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  • Nouvelles 119 (2 ème partie)

    Economie

    Pour un renouveau du service public

    poste

    La défense et le développement de services publics de qualité doivent constituer "le" combat pour les années à venir. Il ne s'agit pas seulement de limiter la casse mais d'inverser la tendance actuelle.
    Collectif (voir les signataires en bas de l'article)

    Jadis, la gauche mais également la droite, considéraient avec sagesse certains secteurs économiques et sociaux comme trop importants pour en confier la gestion aux intérêts privés, estimant qu'il était pour le moins hasardeux de les soumettre aux aléas du marché. Tirant le bilan au lendemain de grandes crises (crise économique de 29, Seconde Guerre mondiale,...), gauche et droite reconnaissaient à un acteur public fort un rôle de garant de l'intérêt collectif et de tampon économique et social permettant d'éviter les crises financières et de tirer à la hausse la norme salariale. Qui se rappelle que la France nationalisa ses mines en 1945 ? Et, par la suite, jusqu'en 1983, les transports aériens, la banque de France et les grandes banques et compagnies d'assurance du pays, le gaz et l'électricité, de grandes industries (Renault, Thomson, Usinor, Rhône-Poulenc,...), etc.

    Aujourd'hui, le moins que l'on puisse dire est que la tendance s'est inversée : à part dans des pays comme la Bolivie, le Venezuela ou l'Equateur, qui ont récemment relancé des processus de (re) nationalisations pour reprendre le contrôle de leurs ressources naturelles et de leur économie, on assiste en effet à l'accélération et à l'extension d'un processus de marchandisation généralisée de la société, qui s'accompagne d'offensives de plus en plus violentes sur les services publics.

    Ce phénomène date des années 80. Alors que les puissances occidentales voyaient se ralentir l'expansion économique acquise au détriment des pays dits en voie de développement - notamment via l'engrenage de la dette, qui aujourd'hui encore maintient ces pays sous le joug d'une pauvreté extrême et des diktats néocoloniaux du FMI et de la Banque mondiale - elles se lancèrent à la conquête de marchés nouveaux et juteux au sein de leurs propres économies, et privatisèrent à tour de bras. La motivation de ce changement de cap économique fut purement idéologique. Elle fut théorisée par des think-tank ultralibéraux et mise en oeuvre par des dirigeants qui leur prêtaient une oreille plus qu'attentive, tels Margaret Thatcher et Ronald Reagan. Grande-Bretagne et Etats-Unis furent ainsi les fers de lance de cette dynamique, mise en oeuvre avec le renfort de grands organismes transnationaux.

    Aujourd'hui, on ne compte plus le nombre de catastrophes sanitaires et sociales nées de cette logique mortifère. On se souvient de la désastreuse déliquescence des secteurs du rail en Angleterre ou de l'électricité aux Etats-Unis... Toutefois, rien ne semble freiner la tendance frénétique à libéraliser et privatiser tous les pans encore publics de la société (énergies, télécommunications, postes,...).

    En Europe, la façon la plus classique d'imposer la privatisation de certains services publics consiste à ouvrir à la concurrence - on dit "libéraliser", même si cela a peu à voir avec une quelconque libération - le secteur dans lequel ils opèrent. Mis en concurrence avec des opérateurs aux pratiques sociales moins regardantes, il ne leur reste alors qu'à s'aligner ou disparaître.

    Une autre façon de procéder consiste à les sous financer de manière chronique, afin de quasi automatiquement "organiser" leur dysfonctionnement avant d'inciter la vox populi à réclamer leur privatisation. On peut également procéder à un "saucissonnage" de certains secteurs publics - cas de la SNCB ou encore récemment du secteur du gaz et de l'électricité [1] afin de les privatiser pour partie. Le plus souvent, les parties privatisées sont évidemment les plus rentables.

    On constate également une privatisation larvée de nombre d'organismes publics ou partiellement publics. Par exemple, si La Poste belge est encore publique pour 50 pc + 1 action, sa gestion, confiée à un ancien dirigeant du trust financier acquéreur, et auquel un salaire de près d'un million d'euros annuels est alloué, a pour sa part clairement quitté la sphère du service rendu à la population. La Poste a aujourd'hui opté pour une stratégie de business marketing. Les fermetures de bureaux se succèdent, on les remplace - au mieux - par des franchisés, le nombre de boîtes aux lettres publiques diminue, les agents statutaires sont remplacés par des intérimaires, les conditions de travail se dégradent, le prix des timbres augmente,...

    Actuellement, les représentants de la "puissance publique" aiment vanter les mérites des partenariats public-privé. Pourtant, ceux-ci consistent souvent en un financement détourné d'acteurs privés. Un exemple marquant est celui des "titres services". L'usager paie 6,2 euros par titre, la Région 13 euros et le travailleur touche 10 euros. La différence finance une entreprise d'intérim privée à qui l'on confie la gestion de ces emplois de service. Pourquoi ne pas directement créer de l'emploi public ?

    Les services publics devraient être considérés comme des biens publics, des biens appartenant à la collectivité, au patrimoine commun des peuples [2]. On constatera à regret que le nouveau Traité de Lisbonne, copie conforme du projet de Constitution européenne (pourtant majoritairement rejeté en 2005 par les populations en France et aux Pays-Bas), ne reconnaît même pas cette notion de service public.

    Il nous semble donc vital et urgent de définir une série de secteurs et de services qui doivent être gérés par la puissance publique. Parmi ceux-ci (liste non exhaustive) : le transport (et les infrastructures), l'énergie (gaz, électricité), l'enseignement, les soins de santé et les services aux personnes, le logement social, la poste, les télécommunications, ou encore un média public (télévision et radio) à financement public (et donc exempt de publicité). Les fonctions régaliennes de l'Etat doivent elles aussi être maintenues hors de toute logique de marché. On voit par exemple aux Etats-Unis les conséquences désastreuses de la privatisation des établissements pénitenciers.

    Au-delà des services publics, il nous semble également indispensable de revendiquer la primauté de l'action publique dans d'autres secteurs que celui des services, comme par exemple celui de la culture, ou l'industrie du médicament, l'agriculture, les ressources naturelles (eau, matières premières, forêts,...), etc.

    Le bâton capitaliste, l'épée de Damoclès sociale, la précarisation structurellement organisée que le monde privé fait en permanence peser sur les citoyens et les travailleurs ne nous semblent pas dignes d'une société solidaire, émancipatrice, véritablement démocratique. On ne bâtit pas dans l'exploitation. C'est pour cela que nous défendons également des services publics charpentés autour d'agents statutaires, qui peuvent compter sur une certaine indépendance par rapport à leur employeur.

    Cela ne nous empêche pas de rester critiques sur la façon dont les services publics fonctionnent parfois. Il est important d'aller vers moins de bureaucratisme, moins de centralisation, moins de politisation dans leur fonctionnement. En particulier, nous prônons une refonte complète du mode actuel de recrutement, par trop tributaire du rapport de force politique.

    Un autre enjeu important qui nous semble devoir être pris à bras-le-corps par les progressistes européens est celui du développement d'initiatives industrielles publiques et de services publics européens. Par exemple, le ferroutage qui, étant donné la raréfaction du pétrole et l'urgence de réduire drastiquement la pollution provoquée par le transport routier, sera amené à jouer un rôle important dans le transport dans les années à venir, devrait s'inscrire dans une relance de l'initiative publique au niveau de l'Europe.

    La libéralisation n'est que la liberté du plus fort. Préférons-lui la liberté de pouvoir compter sur des services publics qui nous rendent tous plus forts.

    Signataires pour le Ressort : Minervina Bayon, Yannick Bovy, Didier Brissa, Julien Dohet, Pierre Eyben, secrétaire fédéral du PC liégeois, Christian Jonet, Michel Recloux, Olivier Starquit.

