1991 : il signe la mort politique de Gorbatchev tenu en otage par les armées dans sa résidence de Crimée. Le président de la République prétendument socialiste s’invite au journal de 20 heures et théâtralise la lecture d’une lettre que lui auraient adressée les putschistes : il prend parti pour eux contre le président…

C’en est désormais fini de l’expérience d’un communisme à visage humain. Mitterrand a pris parti pour le communisme du temps où il était pétainiste, un bolchevisme du barbelé, et ce, afin de préserver son jouet : l’Europe libérale à l’Ouest, l’Europe soviétique à l’Est contre une grande Europe avec un e gauche radicale inédite et menaçante. Il a tué Gorbatchev et accéléré, ici comme ailleurs, le processus de libéralisation  de l’Europe, donc du monde. On connaît la suite. Gorbatchev est le seul homme politique pour lequel j’ai de l’estime. Mitterrand, ici comme ailleurs,  se révèle une fois de plus une malédiction pour toute gauche digne de ce nom.

Michel Onfray


 

Sarkozeries

Alain Juppé et Michel Rocard ensemble pour remettre au président de la République les conclusions de la commission qu’ils présidaient sur l’utilisation du « grand emprunt » sensé aider à sortir de la crise: deux anciens premiers ministres, l’un de droite, l’autre socialiste, comme  si l’emprunt en question n’avait rien de politique. C’est dans l’intérêt commun, cela fait consensus. Quel montant, pour quoi faire? Ce sera 35 millions, empruntés sur les marchés financiers. Conséquence : les Français devront tôt ou tard rembourser le coût de l’emprunt par l’impôt Le contenu même pose problème bien qu’il reste assez flou. Recherche et université oui, mais avec des pôles d’excellence et des universités Cela pendant que les suppressions de postes continuent.

Une relance de la croissance en rompant avec la logique la crise ? Où s’agit-il de remettre de l’huile dans la machine à profits, en endettant le pays ?

Malgré l’opposition des élus, Nicolas Sarkozy veut imposer une réforme des institutions territoriales. Il a réussi le tour de force de fédérer des hommes et des femmes aux engagements politiques divers et parfois opposés. L’Élysée spéculait quelques efforts de communication pour faire tomber la fièvre. Raté. La suppression de la taxe professionnelle (TP) ? Le manque à gagner pour les communes serait compensé « au centime près », affirmait le chef de l’État lui-même contre tout calcul sérieux. La réduction du nombre des élus - en 2014, on n'élira plus 6 000 conseillers régionaux et départementaux, mais 3 000 conseillers territoriaux qui siégeront à la fois dans les départements et les régions  - présentée sous l’angle de la nécessité de s’attaquer au « millefeuille administratif » ? Le pouvoir pensait pouvoir surfer sur un désamour supposé entre le peuple et les élus, sur la crise de la politique. Visiblement sans succès.

Le chef de l’État a commis une double erreur d’appréciation. D‘abord, 63 % des Français, estiment que les collectivités locales sont plus performantes que l’État dans la mise en place de services publics efficaces. Ensuite, la suppression de la TP apparaît comme un nouveau cadeau au patronat, survenant un an après le renflouement des banques et l’instauration du bouclier fiscal.

Pour les maires de France à Sarkozy réunis en congrès, les deux réformes « ne sont pas acceptables ». « La taxe professionnelle risque de se traduire à terme par un transfert de la charge fiscale locale des entreprises vers les ménages ».

Maurice Magis


 

 Jérôme Valluy « On construit politiquement l’étranger comme un problème de société »

Pour le sociologue Jérôme Valluy, le gouvernement espère ainsi justifier une politique migratoire extrêmement restrictive.

Jérôme Valluy est professeur de sociologie politique de l’action publique à l’université Panthéon-Sorbonne (Paris-I). Dans son dernier ouvrage paru, Rejet des exilés. Le grand retournement du droit de l’asile (1), il défend la thèse d’une xénophobie de gouvernement qui a transformé l’image publique des étrangers, les stigmatisant comme une menace. Un phénomène qui sert aujourd’hui à justifier les politiques de fermeture des frontières.

