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Parlement européen: L’arbre fasciste qui cache la forêt d’extrême droite

Non

Le groupe «Identité, Tradition, Souveraineté» voit le jour et met en valeur quelques personnages pitoyables. A vingt, ils se qualifient pour constituer un groupe parlementaire.
La constitution de la fraction d’extrême droite «Identité, Tradition, Souveraineté» au parlement européen est un non-événement par excellence. Les parlementaires
fascisants, nationalistes, régionalistes, souverainistes, ultra cléricaux, anticommunistes, antieuropéens, populistes, de la droite dure, de la droite nationale, de la droite extrême foisonnent au Parlement Européen, au sein du groupe «Indépendance et Démocratie», ou parmi les députés de l’«Union pour l’Europe des Nations». C’est le cas des élus polonais de «Droit et Justice» et de la «Ligue des familles polonaises», des français du «Mouvement pour la France», des Britanniques du «Parti indépendant»… Il en restait quelques-uns, interdits de séjour dans les fractions constituées parce que trop mal élevés ou

trop … trop. Ce sont ces «bêtes de scène» qui forment désormais leur petit club, comme ce fut déjà le cas entre 1984 et 1994 sous la houlette de Jean-Marie Le Pen. Profitant de l’intégration des eurodéputés roumains et bulgares, Bruno Gollnish, bras droit de Jean-Marie Le Pen, récemment condamné pour ses propos négationnistes, préside une sinistre équipe de «bras cassés» dont la principale qualité pourrait être de ne pas s’aimer beaucoup. Quoi qu’il en soit, autour des sept élus du Front National français qui n’apprécient pas les gens de l’est qui «déferlent» sur le France, s’agglomèrent un Britannique antiroumain, trois Belges régionalistes flamands, deux Italiens dont Alessandra Mussolini, un Autrichien déjà nostalgique de Jörg Haïder et les nouveaux venus, cinq Roumains et un Bulgare. Si Marine Le Pen était à la recherche d’une respectabilité quelconque, ses nouveaux petits camarades à Bruxelles et Strasbourg vont grandement participer à la rendre plus sympathique encore auprès des modérés hésitants à la considérer comme «moins pire» que son père. Ses cinq confrères roumains sont issus du Parti de la Grande Roumanie, «Romania Mare», dont le chef incontesté Corneliu Vadim Tudor réclame la Bucovie ukrainienne et la Moldavie pour reconstituer la Grande Roumanie de ses rêves. Accessoirement il dénonce le péril magyar et considère que les juifs sont la source de tous les maux: «L’Occident capitaliste juif veut voler la Roumanie et l’a contaminée par des mœurs dissolues et le sida». Le seul représentant bulgare vient du parti nationaliste et populiste Ataka, fondé par un journaliste anticommuniste, Volen Siderov, xénophobe particulièrement antiturc, antirom, antigitan.

Ne pas se tromper d’adversaire

C’est la haine des autres qui unit ces vingt députés. Sur les 785 élus qui peuplent le parlement européen, ils pourraient n’être qu’un moindre mal. Ils ne constituent pas un danger immédiat, ils servent une droite dite modérée, plus arrogante que jamais, dont l’aile la plus réactionnaire n’est guère éloignée de ces excessifs qui dérangent sans doute, mais dont le fonds de commerce ne pose pas de problème: l’extrême droite ne remet pas en question l’ultralibéralisme qui prévaut chez les conservateurs, même si elle en conteste la vision européenne ou mondiale. Après tout, la fraction «Identité, Tradition, Souveraineté» est opposée à une Europe unitaire, bureaucratique et à un super état européen et s’engage en faveur de la famille traditionnelle en tant que trait d’union naturel de la société.
Combattre l’extrême droite est la moindre des obligations pour les progressistes, mais pas au risque de se tromper d’adversaire: il y a vingt ans déjà, le chasseur de nazis Simon Wiesenthal mettait en garde contre le danger de laisser diffuser la discours de la droite extrême dans les milieux conservateurs et modérés. Il n'est pas superflu de reconsidérer l’avertissement. Dans les milieux dirigeants, partout en Europe, en Suisse aussi, au nom d’une gestion «responsable», les discours et les engagements les plus contestables s’actualisent: la remise en question des lois les plus solidaires, l’insistance pesante des préférences nationales, la limitation des services publics réunissent les conditions d’une société dont l’individualisme est le cheval de bataille. Entre ceux qui hurlent avec les loups de Roumanie, de Bulgarie ou de Flandre et ceux qui sapent les acquis sociaux et recréent d’autres frontières parce qu’ils disent le droit en divisant les citoyens, il existe une communauté idéologique.