    Extrait de la Libre Belgique


    Les 10 hommes les plus riches du monde en  2007

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    (Easybourse.com) Selon le classement annuel (de juin 2006 à juin 2007) du magazine américain Forbes, les 10 personnalités les plus fortunées au monde pèsent ensemble quelque 350 milliards de dollars. Sans surprises, le PDG de Microsoft, Bill Gates, arrive en tête du palmarès avec 56 milliards de dollars de réserves personnelles, suivi de Warren Buffet avec 52 milliards de dollars et Carlos Slim Helú, avec 49 milliards de dollars…

    Le magazine Forbes recense les milliardaires du monde entier à l'exception des têtes couronnées sinon dans le cas où leur fortune est privée. Selon le classement publié le 8 mars 2007, les milliardaires sont 946, grâce à l'entrée de 153 nouveaux membres. Au total, le montant des 20 plus grandes fortunes du monde est de 3 500 milliards de dollars, en progression de 35% par rapport à 2006.

    Quant aux nouveaux entrants dans le top 20, on notera la présence de David Thomson, héritier de Thomson Corporation, Stefan Persson, héritier de la marque H&M, ainsi que Mukesh et Anil Ambani, héritiers des industries Reliance.

    1 - William Gates (USA, 51 ans) : 56 milliards de dollars
    Pour la treizième année consécutive, le PDG de Microsoft s’est vu décerné le titre d'homme le plus riche du monde avec à son actif 56 milliards de dollars, soit une hausse de 10% par rapport à 2006.

    2 - Warren Buffett (USA, 76 ans) : 52 milliards de dollars
    Homme d'affaires et investisseur américain, il fut surnommé «l'oracle d'Omaha», et a engrangé une fortune considérable grâce à ses investissements réalisés à travers sa compagnie, Berkshire Hathaway, dont il conserve 38% du capital. Il vient d’entamer l’acquisition de Marmon Holdings, un conglomérat détenu par les Pritzker, une très riche famille de Chicago.

    3 - Carlos Slim Helu (Mexique, 67 ans) : 49 milliards de dollars
    Cet homme d'affaires mexicain, en réalité d'origines libanaise et mexicaine, serait l'homme le plus riche du monde, avec ses 59 milliards de dollars de patrimoine en juillet 2007. Ses entreprises, dont  Telmex ou Grupo Carso, génèrent 5% du PIB mexicain et pèsent 40% de la capitalisation de la bourse de Mexico.

    4 - Ingvar Kamprad (Suède, 80 ans) : 33 milliards de dollars
    Entrepreneur d’origine suédoise, il a réalisé sa fortune en créant la célèbre chaîne de magasins Ikea. En 2006, il est passé de la 10e à la 4e place du classement des hommes les plus riches de la planète.

    5 - Lakshmi Mittal (Inde, 56 ans) : 32 milliards de dollars
    Milliardaire indien, Lakshmi Mittal a fait fortune grâce à l'industrie sidérurgique. Fondateur et actionnaire majoritaire de la Mittal Steel Company NV, principal producteur d'acier au monde, il en est l’actuel président. Spécialisé dans la reprise d'usines au bord de la faillite (comme en Roumanie ou à Chicago), Lakshmi Mittal est considéré comme l’homme le plus riche d’Angleterre.

    6 - Sheldon Adelson (USA, 73 ans) 26 milliards de dollars
    Milliardaire américain, Sheldon Adelson est également promoteur immobilier et propriétaire de plusieurs casinos. En 2007, il fit une offre infructueuse pour devenir le propriétaire d'un des principaux journaux israéliens, Maariv.

    7 - Bernard Arnault (France, 58 ans) : 26 milliards de dollars
    Industriel et propriétaire d'une entreprise de travaux publics, Ferret-Savinel, Bernard Arnault détient en 2007, un patrimoine personnel de 26 milliards de dollars à travers un montage de holdings : Montaigne Finance contrôle la financière Agache, qui contrôle Christian Dior, qui possède la Financière Jean Goujon, qui détient un peu plus de 42% de LVMH dont il devient actionnaire majoritaire en 1989. Il conduira d’ailleurs la société à devenir le premier groupe de luxe au monde devant le suisse Richemont. Récemment, Bernard Arnault a fait l’acquisition du quotidien économique Les Echos, cédant pour cela son concurrent La Tribune.

    8 - Amancio Ortega (Espagne, 71 ans) : 24 milliards de dollars
    Homme d'affaires espagnol, il est le fondateur de la marque de vêtements et de magasins Zara. Il s'est aujourd'hui également diversifié dans l'hôtellerie, l'électricité, etc.

    9 - Li Ka-shing (Hong Kong, 78 ans) : 23 milliards de dollars
    L'homme d'affaire hongkongais possède une firme constituée de filiales réparties dans quarante pays différents. Concentrés principalement sur les deux conglomérats Hutchison Whampoa et Cheung Kong, ses avoirs représentent 11,5% de la bourse de Hong Kong. Grâce à sa fortune construite dans l'immobilier, Li Ka-shing est également à la tête du groupe Watson, numéro un mondial de la gestion de ports.

    10 - David Thomson (Canada, 49 ans) : 22 milliards de dollars
    Sa fortune, il la doit à son père, Kenneth Thomson qui, héritier de la société Thomson, développa l’entreprise familiale pour en faire une des multinationales canadiennes les plus importantes en matière d'édition professionnelle. David Thomson a succédé à son père à la tête de Thomson Corp. en 2002. Quant à la famille Thomson, elle détient toujours 70% de l'entreprise via le holding The Woodbridge Company Limited, société d'investissement chargée de gérer les intérêts des Thomson.

    N.S.


    Environnement

    Salon de l’auto et défense de l’environnement

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    Revoici le salon de l’auto qui ouvre ses portes. Avant même qu’il ne débute, cet événement médiatique majeur est relayé avec force par l’ensemble des médias du pays. Chaque année également, le salon se choisit un thème. Celui de cette année est martelé avec force : l’environnement.

    L’écologie est de plus en plus médiatisée et en particulier la problématique environnementale et le réchauffement climatique. On sait dorénavant que le transport, camion et voiture tout particulièrement, joue un rôle croissant dans les émissions de CO2.

    Le salon de l’auto, institution nationale, se devait de réagir. Ses organisateurs ont donc choisi comme thème en 2008, l’environnement.

    A côté des nombreux modèles qui représentent le secteur automobile et de la moto, une attention toute particulière sera portée au thème de l’environnement. Au Salon, venez découvrir les dernières technologies, essayer un véhicule alimenté par un carburant alternatif et apprenez à rouler e-positif. (Extrait du site du salon)

    C’est pourquoi, à l’occasion du salon 2008, vous pourrez découvrir et acquérir :
     
    Le Isuzu D-Max qui selon disponibles sur le site du constructeur, est disponible dans un choix de puissants moteurs Diesel de 2,5 litres (136 chevaux et 280 Nm) et de 3,0 litres VGS Turbo « common-rail ».
     
    Le Mitsubishi New Pajero 3.2 litres DI-D avec ses suspensions à doubles bras triangulés et ressorts hélicoïdaux avec barre antiroulis
     
    Le Ford ranger Thunder 4x4 de 3052kg avec air conditionné
     
    La Lamborghini Murciélago LP640, ses 32.3 l/100km de consommation urbaine et 495g CO2/km ou si vous ne souhaitez vous déplacer qu’à 314km/h simplement la Lamborghini Gallardo Spyder qui émet à peine 400g CO2/km
     
    Le nouveau Range Rover plus puissant et plus luxueux en motorisation essence 4.2 litres Supercharged V8 (396 ch) ou si le cœur vous en dit avec le bloc V8 Diesel Bi-Turbo, qui est le véhicule « du raffinement suprême réservé aux amateurs de perfection » d’après son constructeur Land Rover.

    Et bien évidemment mes deux préférés :

    Le nouveau Hummer H2 2008 et son V8 de 6,2 litres qui progresse en puissance de 20% par rapport au modèle antérieur pour délivrer 393 chevaux.
     