À l’occasion de la Journée mondiale du réfugié, le ministre de l’Immigration, Éric Besson, a qualifié la France d’« accueillante et solidaire ». Que vous inspirent ces qualificatifs ?

Jérôme Valluy. La France n’est ni accueillante ni solidaire. Avec 85 % de refus, elle fait même partie des pays européens qui rejettent massivement les demandes d’asile. Il est vrai que, depuis 2007, on observe une baisse du taux de rejet des demandes d’asile, sans qu’on puisse d’ailleurs vraiment expliquer pourquoi. Conjoncturellement, le propos d’Éric Besson n’est donc pas complètement faux. Mais il faut regarder les tendances lourdes. Or la tendance lourde, avec la création du ministère de l’Identité nationale, c’est la mise sous tutelle du droit d’asile, avec une institutionnalisation d’une xénophobie dans l’appareil d’État. On stigmatise la présence étrangère sur le territoire en construisant politiquement l’étranger comme un problème de société. C’est une tendance historique qu’on retrouve d’ailleurs dans d’autres pays en Europe.

De quand date ce que vous appelez « le grand retournement du droit d’asile » ?

Jérôme Valluy. Du début des années soixante. La décolonisation a un impact important sur les sociétés métropolitaines. Les recherches récentes d’historiens montrent une première conséquence très matérielle : les fonctionnaires en place dans les pays colonisés se recyclent dans l’appareil d’État des métropoles. On observe une surreprésentation de ces rapatriés des colonies dans deux secteurs : les affaires sociales et le secteur militaro-policier. Ils sont supposés, avec leur expérience coloniale, avoir acquis une connaissance de l’indigène. Cet indigène d’hier est l’immigré d’aujourd’hui. La guerre d’Algérie sert de laboratoire. 1,5 million d’Algériens vivent alors en métropole. À partir de 1954, on met en place un ensemble de dispositifs policiers et sociaux pour encadrer cette population perçue comme menaçante, puisque proche du FLN. Les mentalités ne changent pas du jour au lendemain : après les accords d’Évian en 1962, ces ennemis de l’intérieur ne voient pas leur image modifiée. Ils continuent à être traités comme des populations dangereuses. À la fin des années soixante, le phénomène a pris de l’ampleur et on voit bien dans les archives administratives que l’immigré comme problème est une évidence technocratique. En 1969, 90 % des directeurs de foyers Sonacotra sont des anciens militaires engagés dans les guerres coloniales. Ils sont supposés savoir mâter l’indigène en cas de révolte dans les foyers. On voit bien que l’action sociale est aussi une modalité pour masquer l’encadrement de populations jugées dangereuses. Tout cela est encore très technocratique, cela ne passe pas dans l’espace public.

À partir de quand cette conception de l’étranger devient-elle publique ?

Jérôme Valluy. La crise pétrolière ouvre une fenêtre d’opportunités pour la politisation de cette évidence technocratique. En 1974, le gouvernement annonce la fermeture des frontières. Jusqu’en 1979, on assiste à un emballement de la législation anti-migratoire. Six lois sont votées en cinq ans, qui ont toutes pour finalité la répression migratoire : interdiction des regroupements familiaux, contrôles au faciès, restrictions au travail… Et ce avant même la montée du Front national. Dans les années soixante-dix, le FN n’est en effet qu’un groupuscule folklorique d’extrême droite qui ne pèse rien électoralement. Il n’apparaît dans le champ politique qu’en 1983 avec près de dix ans de retard. En réalité, c’est cette politique anti-migratoire qui prépare le terreau électoral d’une remontée des partis d’extrême droite.

Quel rôle la construction européenne joue-t-elle dans cette évolution ?

