robert1943 robert1943 robert1943

20/02/2009

Nouvelles n°127-2

 

Libres propos
Un coup de gueule d'un ingénieur de l'EDF

eoliennesUn illuminé nous a donné une série de leçons sur les économies d'énergie. Nous prenant pour des débiles mentaux profonds ou des séniles précoces, il nous a expliqué qu'en coupant toutes les veilleuses de nos appareils électriques, nous pouvions  économiser 15% de notre consommation. Faux, nous économiserions alors 2 à 3%  

Le même nous a expliqué qu'en remplaçant nos lampes traditionnelles par des lampes à économie d'énergie, nous pouvions économiser 30 à 35% d'énergie. Faux c'est 4 à 5 % que l'on peut économiser

Il est évident que si la maison est équipée comme celle de l'arrière-grand-père, c'est à dire juste des lampes et pas de frigo, micro onde, lave linge, lave vaisselle, sèche-linge et j'en passe, car par rapport à la consommation de tous ces équipements celle des lampes est 'peanuts'.

Pour couronner le tout, une brillante journaliste de TF1 (quelle chaîne instructive) a pris le relais et fait le total des économies pouvant être réalisées selon ces critères éclairés : 15 % sur les veilleuses + 35% sur les lampes = 50% d'économie d'énergie ! Elle n'est pas allé jusqu'à le dire, mais nous qui sommes particulièrement débiles, Avons deviné que demain, si nous suivions scrupuleusement ces instructions, on pouvait arrêter la moitié des centrales électriques !... Nous avons failli mourir idiots, mais pourquoi ne nous a-t-on pas expliqué tout ça avant !

Pour continuer dans la débilité profonde, la TF1 girls nous a ensuite précisé que pour les 50% restants, on pouvait les alimenter avec des panneaux solaires qui produisent de l'électricité 'verte', en illustrant son propos d'une photo d'une belle maison avec un petit panneau solaire derrière.  Là, j'ai failli chercher une arme, car on n'avait encore jamais vu un niveau de désinformation pareil, une absurdité aussi monumentale. En effet, pour produire ces 50 % restants, si on se base sur une consommation moyenne de 6 Kw (un abonnement classique sans chauffage électrique), il faudrait que chaque maison possède 140 mètres de panneaux solaires pour un coût de 89 628 *

Calculez le retour sur investissement. Dans le chapitre 'c'est bon pour la planète', il convient d'ajouter que les panneaux solaires, on ne sait qu'en faire quand ils arrivent en fin de vie, car ils contiennent
Plein de silicium et autres métaux lourds très polluants.

Ne croyez surtout pas que je sois contre les économies d'énergies, Je suis à 100% pour, quand elles sont réalistes, mais de grâce pas d'intoxication de ce type en pleine heure d'écoute, ça frise l'indécence ou la malveillance.

Pour continuer dans l'intox, connaissez-vous Bâville sur mer en Seine-Maritime ? C'est un petit village du littoral près de Dieppe, où 6 éoliennes sont récemment sorties de terre. (3 sont en cours d'installation à St Pierre le Viger, petit village célèbre par ses habitants) Six engins de dernière génération qui occupent 4 km de notre littoral normand et dont les pales culminent à 85 m de hauteur. Chaque éolienne à une puissance maxi de 2 mégawatts... quand le vent souffle fort. Ce n'est pas grand-chose comparé au 2600 mégawatt qui sortent en permanence de la centrale nucléaire voisine, mais c'est toujours ça, surtout quand il fait très froid.

Dommage quand même que cette énergie renouvelable soit si chère et non maîtrisable (4 fois plus chère que celle de l'atome), mais ce n’est pas grave, EDF à obligation de la racheter (et cher). Mais revenons à nos 6 éoliennes ; depuis quelques jours il n'y a qu'une seule éolienne qui tourne, les 5 autres seraient elles privées de vent ? Que nenni, du vent il n'y en a pas depuis plusieurs jours, ce qui est généralement le cas quand il fait très froid, ou très chaud. C'est la nature, l'homme ne lui dicte pas encore sa loi.

Mais alors, s'il n'y a pas de vent comment expliquer qu'une et une seule des éoliennes tourne ? La réponse est très simple : On veut nous faire croire à fond aux énergies renouvelables, alors on n'hésite pas à tricher pour en cacher le mauvais coté. Ben oui, ça ferait pas bien pour les habitants de la région qui n'ont pas encore accepté ça dans leur paysage, que de voir toutes les éoliennes à l'arrêt alors qu' il fait - 4 degrés  Alors, tout simplement, on en fait tourner une ...en moteur (oui c'est possible, en lui donnant du courant!). Ça consomme un peu d'électricité, mais ça fait croire que ça produit de l'énergie.

Il est temps d'arrêter de nous rabâcher tous les soirs à la météo 'c'est bon pour la planète', parce que là, on sait plus trop ou est le bien et le mal, et on va finir par penser que ceux qui donnent des conseils sont, en plus d'être malhonnêtes ou incompétents, les plus dangereux.

L'électricité 'dite propre' sans fumées, sans CO2, sans atomes, disponible quand on en a besoin, à un prix qui ne détruise pas nos emplois et ne pas notre confort, ça n'existe pas, mises à part les centrales hydro. Dans 20, 30 ou 50 ans peut être.... Dans mon entourage, je ne connais personne qui lave du linge propre, Ou qui met en route son lave vaisselle vide... Alors il est grand temps que les médias et leurs gilets à rayures serviles qui nous desservent, arrêtent de nous prendre pour des demeurés, avec des reportages orientés, tronqués et des leçons de civisme qui ne tiennent pas la route.

Ah oui, j'allais l'oublier : j'ai même entendu  'l'innocente Evelyne Délias', nous dire, après sa page météo, 'qu'il ne faut pas mettre trop de chauffage dans la voiture car ça consomme du carburant et 'ce n’est pas bon pour la planète'. Evelyne, si tu avais pris des cours de mécanique, tu saurais que le chauffage de la voiture récupère la chaleur de l'eau du circuit de refroidissement du moteur et cette eau chaude, il faut absolument la refroidir en la faisant passer soit dans le radiateur principal (celui qui se trouve derrière la calandre), soit dans le radiateur du chauffage de l'habitacle, sinon c'est la mort du moteur ! 

Si cette eau n'est pas assez refroidie, c'est même le ventilateur du circuit de refroidissement qui doit s'en charger en consommant de l'électricité pour tourner! Et ça ...’ce n’est pas bon pour la planète' par contre!

On pourrait aussi évoquer les biocarburants, présentés comme carburants Verts alors que s'engager dans cette voie, est un désastre écologique et humain à brève échéance : flairant l'aubaine, de grands groupes Agro-alimentaires, défrichent en ce moment des forêts entières et remplacent des cultures destinées à l'alimentation humaine par ces Plantations destinées à la production de carburant 'vert' (50% de la production de maïs des USA aura été détourné cette année pour cette production, d'ou la famine au Mexique, premier acheteur de ce maïs). 

Vous doutiez vous de cet effet pervers du biocarburant?
Mais c'est un autre débat et j'ai des palpitations déjà rien que d'y penser...

 


Libres propos
Un avis intéressant sur le film "Bienvenue chez les Ch’tis".

 

bienvenue-chez-les-chtisPourquoi « Bienvenue chez les Ch’tis », film de Dany Boon, davantage qu’un succès commercial constitue, comme le faisait remarquer l’écrivain Pierre Drachline, un phénomène de société ?

Quelques années en arrière, le public français tremblait et pleurait avec « Titanic », aujourd’hui bientôt vingt millions de spectateurs hexagonaux, toutes générations confondues, rient et sont émus avec « Bienvenue chez les Ch’tis ». Que s’est-il donc passé entre la projection d’une superproduction d’un film catastrophe à effets spéciaux relatant l’annonce d’un monde qui allait sombrer corps et biens et ce film, on ne peut plus simple, suivant la virée pour faute d’un directeur de la Poste en terre sinistrée du nord de la France ? Qu’a donc compris Dany Boon et avec lui le quart de la population et qui visiblement laisse perplexes nos élites et silencieux nos élites médiatiques ? Eh bien disons, entre autre chose, que « Bienvenue chez les Ch’tis » répare et réhabilite l’image de tout un peuple en reconsidérant les couches populaires autrement que comme des babaches (des primaires). Pourquoi ? Comment ? Eh bien en mettant en lumière l’expérience que font et feront de plus en plus les couches moyennes, ou qui se vivent comme telles, de leur retour au sein des couches populaires. Il y a quelques jours, l’économiste Patrick Artus expliquait sur une radio que la mondialisation liquidait de fait les couches moyennes des pays développés. Nous y voilà ! Alors bien sûr, il y a celles et ceux encore épargnés, celles et ceux de ces couches plus très moyennes qui ne voient rien venir, celles et ceux qui refusent en se cramponnant à une manière de voir dépassée (la femme du directeur de la Poste), ceux qui déploient des banderoles injurieuses et qui ce faisant, croient se rassurer à bon compte, celles et ceux pour qui les marques de luxe remplacent les perruques poudrées aristocratiques du 18è siècle... et... enfin, quelle leçon, mais quelle leçon reçoit le directeur de la Poste (Kad Merad) de la part de ses collègues !

Quelle leçon, de tact, de pudeur, de solidarité, de simplicité, de fraternité, d’ouverture d’esprit, ce représentant des couches moyennes reçoit de ses subordonnés appartenant aux couches populaires ! Au point que devant l’évidence, ce directeur accepte tout de go de faire partie du groupe et des leurs, montrant ainsi métaphoriquement le chemin à suivre... Quant au reste, une lecture par trop littérale conduirait à oublier que « Bienvenue chez les Ch’tis » est une fiction et aussi ce que Dany Boon, en véritable artiste, sait par expérience : « l’imagination est la reine du vrai » (Baudelaire).