Dan Rajtberger

Gauchebdo, Suisse, février 2007


Pourquoi les partis socialistes ont-ils failli?

 

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Très souvent, on me demande comment j'explique que les partis socialistes, eux dont c’était le premier devoir, n'ont pas, depuis le début des années quatre-vingt, résisté à la mondialisation néolibérale. En Belgique comme en France, où le mouvement ouvrier a été imprégné par un idéal socialiste très longtemps soucieux de se démarquer de la social-démocratie, cette question est lancinante.

Une première réponse me semble évidente : le poids grandissant qu’ont pris les experts auprès des politiques à un moment où la mondialisation voulue par le patronat requerrait de la part des politiques une plus grande capacité à faire des choix. Le plus souvent les socialistes s’en sont remis à leurs experts. Ceux-ci, au nom d’une science économique qui n’a de science que le nom, étaient tout disposés à fournir les alibis techniques à des choix présentés comme inéluctables. Les experts ont rationalisé un slogan irrationnel : « Il n’y a pas d’alternative ». L’effacement socialiste, c’est d’abord le triomphe de la technocratie sur la démocratie.

Une deuxième réponse est tout aussi manifeste : l’extrême difficulté qu’ont eu les élus socialistes, crispés sur les problèmes de leurs circonscriptions ravagées par la crise charbonnière puis sidérurgique, à s’investir dans l’européen et l’international. Pour s’en convaincre, il était flagrant de constater, par exemple dans les travaux parlementaires, la différence d’intérêt pour ces matières entre les élus de droite, relais zélés d’un patronat qui a occupé d’emblée l’espace supranational, et ceux de gauche.

Au-delà de ces constats de portée générale, la réponse n'est pas la même au Nord et au Sud de la frontière franco-belge. En Belgique, les socialistes, après la deuxième guerre mondiale, ont placé tous leurs espoirs dans la construction européenne. Le rôle joué par Spaak, un des « pères fondateurs », a été déterminant. Cette adhésion sans réserve les a désarmés lorsqu’il est devenu manifeste que l’harmonisation économique et commerciale ne s’accompagnait pas d’une harmonisation sociale et que le  primat de la concurrence devenait la machine à détruire les acquis sociaux. En dépit de ses dérives néolibérales, le projet européen, tel qu’il est mis en œuvre, demeure au PS un sujet tabou. Cela se traduit par un refus de s’opposer radicalement aux initiatives de la Commission européenne. Même quand cela signifie la destruction de ce pour quoi des socialistes se sont tant battus au 19ième  siècle et pendant une bonne partie du 20ième.

En France, la dérive vers le social-libéralisme résulte d'une conjonction de deux phénomènes : l'arrivée au pouvoir d'un personnage extrêmement ambigu, François Mitterrand, et la montée en puissance d'un courant dans le PS, mais aussi dans le syndicalisme (la CFDT d’Edmond Maire), baptisé "deuxième gauche" et incarné par des personnalités de conviction chrétienne tels que Jacques Delors et Michel Rocard. La deuxième gauche française, c’est un peu l’équivalent du Mouvement Ouvrier Chrétien belge.