Jérôme Valluy. Les Européens ne connaissent que la face souriante de l’espace Schengen : la liberté de circulation qui leur permet de pouvoir passer d’un pays à l’autre en montrant simplement sa pièce d’identité. Ce qu’ils ne voient pas, c’est la face sombre : la fermeture des frontières européennes. On l’observe objectivement en Grèce. Accusée d’être la passoire de l’Europe, elle a d’abord été exclue de l’espace Schengen. Pour pouvoir intégrer le club, la Grèce a mis en place des procédures d’asile, atteignant, en 2003, 99,9 % de rejets des demandes d’asile ! Pourtant, ce pays n’a pas de parti xénophobe, puisque la mémoire encore vive de la dictature réfrène l’émergence de l’extrême droite. Donc, cette politique ne vient pas du bas, de la population, mais bien du haut, sous la pression de l’Union européenne.

L’UE, elle, met ensuite en place une politique d’externationalisation des frontières qui privilégie le sécuritaire à l’accueil des réfugiés…

Jérôme Valluy. Le programme de La Haye, intitulé Justice, liberté, sécurité (JLS), est mis en oeuvre depuis juin 2004. Il compte en fait 10 % de justice et de liberté et 90 % de sécurité ! Le développement des politiques sécuritaires amalgame le terrorisme et l’immigration. On assiste à la création de l’agence Frontex, l’armée douanière de l’UE. Les États membres lui allouent de véritables moyens militaires pour le contrôle des frontières, particulièrement celles du Sud. Il s’agit d’une avancée de nature impérialiste : ses avions et ses hélicoptères survolent les côtes sénégalaises, ses bateaux militaires entrent dans les zones territoriales libyennes, ses avions drones survolent le Sahara avec des détecteurs de chaleur pour repérer des mouvements… Autrement dit, on mène une véritable guerre, avec un appareil militaire. On instrumentalise le droit d’asile en amenant les pays limitrophes à développer leurs propres procédures. Par exemple, le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) ouvre une délégation à Rabat, alors qu’il n’en avait jamais ouvert puisque les demandes d’asile n’affluaient pas au Maroc pour des raisons assez facilement compréhensibles… Cela permet de créer artificiellement une demande d’asile sur le territoire marocain, les migrants subsahariens pensant que le récépissé donné par le HCR va leur offrir une protection auprès de la police marocaine. Mais le HCR rejette 75 % des demandes d’asile à Rabat. Or, une fois que la demande est rejetée dans un pays, elle ne peut pas être reformulée dans un autre… L’anticipation géographique du rejet de la demande d’asile, avant l’arrivée dans les pays européens, permet de baisser artificiellement le taux de demande d’asile recevable dans les pays de l’Union européenne.

Le HCR est donc complice de cet artifice ?

Jérôme Valluy. Il est surtout instrumentalisé. C’est l’un des paradoxes du HCR. Cette institution très puissante, avec plus de 6 000 salariés dans 118 pays, a une légitimité de type gouvernemental. Et pourtant, le HCR est extrêmement faible sur la scène gouvernementale internationale. Pourquoi ? Parce que 98 % de son budget annuel est alimenté par des dotations volontaires des États les plus riches du monde. Les fonds de l’ONU représentent moins de 3 % du budget total. Ce mode de financement le met dans une dépendance totale des pays les plus riches de la planète.

La politique européenne du droit d’asile a-t-elle beaucoup changé après les attentats du 11 septembre 2001 ?

Jérôme Valluy. Non, pas du tout. Comme avec le choc pétrolier de 1974, on a construit un mythe de 2001 en relation avec les attentats du World Trade Center, disant que la menace terroriste expliquait la répression anti-migratoire, les contrôles aux faciès, les blocages des frontières… C’est faux et on peut le démontrer. Dès le milieu des années 80, la France rejette 90 % des demandes d’asile des populations africaines. On peut parler d’effets cumulatifs : la décolonisation, la crise économique, les partis d’extrême droite dans les années quatre-vingt, l’intégration européenne puis, en 2001, le phénomène terroriste… Tout cela nous amène à la situation actuelle, avec la création d’un ministère de l’Identité nationale, les rafles et la fermeture des frontières. On ne peut pas réduire cette histoire à un seul de ses éléments.