Dany Boon dont les origines populaires ne sont un secret pour personne sait manifestement de quoi il parle, ce comique a choisi de prendre les clichés les plus éculés pour les retourner. Le rire déclenché est à la fois libérateur, réparateur et réconciliateur. En cela, à la manière d’un Ken Loach comique, ce film participe à la connaissance de la réalité. Alors, bien sûr, il y en aura qui seront toujours trop « comme il faut » pour être en mesure de comprendre qu’une cuite monumentale (moment extraordinaire de fraternisation dans le film) ne fait pas des protagonistes des alcooliques ! Il y aurait tant à dire, le service public postal (avant que la Poste ne veuille devenir un service financier), le beffroi versant religieux et versant laïc, la France qui continue...

Ce film populaire dit, entre autre, cette chose très simple : un peuple qui récuse la violence et le bling-bling des marchands bornés qui nous gouvernent, un peuple qui sait réinventer la solidarité est en voie de recréation. A nous de le voir ou pas. A nous d’en être ou pas. C’est la bonne nouvelle que répand le film de Dany Boon à travers le pays qui l’accueille avec engouement.

Valère STARASELSKI


 

DE L’OBLIGATION DE MÉMOIRE ET DE L’OBLIGATION D’OUBLI

missingL’autre  dimanche, le ciné-club des Amis du Progrès avait programmé le film «Z ». Les aléas des droits de distribution  eurent raison de sa programmation. En lieu et en place, l’animateur avait programmé un autre film remarquable de Costa-Gravas : MISSING. Ce film qui n’a pas pris une ride, retrace un fait authentique qui s’est déroulé au Chili lors du renversement de Salvador Allende, le 11 septembre 1973. Ce coup d’Etat perpétré avec la complicité des Etats-Unis et d’Henry Kissinger fit plusieurs milliers de victimes, demeure impuni.

Au cours du débat qui suivit la projection, je me souvenais d’une conférence de presse que je donnais au centre culturel de la Posterie, où j’étais employé, le lendemain des attentats du 11 septembre à New-York. Le 12 septembre à midi, nous avions invité quelques journalistes à découvrir la nouvelle saison culturelle. J’étais flanqué du Président, Echevin socialiste de la commune, qui pria à l’assemblée de se lever afin d’observer une minute de silence en mémoire des victimes des attentas du 11 septembre. Au Président  embarrassé devant mon refus de suivre ses injonctions, je fis remarquer «que oui, j’observerais une minute de silence si l’on y associait les victimes de Pinochet, de la guerre du Vietnam, du Cambodge, du  régime des colonels en Grèce, de Batista au Nicaragua, de Salazar au Portugal, de Franco en Espagne… »

 
A l’issue du débat j’éprouvais le même malaise. En effet, l’animateur, dont je ne mets aucunement la compétence en doute, cru bon de nous lire une longue critique négative d’un journaliste de gauche à propos de film MISSING. Cette critique prétendait que Costa-Gravas faisait dans le larmoyant et enfonçait des portes ouvertes à propos du Chili.

Depuis plus de 60 ans, la seconde guerre mondiale se résume  au massacre systématique d’un peuple. Nous sommes priés de nous en rappeler à chaque instant. Les films et les ouvrages sur ce génocide se succèdent sans qu’un critique de gauche ou de droite ne s’émeuve pour nous signaler que l’on enfonce des portes ouvertes et que l’on fait dans le larmoyant. Devant ce génocide de la seconde guerre mondiale, les autres tragédies sont priées de se caser dans les pertes et profits de l’histoire afin de ne pas lui faire de l’ombre.

Que les 21 millions de victimes soviétiques de la seconde guerre mondiale nous laisse dormir sur l’unique victoire américaine. De même pour tous les autres peuples victimes des pires tueries et plus atroces souffrances. Que l’on ne vienne plus nous embêter avec les victimes des régimes fascistes d’Amérique latine, des exactions de la SAVAC du Shah d’Iran. Les Palestiniens sont priés de se faire discrets, de même que les Irakiens. Je m’arrête et je vous laisse le soin d’achever la liste.

Freddy Guidé


 

Jean Ziegler regarde la faim en face et participe au lancement de la nouvelle campagne de FIAN

la-faim-dans-le-mondeLe lancement de la nouvelle campagne de FIAN International “Face it –Act now” s’est déroulée la veille du 16 octobre, Journée Mondiale de l’Alimentation, consacrée cette année au Droit à l’Alimentation. Le 15 octobre 2007 ont eu lieu à Bruxelles de nombreuses actions visant à sensibiliser la population au problème de la faim. FIAN lance un appel: la faim et les violations du Droit à l’Alimentation doivent cesser!
La faim chronique est un scandale qui passe inaperçu dans un monde d’opulence.
Famines en Ethiopie, tremblements de terre en Turquie, ouragan en Amérique centrale: les médias ne font la une qu'avec des catastrophes naturelles ou des famines. La faim est trop souvent décrite comme une fatalité qui, du jour au lendemain, démantèle la vie. Faim, alimentation de mauvaise qualité, eau contaminée et maladies qui en découlent, ne sont pas, pour la plupart des 854 millions de personnes qui souffrent actuellement de la faim, le résultat d’une fatalité mais bien un quotidien. Chaque jour, ces millions d’enfants, de femmes et d'hommes se couchent le ventre vide. Ils ne souffrent pas seulement d'un manque de nourriture mais surtout d'un manque de contrôle ou d’accès à des ressources comme la terre, l’eau, les semences ou encore d'un manque de revenus corrects pour leur production et leur travail. 

Vivant principalement en milieu rural, ces personnes sont souvent marginalisées et discriminées. Elles ont d’autant moins de voix dans les décisions politiques ou d’accès à la justice. Voilà pourquoi la faim est une réelle injustice. Voilà pourquoi l’alimentation est un Droit Humain; tout comme la liberté d’expression, la protection contre la torture, le droit à un procès équitable ou le droit à l’enseignement… En 1948,  les Nations Unies ont approuvé la Déclaration des Droits de l’Homme. Celle-ci reconnaît le Droit à l’Alimentation tout autant que les autres Droits.

Raison de plus pour FIAN (Foodfirst Information and Action Network) de rappeler aux responsables des violations du Droit à l’Alimentation qu’ils ne peuvent continuer à rester aveugles. La politique et les entreprises européennes ne peuvent pas non plus s’en tirer impunément lorsqu’elles ne protègent pas les groupes vulnérables du Sud. La campagne "Face it - Act now" lancée dans 8 pays européens, dont la Belgique, demande que la politique européenne accorde plus d'importance au Droit à l’Alimentation.

 


 

 

La Chine à l’assaut de l’Afrique
Prédation économique par Eric Laurent

 

 africa_china_invest

 

Des investissements supérieurs aux sommes injectées par la Banque Mondiale, 800 000 Chinois installés sur place…L’Afrique est en passe d’être dévorée toute crue par l’Empire du milieu.

La croissance et même la survie économique de la Chine dépendent, paradoxalement et pour une part croissante, du continent le moins développé, l’Afrique. Pékin absorbe désormais 25 % de tout le cuivre consommé à travers le monde, 40 % du charbon, 35 % de l’acier, 10 % du pétrole et sa demande ne cesse de croître, et 90 % de tout l’aluminium. Une économie dévoreuse d’énergie, boulimique en matières premières qui s’est tout naturellement  tournée vers la région qui en est le mieux pourvue.

Les Chinois ont lancé une véritable OPA sur l’Afrique en profitant à la fois de la perte d’influence occidentale,notamment française en Afrique de l’Ouest, et de la crise que traversent les institutions chargées de l’aide au développement : en 2007, Pékin a investi plus de 9 milliards de dollars en Afrique alors que la Banque Mondiale s’est révélée incapable d’y injecter plus de 2,5 milliards de dollars. L’organisation internationale basée à Washington tente désormais de convaincre la Chine de devenir son partenaire pour le financement des projets africains.

La Chine à l’assaut de l’Afrique
PieR Gajewski

Plus de 800 000 Chinois travaillent déjà sur ce continent pour plus de 900 entreprises de toutes tailles. Ils extraient le cuivre et le cobalt en Zambie et au Congo, le platine et le chrome au Zimbabwe ; ils achètent d’énormes quantités de bois au Gabon, au Cameroun, au Mozambique, en  Guinée équatoriale et au Libéria, ainsi que l’acier, l’or, le charbon, le nickel dans tous les pays de cette zone qui en détiennent ou en produisent. L’Angola fournit la moitié du pétrole importé d’Afrique par Pékin. En  janvier 2005 le gouvernement de Luanda a bénéficié d’un prêt chinois de 2 milliards de dollars gagés sur le pétrole, qui a augmenté d’un milliard de dollars l’année suivante. Officiellement pour réparer les infrastructures déficientes.

Les Chinois détournent le regard

En réalité, la Chine sait qu’elle traite avec des régimes totalement corrompus qui détournent à leur profit une partie de ces sommes. En juillet 2005, la Chine et le Nigeria, autre exemple de corruption à tous les niveaux, ont signé un accord de 800 millions de dollars qui prévoit la livraison de 30 000 barils de pétrole quotidien à la Chine ; le régime nigérian a aussi octroyé à la Chine des licences de forage en échange de 4 milliards de dollars.

Pour les nombreux dictateurs qui peuplent cette région, Pékin constitue une manne et une bénédiction : le régime chinois offre une alternative au tête à tête de plus en plus pesant et tendu avec les occidentaux, ne manifeste aucune exigence en matière de démocratie ou de bonne gouvernance, et enfin, propose gratuitement des services que ces régimes ont toujours été incapables d’offrir à leur population. Plus de 15 000 médecins chinois ont ouvert des dispensaires dans 47 États africains.