A la différence de chrétiens de gauche comme François Houtart en Belgique ou Jacques Gaillot en France, convaincus que l’opposition entre exploiteurs et exploités demeure la grille d’analyse pertinente, les chrétiens de la "deuxième gauche", clament eux la nécessité de dépasser la lutte des classes pour arriver au "dialogue social" entre "partenaires sociaux" et réaliser des compromis dans le cadre d'un réalisme respectueux des contraintes économiques. Ce qui se traduit par la soumission du politique à l'économique. C'est la capitulation devant un patronat qui a compris qu'il est possible de revenir sur cent cinquante ans de conquêtes démocratiques et sociales en subordonnant les États à des institutions supranationales vouées au libéralisme économique le plus débridé et dotées de pouvoirs contraignants telles que l'Union européenne ou l'Organisation Mondiale du Commerce.

Avec Delors, la deuxième gauche est à l'origine du "tournant de la rigueur" de 1983, de l'Acte unique européen de 1986, du traité de Maastricht négocié en même temps que la création de l'OMC. Les flexibilités, les dérégulations, les libéralisations décidées alors ont créé les inégalités, la précarité et la pauvreté d'aujourd'hui.

Cette victoire de la deuxième gauche au sein du PS rend possible l'émergence d’une Ségolène Royal conseillée par un Pascal Lamy formé par Delors. Aujourd’hui, elle espère faire franchir à la société française une nouvelle mutation : celle qui effacera définitivement l'approche par la lutte des classes et mettra en place un bipartisme à l'américaine. A moins que le peuple français n'en décide autrement. Comme un certain 29 mai.

 

Raoul Marc Jennar                             

Extrait du Journal du Mardi

 


Explosion des budgets publicitaires en 2006.

 

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Selon les données du CIM, les annonceurs ont investi plus de 2,8 milliards d’euros en publicité dans les grands médias en 2006. Sans surprise, la TV arrive en tête des médias ayant « bénéficié » des investissements publicitaires (34,4%), suivie des quotidiens (24,5%), de la radio (11,4%), des magazines (10%), et de l’affichage (7,9%). Ce montant ne concerne que les grands médias. La somme totale consentie pour les dépenses publicitaires est elle plus élevée encore même si elle est difficile à évaluer avec exactitude.

 

En 2004, selon le même organisme, ce montant était de 1,6 milliard d’euros ce qui fait une progression de 75% en 2 ans. Cette somme représente aujourd’hui pour la première fois plus de 1% du PIB, un PIB qui bien évidemment ne progresse pas au même rythme.

 

Le consommateur paye la facture. Ainsi que diverses études l’ont montré, la somme que les industriels consacrent à la publicité de leurs produits est directement répercutée sur le prix de ceux-ci. En d’autres termes, même s’ils en sont peu conscients, ce sont les consommateurs qui payent la facture, forme insidieuse de « cotisation publicitaire ». Et celle-ci n’est pas mince puisqu’à la lumière des derniers chiffres, elle s’élève à environ 300 euros par personne et par an.

 

Un comparatif un peu effrayant.

 

L’adage populaire veut que la comparaison ne soit pas raison. Il est toutefois significatif de comparer cette somme aux budgets de secteurs importants de notre état. Un petit coup d’œil sur le budget fédéral 2006 permet par exemple de se rendre compte que nous cotisons beaucoup moins pour la justice (1,4 milliard d’euros) ou la coopération au développement (1,3 milliard d’euros) que pour cet outil de formatage de nos désirs et de nos besoins.

 

Il est piquant de constater également que nous « cotisons » même d’avantage pour cette armée de la pensée unique que pour la grande muette (2,7 milliards d’euros) ou pour la police fédérale (1,5 milliard d’euro).

 

Un cercle vicieux.