Que penser de l’image du réfugié dans l’opinion publique ?

Jérôme Valluy. Chaque citoyen n’a que peu de temps pour s’intéresser à la société. L’opinion publique n’est donc pas construite sur une perception objective, elle est tributaire des leaders d’opinion : politiques, intellectuels, journalistes, technocrates, etc. Le cas marocain est intéressant pour démontrer cela. Il existe au Maroc un fond de racisme antinoir, comme il existe un fond de xénophobie dans toutes les sociétés humaines. Ceux qui en témoignent le mieux sont les Marocains descendants des esclaves noirs. Que nous disent-ils ? Que depuis quelques années on observe une résurgence de ce racisme antinoir avec des comportements nouveaux d’hostilité, d’abord policiers et administratifs, puis dans la rue. Comment expliquer cette réémergence ? À partir de 2003, avec la médiatisation des questions migratoires, les reportages à la télé et les colloques se multiplient sur la présence des migrants. Les Marocains voyant de plus en plus de Noirs à la télévision en voient de plus en plus dans la rue. Cette xénophobie, plus faible au Maroc qu’en Europe, a été construite par les dirigeants marocains, sous la pression européenne. C’est en accéléré ce qui s’est joué dans les années soixante en Europe. Je pense qu’il faudra moins d’une décennie pour qu’un parti réactionnaire exploite ce créneau électoral porteur au Maroc comme cela s’est passé en Europe. Aucune population ne résiste à l’influence des politiques publiques et au matraquage politique et médiatique. C’est ce qui s’est passé dans les années trente : des populations entières ont été incitées à croire que les juifs constituaient un problème pour la société. Cette construction de problèmes publics passe par les élites sociales, au sens le plus large : députés, universitaires, journalistes, ministres, sénateurs, responsables d’entreprises, etc. Ce n’est pas du tout un phénomène populaire, sa diffusion dans la population est seulement une conséquence.

Le gouvernement parle de la crainte d’un « appel d’air » pour justifier sa politique de fermeture des frontières : accorder davantage l’asile pourrait augmenter la demande. Qu’en pensez-vous ?

Jérôme Valluy. C’est en grande partie faux. Il peut exister une possibilité de réorientation des choix migratoires en fonction des opportunités. Mais seule une infime portion des réfugiés parcourt de longues distances. 80 % des réfugiés restent dans le premier pays de sortie, c’est-à-dire qu’ils franchissent une seule frontière pour se protéger. Une infime partie fait le choix de voyages transcontinentaux. En outre, les réfugiés n’ont aucune connaissance des politiques réelles mises en place dans les pays d’arrivée. Quand on les interroge, on s’aperçoit très vite qu’ils ne savent rien des jurisprudences des pays européens alors qu’ils sont déjà très avancés sur le chemin migratoire. La plupart des citoyens de ces pays ne savent rien non plus des variations jurisprudentielles ou administratives, donc vous imaginez bien que les gens à l’autre bout du monde les connaissent encore moins ! La théorie de l’appel d’air est réfutée par les recherches mais elle perdure comme une croyance.

La crise économique va-t-elle avoir un effet sur la politique migratoire ?