La Chine : un généreux investisseur

Désormais, l’Afrique fournit 1/3 du pétrole importé par Pékin. Ce qui explique qu’en 2006-2007, le Président chinois Hu Jin Tao ait visité 17 pays du continent. En 2005, le flux commercial entre la Chine et l’Afrique s’élevait à 40 milliards de dollars, il dépassera les 100 milliards de dollars avant 2010. Les réserves financières de la Chine dépassent 1 500 milliards de dollars et Pékin joue de cette puissance financière pour séduire, contrôler. En juin 2006, le Sénégal a ainsi bénéficié d’un allègement de sa dette, qui atteignait alors 20 millions de dollars.

Par ailleurs, la Chine s’est engagée à investir 35 millions de dollars dans le dernier délire pharaonique du Président Wade, la construction du plus grand théâtre d’Afrique de l’Ouest. Aussi mauvais gestionnaire que grand mégalomane, le dirigeant sénégalais se montre très satisfait de la réactivité chinoise : « un contrat », confie-t-il, « qui était discuté et négocié pendant cinq ans avec la Banque Mondiale, est conclu en 3 mois avec les Chinois ».

Il est vrai que pour Pékin, le temps presse. Et l’ampleur des investissements est à la mesure de cette urgence. 1 milliard de dollars ont été investis au Soudan depuis 1996, essentiellement dans le pétrole, et 500 000 barils par jour sont extraits, en grande partie par la CNPC (Chine National Petroleum Corporation), autorisée à extraire directement

les gisements. Pékin finance et arme également les rebelles tchadiens avec, comme objectif, le contrôle des zones pétrolifères du pays.

Vive les matières premières !

Étendre la présence chinoise en République du Congo est devenu une autre priorité. Le plus grand pays d’Afrique est aussi l’un des plus pauvres au monde, avec un revenu annuel par habitant de 714 dollars. C’est également potentiellement le plus riche : son sous-sol recèle les plus importantes réserves mondiales de cobalt et de tantalum, un métal rare, et d’énormes gisements de cuivre, d’or, de diamants, de manganèse, d’uranium et de zinc. Un accord signé en septembre 2007 prévoit que la Chine injectera 6,5 milliards de dollars dans la construction ou l’amélioration des infrastructures du pays, ainsi que 2 milliards de dollars supplémentaires pour ouvrir ou moderniser de nouvelles mines. Dans ce pays, les Chinois concurrencent directement les grands groupes miniers occidentaux mais disposent d’un atout de poids : leurs firmes sont des entreprises publiques capables de surenchérir inlassablement pour s’adjuger les concessions. Un seul exemple : en 2006, Sinopec, l’une des 3 compagnies pétrolières chinoises, a accepté de payer 2 milliards de dollars pour exploiter le pétrole sur trois lots situés dans les eaux territoriales  angolaises. Cette stratégie rassure Pékin, quant à la stabilité de ses approvisionnements, et encourage les comportements les plus obscènes de certains dirigeants africains : depuis que du pétrole a été découvert dans la minuscule Guinée équatoriale, une ancienne colonie espagnole, la famille au pouvoir est courtisée par la Chine et les occidentaux. Malgré les gisements découverts, le niveau de vie de la population, déjà misérable, a encore chuté et le fils aîné du Président, et son successeur désigné, a pour principal préoccupation de négocier le rachat du yacht de Paul Allen, le co-fondateur de Microsoft.

http://www.bakchich.info/article3165.html


 

 Méditerranée : une Union bien fragile

union pour la Méditerranée

Même si la France a dû revoir à la baisse les ambitions méditerranéennes de son président, celui-ci n’en a pas réussi à rassembler la plupart des responsables politiques des deux rives à Paris. Mais  comment faire pour éviter que l’Union pour la Méditerranée s’ensable comme a échoué le processus de Barcelone dont elle a pris le relais ?
MAURICE MAGIS

Qui ne rêverait d’une Méditerranée qui serait, enfin, cette mare nostrum à nous tous ? Autour de laquelle, enfin, après des millénaires de conflits, règnerait enfin la paix entre des Etats réconciliés ? Entre des peuples copropriétaires d’un destin et d’un espace communs où toutes et tous iraient et viendraient vivre librement leur destin, de Barcelone au Caire et de Gaza à Marseille ? Un rêve…

Il s’est trouvé pourtant un homme pour le mettre en paroles et musique. Le 12 février 2007, le poète lance : « La Méditerranée est pour nous tous un souvenir d’enfance où se mélangent des dieux de l’Egypte et de la Grèce, des chevaliers de croisades, de vieux temples en ruine, des sensations de chaleur sèche, de joie de vivre, des tragédies terrible pleines de sang et de fureur… » Ce Sophocle contemporain ? Nicolas Sarkozy, candidat à ce moment à la présidence de la France, et qui ne doute pas un instant de la hauteur de son destin. Qui se donne donc un objectif à la mesure de son ambition avec son projet d’Union méditerranéenne.  Une idée qui va faire naufrage. Mais tout à ses rêves, le futur élu ne veut pas voir les rochers qui parsèmeront sa route. Ulysse des temps modernes, il estime que les obstacles n’existent  que pour être dépassés.

Pourtant, le lyrisme amphigourique ne fait pas un grand dessein. Une fois élu, Sarko devra bien le constater. L’idée, répétons-le, était pourtant belle : rompre avec « cette violence archaïque que le long travail des civilisations n’a pas réussi à éteindre » promettait l’histrion élyséen. La superbe affaire ! Sauf que, derrière ce salmigondis se dissimulait mal l’agenda caché du président mégalomane. Relancer l’idée, présente de façon centrale au cœur d’un processus lancée en 1995 à Barcelone, d’un grand marché méditerranéen favorable surtout aux entreprises du Nord. Essayer de calmer les ardeurs intégratrices d’une Turquie que Sarkozy ne veut pas voir dans notre très chrétienne Union européenne. Appâter les Etats arabes, échaudés par le soutien de la France sarkozienne à Israël et à sa politique. Le tout sous le signe du big business et dans le plus grand mépris des droits de l’homme… « En caricaturant volontairement les régimes en place et ‘les talibans’ du Maghreb’, en s’affichant avec le président libyen, en ouvrant ostensiblement les bras au président syrien, il légitime les politiques de restriction des droits humaines (…) Les premières victimes de cette pression autoritaires ne sont pas d’hypothétiques talibans, mais bien les sociétés civiles méditerranéennes » (1) constatent l’historien espagnol et l’eurodéputée socialiste Béatrice Patrie (1). Mais tout cela ne reste-t-il pas dans une certaine ligne européenne ?

Sarko décolle

Sauf que le petit Nicolas a franchi une ligne rouge en prétendant faire de toute cette entreprise « sa chose à lui. Oui, à lui, la Méditerranée et son pilotage ; à lui, la Méditerranée entreprise ; à lui, la Méditerranée concurrence » (2). Et qu’au passage, le président en exercice de l’Union européenne considère celle-ci comme parfaitement extérieure à son grand œuvre. « L’Union aura un Conseil de la Méditerranée comme l’Europe, son Conseil de l’Europe » dit-il. En clair, l’UM est appelée à vivre une vie distincte de celle de l’UE, celle-ci étant toutefois appelée à passer à la caisse. Une fois de plus, Sarko a décollé des flots en passant la surmultipliée. Et là, c’en est trop. Les mises en garde des grandes capitales européennes, d’abord Madrid et Rome, se succèdent. Et tombent dans l’oreille d’un sourd. Jusqu’à ce qu’en mars 2008, la chancelière allemande – avec l’appui de la Commission européenne - mette les points sur les « i ». Recalibre au canon de marine la vision de Sarkozy et impose la mise sous tutelle de Bruxelles de tout le processus.

Début juillet, des responsables des différents pays concernés se retrouvaient à Bruxelles pour préparer la grand messe prévue pour le 13 à Paris. Obligée de recadrer ses ambitions, la France a admis un nouvel intitulé : Union pour la Méditerranée (UPM), désormais flanqué de «Partenariat de Barcelone » pour bien indiquer que le président français n’est plus le « primus inter pares » dans tout ce laborieux montage à l’avenir incertain.

L’impasse proche-oriental

Nicolas Sarkozy peut certes se poser pour un temps en « faiseur de paix ». Il s’enorgueillit d’avoir réintégré la Syrie dans le jeu diplomatique et obtenu de celle-ci la promesse de nouer des relations diplomatiques avec le Liban et de mener une mission de bons offices à Téhéran sur le nucléaire iranien. D’avoir réuni, le temps d’un entretien dans sa capitale, le Premier ministre israélien et le président de l’Autorité palestinienne. Mais les choses ont-elles bougé pour autant ?

Concernant les relations israélo-palestiniennes, une des clés essentielles pour toute véritable politique de détente autour de la mer commune, la diplomatie française a pu mesurer  l’âpreté de la route. Il n’y a pas eu de déclaration commune. « Au dernier moment, nous avons échoué », a regretté Bernard Kouchner, sans plus de précision. Chacun a pu observer que la déclaration finale des 43 chefs d’États ne mentionne même pas le droit des Palestiniens à un État, se bornant à soutenir le processus de paix, conformément au processus d’Annapolis. Et quand Nicolas Sarkozy, qui se dit « l’ami » d’Israël et des Palestiniens, ne mentionne même pas dans son intervention le fait que la Cisjordanie est occupée, que la répression se poursuit sous diverses formes ou qu’il ne suggère même pas la levée du blocus de Gaza, Ehoud Olmert et les faucons israéliens n’ont aucune raison de se presser pour conclure une paix.