 

Nous sommes actuellement dans un cercle vicieux : la publicité crée artificiellement l’envie d’acheter chez le consommateur. Elle est payée par celui-ci « à l’insu de son plein-gré ». Elle gonfle ventes et bénéfices des entreprises. Celles-ci utilisent cette manne d’argent pour réinvestir dans encore plus de budgets publicitaires.

 

Les conséquences de cette logique boulimique sont catastrophiques : surproduction, surconsommation, endettement,… Plus le budget publicitaire augmentera, plus les conséquences sociales et écologiques seront importantes, plus également la pression que le monde marchand exerce sur nos médias sera importante, plus enfin la marchandisation de chaque parcelle de notre société s’accentuera.

 

Quelques pistes.

 

On a beau jeu d’arguer de la liberté individuelle, celle-ci est dans les faits bien fragile face à l’armada des publicitaires. Noam Chomsky a parlé de liberté de choisir entre Coca-Cola et Pepsi. Pour sortir de la logique actuelle, il est important que l’Etat s’interpose entre les citoyens et les publicitaires. Il s’agit de libérer le citoyen de la pression publicitaire qu’il subit au quotidien. Il existe pour ce faire deux pistes importantes et complémentaires :

 

Réglementer strictement la publicité :

 

Interdire la publicité dans les lieux publics (voirie,

 

écoles, gares, moyens de transport publics,…), interdire la publicité à destination des plus jeunes et contrôler son contenu grâce à des organismes indépendants. A cela, il faudrait sans doute ajouter l’interdiction pure et simple de la publicité pour certains produits socialement et écologiquement nuisibles (4x4, crédits, vols low-costs,..), au même titre que pour le tabac.

 

-Mutualiser les bénéfices :

 

Une fois le budget qu’ils allouent aujourd’hui à la publicité amputé par des mesures de réglementation sur la publicité, les entreprises choisiront soit de diminuer le prix de leurs produits, soit d’augmenter leur marge bénéficiaire. En raison de la (salutaire) diminution du volume des ventes que de telles mesures devraient causer, il est fort probable qu’ils opteront pour la seconde option. Afin d’éviter ce cas de figure et en vue de réaffecter à des projets utiles cet argent, il est important de prévoir une taxe spéciale sur les bénéfices des entreprises.

 

Les sommes ainsi récoltées pourraient être directement réinvesties dans les médias publics, l’aide à la presse et à l’éducation.

Pierre Eyben


Justice

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«Ses armes à lui, c’étaient son clavier, son stylo et sa voix...»

Message de Deniz, l' épouse de Bahar

 

Mon époux, Bahar Kimyongür, vient d’être condamné par un tribunal belge à cinq ans d’emprisonnement alors qu’il n’a commis aucun délit, aucun acte violent. La condamnation de mon mari signifie qu’exprimer un point de vue contestataire est passible, aujourd’hui, de plusieurs années de prison. C’est inadmissible !

 

Il est devenu si facile dans ce pays de se faire taxer de terroriste par la justice et de se retrouver derrière les barreaux ! C’est ce qui est arrivé à mon mari.

 

Pourtant, il n’avait fait que s’ériger contre la torture et l’injustice. Le 7 novembre dernier, la Cour d’appel de Gand a d’ailleurs purement et simplement criminalisé son engagement humanitaire sous prétexte qu’il rendait service à une organisation marxiste turque, le DHKP-C. Pendant six ans, mon mari a parcouru le monde pour tenter de sensibiliser des personnalités issues du monde politique, scientifique, associatif ou artistique sur le sort tragique des opposants turcs en grève de la faim. Son unique but fut de les sauver d’une mort certaine. Le malheur pour mon mari est que la quasi totalité de ces prisonniers résistants faisaient partie de la mouvance de DHKP-C.