Jérôme Valluy. Bien sûr. Cet effondrement économique nous ramène à la situation post-1929, avec le sentiment non pas d’être en 1933, mais plutôt en 1930. Si on est au début de cette histoire-là, alors le pire reste à venir. Cette crise économique pourrait produire le même effet que dans les années 1970 après la crise de 1974 : alimenter la justification de la chasse aux migrants sur le mode : « Ils nous prennent notre travail » et impulser tous les emballements imaginables de xénophobie. On a quand même le premier ministère de l’Identité nationale de l’histoire de la République, il n’y a aucun antécédent, hormis les administrations de la question juive, mais qui se situent dans une configuration historique incomparable. La création de ce ministère n’est pas simplement une ligne sur l’organigramme du gouvernement, c’est le produit de plusieurs décennies d’évolution politique et administrative. La conjoncture est extrêmement alarmante. Tous les éléments actuels vont dans le même sens : celui d’une dramatisation historique des enjeux nationalistes et identitaires. Où cela nous mène-t-il ? Historiquement à des conflits armés. Je n’ai pas de boule de cristal, mais si les tendances actuelles se prolongent à l’identique, on va vers un drame de civilisation. Les derniers résultats électoraux en Europe montrent déjà le retour des nationalismes protofascistes.

N’y a-t-il rien de positif ?

Jérôme Valluy. Le tableau est sombre, mais il existe des petites lumières, comme le développement, depuis 2005, du Réseau Éducation sans frontières (RESF). C’est une poussée intéressante pour l’évolution du rapport de forces politiques, même si RESF reste limité à la solidarité de proximité et peine à produire des effets politiques plus larges. Les capacités militantes, je l’ai vécu moi-même, sont saturées par les tâches les plus urgentes. Ça ne laisse que trop peu de temps pour la production intellectuelle et idéologique, la stratégie politico-médiatique, la formation de coalitions, le lobbying, etc. Un autre point positif est l’entrée en scène de la CGT depuis 2007. Mais celle-ci s’est positionnée maladroitement. En acceptant de porter des demandes de régularisation auprès de la préfecture, la CGT se retrouve piégée dans une cogestion de l’immigration choisie. Du coup, le syndicat est aujourd’hui dans une situation comparable à celle des associations gestionnaires de CADA (Centre d’accueil de demandeurs d’asile) : l’installation des sans-papiers dans et devant la Bourse du travail ressemble aux files d’attente à Lyon devant l’association Forum réfugiés. Que faire d’autre ? La question n’est pas facile. L’expérience des associations comme France terre d’asile ou Forum réfugiés, d’abord militantes puis devenues, en dix ans, cogestionnaires de la politique publique, montre une voie qu’il ne faut pas suivre. Mais je crois aussi qu’il faut aider la CGT dans sa démarche tout à fait nouvelle dans son histoire de soutien aux sans-papiers. C’est l’une des raisons pour laquelle j’y ai adhéré il y a quelques mois. J’ai peur maintenant que la CGT ne se retire de ces luttes. Or l’état des rapports de forces est calamiteux. Et on a besoin de tout le monde. Il y a aussi des avancées positives dans le monde universitaire : ceux qui analysent les réalités sociales sombres de notre société sont mieux compris par les autres universitaires, certainement sous la pression de générations montantes de doctorants qui s’intéressent à ces sujets et sous la brutalité des réformes universitaires qui réveillent les esprits.

(1) Éditions Du Croquant, 2009. 389 pages, 22 euro.
Entretien réalisé par Marie Barbier


 

L'archevêque Tutu: "Les Arabes ont payé pour les crimes de l'Allemagne".

C'est le Lauréat prix Nobel de la paix, l'archevêque sud-africain Desmond Tutu qui a répondu aux propos du Premier ministre israélien à Berlin, usant une énième fois de l'holocauste pour justifier " le droit d'Israël à se défendre": "la leçon qu'Israël doit tirer des leçons de l'Holocauste est qu'il ne pourra jamais obtenir la sécurité à travers les clôtures, les murs et les fusils ", a-t-il déclaré au quotidien israélien Haaretz jeudi.

Reprenant à l'appui l'expérience que l'Afrique du sud avait vécue durant l'apartheid, il a précisé: "en Afrique du Sud, ils ont essayé d'obtenir la sécurité du canon d'un fusil. Ils n'ont jamais obtenu gain de cause. Ils n'ont obtenu la sécurité que lorsque les droits humains de tous ont été  reconnus et respectés ".
En compagnie de compères de l'organisation des Sages, fondée par l'ex-président sud-africain Nelson Mandela, l'archevêque Tutu venait de clore une visite au mur de séparation que l'entité sioniste est en train d'ériger en Cisjordanie occupée.