    La Porsche Cayenne Turbo, 3 080 kg pour 500ch et 275 km/h de vitesse de pointe catalogue qui émet 358g CO2/km (uniquement en condition test bien évidemment)

    La liste est sans fin et je vous invite à me faire part de vos meilleures découvertes sur le site du salon

    Le battage médiatique actuel me rend malade. L’attitude complaisante de notre télévision de service (dit) public me rend malade. J’ai pondu il y a quelques semaines un texte intitulé « La voiture écologique arrive à plein gaz » que je ne peux que vous inviter lire s’il ce n’est déjà fait et à diffuser. C’est une maigre pastille de phosphore face à la déflagration publicitaire qui s’abat sur nous et ne nous lâchera plus pendant plusieurs semaines. Entre le décompte régulier du nombre de visiteurs, l’inforoute sur le ring encombré à mort (c’est de bonne guerre), les multiples reportages sur les « nouveautés » du salon, les émissions spéciales avec moult interviews d’hôtesses charmantes et de vendeurs costard cravate, rien ne nous sera épargné c’est une certitude.

    Mais le plus pénible dans cette déflagration sera l’abominable et répétitive usurpation des termes "écologie" et "environnement". Il en ira un peu partout comme sur le site du constructeur Mistubishi qui en dessous de la promo pour son New Pajero (émissions de CO2 entre 244 et 324 g/km) nous balance sans rire, deux points ouvrez les guillemets : « IL EST DE NOTRE DEVOIR DE PROTÉGER L’ENVIRONNEMENT ».

    Et s’il était du devoir de nos élus de mettre fin à ce trucage cynique ? Ainsi que le relève Pierre Ozer [1], les grands constructeurs poussent massivement, via un ciblage publicitaire clair et non proportionnel aux ventes, à l’achat de leurs modèles les plus polluants. Ce n’est pas un hasard, ceux-ci sont également les plus chers.

    Tous aux abris !

    Pierre Eyben


    OGM, enfin un commissaire européen courageux.

    OGM-J%5C'en-veux-pas-!

    Fin octobre, le Commissaire européen à l'Environnement, Stavros Dimas, s'est courageusement opposé aux grandes compagnies de l'agrobusiness en proposant l'interdiction de la culture de deux maïs OGM (le Bt11 et le 1507) développés par les firmes Syngenta et Pioneer/Dow.
         
    Des scientifiques ont en effet démontré que la culture de ces OGM censés combattre des insectes nuisibles au maïs pouvait provoquer des conséquences graves, notamment sur des insectes non nuisibles du maïs, comme le papillon monarque ou sur des "organismes non ciblés" comme des oiseaux. Récemment, il a également été prouvé que les écosystèmes aquatiques pouvaient aussi être affectés.
          
    Si la proposition de Dimas était adoptée, il s'agirait d'un véritable tournant. Très favorable aux OGM, la Commission a jusqu'à présent toujours donné son feu vert aux demandes d'autorisation d'OGM Et les autres Commissaires européens, par peur de froisser les puissants intérêts pro-OGM, notamment américains, risquent de s'opposer à l'initiative courageuse de Stavros Dimas. Mais celui-ci vient de confirmer publiquement sa position. « Le risque est trop élevé pour l'environnement selon plusieurs études scientifiques récentes, a indiqué M. Dimas à Bruxelles le 22 novembre. J'envisage de donner un avis négatif pour la demande d'autorisation. »

    Il faut absolument soutenir la position prise par Stravros Dimas, qui, si elle est adoptée par la Commission européenne, sera le premier rejet d'OGM dans l'histoire de la Commission européenne et représentera un pas décisif pour une Europe sans OGM. Une mobilisation massive est nécessaire pour cette opportunité historique !

    Cap sur les 100 000 signatures

    Le plus grand nombre possible d'Européens doivent interpeller la  Commission européenne pour que la santé publique et l'environnement priment sur les intérêts de quelques multinationales et que les maïs Bt11 et 1507 ne soient pas autorisés.

    Signez et faites signer la pétition à destination de Manuel Barroso, Président de la Commission européenne, et aux Commissaires Dimas, Kyprianou (consommateurs), Fischer-Boel (agriculture) et Barrot (transports). Plus de 75 000 européens l'ont déjà signée en quelques semaines, dont 10 000 en France... La pétition française s'adresse également à Jacques Barrot, Commissaire européen aux transports, car il votera également sur la proposition de Stravros Dimas et doit tenir compte de l'avis des citoyens français et de la nouvelle ligne politique française sur les OGM à l'issue du Grenelle de l'environnement.

    Signez la pétition  http://write-a-letter.greenpeace.org/332

    Pour saisir cette opportunité historique, faites circuler cette pétition dans tous vos réseaux...



    André Antoine met Inter-Environnement au tapis

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    Inter-Environnement Wallonie (IEW), c’est une fédération qui regroupe 150 associations actives dans la défense de l’environnement en Wallonie.

    Inter-Environnement Wallonie, c’est une expertise irremplaçable sur des questions comme l’aménagement du territoire, la mobilité, l’énergie, la pollution de l’air, de l’eau et des sols, etc. Inter-Environnement Wallonie, c’est, depuis 30 ans, le principal « lobby » — si l’on peut dire — environnemental en Wallonie. Inter-Environnement Wallonie, c’est une vingtaine de salariés qui travaillent avec acharnement pour défendre des enjeux essentiels pour notre avenir face à une horde de promoteurs immobiliers, constructeurs  automobiles, industriels pétrochimiques et autres pollueurs invétérés — généralement indifférents à l’environnement mais disposant d’une force de frappe démesurée par rapport à celle des défenseurs des biens communs.

     Bref, Inter-Environnement Wallonie, c’est le genre de structure que, à l’heure où les défis environnementaux sont tellement urgents, n’importe quel responsable politique doté d’un brin de sens des responsabilités (vous savez, ce truc qui incite à faire des actions utiles à la collectivité mais dont on ne tire pas nécessairement un bénéfice politique immédiat) devrait avoir à coeur de soutenir. Tel n’est pas le cas du ministre André Antoine qui vient de décider de couper une partie significative des vivres à IEW, ainsi qu’on l’a appris cette semaine.

    Il faut dire que le sieur Antoine est familier des petites crapuleries par derrière, du double discours avec un grand sourire et du dégommage d’associations dérangeantes. Le parti « humanite » — le cdH —, dont est membre M. Antoine, tient généralement un discours très favorable à l’environnement. Sa pratique toutefois diverge de façon étonnante avec ses mots. Les exemples abondent. À commencer par l’implantation forcenée de zonings industriels ou de lotissements immobiliers dans des zones rurales éloignées de tout moyen de transports en commun — à commencer par Perwez, le village dont M. Antoine est bourgmestre —, garanties certaines de « notre » dépendance totale à la bagnole reine |1|.
    Notez qu’Antoine n’en est pas à son coup d’essai en matière d’étêtage d’associations dérangeantes. L’année dernière, il avait ni plus ni moins sucré les subventions du Gracq, obligeant la principale association cycliste francophone à licencier la plus grande partie de son personnel wallon.

    Ceci pose une fois de plus la question de l’indépendance des associations critiques. Le subventionnement public — faute de garanties dans la manière dont il est délivré — s’apparente de façon évidente à une laisse dorée — les politiciens l’utilisant sans vergogne pour contrôler cette soi-disant « société civile ». Si les citoyens veulent que des voix libres continuent à s’élever — ce qui est une condition sine qua non de l’existence de processus démocratiques et puis aussi sans doute de la survie de l’humanité face au défi environnemental —, il faut qu’il mettent la main au portefeuille : en versant des cotisations à des associations comme IEW, en achetant des journaux indépendants, en versant des dons pour soutenir. Cette culture de l’indépendance est très faible en Europe — alors qu’elle est beaucoup plus forte aux Etats-Unis, par exemple, pour le pire ou le meilleur. C’est la recette de Greenpeace. Force est de constater que ça a des conséquences très dommageables. Pour un qui s’en prend ouvertement dans la gueule comme IEW aujourd’hui, combien en effet pour s’autocensurer au quotidien ?