L’échec de Barcelone

Là n’était d’ailleurs pas l’essentiel. Comme dit plus haut, le Processus de Barcelone (dit Euromed) a désormais pris un autre nom. Pour quoi faire ? Le maître-mot de l’Union européenne reste « libre-échange » entre les deux rives de la grande mer. L’UPM, en l’état, doit s’étendre jusqu’en 2010 avec quelques projets sur la table : luttes contre les aléas climatiques, dépollution de la Méditerranée, agroalimentaire, développement de l’énergie solaire, éducations et échanges culturels… Cette Union « repose sur un principe : combler le fossé entre une Nord plutôt riche et un bassin méditerranéen beaucoup plus pauvre. Et un but : rétablir l’équilibre en assurant un espace de paix et de sécurité, améliorer le dialogue entre les deux rives » a affirmé un des sherpas de Sarkozy. Tels étaient déjà les vœux exprimés en 1995. Mais pour le professeur Bertrand Hervieu, secrétaire général du Centre international d’études agronomiques, basé à Paris,  « Au lieu de
réduire le déficit entre pays du Sud,  l’ancien Processus de Barcelone a eu des effets catastrophiques. L’Europe espérait que l’émergence de classes moyennes allait enrichir et favoriser le développement de l’économie locale. C’est en fait l’importation de produits manufacturés venant du Nord qui a primé. Du coup, les supermarchés ont fleuri dans les plus grandes villes du Maghreb, détruisant les investissements à long terme de type céréaliers au profit de minuscules entreprises de fruits et d’agrumes peu profitables car facilement délocalisables !».

Pour Béatrice Patrie, en tout cas, « Les résultats du partenariat Euromed ont été largement insuffisants. Aussi bien dans ses aspects politiques (développement de la démocratie, respect des droits de l’homme) qu’économiques (zone de libre-échange euro-méditerranéen) ou sociaux et culturels (dialogue des cultures), le bilan du processus de Barcelone est très éloigné des espoirs qu’il avait suscités lors de son lancement. »

Georges Corm,  spécialiste du Moyen-Orient et de la Méditerranée et ancien ministre des Finances du Liban durant les années 1990, en a rappelé utilement l’origine. Réduits à un rôle d’appui à la politique américaine dans la région, l’Union européenne se replie sur le contrôle des migrations et la libéralisation des échanges dans la zone. « L’objectif est clair : faire converger les deux rives de la Méditerranée autour d’institutions homogènes qui établissent l’économie de marché, la libre échange (sauf pour les produits agricoles de la rive sud) et la libre circulation des capitaux (mais non des êtres humains) la gestion rigoureuse des finances publiques, l’indépendance de la banque centrale et l’orthodoxie dans la gestion monétaires. » Bref, imposer les doctrines ultralibérales (3). Si celles-ci s’imposent largement, pour le reste, le processus de Barcelone « n’a atteint ni l’objectif d’un apaisement des conflits, ni celui d’une normalisation entre Israël et ses voisins, clé d’une intégration de l’Etat juif dans son environnement méditerranéen » conclut George Corm.

L’UPM peut-elle mieux répondre aux attentes ? Selon ses promoteurs, un de ses atouts serait la mise en œuvre de projets concrets capables d’emporter l’adhésion des peuples. En fait, elle relance des programmes déjà en cours : dépollution de la mer Méditerranée, autoroutes maritimes, système méditerranéen de protection civile, coopération dans le domaine de la recherche. Seuls le plan de développement de panneaux solaires et la mise en place d’instruments financiers de soutien aux petites et moyennes entreprises (PME) apparaissent comme neufs.

Au-delà du slogan ?

Le projet phare de la dépollution de la Grande Bleue, jugé pierre angulaire de l’UPM de par la nécessité d’associer tous les acteurs méditerranéens n’est que la continuation du plan « Horizon 2020 » lancé en 2005 lors du sommet du 10e anniversaire du processus de Barcelone. Selon une estimation ce programme devrait coûter 2 milliards d’euros, et il n’a pas avancé, faute de fonds disponibles. De la même manière, le programme de protection civile ou d’autoroutes de la mer continueront à butter sur la question du financement, essentiellement européen. Et comme l’a cruellement noté le président algérien Abdelaziz Bouteflika, « ayant bouclé ses équilibres financiers jusqu’en 2013, l’Union européenne ne prévoit pas, à court terme, d’engagements financiers importants. Cette attitude n’est pas sans susciter des interrogations légitimes sur la volonté réelle de l’UE de contribuer de manière décisive à la mise à niveau des pays de la rive sud de la Méditerranée. »

Au vu du caractère libéral des organismes internationaux et des investisseurs privés sollicités, il y a fort à parier que le projet de l’UPM en reste à l’objectif principal du processus de Barcelone, à savoir la création d’un espace de libre-échange (Le groupe Suez, qui se présente comme « un acteur de premier plan » en Méditerranée et affiche un chiffre d’affaires de 16 milliards d’euros dans la région… a déjà exprimé son grand intérêt pour le projet). Dans ce cadre, une union à égalité de droits des deux rives de la Méditerranée apparaît comme un leurre mais les grands groupes transnationaux se pourlèchent déjà les babines.

Au demeurant, rapprocher les deux rives de la Méditerranée apparaîtrait comme un insupportable slogan si on ne remettait pas en cause l’Europe forteresse, dont la présidence française de l’UE veut renforcer les remparts. Immigration choisie, durcissement des conditions de rétention et des interdictions de séjour. La multiplication des mesures répressives, s’ajoutant à l’insuffisance des efforts en matière de coopération pour le développement en Afrique, risque d’avoir comme conséquences une augmentation des tentatives désespérées, et la Méditerranée continuera de charrier des corps sans vie sur les plages européennes.

1. « Union pour la Méditerranée, étrange projet ». Libération, le 26 juin 2008.
2. « Le naufrage de l’Union pour la Méditerranée ». Marianne, n° daté du 5 au 11 juillet 2008.
3. « Foire d’empoigne autour de la Méditerranée », Le Monde diplomatique, juillet 2008.

Parlons immigration

Le Parlement de Strasbourg a adopté, le 18 juin dernier, la « directive de la honte », qui autorise les États européens à détenir jusqu’à dix-huit mois un immigré au seul motif qu’il réside de manière irrégulière sur leur territoire. Dans la foulée, un « pacte sur l’immigration et l’asile », enfanté par Nicolas Sarkozy, vise notamment à officialiser à l’échelle européenne la « politique d’immigration choisie », « en fonction des besoins du marché du travail ». L’immigration familiale doit être « mieux régulée ». Ce document, adopté par les ministres de l’Intérieur de l’UE le 7 juillet, prévoit une limitation des régularisations, et érige en principe les reconduites à la frontière. Par ailleurs, le rôle de l’agence Frontex qui contrôle les frontières de l’Union européenne doit  être renforcé.

Cette restriction du droit d’asile en vigueur ces dernières années conduit de nombreux ressortissants de pays africains à rejoindre l’UE en rémunérant des passeurs, au péril de leur vie. Selon l’ONG Fortress Europe, au cours du seul mois de juin, 185 personnes ont trouvé la mort au large des côtes européennes. Au total, ce sont plusieurs milliers de réfugiés qui perdent la vie tous les ans dans la mer Méditerranée.
Pourtant, seule une minorité des réfugiés parviennent en Europe. Le rapport 2007 du Haut Commissariat aux réfugiés (HCR), publié en juin dernier, établit que 80 % des réfugiés restent dans leur région d’origine et que 83 % des réfugiés africains restent sur le continent. Le premier pays d’accueil est le Pakistan, loin devant avec 2,3 millions de réfugiés. La Syrie étant deuxième avec 1,5 million. Le premier pays européen est l’Allemagne, en quatrième position, avec 578 900 réfugiés. Le Royaume-Uni, deuxième pays européen en termes d’accueil, n’est que 8e avec 300 000 réfugiés.


14:40 Écrit par nouvelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

02/02/2009

Nouvelles 127-1

 

Cinq vérités de gauche sur l’élection présidentielle américaine et sur Barack Obama

29024a-barack_obama_est_arrive_en_afghanistan

Point d’orgue belge de la vague d’obamania qui touche toute l’Europe, ce 4 novembre, une Obama Night a eu lieu à la Maison du Peuple de Saint Gilles, organisée par le Comité belge de soutien à Barack Obama. Le président de ce comité, Elio Di Rupo et sa co-présidente Marleen Temmerman étaient de la fête.

A l’heure où la obamania semble être partout, où ce dernier est vu par la droite, notamment par Nicolas Sarkozy en France, comme le meilleur interlocuteur possible et par la gauche comme l’unique alternative aux néoconservateurs américains, il est sans doute utile de (re)préciser certains faits passés le plus souvent à la moulinette des médias sur l’autel d’un simplisme anti-Bush de circonstance.

Structure du texte :

 1. Obama prône une politique économique de droite
 2. Il existe une gauche socialiste aux Etats-Unis
 3. Il existe un mouvement écologiste conséquent aux Etats-Unis
 4. Obama prône la poursuite du militarisme et de l’impérialisme étasunien
 5. Le financement privé de la campagne d’Obama fragilise la démocratie américaine
 
En conclusion

1.Obama prône une politique économique de droite
2.Obama, ce n’est pas GW Bush et ce n’est pas non plus John Mc Cain, il serait stupide de le nier. Cependant, sans aller aussi loin que le (fau)con John Bolton qui l’a récemment qualifié de candidat « d’extrême-gauche » (Source), peut-on affirmer qu’il est un candidat de gauche ou, pour le moins, du centre-gauche ?

Si les mots ont un sens, et ils en ont un à mes yeux, la réponse est catégoriquement « non » au regard de son programme économique.