Estimant que "l'Occident est rongé par la culpabilité et de regret envers Israël à cause de l'Holocauste, comme il se doit", il a considéré qu'en revanche "la pénitence est payée par les Arabes, et par les Palestiniens en particulier": "Une fois, j'ai rencontré l'ambassadeur allemand et je lui ai dit que l'Allemagne est coupable de deux torts. L'un était ce qu'ils ont fait aux Juifs. Et maintenant les souffrances des Palestiniens " a-t-il ajouté.

L'archevêque Tutu a également critiqué les organisations juives aux États-Unis, leur reprochant "d'intimider quiconque qui critique l'occupation en se précipitant pour les accuser d'antisémitisme". Il a rappelé comment ces organisations de pressions dans les universités américaines avaient annulé ses apparitions sur leur campus.

«C'est dommage, parce que mes propres positions sont en fait issues de la Torah. Vous savez que Dieu vous a créé à l'image de Dieu. Et nous avons un Dieu qui prend toujours parti en faveur des opprimés» a-t-il regretté.

Tutu a également commenté l'appel lancé par le professeur à l'Université de Ben-Gourion,  Neve Gordon pour appliquer des sanctions sélectives contre Israël. «Je dis toujours aux gens que les sanctions étaient importantes dans le cas sud-africain pour plusieurs raisons. Nous avons eu un boycott sportif, et puisque nous sommes un pays fou de sport, il a frappé
les gens ordinaires. Ce fut l'un des instruments les plus puissants psychologiquement. Deuxièmement, il fallait effectivement frapper les poches du gouvernement sud-africain. Je veux dire, quand nous avons eu l'embargo sur les armes et le boycott économique."

Selon lui, ces sanctions ont "donné l'espoir à notre peuple que le monde s'en souciait".

Évoquant les similitudes entre les deux expériences sud-africaine et palestinienne, l'archevêque anglican a tenu à rappeler que les sud africains étaient eux aussi à la merci des militaires pour traverser les barrages (…).
 
"Mais d'un autre côté, nous n'avions pas de châtiment collectif. Nous n'avons pas eu la démolition de maisons en raison de la suspicion que l'un des membres d'une famille, d’un ménage pouvait  être un terroriste " a-t-il toutefois signalé, démarquant les deux expériences. (…)

http://www.almanar.com.lb


 

En ce temps-là…: "Le 6 novembre 1887 : mort d’Eugène Pottier, l’auteur de l’ « Internationale »."

Le 6 novembre 1887, mourait Eugène Pottier, que l’on peut considérer comme le chansonnier socialiste le plus important du siècle dernier. Mais si l’on connaît le destin prodigieux de l’ « Internationale », que sait-on de l’œuvre et de la vie de son auteur ?

Ancien élève des Frères, tour à tour apprenti emballeur chez son père, chansonnier de «  goguette », commis papetier, pauvre pion crasseux et déguenillé dans une petite école du faubourg Montmartre, il était devenu finalement dessinateur sur étoffe.

Très tôt, il avait taquiné la muse et, influencé par Béranger, après une période épicurienne, il s’était orienté vers la chanson ouvrière, gagné d’abord par les théories du communisme égalitaire de Gracchus Babeuf, par les idées d’association de Fourier, ensuite.

Mais, ne pouvant vivre du produit de la vente de ses œuvres publiées sur des feuilles volantes, dans des fascicules ou des journaux, il n’allait jamais abandonner le métier qu’il pratiquait entre temps.

Rallié aux côtés des insurgés en 1848, il devait se montrer un adversaire irréductible de l’Empire et Nadaud, qui l’avait entendu chanter dans un cabaret, à cette époque, allait pendant trente-cinq ans et sans succès « fatiguer du nom de Pottier les échos littéraires et chansonniers ».