  • NOUVELLES n° 119 ( 1 ère partie)

    A propos de la présidence slovène

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    Passage de relais entre les ministres des affaires étrangères portugais et slovènes.

    Pour cette première présidence d'un nouveau pays membre, la Slovénie hérite de ses prédécesseurs d'un certain nombre de dossiers plutôt ingrats. 

    Ainsi, concernant la ratification du traité de Lisbonne, est-elle tenue de s'assurer qu'aucun Etat membre, hormis l'Irlande, ne donne le "mauvais exemple" en organisant un référendum. Y compris dans les pays où des engagements avaient été pris en ce sens.  C'est en quelque sorte entrer à reculons dans l'ère du rapprochement entre les citoyens et les institutions de l'Union. Franchement vous méritiez de servir une plus noble ambition.

    Sur le plan social, la présidence aura tout d'abord la lourde tâche de débloquer deux projets de directives emblématiques: d'une part, sur le temps de travail et le tristement fameux "opt out"; de l'autre, sur le travail intérimaire et l'égalité de traitement des salariés.

    Elle n'échappera pas non plus à un débat de fond sur les suites à donner aux récents arrêts de la Cour dans les affaires Vaxholm-Laval et Viking Line, qui légitiment le dumping social.  Mon groupe a, d'ailleurs, demandé l'inscription à l'ordre du jour d'une prochaine session du Parlement d'un débat sur cette question.  En effet, est ainsi relancée toute la problématique de la directive Bolkestein et des dispositions du traité sur lesquelles elle est fondée.  En pleine ratification d'un nouveau texte reprenant l'intégralité de ces dispositions, cela fait plutôt désordre.

    Enfin, toujours sur le plan social, l'Europe est confrontée à l'exigence croissante d'une augmentation des salaires: en effet, "leur part dans la valeur ajoutée recule depuis des décennies.  Elle n'a même jamais été aussi faible", souligne la presse économique elle-même.  Or la BCE menace de remonter les taux si cette exigence, pourtant si légitime, était satisfaite.  Et ce -reconnaissent les experts - "bien que les profits n'aient jamais été aussi élevés".  Si nous ne mettons pas cette question à l'ordre du jour, elle s'y imposera d'elle - même, sous peu.

    Je rappelle que le document commun aux présidences allemande, portugaise et slovène souligne à son point 68 que celles-ci "s'efforceront en priorité de renforcer le modèle social européen, qui fait partie intégrante de la stratégie de Lisbonne".  Comme dit l'adage: "la preuve du pudding, c'est qu'on le mange".

    Un mot également à propos d'un autre sujet sensible: celui des migrants "en situation irrégulière".  A son stade actuel, le projet de "directive retour" mérite le qualificatif de "directive de la honte" que lui ont donné les organisations de défense des droits humains.  Son adoption en l'état éclairerait d'un jour cruel les belles intentions affichées par l'Union dans le cadre du "dialogue interculturel".

    Je conclus sur le problème du Kosovo.  Avant toute décision, ne serait-il pas justifié d'avoir quelques éclairages sur une triple question:

    D'abord, comment expliquer que 2 milliards d'euros d'aide de la communauté internationale y aient abouti, en l'espace de 7 ans, à l'inexistence d'un développement économique, à une pauvreté endémique, au chômage d'un habitant sur deux, à la prolifération de la corruption et des réseaux maffieux?

    Ensuite, comment expliquer que 17 000 soldats de l'OTAN se soient montrés incapables d'empêcher la destruction de dizaines d'édifices orthodoxes; l'enlèvement ou l'assassinat de centaines de citoyens kosovars de communautés minoritaires; et l'exil forcé de milliers d'autres?

    Enfin, en quoi la proclamation unilatérale de l'indépendance du Kosovo et le remplacement de la Minuk par l'Union européenne résoudront-ils ces problèmes vitaux tout en assurant la stabilité des Balkans?

    Je serais curieux d'entendre votre réponse.

    Déclaration Francis Wurtz, président du groupe GUE/NGL au Parlement européen


    Appel de Prague

    Déclaration finale du 2e Congrès du Parti de la gauche européenne

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    2 ème congrès du Parti de la Gauche Européenne, le PC y était représenté par Nicole Cahen, Maurice Magis, Pierre Eyben et Polo Marcus

     Les choix libéraux résultant des exigences du capitalisme mondialisé, financiarisé et militarisé conduisent à une régression sociale intolérable et mènent l’Europe à une impasse. Plus que jamais, il est temps de résister et d’ouvrir une perspective alternative.

    Nous, délégués de 29 partis de gauche de toute l’Europe membres du Parti de la gauche européenne, sommes réunis à son 2e Congrès pour affirmer notre pleine volonté de contribuer activement au sein de l’Union européenne, au-delà de ses frontières et dans chacun de ses États membres, à changer la politique européenne actuelle afin d’obtenir une Europe plus démocratique et plus juste, qui s’engage fermement en faveur de la création d’emplois  dignes, de la protection sociale, du développement écologique et de la lutte pour la paix dans le monde. Telle est la voie que nous suivrons dans la préparation des élections européennes de 2009, en recherchant une coopération encore plus étroite avec toutes les  forces intéressées par cette orientation démocratique, les forces de paix, les syndicats et les mouvements.

    Nous sommes la gauche qui lutte pour le plein-emploi, contre le chômage et la précarité.

    Les travailleurs européens savent à quel point leurs droits ont été dévalués, à quel point leurs emplois sont devenus moins sécurisés, à quel point l’âge est un handicap quand on se retrouve au chômage. Quant aux jeunes, ils savent à quel point il devient de plus en plus difficile de trouver un emploi à durée indéterminée. Et que le temps de travail exigé pour ces emplois s’allonge sans limite.

    Cette Europe se réclame dans tous ses textes de la cohésion sociale. Mais la précarité est la condition sociale réelle qui la caractérise. Avec la flexicurité, nous courons le risque d’une nouvelle supercherie.

    C’est sur cette toile de fond que les dirigeants actuels de l’Europe veulent répandre la flexicurité dans toute l’Europe. Ce qui leur importe n’est pas une amélioration de la sécurité de l’emploi, mais le démantèlement des conventions collectives et l’abaissement des protections légales contre les licenciements abusifs.
     
     Nous sommes la gauche qui a lutté et continuera de lutter contre la directive Bolkestein, la privatisation des services publics et des biens communs, à commencer par l’eau et l’énergie.

    Notre premier appel à l’action s’adresse aux salariés et à leurs organisations : unis, nous mettrons en échec la tentative de généraliser la précarisation du travail et la flexicurité. Au nom d’une Europe qui n’abandonne pas les droits sociaux. Au nom du droit de chacune et de chacun de planifier sa vie dans la sécurité.
     
    Nous sommes la gauche qui prend au sérieux le changement climatique et appelle à une action d’urgence.
     
    Les écologistes et les scientifiques ont prêché dans le désert pendant des années. Leur voix est enfin entendue. Il est maintenant avéré que le réchauffement de la planète est lié au mode de production et de consommation de l’humanité. Le mode de production capitaliste aggrave encore ce phénomène. La réduction radicale au plan planétaire des émissions de gaz à effet de serre est devenue une question de survie.

    La Gauche européenne soutient toutes les décisions qui fixent des objectifs impératifs pour arrêter et inverser le réchauffement de la planète. Nous nous associons à l’exigence d’un cadre d’action post-Kyoto à l’échelle planétaire, qui impose aux États des objectifs ambitieux et les pénalise en cas de non-exécution. Mais nous savons que ce problème a pris une ampleur démesurée aujourd’hui uniquement parce que la politique a démissionné et a laissé au marché le soin de trouver une solution. Le combat contre le changement climatique concerne non seulement la dépendance économique à l’égard des combustibles fossiles ou la réduction de la consommation d’énergie, mais essentiellement le modèle de civilisation et de consommation de nos pays et nos villes.
     