Etre de gauche, c’est savoir redistribuer les richesses. En matière fiscale et alors que plusieurs dizaines de millions d’Américains vivent dans la pauvreté, Obama refuse d’augmenter les impôts de la « middle-class » afin de financer des mesures sociales. Il promet même des réductions d’impôts alors que le pays croule déjà sous les déficits publics. Il prévoit juste de revenir sur les réductions d’impôt effectuées par G.W. Bush pour en revenir à un taux d’imposition des plus fortunés de l’ordre de 40%. Ainsi que le rappelait encore hier sur La Première John R. MacArthur, le directeur de Harper’s Magazine, ce taux était en 1964 de 9 %.

Emission Face à l’Info du 3 novembre 2008 Par ailleurs, contrairement à Hilary Clinton qui n’est pas exactement une gauchiste, Obama s’est également prononcé contre la couverture santé universelle, et donc obligatoire, qui permettrait à chaque Américain d’être couvert Il est bon de savoir que sur 300 millions d’Américains, pas moins de 46 millions ne bénéficient pas d’une couverture maladie. Selon diverses études, la solution « bricolée » par Barack Obama laisserait au bas mot 10  % d’Américains sur le carreau.

Etre de gauche, c’est aider en priorité les plus précarisés. Un rapport publié par Working Poor Families Project révèle que plus de 28 % des familles américaines, dont un membre ou deux travaillent, vivent dans la pauvreté. Obama axe lui son discours sur la défense de la « middle-class » et il définit celle-ci comme correspondant aux foyers qui gagnent jusqu’à 250 000 dollars par an. Alors que 50 % des ménages vivent avec moins de 50 000 dollars par an, le candidat démocrate entretient sciemment la confusion en refusant de reconnaître que les Américains gagnant entre 100 000 et 200 000 dollars (entre 65 000 et 130 000 euros) par an n’appartiennent pas à la « classe moyenne », mais aux classes supérieures. En réduisant la catégorie de celles et ceux que l’on appelle les « riches », on réduit d’autant la possibilité de trouver de l’argent pour les plus pauvres.

Etre de gauche, c’est refuser la marchandisation de
l’économie et c’est pour le moins circonscrire le champ d’action du secteur privé. Celui qui veut « extirper du Parti démocrate certains des excès qui l’empêchaient de gagner les élections». (Source : Barack Obama, (The Audacity of Hope, Crown, New York, 2006, p. 35) se plaît pour sa part à associer systématiquement créativité et secteur privé. Il se fait en chaque occasion le chantre du marché et du libéralisme économique.

Etre de gauche c’est refuser la barbarie d’Etat. Obama est favorable à la peine de mort. Pire encore, il s’est rangé aux côtés de John McCain contre un arrêt de la Cour suprême visant à interdire la peine de mort s’il n’y avait pas eu meurtre.

Etre de gauche c’est s’opposer à l’impérialisme. Obama est lui favorable comme Bush et Mac Cain à l’entrée de la Géorgie et de l’Ukraine dans l’OTAN. Dans le même temps, il a prononcé devant le lobby pro-israélien un discours qui s’aligne sur les positions les plus inflexibles du gouvernement d’Ehoud Olmert. Il a également vis-à-vis de l’Iran et de l’Afghanistan des visées belliqueuses.

Etre de gauche c’est combattre la misère et pas les miséreux. Joe Biden, colistier d’Obama, a soutenu la réforme de la politique d’immigration de George Bush, et s’est prononcé en faveur d’un mur à la frontière avec le Mexique.

Etre de gauche, c’est défendre le droit à la différence politique et idéologique. Joe Biden a voté pour le Patrioct Act, une loi répressive et liberticide (cette loi autorise notamment la détention sans limite et sans inculpation de personnes suspectées de terrorisme) proposée par les conservateurs suite aux attentats du 11 Septembre 2001.

En France, quelques militants centristes du Modem, se sont amusés à utiliser la boussole politique (Political Compass) afin de se positionner par rapport à Barack Obama (lequel apparaît à droite avec cet outil), ils se retrouvent largement … à sa gauche.
 
2. Il existe une gauche socialiste aux Etats-Unis

PCALors de l’élection américaine, un candidat défendra l’abolition du Patriot Act, la fin de la torture par l’eau, le retrait des troupes américaines en Irak, une réduction des dépenses militaires, le respect du protocole de Kyoto et une politique active en matière de protection environnementale, la fin de la peine de mort, le droit à l’avortement, la fin de la vente d’armes à l’étranger par les Etats-Unis, la garantie de financement public pour les soins de santé, l’accès au logement pour tous (à travers une politique interventionniste de l’État), le remboursement de la dette des États-Unis aux Nations unies, le recours obligatoire au référendum avant toute action militaire à l’étranger, la protection du droit de grève et du droit d’appartenir à un syndicat, le droit de sanctuaire pour les immigrés en situation irrégulière ; une politique d’aide au développement des pays pauvres pour endiguer l’immigration clandestine, l’annulation de la dette du Tiers monde, un engagement de l’État dans le développement et l’amélioration des infrastructures urbaines et rurales, la mise en place d’une démocratie participative et un contrôle public démocratique sur l’économie.

 Minuscule détail, ce candidat, ce n’est pas Barack Obama mais Brian Moore du Parti Socialiste des Etats-Unis, un parti qui prône des changements progressifs compatibles avec un futur socialiste. Brian Moore est détenteur d’un Master en administration publique à l’Université d’État de l’Arizona. Après ses études, il a traduit concrètement son engagement d’homme de gauche. En 1969, il a ainsi rejoint le Corps de la Paix et a participé à des projets de développement d’infrastructures dans des quartiers pauvres, notamment en Bolivie, au Panama, au Pérou, en Équateur, au Brésil, au Guatemala, en Colombie et en Tanzanie.

Comment comprendre qu’Elio Di Rupo ait déclaré récemment dans le journal Le Soir, « Obama. C’est le candidat le plus proche de mon programme politique », ajoutant « Je suis persuadé qu’il pourra mener les Etats-Unis, mais aussi le reste du monde, vers beaucoup plus de stabilité et de justice sociale. » ? Ceci va bien au-delà du choix de raison, c’est bien d’une convergence idéologique dont Elio Di Rupo fait part, une convergence dont témoigne son poste de président du Comité de soutien à Obama.

Comme les jeunes militants du MoDem, j’ai réalisé le test Political Compass et fort logiquement je me retrouve le plus proche de Brian Moore (Je suis apparemment un peu plus libertaire).
 
Où se trouvent les camarades socialistes membres du comité de soutien de Barack Obama tels Sfia Bouarfa, Karine Lalieux, Didier Donfut, Paul Magnette ou Marie Arena ? Si comme je l’espère ils sont plutôt à gauche, pourquoi appellent-ils à voter pour un candidat de droite ?

Il faut en toute circonstance refuser la bipolarisation telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui et largement entretenue par la plupart des médias. Cette élection n’aurait jamais dû se résumer à un duel Mc Cain-Obama car il n’y a pas deux mais dix candidats. Il aurait dû s’agir d’un combat « à la régulière » entre ceux-ci. La bipolarisation et la mise en avant de deux candidats qui proposent l’alternance et non l’alternative atrophie à dessein un véritable débat politique et idéologique. Qui sait qu’il y a aux Etats-Unis un Parti Réformateur qui présentera un candidat à cette élection ?

Qui connait Roger Calero, le candidat trotskyste du Parti socialiste des Travailleurs ? Et le libertarien Bob Barr ?
 
3. Il existe un mouvement écologiste conséquent aux Etats-Unis

ralph-nader_236Dans le comité obamaniaque belge, on trouve également de nombreuses figures ECOLO dont notamment José Daras, Christos Doulkeridis, Isabelle Durant et même Bernard Wesphael,

Pour peu qu’il eut été question d’une élection entre Mc Cain et Obama uniquement, cela eut pu sembler un choix évident. Mais ce n’est pas le cas. Sur dix candidats à la présidence, deux candidats écologistes se présenteront à ces élections.

Il y a tout d’abord Cynthia McKinney, candidate du Parti vert des Etats-Unis qui est en fait une coalition de tous les petits partis verts de chaque État. Ce parti de centre-gauche présente un programme très semblable à celui d’ECOLO avec pour préoccupations principales la démocratie, la justice sociale, l’environnement et l’économie. Point de programme intéressant, ils sont favorables à une diminution de moitié des dépenses militaires. Faut-il préciser que ce n’est pas le cas de Barack Obama ? Peut-être Bernard Wesphael n’a-t-il pas lu complètement leur programme dans lequel ils rappellent par exemple qu’ils sont favorables à la
tenue de référendums populaires, le genre de référendums que lui comme moi aurions aimé avoir pour la Constitution Européenne.

Pour les écologistes qui ne trouveraient pas Cynthia McKinney suffisamment « à gauche », il existe même une alternative en la personne de Ralf Nader. Celui qui a été candidat des verts à deux reprises et a réalisé plus de 2 millions de voix en 2000 est candidat indépendant (avec le soutien de nombreux verts) pour cette élection. Nader est un militant anti-nucléaire de longue date (depuis 1976). Il travaille également depuis plus de 40 ans à la protection des consommateurs face aux multinationales. Son combat contre General Motors l’a notamment rendu célèbre.

4. Obama prône la poursuite du militarisme et de l’impérialisme étasunien Contrairement à ce que l’on entend très souvent, un des aspects les plus inquiétants de la politique prônée par Barack Obama concerne les affaires étrangères. Dans un Edito du Monde Diplomatique, Serge Halimi cite par exemple Barack Obama déclarant « Je construirai, une armée du XXIe siècle et un partenariat aussi puissant que l’alliance anticommuniste qui a remporté la guerre froide, afin que nous demeurions partout à l’offensive, de Djibouti à Kandahar. » (Source: Barack Obama, « Renewing American leadership », Foreign Affairs, New York, Juillet 2007.)