En 1864, il se trouvait à la tête d’un atelier qui lui assurait une bonne aisance.

Mais quel original que ce patron socialiste, disciple passionné de Fourier que ses confrères ne pouvaient supporter ! En effet, n’avait-il pas fondé la Chambre syndicale des ateliers de dessin, en 1867, qu’il avait affiliée à l’Association internationale des travailleurs – la première Internationale ?

Signataire de l’appel au peuple allemand en faveur de la paix, le 12 février 1870, il était, pendant le siège de Paris, adjudant élu, puis membre du Comité central de la garde nationale et s’affirmait alors partisan de la guerre à outrance.

Le 18 mars 1871, à la proclamation de la Commune, Eugène Pottier se retrouvait comme délégué à l’Internationale et à la Fédération parisienne des sociétés ouvrières.

Aux élections complémentaires du 16 avril, rendues nécessaires pour remplacer certains élus du 26 mars, il décrochait 3.352 voix sur 3.600 votants et était désigné comme membre de la commission des Services publics de qui relevaient les postes, les télégraphes, la voirie.

Mais laissant à d’autres la charge d’une telle administration, il se consacrait essentiellement aux fonctions de maire du II ème arrondissement.

Bien qu’atteint d’une maladie nerveuse et partiellement paralysé, cet homme animé par un idéal généreux allait se dépenser sans compter, prendre ses responsabilités lorsqu’il s’agit de nommer le comité de Salut public, et courir les risques suprêmes quand sonna l’agonie de la Commune.

Après la semaine sanglante du 22 au 28 mai 1871, il se réfugia en Angleterre puis aux Etats-Unis jusqu’à l’amnistie de 1880.

A son retour en France, il collabora au « Socialiste » de Jules Guesde et Paul Lafargue dont il soutient les efforts pour la formation du Parti ouvrier français.

Poète révolutionnaire, Eugène Pottier a chanté la Commune et la lutte du prolétariat.

Jules Vallès a comparé la production de cette époque, par sa force, à celle des « Châtiments » du Victor Hugo. Pourtant, la renommée ne devait l’atteindre qu’à la veille de sa mort, grâce à un recueil, « Quel est le fou », publié avec l’aide financière du chansonnier Gustave Nadaud.

L’ « Internationale », écrite en juin 1871, est l’un des textes les plus riches au point de vue idéologique. « Elle offre cet avantage, a noté A. Zévaès, qu’elle condense en six couplets les conceptions essentielles du prolétariat socialiste ».

C’est un tourneur belge, Pierre Degeyter qui, un an après la mort d’Eugène Pottier, devait composer une musique parfaitement adaptée aux nécessités du chant de combat.

Ainsi, en moins de trente ans, l’ « Internationale »  allait devenir l’hymne du mouvement socialiste international.

Pierre-Jean SCHAEFFER
« L’action mutuelliste »


 

Vote historique des syndicats britanniques en faveur du boycott d’Israël

Dans une décision historique, les syndicats britanniques ont voté à une écrasante majorité la décision de mettre en œuvre un mouvement de masse pour boycotter, désinvestir et sanctionner Israël jusqu’à l’obtention d’un accord négocié fondé sur la justice pour les Palestiniens.

Communiqué du 17 septembre 2009

"La motion a été votée lors du TUC (Trade Union Congress) au Congrès Annuel 2009 de Liverpool ce jeudi, par des syndicats représentants 6,5 millions de travailleurs anglais.

Hugh Lanning, président de la Campagne de Solidarité avec la Palestine , a déclaré : « Cette motion est le point culminant des motions passées dans les congrès syndicaux cette année, à la suite des violences lors de la guerre sauvage d’Isarël contre Gaza, et reflète la montée massive du soutien en faveur des droits des Palestiniens. Nous avons travaillé avec les TUC pour développer une campagne massive de boycott des produits israéliens, en particulier les produits agricoles qui sont produits dans les colonies israéliennes illégales, dans la Cisjordanie palestinienne ».