 

Aux yeux de la justice belge, prendre leur défense équivaut désormais à « assumer un rôle dirigeant dans l’organisation ». Mon mari n’a jamais renié ses sympathies pour le DHKP-C mais son maquis à lui, c’étaient les parlements : le parlement européen, les parlements belge, italien, grec…

 

Ses armes à lui, c’étaient son clavier, son stylo et sa voix. En janvier 2002, lui et moi avions rencontré Javier Solana pour l’appeler à intervenir dans le conflit des prisons turques. La même année, il remit les signatures de 155 000 citoyens turcs et européens exigeant l’arrêt des mauvais traitements dans les prisons, à la présidence du parlement européen. Bahar est un militant chevronné toujours à l’affût d’une occasion pour défendre la cause des prisonniers politiques turcs. Il est ainsi intervenu dans des conférences dans le cadre des Forums sociaux européens à Florence, à Paris et à Londres et lors de meetings internationaux organisés à Alger (2001), à Beyrouth (2002), au Caire et à Caracas (2005).

 

En avril 2005, il organisa une tournée européenne de poètes américains en hommage aux prisonniers politiques turcs.

 

Aucune souffrance humaine ne le laissait ni laisse indifférent : ainsi, en janvier 2003, soit quelques semaines avant l’invasion américaine, il s’était rendu en Irak pour exprimer son opposition à l’occupation de ce pays. Il avait même co-organisé une manifestation à Bagdad devant la représentation des Nations-Unies, aux côtés de délégations pacifistes et anti-impérialistes venues d’Espagne, d’Autriche, des Etats-Unis et d’Italie.

 

A Bruxelles, il organisa plusieurs dizaines de manifestations devant l’ambassade US, pour protester contre l’occupation de l’Afghanistan ou de l’Irak.

 

Et l’été dernier, il marchait aux côtés du peuple libanais victime des bombardements israéliens.

 

Peu après que nous avions fait connaissance, le premier endroit qu’il me fit visiter fut le fort de Breendonk, parce qu’il ressent le martyre du peuple juif dans le plus profond de sa chair et parce que la fraternité, c’est sa religion. Le 19 janvier dernier, à la prison de Gand, lorsque le journaliste arménien Hrant Dink a été assassiné, il s’est, lui aussi senti arménien.

 

Signez l’appel réclamant la liberté pour Bahar, diffusez ce mail à toutes vos connaissances car ce sont les libertés d’expression et d’association qui sont menacées. Avec un peu d’avance, Bahar, c’est nous tous… Agissons pour le principe, avant qu’il ne soit vraiment trop tard.

 

En juillet 2006, malgré les pressions de l’Etat turc et le jeu trouble de la Belgique qui ont valu 68 jours d’incarcération à mon époux, un tribunal néerlandais a considéré l’action militante de Bahar parfaitement légale.

 

Pour éviter l’extradition de Bahar, citoyen belge, vers le pays d’origine de ses parents où il risquait au moins 15 ans de prison et la torture (puisqu’il consacre tout son temps à dénoncer les violations des droits de l’Homme commises par le régime d’Ankara et en particulier les cas de torture dans les geôles turques), nous avons déjà sollicité avec le Comité pour la liberté d’expression et d’association (le Clea) votre soutien. En quelques semaines, nous avons récolté plus de 7000 signatures en faveur de Bahar.

 

Aujourd’hui, nous nous permettons à nouveau de faire appel à votre sens de la justice. Un simple clic sur le site www.leclea.be peut contribuer à sauver mon mari. Nous n’accepterons jamais sa condamnation car elle signifie que les tribunaux belges sacrifient l’avenir d’un homme en se soumettant aux intérêts des autorités turques et américaines, qu’ils bafouent les libertés inscrites dans la Constitution et les traités internationaux, qu’ils musèlent une voix contestataire.

 

Exiger la liberté pour Bahar, c’est participer au large mouvement d’opinion rappelant que s’exprimer, s’organiser, contester…, ce n’est pas du terrorisme !