Que ce soit sur l’Afghanistan (il veut y renforcer les troupes), l’Iran (Obama a menacé l’Iran d’un conflit si Téhéran n’était pas prêt à abandonner tout enrichissement d’uranium sur son propre territoire ce que l’Iran n’acceptera jamais comme préalable à une négociation) ou Israël (il s’est prononcé en faveur du maintien de Jérusalem comme capitale unique et non divisée d’Israël sous contrôle israélien et a notamment déclaré que le rôle d’Ariel Sharon avait toujours été « important et constructif » dans le conflit israélo-palestinien), les positions de Barack Obama ne diffèrent pas fondamentalement de celles des faucons de l’administration Bush. Même sur le retrait d’Irak, il demeure extrêmement évasif.

Il est à cela une explication relativement simple, le principal conseiller de Barack Obama en cette matière et possible successeur de Condeleeza Rice n’est autre que Dennis Ross qui a servi au Conseil de sécurité nationale de Ronald Reagan et notamment dans le staff du néoconservateur Paul Wolfowitz, pour ensuite devenir le Directeur du planning du Département d’Etat sous James Baker, secrétaire d’Etat dans l’administration de Bush père (Source). Le conseiller du candidat démocrate est en outre le co-fondateur du Washington Institute for Near East Policy, un think-tank établi par le lobby AIPAC (The American Israël Public Affairs Committee) qui prône une ligne pro-israélienne dure 
 
obama-dollar5. Le financement privé de la campagne d’Obama fragilise la démocratie américaine La démocratie c’est d’abord de partir de la même ligne pour un scrutin. Aux Etats-Unis plus encore que chez nous, c’est loin d’être le cas. L’argent est roi. C’est lui qui rend possible une candidature. C’est lui qui fait gagner.

Pour financer sa campagne, Barack Obama a « levé » pas moins de 600 millions de dollars ce qui constitue un record absolu. Une enquête du Washington Post en date du 22 octobre et intitulée « Big Donors Drive Obama’s Money Edge  » (Littéralement : « Les gros donateurs sont la force motrice du fric d’Obama ») démontre que « seul un quart de ces 600 millions provient du “petit peuple” ». Pour le reste, Barack Obama a été largement financé par le milieu financier de Wall-Street et notamment les banques d’affaires comme Goldman Sachs (plus de 700.000 dollars). Le conseiller principal d’Obama sur les questions économiques est d’ailleurs un ancien PDG de Goldman Sachs. Certains lobbies comme celui des cigarettes le trouvent plus conciliant que John Mc Cain.

Et pour récolter des fonds, l’équipe d’Obama n’aura pas lésiné sur les moyens. La collusion avec l’élite économique aura également été totale. Au courant du mois d’octobre, les riches donateurs pouvaient ainsi s’offrir pour des sommes variant de 5.000 à 30.000 dollars par personne des déjeuners et des soirées avec les principaux conseillers d’Obama, ceux qui seront aux commandes s’il est élu et qui pourront influencer ses décisions. Le magazine Politico a ainsi révélé le 29 octobre l’existence d’une longue liste de conseillers et d’intimes d’Obama se prêtant à ces fructueuses sauteries.

Avec cet argent, Obama s’est notamment offert le 29 octobre dernier 27 minutes de pure propagande diffusée simultanément sur les sept grandes chaînes du pays. Il aura au total diffusé quatre fois plus de spots publicitaires que son rival républicain dans les 18 Etats clés dont dépend l’élection. Par rapport aux autres candidats … on ne compte même plus ! Croulant littéralement sous l’argent de ses « intéressés donateurs », Barack Obama a annoncé qu’il renonçait au versement par l’Etat d’un montant donné (environ 84 millions de dollars en 2008). C’est un fait exceptionnel et il est dû au fait que la somme allouée à chacun des deux grands rivaux, l’est en échange de leur acceptation d’un plafond de dépenses équivalant à la somme reçue. C’est également un précédent dangereux.
 
En conclusion

Barack Obama c’est beaucoup de paroles mais, comme disent les Américains : « where is the beef ? » (Littéralement : « Où est la viande ? ») C’est-à-dire, où sont les propositions concrètes en matière de politique économique ou de politique étrangère ?

 Si Sarkozy en France ou Didier Reynders en Belgique soutiennent Obama, ils ont pour cela de bonnes raisons. Au regard des critères qui avaient encore cours il n’y a pas si longtemps avant que ne sévissent un peu partout les socialistes « décomplexés et modernes » grands pourfendeurs des « archaïques », Obama peut être clairement classé comme un "homme de droite" Obama et Mc Cain (et plus encore le pitbull créationniste Sarah Palin) est-ce bonnet bleu et bleu bonnet ? Non. Mais il n’est pas besoin pour combattre la droite extrême républicaine de fantasmer un Obama de gauche qui n’existe pas.

Parlons alors simplement d’un vote utile comme pour le duel Chirac-Le Pen en 2002. Si la démocratie a un sens, la différence majeure est cependant qu’il n’y a en l’occurrence pas deux mais dix candidats, dont plusieurs de gauche. Certains voudraient voir en Barack Obama le nouveau Martin Luther King. Il serait temps qu’ils retombent les pieds sur terre. Quand le premier a restreint le changement à un slogan creux matraqué à coups de pubs financées par l’élite économique, le second avait lui décidé de véritablement questionner et combattre la présence aux Etats-Unis de quarante millions de pauvres, ce qui le conduisait « à interroger le système économique, à réclamer une meilleure répartition des richesses, à mettre en cause l’économie capitaliste ».

Maurice Magis


 

60 ans de dépossession, 40 ans d’occupation


palestine_Landlossthreeactc

 

En 2008, l’Etat d’Israël fêtera ses 60 ans d’existence mais les Palestiniens n’ont toujours pas d’Etat et attendent toujours de pouvoir exercer leur droit à l’autodétermination.

 En 1947, alors que l’Assemblée générale des Nations Unies adoptait le plan de partage de la Palestine, des villages palestiniens étaient attaqués, et des populations terrorisées étaient poussées à fuir leurs terres. Entre 1947 et les armistices de 1949, ce sont, au total, entre 700.000 et 900.000 Palestiniens qui seront chassés de chez eux et plus de 400 villages détruits, dans un cadre largement planifié.

Depuis sa création, en 1948, Israël a pour but d’étendre sa souveraineté sur l’ensemble du territoire de la Palestine historique. Lors de la guerre de 1967, Israël a occupé Jérusalem-Est, la Cisjordanie, la bande de Gaza et le Golan syrien. Depuis, le grignotage des terres n’a jamais cessé que ce soit par l’annexion illégale de Jérusalem-Est, par la création et l’extension des colonies, par la construction du mur, par les confiscations de terres sous divers prétextes sécuritaires. L’asphyxie économique et le vol des ressources des Territoires palestiniens occupés ne sont plus à démontrer. Leur fragmentation planifiée non plus.

La communauté internationale porte une lourde responsabilité dans cette situation. Afin de ne pas heurter Israël, et malgré les multiples résolutions de l’ONU réglant notamment le problème des réfugiés, rien n’a été fait pour contraindre cet Etat à respecter la légalité internationale.

Par ailleurs, alors que la situation d’occupation perdure dans les conditions que l’on sait, les Etats membres des Nations Unies n’assument pas leurs responsabilités en tant que signataires de la Quatrième Convention de Genève de 1949 relative à la protection des civils en temps de guerre.

La région a besoin de stabilité et de justice pour assurer la sécurité de tous. Pour cette raison, la création d’un Etat palestinien aux côtés d’Israël est nécessaire. Lors des accords d’Oslo, la création de l’Etat palestinien était prévue pour 1999. Dans le cadre de la Feuille de route, on l’envisageait pour 2005. Mais il n’a toujours pas vu le jour. Depuis 60 ans, les réfugiés palestiniens, ceux de 1948 et de 1967, qu’ils soient dans les Territoires palestiniens occupés ou ailleurs (notamment au Liban, en Jordanie et en Syrie), attendent qu’on leur rende justice.

Alors que la résolution 194(III) des Nations Unies, adoptée le 11/12/1948, leur reconnaît le droit au retour, et bien que les nouveaux historiens israéliens aient établi la responsabilité des milices juives et puis de l’armée israélienne dans leur exode forcé, les réfugiés palestiniens vivent toujours en exil et sont interdits de retour.

Nous demandons donc instamment au gouvernement belge d’oeuvrer au sein de l’Union européenne et des institutions internationales dont la Belgique est membre pour une solution juste et durable au Moyen-Orient, en tirant les leçons de l’échec des différents processus de paix.

Les priorités doivent dès lors être les suivantes :

- prendre des mesures urgentes pour contraindre l’Etat israélien à se retirer des Territoires occupés en 1967, à démanteler toutes les colonies israéliennes de Cisjordanie et de Jérusalem-Est et à démanteler le Mur construit en Cisjordanie et à Jérusalem-Est ;

- agir pour la relance des négociations entre Israéliens et Palestiniens qui aient pour objectifs la création - aux côtés de l’Etat israélien - d’un Etat palestinien viable, continu et indépendant dans les « frontières » de 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale ;

- demander à Israël de reconnaître sa responsabilité dans le problème des réfugiés et entamer les négociations sur la base de la résolution 194(III) de l’AG des Nations Unies.

- prendre des mesures urgentes pour lever le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza - punition collective de la société civile en violation avec le droit international.

Extrait des Amitiés Belgique - Palestine

 


Krach

 

 

30720a-fortis_pourrait_ceder_des_activitesFortis, qui a frôlé la faillite avant d’être rachetée par BNP Paribas, avait invité à déjeuner, en plein vendredi noir, une cinquantaine de courtiers partenaires de sa branche assurance. Pas n’importe où, mais au Louis XI, restaurant grand de luxe d’Alain Ducasse,  sis à l’Hôtel de Paris de Monaco. Pour la bagatelle de 150.000 euros, ces privilégiés ont eu droit à un déjeuner de rêve : homard au bouillon de châtaignes, risotto aux cèpes, poitrine de pigeonneau et petit dessert. Le tout sobrement arrosé de Sancerre, de Margaux et de Puligny.