De plus, la motion engage le Conseil Général des TUC à faire pression sur le gouvernement britannique pour qu’il mette un terme aux ventes d’armes à Israël, et qu’il soutienne les mouvements pour la suspension des accords économiques entre l’Europe et Israël. Les syndicats ont aussi encouragé le désinvestissement des entreprises qui profitent des 42 ans d’occupation israélienne à Gaza et en Cisjordanie.

La motion a été présentée par l’Union des Compagnies de Pompiers. Les syndicats les plus importants de grande-Bretagne, dont Unite, le syndicat du secteur public, et UNISON, qui représente les travailleurs des services de santé, ont voté en faveur de la motion.

La motion a également condamné les déclarations de l'Histadrut, le syndicat israélien, qui soutient la guerre d’Israël contre Gaza qui a tué 1450 Palestiniens en trois semaines, et a appelé les TUC à revoir leurs relations avec l’Histadrut.

Les syndicats britanniques rejoignent ainsi ceux d’Afrique du Sud et d’Irlande dans leur vote pour qu’une campagne massive de boycott soit utilisée comme outil capable de ramener Israël dans la droite ligne du droit international, et l’obliger à respecter les résolutions de l’ONU qui encouragent justice et égalité pour le peuple palestinien."

(Traduit Par Carole SANDREL pour CAPJPO-EuroPalestine) - Palestine Solidarity Campaign


 

Pourquoi cette expression : "la peau des couilles" ?


Voilà l'histoire réelle d'une expression connue de tous, mais très souvent mal orthographiée .Par un beau jour d'automne 1820, le duc de Mirnouf, passionné par la chasse mais frustré par le maigre gibier qu'il ramenait de ses pérégrinations forestières, imagina qu'il devait être possible de fabriquer un outil apte à lui faciliter la tâche et rendre plus plaisante sa traque des animaux.

Il convoqua tous les artisans de la contrée pour mettre au concours la concrétisation de cette idée et leur laissa deux mois pour fabriquer le plus inventif et le plus efficace des appareils. A peine une semaine plus tard, un marchand du nom de Marcel Écouille, se présenta au château clamant à qui voulait l'entendre qu'il possédait ce dont le duc rêvait.

Il obtint sans peine une audience auprès du noble seigneur et s'empressa de lui faire la démonstration de sa merveille.

Devant une assemblée dubitative mais curieuse, il sortit de sa poche un minuscule sifflet (un appeau) et le porta à la bouche pour produire un son strident qui aussitôt imposa le silence parmi les personnes présentes.

A peine quelques secondes plus tard, des dizaines d'oiseaux de toutes sortes s'étaient approchés et virevoltaient autour de lui, comme attirés et charmés par cette étrange mélodie. Le duc imagina sans peine le profit qu'il pouvait tirer d'un tel accessoire lors des ses futures chasses. Il s'éclaircit la gorge et ne prononça qu'une seule phrase : « Combien cela va-t-il me coûter? »

Marcel Écouille, sûr de lui, répondit qu'il accepterait de se séparer de son objet en échange de la moitié de la fortune de son interlocuteur. Cette requête fit sourire l'assemblée mais le duc garda tout son sérieux et accepta la transaction.

La nouvelle fit grand bruit et se répandit vite bien au delà des limites du duché. Un marchand avait vendu un sifflet pour une somme astronomique au Duc qui en paya le coût sans broncher.

Ainsi, cette anecdote a subsisté dans la langue française pour qualifier les objets hors de prix : « Ca coûte l'appeau d'Écouille ». ET NON PAS LA PEAU DES COUILLES. »

Un peu de culture, ne peut pas faire de mal.

Commentaires

  • c'était marrant mais c'est faut.
    Aller voir ce lien : http://www.hoaxbuster.com/hoaxteam/forum_contributions.php?idForum=3152&idMess=79967

  • c'est même faux

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