    Notre deuxième appel à l’action s’adresse à ceux qui comprennent que le changement climatique a créé un état d’urgence pour la civilisation. Notre Europe est une Europe où les autorités publiques s’impliquent dans un développement écologiquement durable. Notre Europe est une Europe des énergies renouvelables, qui défend la nature et les ressources naturelles, de villes harmonieuses qui investissent dans des transports publics non polluants. Une Europe ayant une économie et une agriculture écologiques, au profit des producteurs et des consommateurs et en solidarité avec tous les peuples de notre  planète !
     
    Nous sommes la gauche qui agit contre la guerre, pour la paix et le désarmement.
     
    Les interventions en Afghanistan et en Irak ont été faites au nom de la démocratie et des droits de l’homme, mais elles n’ont apporté que la mort, la souffrance et de nouveaux conflits. Il est temps d'en finir avec les occupations si nous voulons arrêter la spirale de la guerre et du terrorisme. Il est temps d’agir pour la paix et pour le droit des peuples, en particulier au Moyen-Orient.

    Il y a des gens à Washington qui préparent une autre guerre, cette fois-ci contre l’Iran. Les gouvernements européens doivent refuser la logique de guerre. Seule la dénucléarisation du Moyen-Orient empêchera de nouvelles aventures militaires.

    Le conflit autour du programme nucléaire iranien peut et doit être réglé par des négociations, dans le respect des lois internationales. Les discours menaçants doivent être abandonnés. La paix doit être la politique officielle de l’Union européenne, dans le monde comme sur notre continent. Le système antimissile que Washington veut installer en République tchèque et en Pologne est un certificat de mise sous tutelle de l’Europe et une provocation vis-à-vis de la Russie. Les Européens savent ce qu’a été la guerre froide et ne veulent pas qu’elle recommence.
     
    Notre troisième appel à l’action s’adresse à tous les Européens ! Nous devons nous préoccuper d’avoir un monde plus pacifique et plus juste. C’est la raison pour laquelle nous voulons une Europe qui refuse la course aux armements, qui s’efforce de parvenir, en prenant toutes ses responsabilités, à un désarmement et à une reconversion véritables. C’est une Europe politiquement autonome par rapport aux États-Unis, contribuant à en finir avec la conception des blocs politico-militaires et à abolir ceux qui perdurent; une Europe sans bases militaires étrangères à l’intérieur de ses frontières.
     
    Nous sommes la gauche qui a confiance dans les décisions des peuples.
     
    Les  gouvernements européens ont présenté le nouveau traité de l’Union européenne adopté à Lisbonne comme étant une « victoire de l’Europe ». C'est malheureusement faux. Le traité de Lisbonne remplace le traité de Nice et, sur les questions essentielles, répète la même chose que ce qui a été rejeté par les peuples français et néerlandais. Le texte réaffirme le principe de la concurrence libre et non faussée et les politiques principales de l’ex-traité constitutionnel européen, que les institutions s politiques, financières et monétaires de l’Union européenne doivent appliquer. Les conséquences en sont la précarité du travail et de la vie, les attaques contre les salaires, la protection sociale et les services publics.

    La nouveauté est que, cette fois, les gouvernements veulent exclure totalement les peuples de la décision. La Gauche européenne dit non au nouveau traité. Et nous appelons toutes celles et tous ceux qui vivent dans l’Union européenne à prendre connaissance du contenu de ce nouveau traité.

    La Gauche européenne ne sacrifie pas la démocratie sous prétexte de difficultés. Tout au contraire, nous savons que les problèmes de l’Europe ne peuvent être surmontés qu’avec davantage de démocratie. Si  le fossé entre les élites et les citoyens continue de s’approfondir, l’Europe échouera.

    Notre quatrième appel à l’action s’adresse aux peuples de l’Union européenne : nous rejetons le traité de Lisbonne et nous sommes partisans de référendums ouvrant le débat populaire sur l’avenir du projet européen. 
     
    Nous avons un projet pour l’Europe.
     
    Nous savons qu’aucun changement de gouvernement n’apporte par lui-même un changement de la politique actuelle. De nouveaux horizons de justice exigent que la volonté de changement s'empare des politiques que l’Union européenne a imposées à nos pays.

    Nous voulons changer l’Europe.
     
    Notre Europe est une Europe qui garantit plus de démocratie aux Européens, le plein-emploi et la protection sociale aux salariés ; qui lutte contre le racisme et donne les mêmes droits aux immigrants, l'égalité des chances ainsi que la fin des discriminations contre les femmes, les gays et les lesbiennes.

    Notre Europe apporte la solidarité aux régions et respecte la diversité des langues et des cultures, elle épouse la cause de l’universalisme et rejette l’uniformité. C’est une Europe des libertés, qu’aucune politique menée au nom de la guerre antiterroriste ne peut restreindre.
     
    Cette Europe s’engage totalement pour la paix, pour le combat contre le changement climatique, apporte sa solidarité aux pays plus pauvres et se déclare pour la mondialisation des droits humains, sociaux et environnementaux. Cette Europe a besoin d’une coopération à l’échelle de toute l’Europe et d’un nouveau système de sécurité paneuropéen et non pas de l’extension de l’OTAN, qui devrait être abolie.
     
    Ça vaut la peine de se battre et de réinventer l’espoir.
     
    Le Parti de la gauche européenne est un réseau de partis, d’hommes et de femmes qui affrontent les difficultés d’aujourd’hui en regardant vers l’avenir. Ensemble, nos partis vont développer des initiatives autour de ces quatre appels à l’action, selon le calendrier et les priorités de chacun. Nous invitons d’autres militants à participer à ces campagnes. Nous avons de la mémoire et nous apprenons du passé. Nous renouvelons notre culture commune. Nous assumons la diversité comme un atout et non comme un problème. Et nous transcendons les frontières parce que c’est la condition d’une gauche nouvelle, prête à affronter les défis de notre époque.
     
    Prague, le 25 novembre 2007.


    Blair, le socialiste qui ouvre la voie
    Par Pierre Eyben
    tony_blair_war_criminal

    Tony Blair, ex-leader travailliste et membre éminent de l’Internationale - socialiste est un acteur symptomatique de l’évolution détestable de la social-démocratie.

    Après avoir pendant 10 ans foulé au pied à peu près toutes les valeurs de gauche (privatisation des services publics par l’entremise des scandaleux partenariats privé-public, accroissement choquant des inégalités, privatisation des retraites, un mode de gouvernement autoritaire qui a dépolitisé et découragé la population, généralisation des emplois jetables mal rémunérés, camouflage de millions de chômeurs de longue durée en "invalides", non remise en cause des lois anti-syndicales des conservateurs,...), après avoir affiché un soutien indéfectible aux faucons mondiaux (qui à l’image de Bush ont le plus souvent tout de vrais cons), après s’être fait héberger à l’œil par des amis milliardaires du show-biz et des médias dans quelque villégiature de rêve, il continue son "oeuvre".

     Il y a tout d’abord son récent rôle de conseiller à temps partiel pour la banque américaine JP Morgan, alors même qu’il demeure représentant du Quartet pour le
    Proche-Orient. Un partenariat public-privé en somme. Selon un cabinet de recrutement new-yorkais cité jeudi par le Financial Times, son rôle chez JP Morgan lui vaudra sans doute une rémunération de plus d’un million de dollars par an. Et l’ami Tony a lui-même confié au même journal qu’il comptait prochainement accepter "une petite poignée" de postes similaires de la part de différentes entreprises dans des secteurs variés. Pas de problèmes de fin de  mois en perspective donc !
    Autre symbole que l’on ne peut passer sous silence, ses "amitiés", qu’il affiche aujourd’hui encore plus clairement. En campagne présidentielle, Ségolène Royal n’hésitait pas à déclarer que "Blair a rénové et sauvé les services publics britanniques et son dynamisme politique est un exemple à suivre". Pas franchement, pressé de lui rendre la pareille,

    Tony était ce week-end à l’UMP avec son copain Nicolas. Les 2.000 cadres de l’UMP réunis au Palais des Sports pour lancer la campagne des élections municipales françaises des 9 et 16 mars ne s’y sont pas trompés, ils ont applaudi debout l’ancien Premier ministre travailliste britannique, invité à s’exprimer (prêcher ?) sur le thème de la réforme en Europe.
    A ce jour, l’Internationale socialiste ne semble pas juger utile de réagir. Tony et le Labour demeurent apparemment dans la ligne. Mais au fond, quelle ligne ?