Fortis a tenu à préciser : « L’événement était prévu depuis des mois, et s’inscrit dans le cadre d’actions commerciales habituelles. » Et de soutien à l’hôtellerie de luxe ?



32007a-dexia_pertes_importantes_au_3e_trimestre
■ Selon « Le Monde », Dexia, autre groupe renfloué, avait tenu salon la veille, dans un restaurant pour un dîner estimé à 200.000 euros. Une petite sauterie pour son comité de direction à l’occasion de la naissance d’une filiale monégasque de la branche spécialisée dans la gestion de la fortune. « Ce n’est pas une fête, mais une séance de travail », a corrigé sans rire une porte-parole du groupe. Au prix de la séance, on comprend que le travail de Dexia coûte cher aux contribuables …

 

Le Canard enchaîné


 

 La pauvreté aux USA

 

 

budgetusa140708Alors que les dépenses militaires augmentent sans cesse, 1,1 million d'Américains ont, entre 2003 et 2004, rejoint les personnes qui vivent sous le seuil de la pauvreté. C'est le Census Bureau, organisme officiel de statistiques, qui l’annonce. Fin 2004, 12,7 % de la population vivaient dans une grande précarité. En même temps, les classes moyennes sont en diminution constante, et les 5 % de la population aux revenus les plus élevés disposent d'une part croissante (22 %) de l'ensemble des revenus.

Extrait du JDM


Méfiez-vous de l'huile Lesieur

 

La  société Saipol, propriétaire de la marque Lesieur et grossiste en huile, a  acheté à vil prix un lot de 40.000 tonnes d’huile de tournesol  ukrainienne.

lesieur-huile-de-moteur-3
(A tout ce qui est dénoncé plus bas, n’oublions pas que l’Ukraine est la région de Tchernobyl qui reste aujourd’hui largement contaminée)…..

Exerçant son métier, cette société a revendu avec profit cette huile à d’autres multinationales de l’agroalimentaire.  Un contrôle a posteriori a mis en évidence la présence frauduleuse, dans ce lot, d’huile minérale destinée à la lubrification des moteurs. Même s’il n’est pas établi que ce mélange peu ragoûtant soit méchamment  toxique, eussions nous eu affaire à des gens responsables que ce lot eût  immédiatement rejoint la seule destination qui lui seyait : la  poubelle.

Que croyez-vous qu’il arriva ? Ces empoisonneurs dont l’avidité autant que la veulerie sont sans limite, ont néanmoins décidé  d’utiliser sciemment cette huile pour composer leurs produits. Le pire, c’est qu’ils ont eu l’accord des autorités  (françaises et européennes) qui ont décrété que tant que les produits  n’en contenaient pas plus de 10 %, personne ne devait tomber trop  malade. Ils ont 40 000 tonnes à écouler, un peu plus de 5 000 tonnes pour la  seule France. Cela fait environ 100 grammes de saloperie par  habitant à faire ingurgiter !

La Grèce, dont les autorités  semblent moins irresponsables que les nôtres, vient de réagir et d’interdire l’utilisation de tous les lots depuis le 1er  janvier. Mais chez nous, dans nos hypermarchés, il y a donc en ce moment des produits contaminés à l’huile de moteur !

Pouvons-nous identifier marques et produits ?

Lesieur, bien évidemment, puisqu’elle est à l’origine du problème, et toutes les marques du groupe : Fruit d’or, Epi  d’or, Frial, Isio  4, Oll, Carapelli, Saupiquet

Toutes les marques du  groupe Unilever : par  exemple : Amora, Planta  Fin, Maille, Knorr, Magnum, Miko

Les produits  les plus  susceptibles de contenir de l’huile empoisonnée sont les  suivants : - Mayonnaise, tarama, sauce  béarnaise, chips, vinaigrette allégée, surimi, céleri  rémoulade, soupe de poisson en conserve, poisson pané, paupiettes  de veau, thon et sardines à l’huile, pâtes à tartiner  chocolatées, gaufrettes à la confiture, barres céréalières et  sucrées, pour les enfants, cookies,…

Vous pouvez  téléphoner au service consommateurs de Lesieur au  0 810 193 702 pour demander des  précisions ! Il semblerait  que tous les lots dont la DLUO est avril et mai 2009 soient rappelés …

Que vont-ils faire de plus de 40 000 000 litres d’huile frelatée ??? Le nombre  d’appels sera déterminant pour que la transparence se fasse.  Merci.

Source : C’est le  Canard Enchaîné qui a révélé l’affaire il y a 2 semaines, avec des  reprises le jour même dans la presse nationale. Puis plus rien, tout le  monde s’en fout.

Réflexion : La semaine dernière, le Canard publie une liste de  marques et des types de produits concernés. Aucune réaction cette  fois. Enfin hier, le Canard publie des notes internes de l’ANIA (Association Nationale des Industries Alimentaires), qui montrent  l’envers du décor, comment les industriels vivent la crise, en chiant  dans leur froc et priant que l’info ne soit pas reprise et que le temps  efface rapidement cette histoire. Il a été décidé hier en  réunion de crise à l’ANIA de ne pas répondre au Canard enchaîné  formellement. Un projet de communiqué de presse, préparé la semaine  dernière, a été réactualisé. Le communiqué de presse ne sera pas  diffusé en proactif. Nous attendons la prochaine parution du Canard  Enchaîné et les éventuelles reprises par la presse pour réagir.

Par rapport à l’article de  mercredi dernier, cette nouvelle parution n’apporte pas d’éléments clé supplémentaires et n’est pas à la Une du journal. En revanche, de  nombreuses marques sont citées, ainsi qu’une liste à la Prévert de  nombreux produits incorporant de l’huile de tournesol, ce qui n’était  pas le cas la semaine dernière mais que l’on craignait.

Ces gens là sont capables d’importer  n’importe quelle denrée alimentaire de l’autre bout du monde, dans le  seul but de gagner de l’argent. Ils n’ont plus la moindre emprise sur la  “traçabilité” des produits qu’ils achètent ainsi, qui peuvent être  trafiqués, bourrés de pesticides ou autres. Et  qu’ils ne viennent pas prétendre le contraire, puisque cette sombre  affaire en fournit une preuve éclatante.

D’ailleurs un produit  importé au prix le plus bas est une quasi certitude de mauvaise qualité  doublée d’exploitation des humains qui ont servi à le produire, triplée  d’une pression sur l’emploi et le salaire des salariés français. Ce  sont les mêmes qui vendent leurs produits au prix fort en geignant sur  la hausse des matières premières, et nous gavent de pubs ineptes avec  enfants blonds et mamans épanouies qui éprouvent un plaisir intense à  bouffer leurs saloperies suremballées dans d’affriolants plastiques aux  couleurs vives. Il faut lutter contre ces pratiques ! Comme on l’a vu, leur plus grande trouille est  que le nom des marques s’ébruite, ce qui pourrait occasionner une baisse  de leurs ventes et de leurs sacro-saints profits, qui les aveuglent à un  point tel qu’ils sont capables pour cela d’empoisonner leurs clients  sans remords.


Compte rendu de la conférence-débat: "Pourquoi la décroissance?"

decroissanceNous étions une petite trentaine venus assister à la conférence sur le thème de la décroissance avec comme orateurs Pierre Eyben, secrétaire de la fédération liégeoise du Parti Communiste, Xavier Dupret, économiste du GRESEA et Paul Lannoye, ancien député européen Ecolo.

Premier à prendre la parole, Paul Lannoye confirme qu’après avoir été l’un des initiateurs de la transformation du mouvement Ecolo en parti, il a pris ses distances il y a quelques années vis-à-vis d’Ecolo.

lannoye_angers%20Adepte de la décroissance, il en vient ensuite immédiatement à nous détailler ses raisons de l’impasse du mode de vie actuel. Notre société produit des dégâts et des risques écologiques de plus en plus importants pour lesquels aucune solution n’est proposée. Le mode de vie des pays les plus industrialisés, en gros les pays du G8 et les pays émergents, n’est pas tenable en regard des capacités de la planète et de la perpétuation des écosystèmes. L’effet de serre ne constitue pas à ses yeux le phénomène le plus grave. Il pense plutôt à la disparition de la biodiversité. Ne se réclamant pas de l’environnementalisme, il conteste le mode de production et de consommation en observant que les ressources sont limitées. En exemple, le pétrole dont le pic d’exploitation serait déjà atteint, les réserves à découvrir étant estimée à 10, 20 % du total des gisements. Notre assuétude au pétrole limité rend la base du système économique précaire. La pénurie des produits pétroliers doit nous engager à en prélever moins et à consommer d’autres énergies dont les énergies renouvelables. A ce propos, la quantité produite par le soleil est incroyablement importante, en tout cas très largement au-dessus de nos besoins.

Les difficultés de développement du tiers-monde résultent d’une insuffisance de ressources. En effet, les pays développés consomment la majorité de celles-ci. La croissance accentue les écarts de développement. De plus, les élites des pays en voie de développement appliquent les politiques prônées par les multinationales.

Les forces dominantes de nos sociétés ne mettront pas en œuvre une décroissance matérielle et une croissance du bien-être. La création de produits non durables, la consommation à outrance, l’ouverture des marchés exigeant des conditions sociales détestables (Chine par ex.), elles-mêmes engendrant une consommation de «mauvais» produits vu le manque de revenus. Le renouvellement de biens tels le GSM est incessant. Enfin, la libéralisation économique génère des désastres sociaux et écologiques.