 Merci de tout cœur pour votre soutien
Deniz Demirkapi

 

Ondes électromagnétiques: des médecins s’en mêlent

portablesLe 6 février dernier, en commission de l’action sociale et de la santé, le député (MR) Jean-Luc Crucke interpellait la ministre wallonne Christiane Vienne au sujet des possibles conséquences sur la santé des antennes relais pour GSM. L’intervenant disait notamment avoir « reçu la lettre d’un médecin, adressée à tous les médecins wallons (et évoquant) l’existence de patients dans tous les cabinets qui parlent de leur maladie, dont l’apparition est concomitante à l’installation d’une antenne GSM ».

Ayant identifié le praticien en question, Le Journal du Médecin l’a interrogé sur le sens de son initiative. Ces propos méritent d’être rapportés, tant pour leur intérêt intrinsèque que pour la valeur méthodologique de la démarche (1).

Les plaintes de certains patients suite à l’installation d’une antenne relais à proximité de leur domicile portent sur l’apparition de migraines, de troubles du sommeil, d’acouphènes (l’impression d’entendre un bruit), de picotements, de sudation excessive, de difficultés de concentration. Auteur de la lettre aux médecins francophones, le docteur Vanderstraeten explique : « Cette enquête est une démarche provisoire pour réfléchir et s’impliquer dans le débat. Le projet de recherche est l’investigation de l’hypothèse du syndrome
d’hypersensibilité aux micro-ondes des antennes de mobilophonie ». Dans le courrier envoyé à ses confrères, le dr. Vanderstraeten précise : « Bien entendu, seuls sont retenus les symptômes pour lesquels aucune cause précise ou satisfaisante n’a pu être déterminée. Par ailleurs, afin de minimiser le phénomène de l’autosuggestion mais aussi afin de ne pas induire de cas d’hypersensibilité, l’invitation est faite au médecin de ne pas évoquer de lien de causalité entre d’éventuels symptômes et une antenne voisine ».

Quand on lui demande pourquoi il a choisi de s’adresser spécifiquement aux médecins, le dr. Vanderstraeten répond : « Je souhaite que notre approche soit plus rigoureuse scientifiquement. Des études faites directement sur les détenteurs de GSM, il y en a déjà eu. Que peut-on en retenir ? Comment éliminer le caractère psychosomatique ? L’atout du médecin généraliste est qu’il peut voir son patient et assurer un suivi sur le long terme. Il peut analyser son état de santé et ses plaintes éventuelles avant l’installation d’une antenne et après, notamment. Mon idée est d’éviter les interrogatoires directs en passant par l’important travail de proximité du médecin. »

Les effets des ondes GSM sur la santé humaine font l’objet de nombreux débats. Outre les effets généraux sur les êtres vivants, il semble acquis que certains individus sont nettement plus affectés que la moyenne. Dites « électrosensibles », ces personnes pourraient représenter jusqu’à 5% de la population et poser un problème de santé analogue à celui des allergiques. Tout cela reste très mal

connu et cette incertitude s’exprime notamment  dans le fait que les normes légales d’exposition maximale fluctuent considérablement. En Belgique, par exemple, l’arrêté royal du 10 août 2005 fixe une limite différente de celle qui a été adoptée par le Conseil Européen (recommandation du 12 juillet 1999), et ces deux limitations sont supérieures aux recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé.

L’initiative du docteur Vanderstraeten doit être saluée comme une contribution utile au progrès d’une vérité que certains pourraient être tentés de cacher eu égard aux gigantesques enjeux commerciaux de la mobilophonie. Plus largement, elle pourrait donner des idées à d’autres praticiens dans d’autres domaines où l’on manque cruellement d’enquêtes épidémiologiques. A quand une coordination de généralistes visant à tester l’hypothèse que les populations défavorisées de Marchienne, d’Engis et de Vilvorde sont exposées à un risque spécifique d’allergies, de maladies respiratoires et d’accidents cardiovasculaires résultant de la pollution de l’air ?  
(1) Journal du Médecin, 10/2/2006  

Léon Taniau                                   

 Extrait du Journal du Mardi

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