    A l’aéroport de Charleroi, aussi…….

    bsca

    Il n'y a pas qu'à l'aéroport de Zaventem que les services de police et l'Office des Etrangers sévissent contre les étrangers. A nouveau des traitements dégradants et inhumains ont été utilisés et cette fois contre des personnes très âgées à l'aéroport de Gosselies de Charleroi, SCANDALEUX.
     
    Le numéro de permanence de la CRER n'a pas arrêté de sonner dans la nuit de samedi à dimanche. Au bout du fil la famille de Mr Touil Hamed et Mme Baiz Fatna. Monsieur et Madame sont d'origine Marocaine et vivent en Belgique depuis 2003, ils ont bénéficié d'une carte de séjour "Jaune" renouvelable tous les 5 ans.
     
    Monsieur Touil et Mme Fatna sont très âgés, dans un état de santé fragile et nécessitant des soins de santé réguliers.
     
    Ce samedi à 11h30 ils rentrent d'un voyage au pays, leur famille les attend à l'aéroport de Gosselies mais ils ne sortiront jamais de la zone de transit. Au contraire, ils seront arrêtés et enfermés dans une cellule du commissariat de l'aéroport. L'Office des étrangers prétextant un temps d'absence trop long hors du territoire belge rendant caduque leur carte jaune.
    S'ils n'ont plus de carte jaune pourquoi n'ont-ils pas pu bénéficier de l'accès au territoire et des trois mois réservés aux touristes?
     
    Vu la fragilité de Mr Touil les policiers ont dû utiliser une chaise roulante pour le déplacer. Ils ont refusé que la famille puisse les voir et ce n'est qu'en début de soirée que les policiers ont permis au fils de Mr Touil d'entrer. Celui-ci a remarqué l'état de fragilité avancé de son père et la fatigue de sa mère et, ne voulant pas les laisser seuls car craignant des conséquences plus graves suite à cette situation difficile, il demande à passer la nuit avec eux ce que la police va lui refuser.  Mr Touil (Jr) a eu l'occasion de donner à sa mère une carte téléphonique pour qu'elle puisse l'appeler en cas d'urgence. Pendant la nuit Mme Fatna appelle son fils pour lui dire que son père est malade. Mr Touil (Jr) part alors pour l'aéroport où il arrive à convaincre les policiers pour aller dans la cellule où ses parents sont enfermés. Il constate alors que son père a de la fièvre, qu'il a vomi et qu'il ne va pas bien du tout. Il demande aux policiers d'appeler une ambulance, les policiers vont également refuser cette nouvelle demande. Mr Touil (Jr) va lui-même téléphoner aux ambulanciers pour qu'ils interviennent, ceux-ci vont également refuser car ils n'ont pas l'autorisation des policiers.
     
    Mr Touil et Mme Fatna vont passer la nuit enfermés dans une cellule comme des criminels sans aucune considération pour leurs âges avancés. Ils n'auront pas les soins adaptés à leur état de santé fragile: Mr Touil a même dû passer toute la nuit avec ses vêtements souillés de vomi !!
     
    Le dimanche matin les policiers appellent Mr Touil (Jr) pour lui dire que ses parents seront expulsés vers le Maroc à 11h.
    Celui-ci n'arrive pas à comprendre cette situation surréaliste et absurde, il ne veut plus qu'on traite "encore" ses parents comme des moins que rien. Il s'énerve au téléphone et part à l'aéroport avec la claire intention de libérer ses parents. Le commissaire de police de l'aéroport devra intervenir, cette situation calmera les choses et arrêtera les menaces d'expulsion contre les parents.
     
    Entre-temps nos différents appels au secours ont alerté les médias. des interviews seront faites sur la RTBF et le réseau associatif de Charleroi sera mis en place pour porter conseil et soutien à la famille.
     
    Grâce à nos réactions et aux interventions rapides des avocats Mr Touil et Mme Baiz Fatna ont pu être libérés ce dimanche soir. Nous saluons le courage des membres de la famille Touil pour avoir gardé la dignité nécessaire pendant tout le temps où leurs parents étaient enfermés et traités comme des criminels !

     
    CRER - Coordination contre les Rafles, les Expulsions et pour la Régularisation
    Janvier 2008

  • Nouvelles n° 118 (3 ème partie)

    Histoire

    L’art du mensonge par omission.


    Les révisions de l’histoire de la deuxième guerre mondiale telles qu’elles se pratiquent en Ukraine….et en France.

    fascistes-ukrainiens

    Fascistes ukrainiens de L'OUN

    Les révisions de l’Histoire de la deuxième guerre mondiale et du rôle joué par les nationalistes ouest ukrainiens (ou baltes) lors de l’invasion et de l’occupation nazie continuent de battre leur plein en Ukraine – du moins dans les milieux « oranges », spécialement proches du président Iouchtchenko, et dans les organisations ultranationalistes et néonazies. A la mi-octobre ont été célébrés en Ukraine les 65 ans de la création de l’armée nationaliste UPA que commandait Roman Choukhevitch, ex-chef de la Wehrmacht et de la SS.  Il ne faut cependant pas croire que la réhabilitation de l’Organisation des Nationalistes Ukrainiens (OUN) alliée de l’Allemagne nazie - puis plus ou moins brouillée avec elle- prend nécessairement la forme d’une exaltation du nationalisme profasciste des années 30-40 ou de l’héritage nazi. Seuls les groupes ultras entretiennent cette façon de voir. Mais les nationalistes soucieux de leur image dans l’Ukraine et face à l’Occident actuels, de même que leurs alliés au sommet de l’état et chez nous présentent une version de cette Histoire très « arrangée » : il s’agissait de nationalistes, sans plus, d’une « résistance ukrainienne », patriotique, éventuellement qualifiée d’ « anti-nazie » en même temps qu’ « anti-soviétique ». Le rôle de l’OUN, et de son excroissance l’UPA (Armée d’Insurrection Ukrainienne) convient donc parfaitement à la vision dans l’air du temps d’un « affrontement des deux totalitarismes ». D’où les sympathies ou le souci de « compréhension » que le révisionnisme nationaliste ukrainien (ou balte) soulève en Occident, y compris au sein, de la « gauche antitotalitaire » qui ne supporte plus que l’on parle du rôle de l’URSS et de l’Armée Rouge dans la libération du nazisme.

    Ainsi, les « réhabilitations de l’OUN » sont-elles accomplies, à la condition d’observer un certain nombre d’omissions ou de tabous « opportuns » pour
    rendre présentable la marchandise.

    Voici une série de petits « trucs » indispensables : 

    1. Ne pas évoquer l’idéologie (nationalisme intégral, fascisme) de l’OUN formée en 1929 (ou de l’UVO créée avant elle en 1922). Ses affinités et ses liens avec Hitler, Mussolini, Salazar, Horthy et autres fascistes des années 30. Révéler cette filiation idéologique serait en effet juter une lumière crue sur les « réhabilitations » (et les amitiés) que cultivent l’actuel président Iouchtchenko et son épouse, ex-militante de l’OUN et…collaboratrice de Ronald Reagan.

    2. Ne pas évoquer les liens étroits de l’OUN avec l’Allemagne nazie, et spécialement Alfred Rosenberg et l’Abwher. Ou ne les évoquer qu’en mettant en relief les désaccords entre Berlin et l’OUN, bien réels, mais qui n’entamaient en rien leur alliance fondamentale. Il arrive par exemple qu’on dise que le pacte germano-soviétique de 1939, entraînant l’absorption par l’URSS des territoires ukrainiens occidentaux (polonais) aurait consacré « la rupture » entre l’OUN et Berlin. Or, c’est précisément à l’époque de ce pacte (1939-41) que l’OUN se cherche une place dans les organes de collaboration et dans l’invasion de l’URSS qui se prépare – les gens de l’OUN ne l’ignorent pas.

    3. Ne pas signaler les bataillons ukrainiens « Nachtigall » et « Roland » formés par l’OUN-Bandera pour l’invasion de l’URSS en juin 1941, ou les évoquer sans mentionner leur appartenance à la Wehrmacht, comme s’il s’agissait d’unités ukrainiennes indépendantes.

    4. Ne pas évoquer les massacres de 1941 dont les bataillons de l’OUN et la polizei (Schutzmannschaften) furent, selon quantité de témoignages et documents, les initiateurs avec les Einzatsgruppen SS nazis.

    5. Ne pas préciser que le glorieux « résistant » Roman Choukhevitch ainsi qu’on le présente aujourd’hui à Kiev, fut commandant de « Nachtigall », d’un bataillon de « Schutzmannshaften » et membre de la SS avant de devenir commandant suprême de l’UPA.

    6. Ne pas préciser l’allégeance à Adolf Hitler et à la guerre contre « le bolchevisme » de la Déclaration d’état ukrainien indépendant du 30 juin 1941, tout en glorifiant cet acte et en soulignant que ses auteurs, le chef de l’OUN Stepan Bandera et le premier ministre Jaroslav Stetsko, sont arrêtés par les Allemands. (En effet, Hitler n’a pas voulu de ce « protectorat nazi » que d’autres, tel Rosenberg, avaient plus ou moins promis à l’OUN. Dès ce moment, l’OUN-B entre en conflit avec l’occupant. Pour divergence et non par « résistance antinazie » comme on le prétend aujourd’hui)

    7. Ne pas évoquer la collaboration active de l’OUN-tendance Melnik, qui aura aussi des divergences avec l’occupant, ce qui ne l’empêchera pas de contribuer à la mise sur pied de la division SS Halitchina (Galicie), bénie par l’Eglise gréco-catholique (uniate), un autre sujet tabou. Mais il est exact que des membres de l’OUN indociles envers leurs « libérateurs » allemands ont été tués par la Gestapo ou liquidés à Babi Yar, un lieu de massacre principalement réservé aux juifs et aux communistes.

    8. Ne pas préciser que cette « Première Division de l’Armée Nationale Ukrainienne », comme on la nommera après 1944, faisait partie de la SS d’Heinrich Himmler.

    9. Ne pas évoquer cette Armée Nationale Ukrainienne formée avec la SS Galicie et les « Hiwis » (auxiliaires de la Wehrmacht) en 1944 par le général Chandrouk, avec l’appui du Comité Central National Ukrainien, principal organe de la collaboration.

    10. Ne pas évoquer, en citant à l’honneur l’Armée des Insurgés Ukrainiens (UPA) commandée par Schukhevitch, les massacres de Polonais, de Juifs, de partisans soviétiques et de villageois ukrainiens lors de sa « guerre de libération sur trois fronts », contre les Rouges, les nazis et les Polonais.
    En évoquant cela, je ne nie aucunement que l’UPA ait agi comme une armée autonome, effectivement engagée dans des combats contre les occupants nazis. Mais surtout engagée contre l’armée et les partisans soviétiques, autrement dit les réelles forces de résistance à l’Allemagne nazie.

    11. Ne pas évoquer, enfin et surtout, le fait qu’une majorité d’Ukrainiens se battaient, avec succès, contre l’Allemagne nazie, au sein de l’Armée Rouge et des Partisans – contre lesquels se battait l’OUN-

    12. UPA. Pour rappel, ces Ukrainiens « rouges » étaient les alliés de la coalition anti-hitlérienne et des résistances populaires en Europe, l’OUN-UPA était leurs ennemis.

    En un mot comme en cent, c’est au moyen de tels mensonges par omission qu’il devient possible, à divers auteurs ukrainiens et occidentaux, de présenter une image de l’OUN  « résistante » acceptable par des publics candides (notamment des étudiants français et autres consommateurs de cette littérature révisionniste) qui ne souhaitent pas pour autant « réhabiliter le fascisme » ou relativiser le nazisme.

    Jean-Marie Chauvier


    Révisionnisme nationaliste ukrainien : quelques exemples français

    nationalistes-ukrainiens
    Nationalistes d'extrême droite ukrainien actuellement
    défilant dans les rues de Kiev

    EXEMPLE 1.

    Vient de paraître : Marc Lemonier « Les Bienveillantes décryptées »
    Ed.le pré aux clercs.

    Dans un ouvrage qui se présente (abusivement ?) comme une lecture « décodée » du roman de Jonathan Littell  « Les Bienveillantes » (Prix Goncourt) voici ce que l’auteur, Marc Lemonier, écrit sur l’OUN :

    « L’OUN, l’organisation des nationalistes ukrainiens, avait été créée en 1929 pour lutter contre les occupants russes et polonais. Pendant le temps du pacte germano-soviétique, les Allemands tenaient donc l’OUN pour leur ennemi. Au début de l’invasion de l’est de l’Europe par les nazis, la situation évolua rapidement. Avant de se retirer, les troupes russes et le NKVD massacrèrent un grand nombre de prisonniers politiques à Loutsk, Lviv et Boubno – les villes que traversent les troupes nazies et Max Aue en se livrant à leur tour à des atrocités. En 1941, l’organisation venait à se scinder en deux groupes, commandés l’un par Stepan Bandera et l’autre par Andréi Melnyk. Les nazis profitèrent de la désorganisation des partisans ukrainiens, alors même que ceux-ci accueillaient les Allemands en « libérateurs », pour annihiler leur influence, voire pour les combattre. Pourtant, à la Libération, la propagande soviétique réussit à faire passer les nationalistes ukrainiens pour des collaborateurs ». (p.103)

    Remarques de JM Chauvier :

    On retrouve tous les mensonges par omission signalés en présentation.
    - L’OUN est « l’ennemi » des Allemands à l’époque (1940-début 1941) où Berlin organise les bataillons OUN de la Wehrmacht. Etrange…
    - Les nazis se livrent « à leur tour » à des atrocités. Pas un mot des atrocités de l’OUN.
    - L’Allemagne « annihile » l’influence des « partisans » ukrainiens tout en formant, avec l’OUN (Melnik) la division SS Galicie !
    - La collaboration de l’OUN est une invention de la propagande soviétique.

    EXEMPLE 2.

    La revue « Regards sur l’Est »  Article de l’historien ukrainien Arkadi Joukovski, juin 2007
    (extrait, sur la période qui nous intéresse, d’un article sur Lviv- ex-Lvov, ex-Lwow, ex-Lemberg))

    La période de la Seconde Guerre mondiale (1939-1944)
    Lviv connut deux occupations, soviétique -du 22 septembre 1939 au 30 juin 1941, la ville étant alors la capitale d’une oblast (région), -puis allemande. Avant l’arrivée des troupes allemandes, les Soviétiques massacrèrent des milliers d’Ukrainiens et de Polonais, en majorité des intellectuels. Pendant l’occupation allemande, Lviv était le centre du district de Galicie, faisant partie du Gouvernement Général. Le 30 juin 1941, l’Organisation des Nationalistes Ukrainiens proclama la création d’un Etat ukrainien indépendant avec un gouvernement, mais les Allemands en interdirent l’activité. Durant la guerre fonctionnait à Lviv l’organe administratif du Comité Central Ukrainien, dirigé par K. Pankivskyi (1942-1944). Les détachements nazis exterminèrent des dizaines de milliers de Juifs entre 1941 et 1943. La ville comptait 100000 Juifs en 1931, la majorité d’entre eux disparut durant l’holocauste.

    (Remarque : au passage, l’auteur avalise le Comité central ukrainien, principal organe de la collaboration officielle germano-ukrainienne. Dont le lecteur français ignore probablement tout…
    Qui faisait partie des « détachements nazis » d’extermination ? Les seuls Allemands ? Qui composait, outre les Allemands, les Einzatsgruppen, les Shuztmannschaften, les auxiliaires (HIWIS) de la Wehrmacht ?)

    EXEMPLE 3

    L’OUN victime, l’URSS agresseur !http://www.centreurope.org/indexfr.htm  
    Les Ukrainiens profitent de la défaite russe face à l’armée allemande pour rétablir l’indépendance de leur État le 30 juin 1941. Mais l’occupation allemande est fortement répressive et les militants de l’Organisation des Nationalistes Ukrainiens (OUN) capturés sont fusillés. L’OUN parvient toutefois à créer en octobre 1942 une réelle armée, l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA). Forte d’au moins 60 000 hommes, celle-ci parviendra par sa bravoure, sans aide extérieure, à libérer des districts entiers face à l’armée allemande en 1943, puis à tenir tête en 1944 à l’Armée soviétique. Assaillie à la fois par les Allemands et par les Russes, l’Ukraine a perdu sept à huit millions de citoyens pendant la Deuxième Guerre mondiale.

    (Remarque : l’agression nazie et la résistance de l’URSS sur le même pied. Heureusement, il y a l’OUN !)
     
    EXEMPLE 4

    Travaux scolaires (Elisabeth Brisson, professeur d’Histoire-Géographie au Lycée Jacques Decour, Paris)
     
    Après avoir été confirmé comme le seul chef de l’URSS (en 1927), Staline peut mettre en œuvre sa politique, qui vise à faire de son pays une grande puissance («  le socialisme dans un seul pays «, possédant une telle force de conviction que les autres pays suivront). Outre la planification et la priorité à l’industrie lourde, Staline cherche à contrôler les campagnes pour financer ses projets de développement. La collectivisation forcée des terres s’accompagne des premières mesures de terreur, dont le déclenchement de la famine en Ukraine fait partie. Après la période de relâchement du contrôle de la société pendant la Seconde Guerre mondiale, Staline rétablit la terreur et pourchasse tout particulièrement les résistances qui se fondent sur les cultures nationales. L’Ukraine l’intéresse du fait de ses richesses en charbon et de ses potentialités agricoles (l’Ukraine possède les meilleures terres du monde) et la région doit être bien soumise pour pouvoir être exploitée. Accusés d’avoir fraternisé avec l’ennemi nazi, les Ukrainiens furent massivement déportés, ce qui permit de rétablir un contrôle très dur sur ce territoire. Cette terreur a entraîné le mutisme des Ukrainiens tout en exacerbant la revendication nationaliste. Ainsi, les dissensions politiques actuelles et la méfiance héritée de plusieurs générations rendent difficiles le travail des historiens. Pourtant, il est primordial aujourd’hui pour la cohésion politique d’une société, de construire une histoire dans laquelle le plus grand nombre puisse se reconnaître.

    Références :
    (Références d’ouvrages favorables aux thèses nationalistes. Wolodymyr Kozyk, par exemple, est le principal historien nationaliste ukrainien édité de longue date en Occident. James Mace est leur défenseur anglophone le plus connu également. JM Ch)

    Débat : RETOUR SUR LA COLLECTIVISATION FORCÉE EN UKRAINE
    « Comment on étouffe un génocide », James Mace, DEN
    « Une politique délibérément meurtrière », Raymond Clarinard, Courrier international
    Dossier paru dans le Courrier international n°595 du 28 mars au 3 avril 2002
    Quelques liens pour en savoir plus
    Une synthèse chiffrée et très claire sur la famine ukrainienne de 1932-1933 par l’historien Wolodymyr Kosyk
    http://www.creaweb.fr/ukraine/famine.htm - Critique du livre 1933, l’année noire. Témoignages sur la famine en Ukraine (présentés par Georges Sokoloff, Albin Michel, Paris, 2000) sur le site du Monde Diplomatique http://www.monde-diplomatique.fr/2001/02/RADVANYI/14828 - Chronologie de l’Histoire ukrainienne http://ukraine.chez.tiscali.fr/chronolo.htm

    EXEMPLE 5
    Autres ouvrages français réhabilitant l’OUN  Pleins feux oranges sur l’Ukraine

    Au moment où la « révolution orange » entre en crise, les éloges qui lui sont consacrés ne tarissent pas au fil des publications et émissions qui font « découvrir » l’Ukraine, longtemps ignorée. Le fait le plus remarquable est l’unanimité de pensée sur le sujet : il est entendu que le basculement de ce pays dans le monde euro atlantique est (ou serait) un tournant historique majeur, consacrant l’avancée de la démocratie en ex-URSS, malgré l’hostilité de la Russie et... de la moitié des Ukrainiens qui n’ont pas correctement voté, c’est-à-dire pour le président Viktor Iouchtchenko, dit le « libéral pro-occidental ». Trois ouvrages publiés en France témoignent de cet engouement.

    Le journaliste français Alain Guillemoles nous emmène dans un voyage à l’intérieur du mouvement orange, en totale immersion et richement documenté (1). Comme d’autres commentateurs, il récuse l’idée d’une manipulation par les Etats-Unis, propagée notamment, selon lui, par Le Monde diplomatique (2). A l’entendre, les efforts des fondations et organisations non gouvernementales américaines sont destinés « à enraciner une culture démocratique ».

    L’auteur évoque, par ailleurs, la continuité du mouvement actuel avec les anciennes résistances nationales ukrainiennes au régime soviétique, un thème que développe un autre admirateur de la « révolution orange », Etienne Thévenin (3). Celui-ci accrédite une vision aussi cauchemardesque du passé soviétique qu’élogieuse pour les « résistances nationales » et leur lutte « sur deux fronts » (contre les nazis et les Soviétiques) pendant la deuxième guerre mondiale. Exemple parmi d’autres d’une relecture de l’histoire désormais très répandue, réhabilitant le nationalisme de l’Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN) (4) et l’Eglise gréco catholique uniate (5), ainsi lavées des accusations de « collaboration avec l’Allemagne nazie », « véhiculées » non seulement par la propagande soviétique, mais aussi par des historiens occidentaux.

    Le témoignage du journaliste Bruno Cadène (6), ardent à saluer la libération de l’Ukraine de « plusieurs siècles d’asservissement » et d’une « histoire vampirisée par la Russie », tient cependant à rappeler la participation de « membres de l’OUN » au génocide des juifs. Comme les livres cités plus haut, il fait également écho à la thèse selon laquelle la famine de 1932-1933 procéderait d’un « génocide des Ukrainiens » programmé par Staline. (…)

    Gilles Beaumont.

    (1) Alain Guillemoles, Cyril Horiszny, Même la neige était orange. La révolution ukrainienne, Les Petits Matins, Paris, 2005, 173 pages, 17 euros.
    (2) Lire Régis Genté et Laurent Rouy, « Dans l’ombre des “révolutions spontanées” », Le Monde diplomatique, janvier 2005.
    (3) Etienne Thévenin, L’Enjeu ukrainien. Ce que révèle la révolution orange, CLD Editions, Tours, 2005, 214 pages, 20 euros.
    (4) Fondée par Yevhen Konovalets, ancien compagnon d’armes du leader nationaliste de la guerre civile, Simon Petlioura. Après son assassinat par un agent stalinien en 1938, Stepan Bandera lui succéda jusqu’en 1941. L’OUN était principalement implantée en Galicie, une région polonaise jusqu’en 1939.
    (5) Cette Eglise, implantée à l’ouest de l’Ukraine et rattachée au Vatican, très minoritaire face aux Eglises orthodoxes, vient de transférer son siège de Lviv (Lvov, Galicie) à Kiev, ce qui peut être considéré comme une promotion politique officielle et un succès pour le Vatican dans son entreprise de « réévangélisation » à l’Est.
    (6) Bruno Cadène, L’Ukraine en révolutions, Editions Jacob-Duvernet, Paris, 2005, 216 pages, 19 euros.