DupretSecond intervenant Xavier Dupret défend le concept d’éco-socialisme. Pour sa part, il estime que le concept de décroissance ne peut être appréhendé par la science économique car il ne peut être évalué par des indicateurs économiques. Il en appelle d’ailleurs à la création d’indicateurs économiques pour évaluer une société de décroissance. Pour lui, l’utilisation de l’indicateur de développement humain est insuffisant.

Il relève que tous les « décroissancistes » ne sont pas anticapitalistes. Pourtant c’est la rentabilisation du capital qui produit une consommation à outrance. Les « décroissancistes » ne peuvent donc s’exempter d’une critique du capitalisme et de sa suppression. Il défend également l’idée de progrès social parce qu’elle participe du bien-être de la population. La décroissance résultera d’un processus de socialisation des moyens de production.

Il redoute que la prochaine bulle spéculative soit après celles de l’internet et de l’immobilier, celle des énergies renouvelables.

db_EybenEnfin, Pierre Eyben quant à lui est un partisan de l’écosocialisme (selon le sociologue Michaël Löwy, courant de pensée et d’action écologique qui fait siens les acquis fondamentaux du marxisme tout en le débarrassant de ses scories productivistes).

Il relève d’abord l’opposition entre valeur d’échange et valeur d’usage.

Pour lutter contre le réchauffement climatique, la pollution de l’air due principalement aux émissions des voitures, la pollution des sols, notamment des nappes phréatiques mais aussi la pollution médiatique avec la publicité (les budgets publicitaires ont augmenté de 300 % en dix ans en totale disproportion par rapport à l’économie réelle entraînant le renforcement des conduites d’achat compulsif), le productivisme, les initiatives individuelles sont insuffisantes. Une remise en question du système s’impose. 
 
Les « décroissancistes » ont indubitablement soulevé pas mal de questions pertinentes: la finitude des ressources, la critique du développement durable, la
remise en cause du capitalisme, l’effet rebond en économie (l’apparition de nouvelles technologies n’entraîne pas nécessairement une diminution de consommation d’énergie ou de ressources car les consommateurs profitent des réductions de coût pour consommer davantage), la logique du toujours mieux qui peut engendrer le pis (ex: l’informatique (et les imprimantes) qui devait entraîner une diminution de la consommation de papiers, les voitures «vertes» qui ont nécessité pour sa fabrication des matières non prises en compte dans l‘impact écologique).

Pierre Eyben a ensuite parlé de la notion d’empreinte écologique (impact des activités humaines sur les écosystèmes et la planète).

Comme outil d’évaluation d’une société, il plaide pour l’indice de développement humain qui tient compte de l’espérance de vie. Ainsi, Cuba possède un bon niveau de développement humain.

Il en vient ensuite à remettre en question le mode de production (qui, pourquoi, comment,…). Ce sont les citoyens qui déterminent les biens qui sont produits.

Le concept de développement durable n’est pas acceptable car il signifie produire plus. Il cite le boss de British Petroleum France, Michel De Fabiani qui avait affirmé: «Le développement durable, c’est tout d’abord produire plus d’énergie, plus de pétrole, plus de gaz, peut-être plus de charbon et de nucléaire, et certainement plus d’énergies renouvelables. Dans le même temps, il faut s’assurer que cela ne se fasse pas au détriment de l’environnement.»

Pierre Eyben dénonce l’assimilation des courants de la Deep Ecology (forme d’environnementalisme qui préconise des mesures radicales pour protéger l’environnement naturel indépendamment de leurs effets sur le bien-être des gens) et la décroissance. Il critique la décroissance absolue et défend l’idée d’objection de croissance.

Revenant sur l’insuffisance des initiatives individuelles, il dénonce le manque manifeste d’alternatives de consommation (p. e. transports) et l’absence de remise en cause du fonctionnement systémique.

Il défend comme les « décroissancistes » une relocalisation économique contre la mondialisation capitaliste. Il défend la planification de la production avec une forte décentralisation, une économie des besoins (valeur d’usage des biens et services), les services publics qui seuls peuvent défendre une logique du long terme (voir la Poste et sa politique de transports par route du courrier).

Pierre Eyben enfin défend aussi les notions de progrès social et technique. Pour les progrès techniques, il faudrait le libérer des contraintes du marché qui ne considèrent que la profitabilité et le court terme.

Gonsette Jean-François



Table ronde : « Pourquoi la décroissance ? »


 

décroissance

Texte introductif présenté par notre camarade Claude Lambrichts en ouverture des débats.

La décroissance est une idée neuve en Europe. Neuve, mais pas récente. Le mot est apparu en 1974, et le concept a continué son petit bonhomme de chemin jusqu’en 2004, moment où est né le bimestriel « La Décroissance ». La même année, Patrick Braouezec, député du PCF, est le premier à faire état à l’Assemblée nationale de la nécessité d’une décroissance soutenable et solidaire. Depuis lors, la question a trouvé une peu d’espace dans la presse .J’ai relevé un numéro du supplément hebdomadaire du Monde du 25-03-2006, un numéro des cahiers marxistes de mai/juin 2007, un dossier spécial du Courrier International du 2-01-2008. Il en existe sans doute d’autres.

Parallèlement, la question écologique a continué de pénétrer dans tous les milieux, même dans ceux qui auraient pu paraître moins réceptifs. C’est ainsi que l’hebdomadaire du PCF Révolution – aujourd’hui disparu- a publié dans son numéro du 19 mai 1989, en guise de chapeau à un article intitulé Rouge et Vert, le texte suivant : « D’élections municipales en scrutin européen, l’écologie reste à la mode. Mais en rester là serait erroné et surtout dangereux. On peut sans risque parier sa tête sur la pérennité du thème écologique … Pourquoi ? Tout simplement parce que c’est la planète entière qui est à présent soumise à une logique d’exploitation des ressources … », et l’auteur de l’article poursuivait en écrivant : « Les ressources de la Terre ne sont pas inépuisables, il faut apprendre à les gérer. », texte, je le rappelle, de 1989.

Pour beaucoup d’entre nous, au commencement était Marx, dont on ne va pas faire le premier écologiste. On ne va pas non plus lui reprocher de ne pas l’avoir été. Qu’a-t-il dit qui pourrait relever de l’écologie ? Par exemple que : « La production capitaliste, en développant la technologie et en réunissant dans un ensemble social l’action de divers processus, ne fait qu’épuiser les sources originaires de toute richesse : la terre et le travailleur » (Le Capital, livre un). A ma connaissance, Marx ne s’est pas intéressé au problème des biens qu’une société devait produire. Voici comment il voyait que les choses se passeraient dans la société communiste : « … L’homme social, les producteurs associés, règlent de façon rationnelle leurs échanges avec la nature, et les soumettent à leur contrôle collectif au lieu de se laisser aveuglément dominer par eux. Et ils accomplissent ces échanges avec le moins d’efforts possible et dans les conditions les plus dignes et les plus adéquates à leur nature humaine  ».

Comment cela se passait-il avant l’ère industrielle ? Bernard Stiegler décrit le processus de cette façon : « Pendant des centaines de milliers d’années, les modèles comportementaux (le langage, l’éducation des enfants, l’hygiène, les comportements amoureux, l’alimentation … l’existence humaine n’est que comportement) étaient inventés par le groupe de manière empirique et totalement inconsciemment …

A partir du XIX siècle, quelque chose se transforme en profondeur : c’est l’apparition du monde industriel. Ce monde industriel a pour caractéristique de faire apparaître des produits nouveaux que personne n’a demandés. Avant, les produits qui apparaissaient avaient toujours été suscités par des gens, par des groupes … au moins eux le demandaient ». Un écrivain a trouvé une formule saisissante : « Le capitalisme ne se conforme pas aux besoins, il les a presque tous créés ». La société industrielle capitaliste a été une rupture dont on voit maintenant quels dégâts elle a occasionnés, alors qu’on ne voyait que ce qu’elle apportait de positif (ou perçu comme tel).

C’est à ce moment qu’apparaît la notion de décroissance, qui se décrit elle-même comme produit d’une longue histoire, celle de la pensée critique de l’aliénation, celle de la critique de la société de consommation et de la société du spectacle.

Qu’est-ce qui, selon ses partisans, justifie qu’on prône la décroissance ?

- La notion pernicieuse que constitue le mythe de
croissance infinie (nous vivons dans un monde limité au point de vue espace et ressources).

- La notion d’empreinte écologique : c’est la surface de sol nécessaire pour soutenir un mode de vie donné. Par exemple, si tous les habitants de la planète vivaient comme des Européens, nous consommerions trois planètes. Les pays riches consomment 80% des ressources naturelles de la planète, alors qu’ils ne représentent que 20% de la population mondiale. Comme les ressources ne sont pas illimitées, il faut que nous consommions moins pour que les autres consomment plus.

- L’activité humaine exerce une telle pression sur les fonctions naturelles de la terre que la capacité des écosystèmes de la planète à répondre aux besoins des générations futures ne peut plus être considérée comme acquise.

- L’environnement est bouleversé d’une manière dramatique : perte des zones humides, déforestation, effondrement de nombreux stocks de poissons, érosions des sols, disparition des espèces.

- La déplétion des ressources : eau, pétrole, gaz et autres énergies. Si nous persistons à vouloir consommer toutes les énergies fossiles jusqu’au dernier gramme, c’est le réchauffement climatique que nous favoriserons d’autant plus.

Ce ne sont que quelques exemples … Ce qui doit retenir notre attention, c’est que la décroissance entend dénoncer l’imposture que constitue l’idéologie capitaliste de la croissance matérielle et illimitée.

En conclusion, l’auteur du livre « La décroissance pour tous », Nicolas Raudoux – que j’ai utilisé – cite une réflexion d’Einstein qui comblera d’aise : « On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré ».

 


 

 

15:22 Écrit par nouvelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |